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Full text of "Rive A C De La La Femme Et L'enfant Dans La Franc Maconnerie Universelle 1894"

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DELHOMME & BRIGUET, ÉDITEURS 







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© Bibliothèque Saint Libère 2007. 
Toute reproduction à but non lucratif est autorisée. 



LA FEMME ET L’ENFANT 

DANS 

LA FRANC- MAÇON NE RIE UNIVERSELLE 




INTRODUCTION 


o ü lever aussi le voile épais derrière 
lequel s’abrite encore la Franc-Maçon- 
nerie Universelle pour corrompre sys- 
tématiquement la Femme et l’Enfant 
et préparer les voies de l’Antéchrist, 
afin d’assurer le triomphefinal de Lu- 
cifer, tel fut notre dessein, lorsqu’il 
y a environ un an, nous avons en- 
trepris la réunion des nombreux maté- 
riaux qui servent de base inébranlable 
à cet ouvrage. 

Nous n’avons eu ni l’intention, ni la 
prétention de marcher sur les brisées d’auteurs dont la renommée 
a justement inscrit, en caractères indélébiles, les noms au temple 
de mémoire. Ils nous ont devancé sur le terrain de la Franc- 
Maçonnerie, sans tarir les sources auxquelles tout explorateur 
attentif peut puiser. 

Malgré les soins minutieux que nous avons apportés à notre 
œuvre, son imperfection n’est point douteuse par cela seul 
qu’elle est humaine. Nous prions nos lecteurs d’être très indul- 
gents, et nous rendons un témoignage public de profonde gratitude 
aux personnes qui ont daigné nous prêter, à divers titres, leur 
précieuse collaboration. Les unes exécutèrent les beaux dessins 
qui ont été ajoutés à ceux que nous avions modestement et labo- 

(A) Le D»c de Chartres (pais dac d’Orléans et ensuite Philippe-Egalité). Grand- 
Maître de la Franc-Maçonnerie de France de 1777 à 1793. D’après la planche XVI de 
V Histoire Pittoresque de la Franc-Maçonnerie du F.*. J. Bègue-CÎaveL 




I 


rieusement esquissés à la plume ; les autres ont facilité nos re- 
cherches, coopéré à nos enquêtes, confié des volumes précieux, 
des pièces inédites, nous autorisant à photographier les plus 
importantes afin de produire, à notre convenance et en cas de 
contestation, les fac-similé des originaux, etc. 

Nous espérons que nos lecteurs suivront ces exemples. Le 
champ d’investigation s’élargit chaque jour, et les pionniers 
ne s’y rencontreront jamais en trop grand nombre. A l’aide des 
jalons que nous avons disposés, çà et là, ils peuvent compléter 
notre œuvre, nous fournir des indications personnelles et nous 
permettre de publier prochainement une nouvelle édition fort 
intéressante. Bien que nos lèvres ne soient point closes par le 
sceau maçonnique de la discrétion, nous prions nos futurs cor- 
respondants de croire fermement que nous ne les trahirons 
jamais. 

D’après les esprits clairvoyants, Satan fait des efforts déses- 
pérés pour ressaisir sa proie et semble ressusciter, sinon le pan- 
théisme polymorphe des Gnostïques, tout au moins le dualisme 
de Manès.Le mal personnifié voudrait être un Dieu rival de Dieu 
lui-même. Au Roi de la lumière, les Francs-Maçons cherchent* 
encore à opposer un roi des ténèbres et se plongent bien dans le 
Manichéisme, puisque cette hérésie préconisa l’idée de la souve- 
raineté et de l’ubiquité de l’Ange rebelle. 

Pour la réussite de ses projets infernaux, la secte a besoin de 
la Femme et de l’Enfant; nous allons donc, impartialement, exa- 
miner et étudier comment elle tente leur conquête. 

A. C. DE LA RIVE. 


Paris, le 15 Mars 189.^. 




Frontispice de V Histoire Pittoresque de la Franc Maçonnerie. 
par le F.-. J. Bègue-Clavel. Edition de 1843. 




IV 


EXPLICATION 

du Frontispice de V Histoire Pitto- 
resque de la Franc-Maçonnerie du 
F.*. J. Bègue-Ctarel, édition de *1843, 
p. 74 à 76. 

« Le dessin représente l’entrée du 
sanctuaire de l’initiation. A droite, 
l’initié ancien on l’isiade, avec sa 
tête de chacal ; à gauche, l’initié 
moderne, ou le franc-maçon, dé- 
coré de son cordon et de son 
tablier, écartant de la main le 
voile qui en cachait l’intérieur. 

« On aperçoit dans le fond, au 
milieu de l’obscurité, trois scènes 
tragiques empruntées, aux légen- 
des mystérieuses des Egyptiens, 
des Scandinaves et des francs- 
maçons. 

« Le premier groupe, à droite, 
rappelle le meurtre d^Osiris, c’est- 
à-dire du bon principe ou du 
Soleil , suivant la mythologie 
égyptienne. Typhon, son frère, le 
mauvais principe, ou les ténèbres, 
qui conspirait contre ses jours, 
l’avait convié à un festin, auquel 
assistaient aussi ses complices. 
Sur la fin du repas. Typhon mon- 
tra aux invités un coffre d’un tra- 
vail exquis, et il offrit de le don- 
ner à celui d’entre eux qui, s’étant 
couché dans l’intérieur, en rem- 
plirait exactement la capacité. 
Lorsque vint le tour d’Osiris, il 
s’y plaça avec défiance ; mais, à 
peine s’y fut-il étendu, que les 
conjurés fermèrent brusquement 
le coffre et l’y étouffèrent; ensuite 
Us allèrent le jeter dans le NU. 
C’est ce même coffre, appelé 
tabernacle d’his, que les prêtres 
égyptiens portaient en grande 
pompe dans certaines cérémonies 
publiques. Quelques-uns y voient 
l’origine du tabernacle des Juifs 
et de celui des catholiques. De là 
viendrait aussi la chambre du mi- 
lieu des maçons. 

« Le groupe de gauche représente 
le meurtre de Balder-le-Bon, que 
les initiés Scandinaves Considé- 
raient comme le Soleil. Ce dieu 
avait fait un songe effrayant. Il 
lui semblait que sa vie était en 


EXPLICATION 

du Frontispice de la Femme et l'En- 
fant dans la Franc - Maçonnerie 

Universelle. 

Dans la partie supérieure du 
fronton qui est soutenu par les 
colonnes J et B, on voit une 
équerre et un compas entrelacés. 
L’équerre est l’emblème du sexe 
féminin et le compas symbolise te 
sexe masculin. Au centre de ces 
deux outils francs-maçonniques 
brille V étoile flamboyante , avec la 
lettre G. Cette lettre est aussi 
l’initiale des Gnostiques et on l’a 
substituée au Iod hébraïque « es- 
prit animateur ou le feu, principe 
générateur. » [Cours Philosophi- 
que et Interprétatif des Initiations 
anciennes et modernes , par le F. • . 
Ragon, p. 172.) L’ Étoile flam- 
boyante ou Sotlns (dont le nom, 
d’après le Rameau cl 1 Or d'Eleusis, 
du F .y . J. E. Marconis, p. 48, se 
compose de deux mots : cabab r 
c’est-à-dire, Stella , et leb , c’est-à- 
dire ilamme ; étoile flamboyante), 
symbolise « le, feu sacré » ou feu 
de la génération dont les hommes 
ont été doués par le Créateur. 

V acacia remplace le myrte des 
initiés d’Eleusis, le rameau d’or 
que Virgile place dans la main 
d’Enée, la branche de lierre d’IIé- 
liopolis, le papayer des Indiens, 
le rosier consacré à la déesse Isis 
par les Hiérophantes de Memphis. 
(Le Rameau d'Or d'Eleusis , p. 
181). 

Le groupe placé entre les gran- 
des colonnes J et B est composé 
de deux personnages : 

1° Une Maîtresse Templière du 
Ualladisme ou Lucifer ianisme , 
décolletée, en robe blanche, re- 
troussée sur le côté gauche, pour 
laisser voir la jambe jusqu’au ge- 
nou et la fameuse jarretière franc- 
maçonnique.EUe porte, en écharpe, 
le Cordon du grade, qui est à fond 
noir, agrémenté d’une dentelure 
symétrique formée de triangles 
blancs et noirs alternés (couleurs 
de Lucifer). Au centre du cordon 



Y 


péril. Les autres dieux du Valhalia, 
auxquels il communiqua ses crain- 
tes, firent tout ce qui dépendait 
d’eux pour les rendre vaines. À 
cet effet, ils firent jurer par les 
animaux, les végétaux et les mi- 
néraux qu’ils ne feraient aucun 
mal à Balder, et ils n’exceptèrent 
de ce serment qu’une plante para- 
site, le gui de chêne, qu’a raison 
de sa grande faiblesse, iis jugeaient 
tout-à-fait inoffensive . Par ce 
moyen, Balder était devenu invul- 
nérable à Jeurs yeux; et chacun 
d’eux se faisait un amusement 
de lui envoyer des traits, des pier- 
res et toute autre espèce de pro- 
jectiles, qui l’atteignaient sans le 
blesser. Hoder l’aveugle (le Destin) 
était le seul qui ne se mêlât point 
à ce divertissement, son infirmité 
y mettant obstacle. Locke (le mau- 
vais principe) lui offrit de diriger 
son bras, afin qu’il jetât, lui aussi, 
quelque chose à Balder. Hoder 
accepta. Locke lui mit dans les 
mains le rameau que les , dieux 
avaient méprisé, et avec son aide, 
Hoder lança le gui fatal à Balder, 
qui en fut percé de part en part, 
et expira aussitôt. On voit par ce 
récit pourquoi les druides gaulois 
et les drottes Scandinaves se 
livraient tous les ans, vers le 
solstice d’hiver, à la recherche du 
gui, et pourquoi ils le coupaient 
en grande cérémonie avec une 
serpette d'or, dont la forme re- 
courbée rappelait cette portion du 
cercle du zodiaque pendant la- 
quelle le meurtre de Balder, dont 
ils feignaient aussi de vouloir 
empêcher le retour, s’était autre- 
fois accompli. 

« L’assassinat du respectable Hi- 
ram-Abi, dont on a pu voir les 
détails dans la description de la 
maîtrise (page 50) fait le sujet du 
groupe du milieu. 

« Ces trois fables, prises au ha- 
sard parmi les anciennes légendes 
mystérieuses, qui toutes s’accor- 
dent par le fond, ont trait à la 
mort fictive du soleil, à l’époque 
du solstice d’hiver. Les trois signes 
du zodiaque qu’on voit figurés au- 


se trouve la représentation d’Isis 
couverte par Osiris ; Isis est figu- 
rée sous les traits d’une femme 
nue, à la chevelure flottante, fai- 
sant de chaque main le signe de 
résotérisme et dont les pieds re- 
osent sur le croissant lunaire; 
siris est représenté par un Soleil 
rayonnant, qui a son centre exac- 
tement juxtaposé sur le bas du 
ventre de la femme. Au-dessous 
du croissant, on aperçoit le ser- 
pent Typhon dont les*Palladistes 
font le similaire du dieu des chré- 
tiens, qu’ils nomment Adonaî ou 
Principe du Mal ; au-dessus d’Isis, 
d’Osiris et de Typhon, s’élèvent 
les colonnes J et B, qui sortent 
d’un nuage et, entre elles, on lit 
la letttre M, dominée par YEtoile 
flamboyante. Les lettres mystique^ 
J. B. M., qui sont brodées sûr les 
ornements des Maîtres de la Franc- 
Maçonnerie ordinaire (Catalogues 
illustrés du F. * . Orcel et du F. • . 
Tessier, dernière édition) signi- 
fient Jésus Bethleemitus Male die- 
tus , comme dernier et véritable 
sens mystique. Au dessous d’Isis, 
d’Osiris et de Typhon, on voit un 
calice surmonté d’une grande os- 
tie transpercée par un poignard. 
Tandis que la Grande Maîtresse 
porte, dans les Triangles lucifé- 
riens, un trident ou trident de 
Paralcèse suspendu à son cordon 
(Voir, ici, à la page 614, le por- 
trait de Sophia-Sapko , que M. Léo 
TaxiJ, a 'eu l’amabilité de mettre 
à notre disposition), la Maîtresse 
Templière a pour bijou un petit 
poignard. (Cette arme figure sur 
le catalogue illustré du F. * . Tes- 
sier). Son tablier est triangulaire 
et noir, avec le célèbre mot 
« EVA » brodé en lettres blanches ; 
la bavette également triangulaire 
est blanche avec la lettre L (ini- 
tiale de Lucifer) noire entourée 
de rayons. 

Derrière la Maîtresse Templière 
apparaît le Baphomet , au milieu 
d’un nuage de feu, et qui la saisit. 
Le Baphomet est le symbole du 
dieu Lumière-et-Nature, père du 
Temple. Le secret de la formation 



V 


dessus, indiquent les trois mois 
de Tannée pendant lesquels cet 
astre décline et s’éteint, la période 
pendant laquelle se déroule le 
drame mystique du meurtre d’Osi- 
ris, de Balder, d’Hiram, et de tous 
les autres dieux célébrés dans les 
mystères. 

« Les sept marches du portail, 
sont, comme Téehelle de Mithra 
et l’échelle de Jacob, les sept pla- 
nètes primitivement connues, qui 
jouent un rôle si important dans 
toutes les initiations et auxquelles 
se rattache la doctrine de la puri- 
fication graduelle des âmes (Voyez 
aux pages 45, 53 et 54). 

« Les deux colonnes qui suppor- 
tent le fronton figurent les deux 
phallus , générateur l’un de la lu- 
mière, de la vie et du bien, l’autre 
des ténèbres, de la mort et du 
mal, qui entretiennent l’équilibre 
du monde. Les pommes de gre- 
nade qui les surmontent sont 
l’emblème du ctéis, ou de l’organe 
féminin, qui reçoit et féconde Je 
erme bon ou mauvais qu’y 
épose l’un des deux principes. 
L’ensemble de chaque colonne et 
de son chapiteau représente, sous 
forme d’hiéroglyphe, à l’exemple 
du lingam des Indiens, la nature 
active et passive . 

« A un autre point de vue, les 
colonnes offrent l’image emblé- 
matique des deux solstices, cette 
double barrière de la course an- 
nuelle du Soleil. Elles rappellent 
les deux colonnes d’IIercute, une 
des nombreuses personnifications 
de l’astre du jour, dont le passage 
à travers les douze signes du 
zodiaque est symbolisé par les 
douze travaux qu’on attribue à ce 
dieu (1). 

(1) La Bible parle de deux colonnes, 
l'une de feu, qui, pendant la nuit, éclai- 
rait la marche des Israélites dans le dé- 
sert ; l'autre de nuées, qui les garantis- 
sait pendant le jour de la chaleur du 
soleil. Manéthon, cité par Eusèbe, men- 
tionne deux colonnes gravées par Thaut, 
le premier Hermès, en caractères de la 
langue sacrée des prêtres égyptiens. Se- 
lon Pline, il était d’usage de toute anti- 
quité d’élever des colonnes isolées, qui 


de son nom mystique réside dans 
le renversement de l’ordre des 
lettres, par lequel on obtient 
Tem - O - H - P - Aà y c’est-à-dire 
Templi Omnium Hominum Pacis 
Abbas, père du Temple, qui est la 
paix de tous les hommes (Caté- 
chisme du grade de Maîtresse 
Teraplière, par le F.*, Albert 
Pike ; Rituel de la Haute-Magie, 
par le F.'. Constant, p. 223). 

Les deux colonnes Jahxn et 
Bohaz (II faut retourner les let- 
tres de ces deux mots pour avoir 
le secret de la Nature formulé en 
hébreu) sont surmontées de 
pommes, parce que nous nous oc- 
cupons de la Maçonnerie d' Adop- 
tion, dont ce fruit est le signe dis- 
tinctif. En effet, la pomme de 
l’Fden, que les Francs-Maçons 
transforment en emblème immo- 
ral, pour l’appliquer à la légende 
des initiations, provient de l’Ar- 
bre du Milieu f « tige féconde 
maçonnique. » 

Le Phallus , emblème du prin- 
cipe actif, a un rang important 
dans le culte des Gentils. On le 
voit en Syrie, en Perse, dans 
l’Asie Mineure, en Grèce, chez les 
Romains ; on le retrouve jusqu’en 
Amérique, quel que soit son nom. 
Partout il a la même signification 
et devient l’objet des mêmes pra- 
tiques. D’où vient ce culte? Est-il 
né de la corruption?... « S’il n’est 
pas l’enfant des mœurs corrom- 
pues, répond Bizouart, il est dif- 
ficile qu’il ne soit pas le père des 
infamies des mystères (1). » Dans 
les Thesmopheries, auxquelles 
Hérodote donne le nom de telete, 
Hesychius celui de mystères et Aris- 
tophane celui d'orgies... on profé- 
rait des paroles obscènes pour 
adorer plus convenablement le 
signe vénéré du ctèis ; on y dan- 
sait au son des flûtes. . . Des pro- 
diges s’y manifestaient et le sanc- 
tuaire du temple s'ébranlait jus- 
que dans ses fondements. 

Mal ter, en son Histoire criti- 
que du Gnosticisme (2® édition, 

(t Des rapports de Vhommc avec 
le démon , t. I, p. 27. 



VII 


« On sait que, d’après les initiés 
de l’Egypte, Pythagore prétendait 
que les corps célestes sont placés 
à distance musicale, et que, dans 
leur rotation rapide, ils produisent 
une mélodie ravissante que la 
matérialité de nos organes ne 
nous permet pas d'entendre, mais 
qui devient le partage de Pâme 
épurée par son passage successif 
à travers les planètes. C’est à 
cette doctrine de Ykarmonie des 
sphères que font allusion la flûte 
à sept tuyaux, la lyre à sept cor- 
des et le triangle qu’on voit sur la 
plate-bande qui couronne les co- 
lonnes du portail. Les chrétiens 
ont aussi adopté cette doctrine, et 
c’est ainsi qu’ils faut entendre ce 
qu’ils disent de la musique céleste 
qui réjouit les âmes des bienheu- 
reux durant l’éternité. 

« Le fronton semi-circulaire re- 
présente le ciel étoilé, et, plus 
particulièrement, les signes supé- 
rieurs du zodiaque, ceux dans les- 
quels le soleil est doué de toute sa 
puissance fécondante. On y voit 
la figure du Christ, telle qu’elle 
est sculptée, dans une posture 
bien connue des maçons, au faîte 
du portail de droite de la vieille 
église de Saint-Denis. D’un côté, 
est la vigne, attribut de Dionysius, 
ou Bacchus ; du côté opposé, la 
gerbe de blé, attribut de Gérés. Ces 
emblèmes font allusion à ces pa- 
roles du Christ :« Mangez; ceci 
est mon corps ; buvez ; ceci est 
mon sang. » La tête rayonnante 
du Sauveur, que les Indiens ap- 

rappeJaîetd la fécondaoce solaire. La 
plupart étaient surmontées de pommes 
de pin, et de pommes de grenade, comme 
celles qui ornaient le porche du temple 
de Jérusalem, ci celui du temple d'Her- 
cule et d’Astarté, à Tyr, et qu’on retrouve 
dans les temples maçonniques. Quelques- 
unes étaient surmontées de globes, telle 
était celle qu’au rapport d’Appien le 
grammairien, Moïse avait fait ériger. Les 
colonnes dn Mexique, qui existaient en- 
core h l’époque de la découverte de ce 
pays, les colonnes de Nemrod et celle 
que, suivant Hérodote, on voyait sur le 
lac Moeris, portaient au sommet la figure 
du soleil et celle de la lune. 


t. 1 er , p. 145) parle de la fameuse 
colonne Jakin . Ceux de nos lec- 
teurs qui possèdent le Lecricon of 
Freemasonry , etc, by Albert G. 
Mackey , M. D., Secretary General 
of the Suprême Council, Tbirty- 
Third Degree, for the Southern 
Jurisdiction of the United States, 
1883, peuvent y lire ce qui est dit 
aux mots Phallus , Point Within 
a Circle , Pomegranate , pages 249, 
259 et 260 à 262. 

N’oublions pas que le F. * . Ra- 
gon, dans son Nouveau Rituel de 
Kadosch, p. 99, a cru devoir por- 
ter le nombre des sens à huit, 
ajoutant, le sens cérébral, le sens 
cordial et, dit-il, « le sens sexuel 
qui donne à l’homme la divine 
faculté d’éterniser Ja création de 
sa race. » 

Aux pieds des colonnes, comme 
au-delà delà porte occidentale de 
la loge, s’étend un double pavé 
en forme d’échiquier, blanc et 
noir. C’est le seuil du grand por- 
tique. Les Francs-Maçons préten- 
dent qu’il figure l’union étroite 
qui règne entre eux. Certains 
auteurs, au nombre desquels se 
trouveleF. • . Chappron, déclarent 
que te blanc représente la pureté 
de Famé d’un Maçon et le noir 
un profane livré à tous les vices 
qui dégradent l’homme. (Manuel 
de 1817, p. 32). Ces couleurs, ré- 
pétons-le encore, sont tout sim- 
plement celles de Lucifer. 

Sur le pavé sont déposés : 

Le maillet, représentation de 
; la clé tautique ou cruciforme des 
divinités égyptiennes, dont la clé 
du Nil n’était qu’une imitation, et 
•qui est aussi devenu, dit le F.*. 
Ragon, la croix tronquée gnosti- 
que ou baphométique (Cours 
Phil. et Inter p., 1841, p. 475); la 
truelle ; l’équerre ; le ciseau ; les 
pierres brute et cubique ; la règle ; 
le compas et la planche à tracer 
le plan de la carrière que les 
Francs-Maçons ont à parcourir. 



VIII 


pellent Chrishna, les Japonais 
Jésos, et les chréliens Jésus, est 
posée sur le rebord circulaire du 
fronton, comme Je disque du So- 
leil sur la bande zodiacale. Ceci 
n'a pas besoin d'explication. 

« Sur les marches, sont assises, à 
droite, Vénus, la veuve d’Àdonis, 
ou le soleil ; à gauche, lsis, la 
veuve d’Osiris, ou l'astre du jour* 
La première a , près d'elle, l'Amour ; 
la seconde a, sur ses genoux, Ho- 
rus. Ces enfants sont t’un et l'au- 
tre, la figure du soleil renaissant 
à l'époque du solstice d’hiver, 
comme Vénus et ïsis sont la per- 
sonnification de la nature, en 
deuil du soleil qui vient de périr. 
On remarquera que Vénus est re- 
présentée dans une posture toute 
maçonnique. C'est ainsi que la 
dépeint Macrobe, dans sa légende 
de la mort d'Àdonis. 

« Sur le devant du tableau, on 
voit, réunis sur un môme tronc, 
le rameau d’acacia de l'initiation 
maçonnique, la branche de chêne 
de l'initiation gauloise et Scandi- 
nave, et la branche du figuier de 
l’initiation syrienne, pour montrer 
que tous les mystères ont une 
source unique et reposent sur une 
base commune. » 



(A) Maillets, hallebarde de diacre, glaive à lame droite, glaive tibia et tête de mort 
à lame flamboyante, d'après le dernier catalogue illustré du F.*. Teîssier, 37, rue 
Jean-Jacques Rousseau, à Paris. 



TABLE DES GRAVURES 


P&frés 


Initiation des Mopses. - . 9 

Fac-similé du Titre de YA- 
doption ou la Maçonnerie 
des Femmes , 100070075, 24 

Fac-similé de la planche I 

de ce Manuel 30 

Fac-similé de la planche II 

de ce Manuel 50 

Fac-similé de la planche 111 

de ce Manuel 78 

La Sœur De Genlis .... 91 
La Sœur De Lamballe. , . 108 
La Sœur Impératrice José- 
phine . . 148 

Fête d’Adoption de la L . . 

Belle et Bonne 222 

La Sœur Désirée Pacault . 255 


Pat es 

La Princesse Marie Studol- 
mine Bonaparte- Wyse, 
Veuve de Solms, Rattazzi 

et de Rute 333 

La Sœur Juliette Lambei\ 
alias Edmond Adam. . 441 
La République Maçonnique 474 
La Sœur-Frère Maria De- 

raismes 484 

La Sœur Dona Maria del 
Olvido de Bourbon. . 581 

La Sœur G. Lidia Ansaldi. 617 

La Sœur Sophia-Sapho ou 


Sophie Walder 641 

EmmaCalvé. 681 


La Sœur Claire de Brucq . 689 
Miss Diana Vaughan . . . 705 
La Sœur Dorothée Scbultz. 715 




CHAPITRE I er 


Ouvre/ vos yeux à la lumière, 
Aimables et* charmantes Sneuns, 
Daus ce jardin qui vous éclaire, 
Vous avez gagné tous nos cœurs. 


Peut-on nommer toutes les grâces 
Qui décorent ce beau jardin * 

Les aimer et suivre leurs traces 
Voilà notre plus doux deslin. 

PiEc;i eil uk Discours ht Poésies 
Maçonniques, de differents FF.*, 
et SS.-, de la R.*. L.*. de la 
Douce- Union, n PO.*, de Paris • 
An de la V.\ L*. 5788. — Can- 
tique par le FV. Cabarmjs. — 
p. :U et 35. 

1730 



’cx tics écrivains fran enlaçons les plus 
autorises Je F.*. Raoon, établit 
ainsi l'origine dos Ateliers Fé- 
minins, en France : 

Les foin in es ont dit : « J -es 
<« temples de toutes les reli- 
« g ions nous sont ouverts ; les 
assemblées politiques nous 
admettent en leur présence; 
les académies, les écoles de 
science nous appellent ; la 
« seule Maçonnerie nous terme 


ses portes; donc ce qu’elle enseigne n'est pas bon; donc les 
persécutions qu’elle éprouve dans certains pays sont jus- 
tifiées: donc nous avons raison de ne point aimer que nos 
époux et nos parents s’enrôlent sous ses bannières, 
etc., etc. » 


M w;onn. 


i 



1730 


9 


« De prudents frères, continue Ragon, entendant ces 
'« plaintes judicieuses, les trouvèrent fondées, et se rappe- 
« tant le rôle et les fonctions qu’ont remplis, avec succès et 
« à riionnem* de leur sexe, les femmes, dans les mystères 
« anciens, ils résolurent, dans l'intérêt de l'Ordre, d'y 
« faire droit : de là, l'origine de la Maçonneiuk d'Adoption 
« ou M\conm:iui: i»i:s Dames, duc h la galanterie des maçons 
français, qui l'ont créée en 1730, et qui s'est avantageu- 
« scmenl modifiée depuis. » (1) 

Le F.*. llu.oN avait atteint aux suprêmes degrés de la hié- 
rarchie maçonnique, vers 1800, lorsqu’il se servit de l'ad- 
verbe avantageusement. Il ne pouvait ignorer et n’ignorait 
point (pic la secte accomplissait l'évolution, désormais ra- 
pide, qui, du mépri>ou de la négation de tous les principes 
chrétiens, conduisait ses adeptes au llé~Thénrtjisme-<)pfimate t 
c’est-à-dire, au Luriférianisme ! Combien nous regrettons 
qu’il ail cru nécessaire de ne pas développer entièrement sa 
pensée. 

À la page 102 de son Manne 7 de la Maçonnerie d' Adoption * 
le F.\ Bacon constate que Fauteur de celte « aimable 
institution » Les loges de Femmes) est resté inconnu ; puis, 
il ajoute qu* « elle existait sous ce nom: les Amusements Mf/s- 
térieur ou Maçonnerie d* Adoption, avant 1730, etc. •*. Il 
s’accorde aussi avec les FF.*. Tmmv (2\ Cl \yi:l (3) et Beu- 
ton (Fi pour reconnaître que la branche androgyne ou fémi- 
nine fut greffée, vers 1730, sur l’arbre masculin. Clwee 
observe* que « c’est bien évidemment un produit de l'esprit 
français (5) ; Ragox ne doute pas que les résultats de ces tra- 
vaux inspirèrent aux Dames de la Cour d'avoir de telles 
fêtes », ce qui fit éclore la célèbre Loge la Candeur . Nous en 
parlerons dans l’ordre chronologique. 

Les rites adoptés par le premier Atelier de Dames ne sont 
■point parvenus jusqu’à nous. La Bibliothèque du Grand- 

Ci) Manuel complet de la Maçonnerie tV Adoption ou Maçonnerie des Dames . 
par J.-M. IIacîox, Aurien Vénérable, Emulateur «les trois Ateliers fies Trmosopkes . 
h Paris, Autour du (Join s interprétatif des Initiations , etc. Paris, 1801, p. 1 et 

(2, Auleur d'une Histoire de la Maçonnerie et des fameux Acta Lalumontm. 

(3 j Jlisl. Pittoresque de la Franc-Ma connerie, Paris 1813, p. 111. 

(1) A’ (de pour servir fi l'Jlist. de la Maçonnerie d’ Adoption, lue. le 10 août 
1878, dans nue tenue de la Loge la Justice, ir 133, O.*, de Paris : — Chaine-d' Union , 
Jascieule fie décembre 1878. p. 511 et sui\. 

(5) Op. cil, p. tll. 



1730 


3 


Orient de France n’en possède aucun exemplaire, soit im- 
primé, soit manuscrit. Rien n’empêche d’admettre que ces 
rites ont servi de bases ou de modèles aux loges qui ont été 
créées ensuite et dont les règlements, rituels et statuts sont 
à notre disposition spéciale ; nous publierons leurs textes au 
cours de cet ouvrage. Les documents que donne le Parfait 
Maçon* édité vers 172a, ne se rapportent qu’aux Amusements 
Mystérieux (h. 

1731 

D'après le F.*. César Moreau (2), l'impératrice de Russie, 
Itcanotia , qui s'était fait initier, aurait introduit, en 1731, 
la Francmaçonnerie dans ses états. Répondant aux justes 
attaques d'Eugène Veuillot (3), le F.*. Dechevaux-Dumcsnil, 
rédacteur en chef du Franc-Maçon (i), député au Grand- 
Orient de France, etc., prétendait aussi que la czarine Ca- 
therine, qui sauva Pierre-le-Grand. enfermé par l’armée 
turque en 1712, avait institué Y Ordre de Sainte-Catherine 
(171 i), dont elle se proclama la Grande-Maîtresse , et où les 
femmes seules pouvaient être admises . Il n’en résulte pas que 
cet Ordre était affilié à la Maçonnerie et nous n’intercalons, 
ici, ces renseignements que pour mémoire. 

On ne doit pas oublier que les Francmaçons, chez lesquels 
le mensonge est élevé à la hauteur d'un principe, essaient 
toujours de faire croire au public profane qu'ils ont recruté 
les plus illustres personnages. 

1736 

Le F.-. L.-Th. Juge, Vénérable titulaire de la Loge Glmpi- 
trale Arcopagite de Saint-Jean , régulièrement constituée 
sous le titre distinctif de La Clémente Amitié , à l’O.*. de 
Paris, Athirsata (o) du Souverain Chapitre y annexé, 33" dé- 
fi) Ragox, op. cit. p. 102. 

(2) Précis sur la Frcinc-Maçonncrie , 1855, p. 15(>, eu noie. 

(3) Univers , n n du 21 août 1851. 

(1) Le Franc-Maçon , 5 e anuée, n n * 1-5-0- 7-S : avril-mai-juin-juillet-août 1851, p. 01». 

(5) Nous lisons clans le Manuel Maçonnique ou Tu Heur des divers rites de 
Maçonnerie pratiqués en France , etc., 2 e édition, Paris 1830, p. 130 : 

« RITE ECOSSAIS. — Socverajx-Rri.vce Rose-Croix ou Rite Moderne. — Titres . 
La Loge prend le titre de Souverain Chapitre de Rose-Croix , de VA iq le- Noir. 
du Pélican , d'Uevodoin, ou de Saint-André d'Ecosse. Le Maître, ou Président, est 
nommé Très-Satje Athirsata ou Athersatha (min. hathir'shata , contemplant 
annum, vel t cm pus. C'est le titre donné à Néhémias, fils d'.Miclai (Esdras, 2, Chap. R>. 
v. 1 er ). >' 

Ces lignes sont accompagnées de la note suivante qui a bien sa valeur : 

« Et dixit Athersatha eis , ut ?ion comederent de sancto sanctorum , douer 



1736 


4 


gré ou Souverain Grand-Inspecteur Général, Député près le 
Grand-Orient, etc., s'exprimait en ces termes lors de la Fête 
d'Adoption célébrée le (F jour de la Lune de Thebel, Y an de 
la l 'raie Lumière o,X3<S\ lire vulgaire, 22 décembre LS3N : 

« Longtemps les mystères maçonniques furent réservés 
pour les hommes, ee n’osl que depuis un siècle environ 
(en I73(ij que les dames y furent conviées avec le titre de 
Sautes. [ 1 1 
1737 

L’événement le plus important, après l'institution des 
Loges de Femmes, en général, fui, la constitution, le 20 
mai 17*17, de Y Ordre du Pal lad tant ou Conseil Soarrrain de 
la Sagesse, essentiellement satanioee et d'où est dérivé le. 
Hit o P (diadique Déformé Souvenu ou Luciférien Moderne. 
Cet Ordre du Palladium est digne de fixer l'attention. 

Les Dames y furent admises sous le titre de Campagnes 
de Pénélope, « n' exigeant (Pelles (jur des /(dents, les fjrdres 
de P esprit et P étude de la la/tf/ne italienne ; c'est , dit-on, celle 
de Panant/', » Laissons parler le F.*. 15 ve, on, auquel nous 
avons emprunté la citation précédente: 

« L • rituel contient deux grades: le F’ 1 ’, sous le litre d ' Adelphe : 
le 2 n , de Compagnon d Ulysse . . . 

« Aih:u‘UE. — 1" («rade. 

« Le cahier de ce grade est orné du portrait de Fénelon. 

« Les règlements, en soixante el un articles, se terminent 
« ainsi : « Faits sous l'égide de Minene, à l'issue de Félablisse- 
« ment du souverain conseil, dont les membres ont été uuanime- 
« meut élus et choisis parmi soixante compagnons dTlysse, as- 
« semblés à cet etfet, et rédigés ainsi do leur consentement, par 
« moi Fénelon, te pim petit de tous 1rs sages , à Lutéee, le 20 mai 
« 1037 (lise/. 1737) ; suivent les signatures: Jamard , président, 

« JHandel, Dr la Fleuterir , C aéria, Dr la Place , Piquez ((résonné. 

san/f’ivf sacvrdosdorlnsatqurpcrfcrlus\EsiL l.Llrap. 2, \ . 7 >i > . qm'ttpms personnes 
oui pensé qn\W hersa Ilia élail mi mun propre : maison \nü. par l«* passage ijne nous 
tenons île nier, ijiu* r‘esl un litre qui «Irriguait t|it**lf|iic louHion. Omis lu Itilde. Ini- 
« «luîlt* do la \uluate parla' Maistre de Ka<\ . ono\pli<)ue W titre *V.Uhi esatha pnrrtMm 
<* de (hniverneur des prêtres . (' est (hmr pour a cote occasion de pure are mnuraisr 
« plaisanterie ijae l'auteur du Tuileur de l'Erotisme a l'air de croire qu' A thir- 
< saiha siiîiutir Eettanson. pane <pu‘ Netu'ini aurait rempli rot ollire auprès Un r<»i de 

V Fl'l’sl*. » 

(î , Annuaire des Iwjex, chapitre et constat de la Clémente Amitié, Ho., année 
1<». Orient et Nuitée de Paris, p. S2. — lmp. de la veuve du l* ILmdcv, oL*. 



1737 — 5 — 

« compagnon (sic) d’Ulysse; scellé et délivré par Demeiston, grand 
« secrétaire (1). 

« Le sceau est un cœur dans lequel est écrit, je sais aimer, il 
« est sur un autel orné d’une guirlande, enlre une branche de 
« palmier et une do laurier : au-dessus du cœur est une couronne 
« de Heurs. 

« Sehmknt. La main étendue sur quatre vases {les quatre éléments 
« des anciens) : « Je suis sorti de la terre, un feu divin anime mon 
« être ; l'air et l'eau se combinent pour soutenir mon existence... 
« Je promets secret inviolable, attachement sincère à mes 
« frères... » 

« Mors. Agapan (Signifie aimer). Mêlé tan, mot des admis , il si- 
« gnifie s exercer. En les prononçant, on ajoute : « Je le connais 
« parce que je viens de lui. » 


« (i) À la lecture de ce passage mystificateur, des maçons à 
« courte vue, dénués de tout esprit de critique (Ajoute Ragoût, 
« s’écrient et impriment : Fénelon était maçon! sans examiner si, 
« de son temps, la franemaçonnerie existait. D'ailleurs, avec un 
« peu d’attention, on découvre aisément que les auteurs du Pal - 
« ladisme avaient voulu dérouter les maçons gobemouches de 
« toutes les époques, en leur jetant aux yeux, pour patrons do 
« leur œuvre, les noms imposants do Montaigne , de Charron et 
« de Fénelon. Ce dernier naquit en lt>31, comment aurait-il pu 
« signer des statuts le 20 mai 1037, quatorze ans avant de nai- 
« tre ? (i) 

« On ne doit voir dans cette ingéniosité dite maçonnique qu’un 
« jeu d'esprit a l’instar des conceptions gracieuses qu après 1730, 
« enfanta l'apparition de la maçonnerie des dames , comme le 
« prouvent la Compagne de Pénélope et les ordres nndrogynes 
« mentionnés plus haut... » 

Les Palladistes du xviu c siècle ont eu des imitateurs ser- 
viles et empressés parmi les maçons hypocrites (juifs ou ju- 
daïsanis) qui président actuellement aux destinées de la 
France et notamment dans l’Université d'Etat. « II n’est 
« pas jusqu’au nom des lycées (de filles) nouveaux qui n’aient 
« été parfois choisis à dessein pour entretenir et accroître les 
« illusions. À Paris, le premier qui fut ouvert prit le nom 
« de Fénelon, comme si Ton eut voulu calmer les inquié- 
« tudes des parents en faisant brillera leurs yeux cette au- 
« réole de douceur, de pureté, de piété et d’enseignement 


;i i L'archevêque de Cambrai mourut en 1715. 



6 


1737 

« aimable qui s’attache au souvenir de l'illustre évêque... 
« Il est vrai que l’administration, lorsqu’elle prend le patro- 
<< nage de Fénelon, croit devoir s’excuser en disant que Fé- 
“ nclon « a osé entrevoir la sécularisation de l'éducation 
« des femmes. » C'est ainsi qu'elle accompagne d'une injure 
« l'hommage rendu à sa mémoire. » (t) 

La sécularisation de l'éducation des femmes ! Voilà bien la 
réalisation dos plans ourdis depuis longtemps dans les loges, 
car c'est le seul moyen à employer pour transformer les 
jeunes tilles et jeunes femmes de notre époque et les 
lycéennes en parfaites campagnes de Pénélope et en faire 
plus tard d'excellentes Maîtresses Templières, dernier degré 
féminin du Palludisme nouveau et réformé !! 

1738 

Sa Sainteté le Pape Clément XII « ayant vu grandir et 
« prendre chaque jour de nouvelles forces la secte des Liberi 
*< Mnrafori ou des Francs-Maçons, ou appelée de quelque 
« autre nom. et ayant connu avec certitude et par des 
« preuves multipliées, que celte association n'était pas seu- 
o îement suspecte, mais tout h fait ennemie de l'Eglise ca- 
« lliolique, la condamna par la belle Constitution fn emi - 
« nenli, qui fut publiée le quatrième jour dos calendes de 
« mai 1738. » (2) 

Nous plaçons les fragments du texte pontifical que nous 
reproduisons, en regard de ce que le F.*. Clavll a écrit dans 
son Histoire pittoresque delà Franc-Maçonnerie, page Ho ; 
encore une fois, et ce n'est pas la dernière, nous laissons 
nos lecteurs juges des procédés maçonniques : 


« ïSmis avons appris, par la 
rumeur publique elle-même 
l'extension, la contagion et les 
progrès chaque jour plus rapi- 
des de certaines sociélés, as- 
semblées ou couvent icules ap- 
pelés de Liberi Muratori ou de 
Francs-Maçons ou de quelque 


« Le A des calendes de mai 
de l’année suivante, le. pape 
lança contre cette association 
une bulle d'excommunication, 
dans laquelle il est dit : «Nous 
avons appris, et le bruit public 
no nous a pas permis d'en dou- 
ter. qu'il s'était formé une cer- 


(U Lvs Lycées de Filles, ce qu'ils valent \ ceqtiils coûtent, par A. D’HEnnELOT. 
Paris lWd, p. 13. — Société Bibliographique. 

(2) Lettre Apostolique de S. S. le Pape Léon XII, portant condamnation de la Société 
dite des l'rancs-Maeous et de toutes les mitres sociétés secrètes. 



7 


1738 — 

autre nom, suivant la variété 
des langues. Dans ces associa- 
tions, des hommes de toute 
religion et de toute secte, at- 
tentifs a affecter une apparence 
d'honnêteté naturelle, liés en- 
tre eux par un pacte aussi étroit 
qu'impénétrable, suivant les 
lois et les statuts qu'ils se sont 
faits, s'engagent par un serment 
rigoureux prêté sur la Bible, et 
sous les peines les plus terri- 
bles h tenir cachées par un ser- 
ment inviolable les pratiques 
secrètes de leur société. » 

« Mais telle est la nature 1 du 
crime qu il se trahit lui-même, 
et qu’il pousse un cri qui le 
révèle : e‘est ainsi que les so- 
ciétés ou eonventicules dont 
Nous parlons ont excité dans 
les esprits des fidèles des soup- 
çons si graves, que l'affiliation 
à ces sociétés est auprès des 
hommes sages et honnêtes une 
marque de dépravation et de 
perversion. En effet, s'ils ne 
faisaient pas le mal, ils n'au- 
raient point celte haine delà 
lumière. El la défiance qu'ils 
inspirent a grandi jusque-là 
que dans tous les pays le pou- 
voir séculier a prudemment 
proscrit et banni ces sociétés 
comme ennemies de la sécurité 
des Etats. » 

« C'est pourquoi, repassant 
dans Notre esprit les grands 
maux qui résultent ordinaire- 
ment de ces sortes de sociétés 
ou eonventicules, non seule- 
ment pour la tranquillité des 
Etats, mais encore pour le sa- 
lut des âmes, considérant com- 
bien ces sociétés sont par là en 


laine société... sous le nom de 
francs-maçons... dans laquelle 
sont admises indifféremment 
des personnes de toutes reli- 
gions et de toutes sectes, qui, 
sous les dehors affectés d'une 
, probité naturelle qu'on y exige 
et dont on se contente, se son i 
établis certaines lois, certains* 
statuts qui les lient les uns aux 
autres, et qui, en particulier, 
les obligent, sous les plus sé- 
i vères peines, en vertu d'uni 
1 serment prêté sur les Saintes- 
Ecritures, à garder un secret 
inviolable sur tout ce qui sc 
passe dans leurs assemblées. » 
« Mais comme le crime so 

découvre de lui-même, ces 

assemblées sont devenues si 
suspectes aux fidèles, que tout 
homme de bien regarde au- 
jourd'hui comme un percer s 
quiconque s N* fait adopter. Si 
leurs actions étaient irrépro- 
chables, les francs-maçons ne 
se déroberaient pas avec tant 
de soin à la lumière. ...» 


« Ces associations sont tou- 
jours nuisibles à la tranquillité 
de l’Etat et au salut des âmes ; 
et à ce titre, elles ne peuvent 



1738 


8 


désaccord avec les lois civiles s'accorder avec les lois civiles 

et les lois canoniques Nous et canoniques. » 

avons résolu de condamner et 
de défendre ces dites sociétés, 
assemblées, réunions., associa- 
tions, agrégations ou couvent i- 
culos appelés de Libni Mura - 
tori ou de Francs-maçons ou 
appelés de tout autre nom, 
comme Nous les condamnons j 
et les défendons par Noire pré- | 
sente Constitution qui demeu- 
rera valable à perpétuité. « I 

Cet exemple prouve bien que le F.*. Clvyki. est, comme 
Ions les Maçons, expert dans Y art de falsifier les testes. 

Le Parlement de Paris, déjà loul dévoué aux sectaires, 
refusa formellement d’enregistrer la bulle de Clément XII 
et l’édit de publication du cardinal Firrao. Certains 
Frères prétendent, bien à tort, en se basant sur la résistance 
du Parlement, que re/te Constitution ne concernait pas ta 
France. 

Tandis que se fondait, à Rouen, la Société Androgyne des 
Chevaliers Jiamenrs et des Dames liant cases, qui eut très peu 
de succès, Y Ordre des Mopses fut institué à Vienne (Autri- 
che), le 22 septembre 1738. Les auteurs Maçons donnent à 
entendre que cct Ordre doit son origine à un scrupule de 
conscience 1 . Reaucoup de catholiques allemands, épouvantes 
par la Constitution de Clément XII, renoncèrent à entrer 
dans les Loges; niais, ne pouvant sc résoudre à se voir 
privés des avantages qu’ils s'étaient llattés d’y trouver, ils 
établirent une autre Société qui, sans les exposer aux cen- 
sures de Rome, leur procurât les mômes satisfactions. Ils 
prirent pour emblème le Chien , et s'affublèrent du nom de 
Mopses, qui, en allemand signifie un Doyuin. Au début tous 
les membres de l’Ordre devaient être Catholiques Romains; 
celle condition cessa bientôt d'étre observée. 

Les Mopses admirent les femmes à toutes les dignités, 
excepté celle de Grand-Maître ; de sorte que dans chaque 
Loge il y avait doux Maîtres de Loge ou Grands Mopses, un 
homme et une dame, et ainsi de tous les autres officiers : 
Surveillants, Orateurs, Secrétaires et Trésoriers , renouvelés 




4738 — U — 

tous les six mois. Lorsqu’on initiait une femme ou une fille, 
c’était toujours la Grande Mopse, la surveillante et les autres 
officières, qui étaient chargés de la Cérémonie. Parmi les 
épreuves, il en est une assez inconvenante, rapportée par 
Uagon et des écrivains profanes. Elle est décrite h la page 

PI . xur 


178 du Secret des Mojjses, édité en 1771, h Amsterdam. 
Notre exemplaire en fournit même la gravure (planche VII), 
que nous reproduisons ici, et nous renseigne également sur 



1738 


lu 


li' degré (I e morale qui régnail >oil en loge. ^oil aux ban- 
qiii’l" : « l ttr tléelarafinn />/ // v et premier qm» relie du 
" rouan! i. fade en pleine htbl<\ ye/sxew/7 patte întUst ration 
•• et pour f/rossièreté, r! /'on ne mantjtte jnis d'net nui un , dans 
« te hnt mente, t/e s'e.rplifjner pins clairement et sans rott- 
« trainte (Page » 

FVsl aussi vers 17,‘LS que la Salit», de la Comédie Française, 
établit V Ordre des Indifférents . 

1740 

Los FF.\ Fi.vvix (I) cl lUuox \2i fixent, en 1 7 iO, la 
créa lion, a Paris, de Y Ordre de la Liberté, fis sont dans 
l'erreur, dette société androgyno secrète a été organisée en 
ITid. Nous reparlerons d'elle à la date exacte, avec soin, car 
le F.*. Union prétend (pie « les documents nous manquent » 
et Ci.wkc se borne à inscrire son nom. 

llaulrc part le discours prononcé, cette même année, par 
le Chevalier De liamsay, à la réception de FF.*. Mac.*, est 
instructif on ce sens qu'il montre combien ce colporteur des 
grades écossais, on France, appréhendait l'admission défini- 
tive des femmes dans la Maçonnerie (fi). 

« Oui mes FF.*., disait-il, les fameuses lètes do Gérés a Elou- 
« sis ; d'Jsis en Kgyplo ; de Minerve à Athènes ; dTranic chez 
« les Phéniciens, et de Diane en Scylhio, avaient du rapport aux 
« mdres. Ou y célébrait dos mystères, où se trouvaient plusieurs 
« vestiges de Galicienne religion de Noé et des patriarches. Elles 
« finissaient par des repas et des libations, et l’on n'y connaissait 
« ni l'intempérance ni les excès où les payons tombèrent peu à 
« peu. La source de ces infamies lut l'admission des personnes 
« de l’un et de l’autre sexe aux assemblées nocturnes, contre 
« l'institution primitive. C'est pour prévenir de tels abus que les 
« femmes sont exclues de notre Ordre. Nous ne sommes pas 
« assez injustes pour regarder le sexe comme incapable du so- 
ft crol ; mais sa présence pourrait altérer insensiblement la pu- 
« roté de nos maximes et de nos mouirs. » 

« Notre Ordre, par conséquent, ne doit pas être considéré 
comme un renouvellement des bacchanales... » /4i 

(1) Histoire piflorrstjue de fit Frrfiic~j&fai*oiinfrie {Appendice), p. 39<\ 

Manuel delà Maçonnerie d m Adoption, p. 128. 

(0». H;unsa\ naquit à Ihuro (Kcnsse) en H>8(> rt mourut à Saint-Uurmain, en 1743. 
(1) ht Fraternité, Ilot ut* maçonnique, 2 e année, 2«' livraison, janvier 1811, 
p. 318-3 T. > et 351. 



1740 


— il — 

Nous Muiluns bien supposer que Itumsuy était cl parlail 
de boum» foi ; mais alors, celle pureté ne régna pas bien 
longtemps clans les loges ol les bacchanale* oui été surpas- 
sées par les profanations sacrilèges cl les mystères infâmes 
des ateliers androgynes ! 

1742 

Le F.*. Umox (1) parle longuement de Y Ordre de la Féli- 
cité ou des Fél ic Paires inventé, à Paris, en 1712, par le 
F.-, de Ckambonnct et d'autres ofliciers de marine. Divisé 
en quatre grades : Mousse, Patron, Chef d’ Escadre et Vice- 
An tirai, il avait un vocabulaire essentiellement nautique. 
Les Sœurs faisaient le voyage fictif de Vile de la Félicité , sous 
la voile des Frères et pilotées par eux. 

Le ou la récipiendaire jurait : « 1° de garderie secret sur 
le cérémonial qui accompagnait l'initiation ; — 2° de ne ja- 
mais entreprendre le mouillage dans aucun port où, déjà, 
se trouvait à l'ancre un des vaisseaux de l'ordre. » 

« Si c était une femme : De ne jamais recevoir un 
vaisseau étranger dans son port, tant qu'un vaisseau de 
l'ordre y était à l’ancre. Elle prêtait serment, assise à la place 
du président, qui, durant celte formalité, était à ses ge- 
noux. » 

Par respect pour nos lectrices et nos lecteurs, nous n’ana- 
lyserons pas le Formulaire du cérémonial observé pour cha- 
que grade, suivi d’un Dictionnaire des termes usités dans 
les escadres {loges) et leur signification (2). II nous suffira 
de rappeler que le duc de Chartres ( Philippe-Egalité ), qui 
fut Grand-Maître de l'Ordre Maçonnique, offrit, un jour, à 
quelques seigneurs de la Cour, à Vincenncs, une fête secrète 
et libre, dans laquelle on procéda à une initiation d’après le 
rituel : la récipiendaire et les assistantes furent choisies 
parmi les actrices de plusieurs scènes parisiennes ! 

Parmi les mots dits sacrés, il en est qu'une plume hon- 
nête se refuse absolument h retracer, celui du chef d'escadre, 
par exemple. Ragon, lui-même, fait observer que « pro- 
noncé nautiqucmenl il n’a pas besoin d'interprétation. » (3) 
Où il manque de logique, c’est en écrivant : « Cette société 


* 1) Op. vit p. 129-133. 

(2) 174 r», in-12. 

(3) Op. cit., p. 131. 



42 


1742 

« de plaisir, innocente dam le principe , et qui n’est qu’une 
« imitation libre de Y Adoption, ne tarda guère à dégéné- 
« rer. » Et quelques lignes plus loin : « Cette société qui 
« fut longtemps au-dessus de tout reproche, était composée 
« de beaucoup de seigneurs et de dames dislin y nées* » (t) 

Si corrompue qu’ait été une partie de la noblesse fran- 
çaise sous les règnes de Louis XV et Louis XVI, les « soi- 
>* (jnrurs et dames » initié^ à Y Ordre de la Félicité ne pou- 
vaient être distingués (à moins d'employer ce mot par 
euphémisme); enfin, les quelques détails que nous venons 
de donner suffisent largement pour établir que l'innocence 
en était aussi rigoureusement bannie. 

Nous lisons, en note de la première page de la brochure 
imprimée, ii Amsterdam, en 1771, et dédiée au Très-Véné- 
rablc* Frère Proeope, médecin, Lun des Vénérables des 
vingt-deux Loges élablies à Paris i2) : 

« 11 y a un Ordre bien plus ancien que celui des Francs-Maçons, 
« et dont le nom seul porte avec soi toute la douceur que pour- 
« roif souhaiter l'homme k* plus difficile sur l'article : on l’ap- 
« pelle Y Ordre de la Liberté. Moïse, dit on, en est le Fondateur : 
« je crois qu'on ne peut guères dater de plus loin (3). Cet Ordre 
« est encore en vigueur aujourd'hui. Les Associés portent a la 
« boutonnière de la Veste une Chaîne, d'où pond une espèce de 
« Médaille, qui par sa figure représente une des Tables de la Loi. 
« A la place* des Préceptes, il y a d*un colé deux Ailes gravées, 
« avec celle Légende au-dessus : Yirlus diriyil nias. On sait que 
« les ailes sont les symboles de la libellé. Sur le revers on voit 
« uni 1 grande M, qui signifie Moïse; au-dessous, quelques chiffres 
« Romains; ef en bas, en chiffres Arabes, (5743 (1i. C'est apparé- 
« ment pour faire voir qu’ils savent faire usage de leur liberté, 
« que ces Associés ont commencé par supprimer une des Tables 

fl ht., ihid. 

(2j L'Ordre des Francs-Maron* trahi. 

(0) SI, puisque les KF.*. Kxooh, p,\zor et autre* iusmucnl que « Dieu ne pouvait 
tenir Loye lui tout seul. » H»/u| ajoute : « On laisse ee soin à A data, Adam 
tint-il Loue avec sa femme ou sons elle ? Les amis de ce système ne s'expliquent 
pas... S'il tint Loge arec sa femme , voila une belle et antique ariyine pour (es 
Logos (T Adoption créées en France. » (Histoire des Loues et Fêtes *r Adoption et 
des Sociétés d'hommes et de femmes qui les ont précédées , u lu fin du Manuel du 
Franc- Maron et Guide des Officiers de Loye , 7« édition). Le K.*. Kaoc/i émet cette 
prétention dans son «ou\rugc longtemps elnssique pour les LL/., iutitulé le Vrai Franc- 
Maçon, imprimé eu 177IL >- (Le Franc-Maçon, G* année, n°* 1, 2, U, 1 et â; janvier- 
février-mars 1855, p. 50, 51). .Vous aurons Lien souvent à constater que la Franc- 
maçonnerie atteint parfois aux dernières limites du grotesque. 

(1) Année 17-W, Ere vulgaire. 



1742 


13 


« de la Loi. On ne peut dire quelle est celle qu’ils ont conservée ; 
« car on n’v voit aucune trace des Commandements de Dieu. 
« Peut-être que le peu qui en serait resté, aurait été encore trop 
« gênant pour un Ordre où* l'on ne respire que la liberté. Les 
« femmes y sont admises, comme de raison . » 

Tout commentaire de notre part serait superflu. 

1744 

Mentionnons la publication, en 1714, de la Franemaçonne, 
ou Révélations des Mystères des Francmaeons , par M IU 
veuve ***, Bruxelles, in-12. Un exemplaire do ce livre rare 
existe h la bibliothèque de l’Arsenal, à Paris. Il était, il n'y 
a pas bien longtemps, inscrit sous le numéro BS, 371 du 
catalogue. 

1745 

lé Ordre du Vaisseau fut fondé aux Etats-Unis d'Amérique, 
en 1713, et copié sur celui de la Félicité contre lequel « une 
critique amère » (I) fut alors dirigée. Elle avait pour titre : 
« Le moyen de monter au plus haut dey ré de la Marine sans 
se mouiller. » L'année suivante, P. Moét fit paraître YAntro- 
pojdiile ou le Secret des Mystères [de F Ordre de la Félicité 
dévoilés pour le bonheur de tout V Uni vers (in-12). 

u II parait cependant, avoue le F.*. K.ygon, que, parmi Pim- 
« mense quantité de personnes qui avaient été reçues, il 
« s'était introduit des gens de condition inférieure, qu 'alors 
« il s’y commit quelques abus (2), la multitude s'étant em- 
« paré du timon. « Bientôt, dit un écrivain contemporain 
« par trop exagéra teur, la livrée parvint au y rade suprême 
k de chef d’escadre, et la y risette se nicha dans le tabernacle . » 
La séparation devint indispensable : la société s'épura 
« et donna lieu à la formation de l'Ordre des Chevaliers et 
« Chevalières de V Ancre. » qui conserva les formules du 
premier Ordre, à quelques variantes près. 

1747 

Le Chevalier de Benucliaine, » le plus fanatique des 
Vénérables inamovibles de la (irande Loge de France, le 
meme qui avait établi sa Loge, chez un caba relier de la rue 

(1) <« Critique amère » le F.\Iïu;ox est bien indulgent. Les loups no sc mangent 
ordinairement pas entre eux. 

(2) ItAf.o.x, op. dt. t p. 133 et 131. 

(3. /({., p. 131. 



14 


4747 

Saint-Victor (à Paris), à l’enseigne du Soleil d'or, où il cou- 
chait et conférait, dans la même séance, tous les grades 
maçonniques pour un ccu de six livres, institua V Ordre 
Androy y ne des Vendeurs et des Vendeuses. Il en avait calqué 
les riles sur ceux des Vendeurs du devoir . 

^ La première assemblée qui eut lieu à Paris, fut préparée 
et présidée, le 17 août 17i7, parle P ère-Ma itre Beauchaine. 
il l'appela : Le Chantier du (i lobe et de la Gloire. 11 disait 
tenir ses pouvoirs de MM. de Courval, grand-maître îles 
eaux et forêts du comté d'Eu, seigneur de Courval. 

k Lue grande partie de la cour cl de la ville s’y rendit ; 
la joie y fut franche et sans façon : on s‘y promenait bras 
dessus bras dessous, en habit d'étoffes grossières et en sa- 
bots. Le rendez-vous était dans un vaste jardin de la X ou- 
velle-V rance, a ( h 

u La réception des dames est la même (pie pour les hom- 
mes, sinon qu'on ne tes déshabille pas (2). 11 faut qu'elles pos- 
sèdent le grade de Maîtresse Maronne. Ce jour-là on admet 
les Sœurs qui onlélé reçues bonnes cousines fende use s. » 

« Les récipiendaires se nomment Briquettes . — Les dames 
se placent dans le chantier (loge ou atelier) de manière qu'il 
y ait un mélange parfait de cousins et de cousines. Il en 
est de même au chantier do table. » (ü) 

Le Cantique Les Vendeurs , sur l'air : Mon père était pot , 
révèle la dépravation profonde de celle association, qui, sous 
ce rapport, n'avait rien à envier aux Velléitaires . 

Heauchaine établit d'autres chantiers dans la capitale et 
en province ; plusieurs sociétés succédèrent aux Fendcurs 
et aux Pondeuses, mais avec des formes approchant de 
Y Adoption. Tels furent les Ordres de la Coynée ; do la Cen- 
taine ; de la Fidélité ; de la Grappe , fondé par M. de Damas 
de Cravaison, à Arles; — et de la Méduse , par M. de Vi- 
bra y, à TouIon-sur-Mcr. 

1748 

L'Ordre Hermaphrodite, ou les Secrets de la Sublime Féli - 

(P Hilueldr la Maçonnerie Forestière, par le F.*. Itagon, 1801, p. 5. 

{•2} Dans lu Maçonnerie dWdoption moderne, la Mai tresse parfaite, à la fin de 
su réception, apres le discours du F.*. Orateur, dépouillée de tout \etcincnt, sauf de 
ses jarretières, son taldier, son cordon et son Idjou ma<;ouniquc, est juchée sur l 'an* 
tel de ta Vérité et encensée cinq fojs par les FF.*, et les Sœurs. C'est uu retour aux 
Adamilos. 

GÇ Hit. dota Mac.-. Forestière , p. U*. 



1748 


1 o 


cité, avec un discours par le chevalier H..., orateur au jardin 
d’Eden, chez Nicolas Martin, au Grand-Mât, 1748, donne le 
texte de l' Oraison que le ou la récipiendaire adressait à Mon- 
sieur Saint-Nicolas , patron de l’Ordre. Pendant cette invo- 
cation la boite du scrutin fermée à clef circulait. Le ou la 
récipiendaire rouvrait et jugeait de son sort. Une seule 
boule noire suffisait pour l’exclure ; mais si le scrutin était 
favorable, toute l’escadre battait des mains, et Ton embras- 
sait celui ou celle qui était admis à la réception. Choisir Saint 
Nicolas comme protecteur, c’était une de ces ruses diabo- 
liques employées si souvent, et malheureusement avec trop 
de succès, pour tromper les profanes. 

Vers le milieu du xviu c siècle existait, en Bretagne, l'Or- 
dre des Feuillants ou des Dames Philéides, société de plaisir, 
selon le F.-. Clavel et dont le F.*. Ragon fait mention ; 

« Signe d’essai. Elever les mains h la hauteur de l’œil, la 
paume tournée en haut, les cinq doigts joints. — Signe 
.manuel (Attouchement). Se prendre mutuellement les deux 
mains, les doigts entrelacés et les serrer trois fois récipro- 
quement. Parole. Avez-vous effeuillé les roses ? Réponse, 
Aussi les pampres (l). » De tels propos laissent le champ 
libre à toutes les conjectures ; n’insistons pas. 

Il restait encore en Europe quatre Grandes Maîtresses 
d’un Ordre tenant à celui de Saint Jean de Jérusalem : la 
Comtesse de Maillé (France) ; — la Duchesse de 1 1 issem- 
bouvg et la Princesse de Latour (Allemagne) ; — et la Prin- 
cesse de Pochette (Italie). 

1751 

Les Francmaçons ayant répandu le bruit que la sentence 
d'excommunication portée contre eux par S. S. Clément XII 
était devenue caduque, puisque son successeur ne l’avait pas 
confirmée, S. S. Benoît XIV dut agir. Afin d’arracher ce sub- 
terfuge aux sectaires, il publia, le 15 des calendes d’avril 
1751, une nouvelle Constitution (Providas), par laquelle il 
confirma celle de son prédécesseur et la rappela dans son 
texte et dans la forme appelée spécifique, qui est de toutes 
la plus étendue. 


(1) Op. c it.. p. 135 et 136. 



1752 — 16 - 

On essaya, vers 1752, d’établir, en Amérique, Y Ordre An- 
drot/f/ne des Amazones. 

1757 

Les Fnmcmaçons firent {Trader, en 1757, un Heeneil de 
pièces de vers ef de chansons maçonniques , où les Airs étaient 
notés. On ne remettait ce livret qu’aux Frères et il coûtait 
un écu. Certain Vénérable ne payait, paraît-il, scs serviteurs 
qu’avec le produit de la vente de ce mince volume. Il fallait 
que le débit en fût considérable ou que les domestiques se 
contentassent de bien peu. 

Pour édifier nos lecteurs, sur la morale des Maçons d’a- 
lors, nous insérons les trois derniers couplets de la Chanson 
qui avait le plus de succès. Nous avons soin de juxtaposer 
la variante: 


Nos ouvrages sont toujours bons 
Y là ce que cVsl que des Francs- 
Maçons, 

Pans les boires que nous tenons 
La Volupté pme. 

Lu belle nature. 

Conduisent toujours nos cru vous 
Ylàce que c'est que des Francs- 
Maçons, 

beautés pour qui nous soupi- 
rons, 

Via ce que c'est que des Fraucs- 
t Maçons. 

Si pendant que nous travaillons 
h us mains toujours sages 
Couvrent nos om rages, 

C’est que \ <>s attraits nous crai- 
gnons, 

Ylà ce que c est que des Franes- 
Maçmw. 

Aux prophaues nous Faimon- 

(colis, 

Ylà ce que c'est que des Franes- 
[Maçons. 


N o s o u v ra ge s s o n t ( n u j o u r s bon s 
Ylà c'qne c’est qu’les Francs- 
[Maçons. 

Dans les plans (pie nous en Ira- 
Aolre règle est sûre; [cous. 
Car c'est la Nature 
Qu i gu i de e 1 ci nul u i l no s crayo ns 
Ylà c’que e’esj . ofc. 


Heauléspourqui nous soupirons 
Ylà c’que cVst, etc. 

Yos nf I rail s que nous révérons, 
De F litre Suprême 
Sont l'image même ; 

C'est lui qu'en vous nous ado- 
Ylà c que c'est, etc. i ons : 


Aux profanesnous Fannonçons: 
Ylà C que c'est, etc. 

Modérés dans leurs passions, 
Discrets prés des Belles, 



1757 


17 


Modérés dans leurs passions, 
Discrets près des Belles 
Tendres et fidelles, 

Amis parfaits, bons Compa- 
gnons 

VTà ce que c'est que des Francs- 
r Maron s 

(Le Vrai secret des Francs-Ma- 
rons, par Wolson. A Berlin, 
aux dépens de la Compagnir 
1757, p. üo et OG). 


Sincères, fidèles, 

Amis parfaits , bons compa- 
Vlîi c‘quc c'est, etc. [gnons : 
(Chansons de la Très-Vénérable 
Confrérie des Francs-Maçons, 
précédées de quelques pièces 
de poésies. A Amsterdam, 
1771, p. 20-28). 


Ces couplets se chantaient sur l'air : V'ià ce que c'est que 
(Voiler au bois . 

1760 

« Les formes de la Maçonnerie tF Adoption n’ont été lixées 
définitivement qu’après 1760... Les rites se répandirent de 
la France dans la plupart des autres pays de l’Europe... Les 
maçons les accueillirent partout avec empressement... Les 
banquets et les bals... devinrent le rendez-vous de la plus 
haute société. Plusieurs de ces assemblées furent entourées 
d'un éclat qui leur mérite une place dans l’histoire. » 

« Tout ce que Paris comptait de notabilités dans les 
lettres, dans les arts et dans la noblesse, se portait en 
foule, en 1700, à la Loge d' Adoption qu’avait fondée le 
comte de Bernouville, à la Nouvelle-France, et h celles que 
plusieurs autres seigneurs tenaient, vers la même époque, 
dans leurs hôtels. » (1) 

1762 

La vraie Maçonnerie tV Adoption, volume in-12, parut en 
1702, sous la rubrique de Philadelphie , chez Philarethe , rue 
de VEqiterre-à-V Aplomb. (2) 

Le recrutement des Loges était alors confié à un singulier 
personnage. « Le nommé La Corne, maître à danser, dit le 
F.*. Thory (3) ayant eu l'occasion de se rendre agréable au 
comte de Clermont (i\, en l’aidant dans quelques réunions 
secrètes destinées à initier des femmes, en obtint le titre de son 


(1) Clavel, op. cit p. Ui, 112. 

(2 J Ragok, op. cit., p. 92. 

(3) Cité par la Bibliothèque Maçonnique, l re livraison, tome I®*, p. 26 ; Paris, 
janvier 1S19. 

(4) Duc Louis de Bourbon, Comte de Clermont, installé Grand-Maître le il décem- 
bre 1743, mort le 15 juin 1771 . 


maçonn. 


2 



1762 — 18 — 

substitut particulier : cette faiblesse coupable du comte de 
Clermont déplut, avec raison, aux anciens membres de la 
Grande-Loge. La Corne y admit un grand nombre de Maçons 
do tout état et de toute profession... A la noblesse, au bar- 
reau, à la classe distinguée de la bourgeoisie furent associés 
des artisans sans éducation, des hommes mal famés. » 

Que devaient être les femmes plongées dans un pareil amal- 
game ? 

1766 

En 1766, à côté delà Loge Saint-Louk, ü.-. de Dieppe, 
fonctionnait la Loge des Sœurs dite d'Adoption, la Féli- 
cité. (1) 

Vers cette année, et en ioul cas avant ITül), une société 
androgyne, dont le formulaire mystérieux s’est perdu, se 
forma h Versailles et prit le nom de l'Ordre des Chevaliers et 
des homes de la Persévérance. Elle eut pour fondateurs la 
Comtesse Azolins/m de Pofos/m , polonaise, le comte de Bros- 
loski, son compatriote et le marquis de Seignclay. « Les 
inventeurs racontaient le plus sérieusement du monde et 
avec une candeur parfaite que l'Ordre avait été institué 
dans le royaume de Pologne, à une époque très reculée ; 
qu’il y avait existé sans interruption dans le plus profond 
secret ; et qu il avait été introduit récemment en France par 
des Polonais de distinction. La comtesse de Potoska, qui 
civail imaginé cette fable, sollicita son parent, Stanislas, roi 
de Pologne, alors réfugié en France, de se prêter à la su- 
percherie. Le monarque y consentît de bonne grâce et poussa 
la plaisanterie jusqu’à tracer, dans une lettre de sa propre 
main, l’histoire circonstanciée de l’ordre, depuis scs pre- 
miers temps supposés, affirmant qu’il était encore en grand 
honneur en Pologne. Le moyen de nier l'ancienneté de cet 
ordre, lorsqu'elle était attestée par un si haut personnage ! 
Aussi tous les doutes qu'elle avait d'abord inspirés s'évanoui- 
rent-ils à partir de ce moment. Rulhièrcs, à qui l'on doit une 
histoire do Pologne et qui se larguait de posséder mieux que 
personne les annales de ce pays, était au nombre des plus 
crédules. 11 eut la malheureuse vanité défaire parade de son 


(1) Il Ut. de la Maçonnerie à Dieppe, pur le F.*, l'aisant ; lue par ce dernier à 
la fèt*' solsticiale d'été" de lu Loge V Espérance couronnée , 0.*. fie Dieppe, le <3 juil- 
let 1851. 



19 


1766 

érudition gasconne au sujet de TOrdre de la Persévérance, 
un jour qu’il rencontra dans le Palais-Royal la comtesse de 
Caylus, une des dames qui avaient contribué à l’établissement 
de cette société. II lui dit qu’il avait découvertune foule de par- 
ticularités curieuses de l’histoire de l’ordre ; qu’il était cer- 
tain, par exemple, que le comte de Palouski lavait restauré 
en Pologne au milieu du xv c siècle, et que, dans la suite,. 
Henri III en avait été nommé grand-maître, lorsqu’il fut 
appelé au trône de Pologne, etc. « Vraiment ! repartit la 
comtesse. Et où, bon Dieu ! avez-vous trouvé toutes ces belles 
choses? — Dans de vieilles chroniques polonaises qui 
m’ont été communiquées par des bénédictins. — Qui les ont 
fabriquées ? — Non pas ! ce sont des frères de leur ordre qui 
les leur ont envoyées de Varsovie tout exprès pour moi, sa- 
chant que je suis très curieux (de tout ce qui touche à l’histoire 
de ce pays. — Eh bien ! chevalier, dit en riant la comtesse, 
ils auront à faire pénitence pour un si gros mensonge. Je 
puis vous le dire à vous, qui sûrement n’irez pas le répéter,, 
car, après tout, le secret que je garde depuis si longtemps 
linirait par m’étouffer : sachez donc que Y histoire de f ordre 
de la Persévérance n'est qu’nne fable , et que vous voyez de- 
vant vous une des personnes qui l’ont imaginée. » Elle donna, 
alors à Rulhières les détails que nous avons rapportés plus 
haut. Le chevalier, un peu confus, n’eut garde de se vanter 
de l’aventure. La comtesse ne fut pas si discrète. » (1) 

Et dire que toutes les histoires des Ordres ou des Mystères 
Maçonniques ne sont que des fables comme celle-ci! ! Jamais 
l’expression sentencieuse de Virgile : « Ab uno disee omîtes 
n’a mieux trouvé son application. 

1770 

C’est en 1770 que la Saxe vit éclore la Maçonnerie andro- 
gyne des Princesses de la Couronne , nom que l’on donna 
plus tardaudixième et dernier gradedela Maçonnerie d* Adop- 
tion ; grade simplement honorifique et nullement initiatique. 
La Princesse de la Couronne est aussi appelée Souveraine 
Maçonne . 

« La loge représente la salle de conseil de Salomon. 

« Les travaux du conseil n’ont rapport qu’aux vertus de Salo- 
mon et à Ja visite de la reine de Saba. 


(i) Clavel, op. cit.y p. 114 et 115 . 



1770 


20 


« Le cérémonial de réception représente celui qui eut lieu 
quand cette reine fut reçue par le roi Salomon. 

« Décoration de la Salle : Tontun* rouge, ornée de guirlandes 
de fleurs et de couronnes. Un tronc magnifique élevé de 7 degrés, 
couverl d'un dais. A la droite du troue est le ricin 1 2 fauteuil de la 
Grande-Maitresse, h gauche, une table, sur laquelle sont trois 
lumières, une coupe et un pain. Auprès, est un autel orné, pour 
recevoir le serment de la récipiendaire ; 21 lumières éclairent la 
salle. 

« Titres. Le G.*. M* représente Salomon; la G.\ M S<5P , sa 
femme; on les appelle Très-Sage liai, Très-Sage Beine\ les FIV. 
et les Sieurs inspecteurs sont les premiers du conseil; on les 
nomme Favoris, Favorites; la récipiendaire représente la reine 
de Saba qui vient visiter Salomon; on l'appelle Puissante Reine . 
Elle est décorée d'une riche écharpe 1 et d’un bracelet lormé d'un 
ruban fond bleu sur lequel est hrndeeeu or une couronne antique 
avec ces mots . Sagesse et Candeur. 

« Décors des SS.-.: Une écharpe bleu de ciel, terminée par une 
frange en argent, et nouée sur l'épaule avec une rosette blanche 
et des glands d'or; au bout s'attache le bijou du grade. 

« Toute Sieur, ainsi décorée, a le rang île Grande-Maitresse, et 
peut prendre place à FOrient. 

« Dune. Un cercle en or renfermant un sceptre, une main de 
justice, et, au centre*, une couronne antique, qui sont les attri- 
buts de la royauté. Ce bijou s’attache au bout de l'écharpe au 
moyen d’une rosette rose. » (!) 

1771 

La Loge la Co morde. s’ouvrit le 10 juillet 1771, à Dijon; 
une loge de femmes y fut aussitôt soudée. Elles furent fer- 
mées, ou mises en sommeil, pendant l'année 177H. 

Nous voici arrivés à la lin du règne de Louis XV, « qui ne 
fut point juqé trouvé clique d'élrc initié y n'étant point de 
bonne vie et de bonnes mœurs. » ri) Quelles vertueuses gens 
que les Maçons, n’est-cc pas ! 

Certes, il ne peul venir à la pensée d'un auteur vraiment 
impartial de défendre la mémoire de ce lioi, surtout à ce 
point de vue, mais on ne doit pas oublier que tout dépravé et 
immoral qu’il fut, Louis XV s’opposa cependant, assez éner- 
giquement, au développement de lu secte. Inde iræ. En 
s’élevant contre les Loges d’Adoption, le Bien-Aimé était 

(1) Rago.n, op. cît p. 86 et 87. 

(2) Franc-Maçon, 1° année, u°* 1 et 5 ; avril-mai 1858, j>. 82. 



1771 


21 


peut-être mû par ce même sentiment de jalousie, qui inspira 
à Mohammed, la sentence portéeau chapitre XXXIII, verset 53, 
du Koran , interdisant aux musulmans d’épouser ses femmes 
quand il serait mort. Ce qui eût été « grave aux yeux de 
Dieu ! » 

1774 

Le degré de la morale do ces collcls-montés, vers 1774, 
déjà, est indiqué dans une lettre écrite, en 1863, au F.*. De- 
chevaux-Dumesnil, Rédacteur en chef du Franc-Maçon, par 
le F.-. John Ransay, correspondant de The lllustred unes of 
ihe World . Après avoir traité la Maçonnerie sous Louis XV 
do Maçonnerie de salon, de jardin , il continue ainsi : 

« Celait le bon temps des banquets , 

« Des bouquets , des couplets , 

« Des bosquets très secrets . etc. 

« Telle est la facture des couplets d’un poète d’alors qui les 
faisait répéter par des chœurs de louvctons et de jeunes et jolies 
louvetonnes. 

« Ils n’ont pas su toujours résister non plus aux charmes de la 
Maçonnerie des Amours , vos poètes 

« Une femme d’esprit, Grande Maîtresse de cette maçonnerie 
de ce temps là, l’appelait elle-même, la gente et noble Allemande 
qu’elle était, la Maçonnerie des Blasze farbe . 

« Si je n’ose traduire ces mots en anglais, ce qui serait parmi 
nous, un schocking , vous l’oserez encore bien moins dans votre 
langue si honnête et si pure, et il est fort inutile de le dire en 
latin, qui n’a jamais su rougir. 

« Malgré l’origine que vos historiens lui donnent, cette ma- 
çonnerie, qui llorissait à la fin du règne de Louis XV, et que 
madame Dubarrv jalousait bien un peu, remonte bien au-delà 
de 1774. 

« A celte époque, cependant, cette free masonry of the mistress, 
par et pour les dames de la Cour d’alors, qui n’était ni jamais, 
ni toujours, une cour de morale et de vertu, le Grand Orient 
français dût avoir la fade galanterie de la reconnaître pour ainsi 
dire. » (1) 

En effet, le 10 juin 1774, le Grand-Orient, réuni en assem- 
blée générale « prit dans son gouvernement les LL.*. d’Adop- 
tion en les assujettissant à n’être tenues que par des Véné- 

(t) Les Transformations maçonniques , article publié dans le Franc-Maçon , 
10® année, n" 9 1 et 5. 1863, p. 99 à 101. 



22 


«774 

arables ou dans leur absence par des officiers, qui les uns et 
les autres seraient en exercice dans les LL.*, régulières. » (1) 
C’est-à-dire par leurs suppléants de droit, les 1 ers surveillants. 

L’Union Parfaite, O.-. d’Orléans, annexa à son atelier un 
Chantier de fendeurs et de fendeuses, ce qui lui donna le 
caractère d'une Loge d’Àdoption. 

«On prétend que lcdnc de Chartres, lors de ses séjours à 
Orléans, ne dédaignait pas d’assister à ces réunions épicu- 
riennes de cousins et de cousines, qui se tenaient dans des 
maisons de campagne du val de la Loire : an Rondeau , à 
Miramion, à F Ardoise, h la Source, au Poutil, etc. ( Les Loges 
maçonniques de l'Orléanais, précis historique, par Un profane, 
1738-1892.) 

« Des loges d'adoption ne lardèrent pas à se former en 
France, en Allemagne, en Russie, en Hollande* et en Italie. 

« Caroline , reine de Naples, la princesse d'Orange et de 
Nassau ... présidèrent leurs travaux. » (2) 

« Il y eut à Nimègue, dans l'hiver de 1771, une réunion 
de ce genre, présidée par la princesse d’Orange et par le 
prince de Waldeck. L'élite de la noblesse hollandaise assis- 
tait à la fete. » (*\) 

« Depuis, d’autres réunions androgynes ont eu lieu dans 
les loges de Frédéric-llot/af, à Rotterdam ; de la Fidélité - 
Frisenne , à Dewardc ; delà Ilien-Aimée, à Amsterdam ; de 
V Etoile du Nord, à Alemaer, etc. » i'l). 

(1) Etat (Ut Gr. Or. de Fronce, touie 1 er , 177<>. parlie, p. U*. 

(2) Discours du F.\ i. Th. «Ju£f\ oh*., à Ja (etc d'adoption c&ébrfr; le 22 décembre 
J 838, par la L.\ la Clémente- A initie, Or. de Paris. 

(3) Le Yr. Ci a v K!., op. cit., p. 1 11-113. 

(*t) Raison, op . f/7., p. *.U. 


/ 






CHAPITRE II 


1775 



ous sommes détenteur d’un 
Manuel <T Adoption, paru 
en 177o, que l’on trouvait 
également à la Haye, chez 
P. Gosse et Pinet, de 
meme qu’à Genève, chez 
I- Bardin. En comparant 
son texte avec celui des 
autres ouvrages de ce genre 
publiés postérieurement , 
nous avons tout lieu d’es- 
timer qu’il en est le pro- 
totype ; aussi n’hésitons- 
nous pas à lui consacrer 
ce chapitre tout entier. 
Ceux de nos lecteurs qui sont bibliophiles nous sauront 
peut-être gré de reproduire fidèlement le titre, qu’ils trou- 
veront, en fac-similé, à la page suivante. 


Discours de Réception pour les Aprentisses . 

L’homme porte en naissant l'instinct de la bienfaisance et de la 
société gravé dans son cœur ; les semences de ces deux qualités 
éminentes y sont jetées par les bontés paternelles de l’Etre créa- 
teur (1), et l’homme en pratique les préceptes avant que son es- 
prit ait compris l’utilité et la nécessité d’un engagement qui 
adoucit les rigueurs de notre condition, et sème des tleurs sur 
la carrière épineuse de la vie. 


(1) Il ne s’agit pas ici du Dieu des Chrétiens, mais de la Nature comme on le voit 
quelques lignes plus bas, dans le passage que nous avons fait composer en italique. 
La même réflexion s'applique au Très-haut que Ton trouvera au quatrième paragraphe 
ci-dessous. 



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Le premier sentiment de l'homme en sortant des mains de son 
Créateur, fut, sans doute, celui de son existence ; aussi longtems 


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vit cet être charmant que l 'aimable et puissante nature avoit formé 
pour être sa compagne, les germes de la bienfaisance se dévelop- 
pèrent, il oublia pour ainsi dire son existence, el abandonna 



1775 - rô - 

l’amour de soi-même, pour le transporter k celle de qui il atten- 
doit tout son bonheur. 

Les fondemens de la Société furent donc jetés dans le jardin 
d’Eden, et c’est dans ce séjour délicieux, Pazilc de la vertu, de l’in- 
nocence et de la paix, que la bienfaisance et toutes les autres vertus 
sociables, furent pratiquées dans toutes leurs puretés par nos 
premiers parens, aussi longlems que contons l’un et l’autre de 
leur sort , ils ne pensoient qu'à goûter les doux fruits de leur 
union, leur bonheur lut sans amertume, et ils jouissoient au soin 
de la tranquilité des biens ineffables de la félicité terrestre. Mal- 
heureusement le mal touche le bien de très-près, Adam et Eve 
furent les premiers qui reconnurent, mais trop lard, cette vérité 
exigeante, en transmettant à leurs postérités les fruits amers de 
leur désobéissance, de leur curiosité et de leur foiblesse. Leurs 
cœurs, semblables à l’arche de Tsoé, dotant aux grès des vents sur 
les eaux de l'abime, qui couvroient la surface de la terre, cédoient 
avec une égale facilité à toutes les impressions. La société et l’or- 
gueil, soutenues de toutes les autres passions, vainquirent dès 
lors l'obéissance et la discrétion, qui n’avoient d'autre soutien 
que la foiblesse, et précipitèrent ainsi notre bonheur dans l’abais- 
sement et la misère. 

Cette allégorie de la chute de l’homme, par sa foiblesse et sa 
curiosité, vous trace, mes très chères Sœurs, d’une manière bien 
frappante et énergique, le triste état de notre dégénération, et 
nous offre en même tems le moyen de le réparer, autant qu'il 
peut dépendre de notre foible nature. Ce sont ces moyens que 
vous trouverez rassemblés, dans l’ordre où vous venez d’être 
admises, sous les emblèmes, que nous découvrons à vos regards, 
et dont je vais vous donner l’explication. 

Vous voyez d’abord, mes très chères Sœurs, dans la Loge 
d’Aprentisse, outre la représentation du Paradis terrestre dont je 
viens de vous parler, Adam et Eve commettant l’acte fatal de 
leur désobéissance aux ordres du Très-Haut, par les propos séduc- 
teurs et la fourberie du serpent. Vous voyez, dis-je, l’Arche de 
Noé, la Tour de Babel et l’Echelle de Jacob, tracées sur ce tableau. 
L’Arche de Noé représente le cœur de l’homme, jouet éternel des 
passions, comme l’Arche l'étoit des eaux du déluge (1) ; et nous 
apprend que nous devons si bien fortifier nos âmes par les pré- 
ceptes de la vertu, qu’au milieu de cette tourmente nous soyons 
comme Noé et sa famille, à l'abri du naufrage. La Tour de Babel 
est l’emblème de l’orgueil des hommes, qui veulent opposer leurs 
foiblesses aux décrets éternels de la Providence, et qui pour fruits 
de leurs travaux ne remportent que la honte et la confusion, 


(i) Bis r p petit a placent. — Nule tic l'aulcur. 



1775 


26 


dont on ne peut se garantir, qu’en oposant un cœur qui forme 
le caractère du maçon. A cet autre côté du tableau, vous voyez 
l'Echelle de Jacob, dont la signification est toute mystérieuse, 
elle nous apprend que 1ns moyens de parvenir au vrai bonheur* 
sont semblables à celle que Jacob vit en songe et que la vertu 
représentée par les échelons (I), doit être apuyée sur l’amour 
de Dieu et du prochain, comme les éohcllons le sont aux montans 
de l'échelle ; toutes ces choses s’obtiennent par la pratique de la 
discrétion, de la force, de la constance et des préceptes de la ma- 
çonnerie (2). 

Ce sont là, mes très chères Sœurs, les mystères que je dois 
aujourd'hui vous dévoiler ; dans une autre réception, mon cœur 
sc rapeîlcra sans cesse* avec la plus douce émotion, ce jour so- 
lennel, dans lequel vous filles initiées, par mon foible ministère, 
dans l'ordre trè*s sublime et très respectable de la Maçonnerie. 
Puissiez-vous, mes très chères Sœurs, couler des jours aussi heu- 
reux que ceux que nous demandons tous en votre laveur, au 
Grand-Architecte, de l'Uni ver s, et goûter une suite de plaisirs, 
aussi vifs et aussi purs que ceux que nous ressentirons toutes 
les fois que nous vous apellnrons du doux nom de Sœurs. 

PREMIER GRADE 
d’Aprentisse. 

(Outre le texte de 1773, nous publious : 1° celui du Nécessaire 
Maçonnique d' Adoption à Vusage des Dames, rédigé par le F.-. E.-J. 
CnAiTrtn.v, maçon régulier des rifs ancien et moderne, édité à 
Paris, chez Fauteur et chez Canet, rue des Fossés-Saint-Germain- 
des-Prés, n° 12, en 1817 ; — 2° les variantes du Manuel de la Ma- 
çonnerie d' Adoption ou Maçonnerie des Dames du F.-. Racox, paru 
en 1860. Nos lecteurs se rendront infiniment mieux compte des 
emprunts opérés par ces doux auteurs sacrés.) 


(1) Nous copions textuellement relie phrase incorrecte. — Note de l'auteur. 

(2) L’&hclie du Rite Palladique moderne comprend sept échelons, sur chacun 
«lesquels est inscrit l’un des mots suivants: ÏMbor, Vbertas , C aritas, I gnis, 'Féli- 
citas , K maneipatio. 'Ratio, donl les lellrcs initiales réunies forment le nom de Sa- 
tan , r'esl-à-dire du Dieu Üon, ou Lucifer. — Id. 



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1 épée nue à la main pour former la mettre le sceau do la discrétion, à l’aide sur la ligne en avant des frères. Le 

voûte d’acier; le Grand-Inspecteur est d’une truelle qui doit être dans l’auge. G.*. M.\, la G.’. M ssc .\ et les autres 

placé à 1 Occident sans chapeau, ainsi Le Grand- Inspecteur est en face, à dignitaires occupent les mêmes places 

que les autres Frères; pour ce qui est l’Europe (Occident) ; il porte la même que dans les loges ordinaires. 



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^Fac-similé de la planche I du Manuel de 1775.) 



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le feu; les terrines sont quelquefois posé de soufre, de bitume et de résine; 
placées au centre de la Loge ; à culé devant eux sont deux guéridons, sur 
de la table qui est derrière le Grand- lesquels sont deux terrines remplies 



Inspecteur, sont placés deux Frères 
terribles, leurs chapeaux enfoncés sur 
la tête, et tenant chacun un flambeau 


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dit à l’Inspecteur de la laisser un mo- de vous décider à entrer dans un Or- présente à la porte du temple o 

ment dans ses réflexions et ensuite de dre aussi respectable? » Après la ré- , frappe 5 coups, 

la faire passer sous la vofite d’acier, et ponse, il ajoute : « Ne vous est-il j La S.-, dépositaire annonce 

de la faire voyager du Nord à l’Occi- jamais arrivé de croire que les Maçons . S. * inspectrice et celle-ci à la G 


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à genoux. Le Vénérable lui dit de faire tlexion sur son état présent. » Un mo- on la fait asseoir). 

attention à ce qu’il va lui dire : Ma- ment après, le Vén. *. ajoute : « Faites- La G e -M s,e l’interroge sur les motifs 

dame, vous allez être admise dans un la passer de la mort à la vie, en la qui lui ont inspiré le désir d’être ad- 

Ordre très 7'espectabïe, il ne s’y passe menant vers l’Étoile d’O.*. par cinq mise dans cette Société; sur l’idée 



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rien contre la religion, l'etat et la vertu ; pas. » Alors les deux FF.*. Terr.', la qu'elle s’est faite de la Franc-Maeon- 

la fermeté que vous avez fait paraître détournent très promptement, et môme nerie tant décriée par ceux qui ne la 

dans les épreuves que Von vous a fait un peu brusquement, vers FO.*.; connaissent pas ; elle lui demande si 

faire , la probité et la vertu de celui qui l’Insp. * . lui fait faire cinq pas vers le elle est décidée à subir les épreuves. 


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« Il n’y a qu’un moment, Madame, préjugés de la société, est la pudeur y 
quevous étiez dans d’épaisses ténèbres, ht chasteté ; celle-ci semble même ren- 
à la faveur desquelles vous ôtes entrée fermer toutes les autres, car une fois 




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renient, le V en.*, va vous faire prononcer ignore la composition et les mieurs , et 
la formidable obligation qui vous lie à oit sa pudeur pouvait cire en danger y 
jamais sous l’inviolabilité du secret. Fai- etc., etc. 

tes-v, Madame, la plusgrande attention.» * Mes chers FF.-, et SS.', ouvrons - 



Le Vén.-. lui fait prêter l'obligation ’ un ia porte de ta vertu, et üétachez- 
suivante : (P. 140 à 144.) | lui ses fers (nnhîhnes des préjugés), 

IL FAUT ÊTRE LIBRE POUR ENTRER DANS 


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177 o 1817 1860 

famie que tous maçons réserve (sic) teur, et que la terre s’entr'ouvre sous et devant cette auguste assemblée, je 

aux parjures; je promets de plus moi pour y être engloutie! Je désire, promets de garder fidèlement dans mon 

d'écouter, obéir, travailler et me taire ; pour m’en garantir, qu’une portion du cœur les secrets qui vont m’être con- 


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portant les deux derniers doigts de la trois sur le bout des doigts, en disant certaines de notre estime. Je vous 
main droite à la main gauche; la trois lois Éva ! donne, chère sœur, le baiser de paix 

réponse est de couler et descendre Mot de passe. — Éva ! ( frontal ), le baiser de confiance (joue 


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s'eu persuader en lisant le cantique d'Eva, 
inséré à la page 31 du M/vutrl du F.*. Iîagon 
el que la déeenee nous interdit de reproduire 



chère s<eur, une femme serait bien à 
plaindre. (Elle V embrasse.) 

Le M e des Cérémonies la conduit 


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pectrice et dépositaire , engagez les 
FF. * . et SS. * . de vos climats à recon- 
naître à l’avenir pour apprentie-ma- 



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conne, membre Je cette respectable 
Loge, la su*ur X ...» à lui porter ami- 
tié, secours et assistance en cas de 


42 




11. C'est de s’assurer si la Loge est ‘ et Maronnes? D. Etes-vous apprentie? 

couverte. R. C’est de voir si la Loge est close. U. 3e le crois. 

D. Êtes-vous apprentisse? O. Êtes-vous Apprentie ? D .Pourquoi merêpondez-vous comme 

R. Je le crois, R. Je le crois. vous n'en étiez pas sûre? 



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D. Comment me prouverez-vous que 5° La Lune sur la droite. (P. 146 à connaissances humaines. 
vous etes Apprentisse? 148.) |), Que représente la tour de Babel? 

R. Par mes signes et mots. H, L’orgueil des enfants de la terre, 

D. Donnez-moi le signe d Apprentisse? dont on ne peut se garantir qu’en lui 



1775. 1817. 1860. 

R. On le donne. opposant un cœur discret, apanage des 

0. Dow les-titoi le mot? Maçons. 

U. Ou le dit. D. Que représente V échelle de Jacob? 


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retirons-nous en paix au sein de nos 
familles et de nos affections. » Les 
deux officières répètent ces paroles de 
(D’après le Manuel de i775). clôture. (P. 33.) 



Pour la réception des Com pay nonnes. 


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ment courage. Le Paradis terrestre est 
représenté dans cette respectable Loge; 
vous avez mangé ïa pomme, mais heu- 
reusement vous n'avez point avalé le 



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*77 3 1817 1860 

sommeil de Jacob signifie la paix el 
la tranquillité que tous Les Frères et 
Sœurs doivent conserver entr’eux et 
particulièrement en Loge. Et la femme 


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enasses apres leur désobéissance ; au occupent les mômes places. Sur la | rempli de Heurs et de fruits. Un arbre 

bas de la Loge est un üeuve, au delè table du Yen. • . est une pomme arti- domine dans le milieu ; il est couvert 

duquel est 1 arbre de vie ou de la iieielle dans une caisse ; è côté de 1 de pommes ; un serpent artificiel en- 

science du bien et du mal ; a chaque celte caisse est un plat où il y a des I toure la ti"e et tient une pomme dans 



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1775 1817 1860 

dessus le col. Le Vénérable dit alors : Réception. Titres. — Ils sont les mêmes que 

Faites-lui voir l’image de la séduction, dans le premier grade. 

et me l’amenez vers l’autel de ladiscrè- La Grande-Inspectrice mène laRéci- Habillement. — Outre l’habillement 


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porter les deux grands doigts sur la en appliquant sur la bouche le premier « Pour nous assurer de votre discré- 
bouche. Le mot est Belba , qui signifie et le deuxième doigts de la main gau- tion et vous lier plus étroitement à 
Babel (I). che, le pouce sous le menton. nous, vous avez, comme dans le grade 

Mot sacré. — Belba, qui signifie précédent, une obligation à nous prê- 


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Je vous applique le sceau de Ja dis- 
crétion sur la bouche, pour vous faire 
ressouvenir de ne jamais l’ouvrir pour 



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hébreu : Lammah Schcbahthani , ut 
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<817 1860 

paraphrase ainsi : Seitniwr, je n'ai 
péché que parce que vous m'avez aban- 
donnée (n. 


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célèbre vin du Vésuve ! On iious pardonnera 
«Ravoir rapproché, ici, ces deux idées, auxquelles 
bien peu de chrélieus ont certainement consacré 
quelques secondes de réflexion. 



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R. Dans un jardin délicieux, arrosé I D. Donnez-moi le signe de Camp.- . D. Que vous a-i-on appliqué lors- 
d’tin fleuve. | R. (On le donne). qu'on cous a reçue Maçonne'! 

1). Comment nommez-vous ce jardin/ I D. Donnez-moi le mot. U. Le sceau de la discrétion pour 



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g nonne est fermée. Loge, en faisant notre office par cinq. 

Tous les frères et sœurs, guidés par 
l’Asie, applaudissent, et la G e -M s,c dit : 



1775 1817 J 1860 

! La Loge de Compagnonne est fermée, 
retirons-nous en paix au sein de nos 
familles et de nos affections ! 


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.Discours 

De Réception pour le Grade de Maîtresse (Manuel de 1775). 

« Les diverses passions, comme la vaine gloire, l'ambition im- 
périeuse, et l'amour-propre de soi-méme, ayant par succession 
d'âge, trouvé moyen de s'introduire dans le cœur de l'homme, 
pour y occuper une place, qui n'étoit destinée qu'à être la dépo- 
sitaire des Vertus, des sciences et des perfections dont l'Etre 
suprême l’avoit douée; ces mêmes passions ont aussi produit 
dans diverses nations une ignorance profonde sur la vérité des 
principes qui démontrent si clairement la redevance de leur être 
et la gratitude qu'elles doivent en avoir à celui qui en est le 
premier moteur ; c'est aussi ce même aveuglement qui a conduit 
des milliers d’hommes à ne pas croire que la femme a été formée 
pour être leur compagne fidelle, le partage de la félicité, l'agré- 
ment de leurs actions, et un des plus beaux ornemens qui soit 
admis dans la classe des perfections de la nature. 

« Les insensés qui ont abandonné l'amitié qu'ils dévoient par Je 
droit de naissance à la femme pour consacrer leurs jours et leurs 
œuvres à des divinités chimériques, ou plutôt des passions ou- 
trées, qui ne dévoient leur création qu’à leur imagination égarée; 
malgré leur profond savoir, ils n’apercevoient pas sans doute que 
leur propre bonheur ne les fuyoit qu'autant qu'ils s'éloignoient 
du point qui rappelle tous les hommes au centre ; c'est-à-dire, 
du tableau que nous trouvons dans la vraie nature, qui seul peut 
mieux nous instruire que toutes les recherches et inventions hu- 
maines ; les uns ne se sont occupés que de conquêtes, lauriers, 
victoires et grandeurs, pour repaître une soif ardente qui ne 
conduit qu’au précipice de l’ambition. Les autres, d'uno sévère 
philosophie, qui n'avoient son mérite, ses agrémens et ses appas, 
que quand ils se bannissoient de la société humaine, pour médire 
à leur aise dans une caverne ou sur un rocher du reste des créa- 
tures; leur esprit ne se distinguoit et n'étoit connu que par le 
nombre d'égaremens qu’ils commettoient contre la raison. 

« Ce n'est pas dans l’éloignement qu'il faut donner des leçons 
sensibles aux hommes, mais en les fréquentant et en leur don- 
nant de bons exemples. 

« Quoique cet aveuglement ait été assez général, il s'est con- 
servé sur la terre, une partie de ses Citoyens distingués, connus 
sous le nom de Maçons, amis parfaits, compatriotes fidelles, et 
gardiens du temple de la Vertu et de la Vérité, lesquels par une 
sage discrétion dans la pratique de leurs œuvres, ont seuls con- 


MAÇOXN. 



— 66 — 

servé la déférence ei l’amitié, qui est dûe à la parfaite compagne 
de l’homme. 

« Si plusieurs siècles se sont écoulés sans qu’on ait connu la 
raison qui engageoit les Maçons à ne point admettre leurs épouses 
dans leurs loges, la faute n’est point réversible sur eux; la cause 
n'en peut être attribuée qu'à l'ignorance des lems qui n’ont 
pas développé en un seul jour aux hommes toutes les beautés et 
joule retendue dos secrets que le grand Architecte de l’univers 
a renfermés dans la nature ; si l’admission de leurs personnes 
nVdoit pas dans leur travail, iis ne manquoient cependant pas de 
leur payer un tribut qu'ils désignoient dans la réception d’un 
jeune Frère par une paire de gands qu'il. y lui domoient et qu'il 
coma croit à celle qui! droit LÉr.mMKMEvr adoi'tée et maçoxxée 
selon les loix, ou celle qu'il chkhissoit le mieux. 

a Preuve convaincante que l’oubli ni le mépris ne guidoit pas 
l'esprit des Maçons pour le sexe féminin; au contraire, un hom- 
mage pur, confiant et sincère s’exprimoit formellement par la 
candeur et l'estime qui étoit conçue et renfermée sous mystère 
dans celle paire de garnis qu’on destinoit pour son usage; ce 
symbole n’étoit pas le seul prix de l’hommage que les Maçons 
rendaient dans leurs loges à leur parfaite moitié; une santé con- 
sacrée qu’on porloil en sa faveur dans les libations et repas, 
annoncent encore l’épanchement d'un cœur dont la tendresse 
pour la personne chérie et aimée en guidoit le mouvement; des 
marques aussi sensibles, justifient la droiture de leurs actions, 
et révoque le soupçon qu'injuslement on leur a voit appliqué. 

« 11 u étoit réservé qu'aux jours heureux qui nous éclairent, de 
découvrir la possibilité de réunir les deux sexes dans nos Loges. 
La lumière s’est enfin introduite dans les espaces qu’occupoient 
les ténèbres; nos profondes éludes dans Part de la Maçonnerie 
nous ont aidés à trouver 1<* vrai moyen de perfectionner nos édi- 
fices ; c’est par le secours de nos soeurs qui ont apporté avec elles 
un couir qui renferme les cinq colonnes de notre Ordre, Vertu , 
Silence , Charité, Fidélité et Tempérance, que nos sérieuses appli- 
cations cberchoient avec soin et qu elles ne trouvoient pas, pour 
soutenir et servir de base à ce temple célèbre, l’Ecole des mœurs, 
le temple des vertus que nous bâtissons. 

« Reconnoissons en cela, mes Frères et Sœurs, la perfection de 
l'intelligence qui guide toutes choses, d'avoir choisi l'objet de 
nos désirs, le cœur de nos Maçonnes, pour renfermer nos re- 
cherches. 

« La nature, sans être ingrate, se plaisoit â nous voir languir 
sous le poids accablant de la masse de nos bâlimens, qui n’al- 
tendoient que leurs cinq points d’appui; et nos intelligences 
faiblement éclairées l’accusoient de nous refuser le secours que 



nous avions besoin ; il falloit nous accuser nous-mêmes de notre 
sévérité ; c’est par la réforme de ses propres vices qu’on diminue 
le nombre de ses ennemis; il falloit adopter dans nos Loges le 
sexe que nous en bannissions si injustement, malheureuse igno- 
rance ! ce n’était pas par réloignoment éternel de leurs person- 
nes que nous pouvions réussir à trouver ce cœur tant recherché 
parmi nous, et si rempli de mystères. 

* Heureuse Adoption qui nous l’a procurée et découvert I Les 
jours ne seront plus comptés que par des momens de douceurs 
et d'agrémens ; heureux sont les maçons î puisqu’ils peuvent en 
goûter les délices, et que désormais ils apprendront à lire les loix 
el les règles de la maçonnerie dans le cœur de leurs Maçonnes .» 
il\ 35 à 41.) 



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introduit la Récip .*. après avoirfrappé SS. . Maîtresses suspendent maintenant un 
et répondu aux questions faites par le cœur enflammé au milieu duquel est une 
y^ n . pomme y à l’extrémité du cordon bleu moiré 

T ’ * ‘ qu'elles portent de droite à gauche. 

Introduite dans le temple le Ven.*. Kilos sont aussi décorées par une truelle 



177o 1817 1860 

dit : « Faites voir à la Récipiendaire Tablier. Blanc, doublure et bordure 
ce que doit renfermer l'ouvrage des cramoisi . 

Maçons. » On lui découvre les yeux, et Tableau. \ . Echelle de Maîtresse, — 


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Or. ' ,-ïnsp. * . et à la Oranrle-lnsp. La /7«-.V - fe ; Sachez, ma chère S<eur, 

qui l'embrassent et rendent compte qu’on n'obtient des dignités parmi nous 
au Nên. *. qu’à force de vertu, de travail et d’hu- 

JJffttene. — Cinq coups égaux. milité : « C'est pourquoi nous ne pou- 


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dans notre temple. A présent con- 
tentez-vous de vous soumettre à l'hu- 
milité qu'on doit pratiquer pour entrer 
dans le sanctuaire de Ja vertu! » 



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' IC Ouï, Grande-Maîtresse. 

Conduisez l'aspirante aux pieds du 
. trône pour prêter son obligation : Mes 


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guste rang que vous sollicitez. — Arri- 
vée devant rétabli, on lui apprend 
l’emploi et le maniement du ciseau et 
du maillet; puis on lui fait frapper 



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quatre coups sur les coins de la boite, 
et un coup au milieu qui la fait ouvrir. 
Dès que la boîte est ouverte, la 


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joindre à notre Société, et écarler, par 
les plus rigoureux examens que nous 
faisons, les personnes vicieuses, que 


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sœur, lui tend la main obligeamment 
et dit : Ma chère sœur, en suivant les 





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ment l'index et le médius de la main 



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U. Les passions déréglées. qui nous démontrent l’union de la fra- LoyeY 

1) . Quel eu fut le ciment"! ter ni té . H. Outre YêeheUe de maîtresse, la 

R. La discorde. IJ . Que représente le saoritice de Noc? tour d<‘ Babel, Joseph dans la citerne, 



1). A quel detjrè tV hauteur parvint- \\ . L a gratitude et la reconnaissance. le sommeil de Jacob } la femme de Loth 

elle ? U. Que représente le sacrifice (FAbra en statue de sel, Y embrasement de So- 

11. Jusqu’à ce que Dieu confondit le lia ni ? dôme, le sacrifice de X oê, Yarchc de 

langage des ouvriers. lî. La résignation à la volonté de Xoê sur le mont Ara rat, onze étoiles, Je 


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nous sout cachés. D. Combien y avait-il d’étages? la perdition. 

D. Que représentent le soleil et la U. Trois : un en haut, un en bas, et D. Que représente le sacrifice de Xoé*! 

lune ? j unau-dessus. R. La gratitude et la reconnaissance. 




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D. Que devintenfinceridiculeédifice? qu’un bon usage : le premier sur la 
U. L'habitation des insectes et des bouche , nous fait connaître que l’indis- 

InUes féroces. crétion est un vice ainsi que la sen- 


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R. Que la curiosité est le chemin de D. Quels sont les devoirs d’une Mai- 
la perdition. tresse maçonne*} 

D. Que nous représentent ces onze R. Aimer, protéger et secourir ses 
étoiles? Frères et Soeurs. 



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R. La vengeance des onze frères de La (r c M '* 0 ; Àimons-nous, proté- 
Joseph, qui voulant se défaire de lui, geons-nuus, secourons-nous mutuclle- 

lui procurèrent son élévation et son ment, suivant nos promesses, 

bonheur. 


86 





la concorde soient durables parmi nous; la paix et la concorde sont rétablies ; 
nous avons écouté, obéi, travaillé , tai - nous avons écouté, obéi, travaillé ; 
sons-nous. La Loge de Maîtresse est nous nous sommes tus : la Loge de 
fermée . (P. Si.) Maltresse est fermée. (P. 159 à 166.) 



1774 


87 


Certains auteurs se sont, avant nous et victorieusement, 
appliqués à signaler l’immorale perversité renfermée dans le 
sens mystérieux de ces infâmes rituels; aussi, laissons-nous 
à nos lecteurs le soin de discerner, eux-mômes, ce que les 
Manuels des trois premiers grades de la Maçonnerie (V Adop- 
tion renferment déjà de principes sataniques. 

Au chapitre suivant, nous l'eprenons le cours de notre 
étude, qui établira successivement comment la pieuvre ma- 
çonnique enlace, à jamais, dans ses immondes et visqueuses 
tentacules, les victimes dont elle s'empare et aux âmes des- 
quelles elle s’attaque lentement, méthodiquement, afin de 
les perdre pour toujours. 





CHAPITRE III 


reconnaître qu’à partir 
de 177 S, la Maçonnerie 
d 'Adoption prit une ex- 
tension considérable. 

Le l mars, laL.\ Frein- 
çaisr -Elne-Ecossaisc, de 
FO.*. de Bordeaux, con- 
via les dames à la fête 
splendide et au magnifi- 
que bal qu'elle donna, 
pour célébrer, avec une 
pompe inaccoutumée, le 
retour des membres du 
Parlement rappelés de 
l’exil. 

Le 11 du môme mois, 
h le Marquis de Saisscval, aide de quelques frères non moins 
zélés, non moins illustres, formèrent la Loge la Candeur , 
qui fut celle dont s’honora le plus le rite d’adoption » (1). 

Nous possédons l'un des très-rares exemplaires de F Esquisse 
de$ Travaux cl* Adoption dirigés par les Officiers de la Loge 
de la Candeur, depuis son établissement , à l’Orient de Paris, 
offerte le 8 mai 1778, à la Sérénissime Sœur Duchesse de 
Bourbon, Grande-Maîtresse de l’Ordre des Franches-Maçon- 
ncs d’Adoption en France ; à la Sérénissime Sœur Duchesse 
de Chartres et à la Sérénissime Sœur Princesse de Lamballe ; 
la vignette qui sc trouve dans Pinte rieur de la lettre majus- 



I i) Ragox, op. cit.y p. 2. 



1775 


<JJ — 


cule de ce chapitre est copiée sur celle qui orne le commen- 
cement de celle esquisse. Nous lisons h la page 13 : 

« L'époque (le l'établissement de la L. de la Candeur est du 
« 21 mars 1775. Ce fut le zèle dos SS- Marquise de Courtebonue , 
« Comtesse Charlotte de Poliynac , Comtesse de Choiseul-Gouffier , 
« Vicomtesse de Faudoas, qui enflamma celui de notre Vénérable 
« T:-: Marquis de Saisse.val et de plusieurs autres Frères. 

« Un temple consacré h la Candeur s'éleva aussitôt, du moins 
<« les premiers fondemens en furent-ils jellés ; et c'est aux soins 
« et au zèle empressé du F:-: de la Chevalerie , qui seconda si 
« bien les vues de notre Vénérable, qu'est due la perfection de 
n notre sublime édifice. 

« Il fut célèbre dès son origine, et le bruit de sa célébrité attira 
« dans peu de tems des profanes des doux sexes, qui s’empres- 
« seront a IVnvi de se ranger sous le dais delà Candeur. 

« La S:-: Marquise de Genlis fut la première qui vint admirer les 
« vertus de nus Maçonnes ; le zèle qu’elle Fit paroilrc vous étonna 
« tous, et les progrès qu'elle a fait dans l'Ordre, nous feroicnf 
« désirer de la voir orner plus souvent nos climats. » 

Le F.*. Rauox ( op . ci/., p. 3) ose rappeler que les Francmu- 
çonsont surnommé Madame cle Genlis : «Mare de CEr/lise /» 

Cette courtisane, qui venait admirer les Vertus des Sœurs 
de la Candeur (il qui fit tant de progrès dans l'Ordre, était la 
maîtresse du Duc de Chartres. Gouvernante des enfants de 
son amant elle coudoyait sans vergogne la duchesse de 
Chartres, au Palais-Royal ! CYdait le véritable prototype de 
la Sœur Maçonne. 

« Le 25 mars, dit le F.-. Rauon \op. rit ., p. 2), quatorze 
jours après son institution par le Grand-Orient, la Candeur 
donna une fête d’adoption où assistèrent la Sérénissime 
sœur duchesse de Chartres , épouse du Grand-Maître de l’Ordre, 
la sérénissime sœur Duchesse de Bourbon 1 qui accepta le titre 
de Grande-Maîtresse de toutes les Lof/es d* Adoption de France 
et la princesse de Lam halle . Toutes les dames de la Cour pri- 
rent part aux travaux, dont la solennité fut des plus bril- 
lantes. » 

Le 20 avril suivant, le F.-. Comte de Saisseval prononça 
un discours pour célébrer les vertus des nouvelles Sœurs 
de la Candeur, parmi lesquelles nous remarquons : la Com- 
tesse de Brirnnr, recrutée par la S: ■ : Marquise de Genlis; 
les SS'.-: Vicomtesse d’Esjnnchal, Comtesse de Ci vrac, Com- 
tesse d'Ecquerilhj. 




Peu de temps après, furent initiées les SS:.: Comtesse de 
Boursonne, Marquise de Rochambeau, Marquise de Loménie ; 
puis, les SS:-: Comtesse de Brassac, Marquise de Monteil , 
Première Présidente de Nicolaï ; et enfirn, les SS:-: Marquise 


La S:-: Marquise de Genus 


de Bréhant, Comtesse de T r évier es, Marquise de Montmort 
« dont les vertus maçonniques pouvaient marcher de pair. 
« Elles eurent le bonheur d’ètre instruites le même jour, par 
« le second Chef elle premier Modèle des Maçons réguliers de 



1775 — îtt — 

« France » (Le Très-Illustre F,*. Duc de Luxembourg, 
Administrateur-Général des Loges régulières do France). 

Le 2'5 mai, la N: . : Duchesse de Bourbon fut installée à la 
Loge Saint-Antoine, avec une pompe extraordinaire, en qua- 
lité de Grande-Maîtresse. Les SS:-: Duchesse de Lu/jnes, 
marquise de Clermont, duchesse de Brancas , marquise de 
Sabra n , duchesse de Coq lus, vicomtesse de Tavannes, clc., 
ornèrent les climats. Le duc de Chartres présidait, comme 
Grand-Maître; six cents personnes furent présentes. Après 
la cérémonie, la S:*: Grande-Maîtresse, les SS:*: et les FF.*, 
descendirent au jardin où le jour était remplacé par une 
brillante illumination. Cinq spectacles, variés avec goût, 
embellis de chant et d'harmonie, précédèrent un feu d'arti- 
(iec, représentant le temple de la Vertu. 

On remonta ensuile à la Loge Saint-Antoine convertie en 
salle de banquet. La soirée fut terminée par un bal et une 
([lié le (1). 

Nos lecteurs scronl peut-être surpris de voir une Loge 
fonctionner sous le vocable d’un saint; aussi, afin d'éclairer 
leur religion, empruntons-nous les couplets suivants au 
Cantique Le Maçon Demoerite , publié dans la Lyre des 
Franrs-Maçons (p. 187-190), parue, en 1830, a la librairie 
Maçonnique du F.\ Caillot : 

Ara : Que fais-tu de la richesse. 

îSVsl-ce pas une folie 
Que cette disparité, 

Qui dans la Maçonnerie 
Se prend pour l'égalité ? 

Des sentiments le désordre 
Est si grand, a mon avis, 

Que sur les patrons de l’ordre 
Aucuns ne sont réunis ; 

De ces différends, je ris. {ter) 

L’un croit que Saint-Jcan-Jlaptisto 
Eut son premier protecteur, 

L’autre à Jean l’évangéliste 
Veut en réserver rhonneur ; 

D’autres, profonds en science, 

Choisissant en paradis. 

Maçonnent sous licence 

(1) F.*. Clavei., op. rît., p. Il:» ; — F.*. Hazot, Univers Maçonnique, 1837, p. 70; 
— F.*. Iîaoon, op. cil., p. 3. 



1775 


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De Saint-André, Saint-Louis : 

De ces crrcurs-Ià, je ris. (ter) 

Les Maçons ne nient plus : les Loges placées sous le patro- 
nage d’un saint ont dû successivement prendre d autres 
noms. Tout récemment encore, la Loge Saint-Pierre des 
Vrais Amis Réunis était mise en demeure de se conformer 
aux instructions données en ce sens. Si nous parcourons la 
liste de Y Affiliation (1rs La y es Rieurs de France, nous cons- 
tatons que la Loge Saint-Jean dr Jérusalem, ü.\ de Nancy 
Rite Français) est restée réfractaire, ainsi que le Chapitre 
Saint-André d'Ecosse, O. - , de Chalon-sur-Saone et la Loge 
Saint-Jean des Arts dr la Régularité > 0.\ de Perpignan (Rite 
Ecossais). 

« Le 1 er Septembre I77o, des maçons, réunis à Naples, en 
loge d'adoption initient une jeune dame qui éprouve, le 
lendemain, les ^symptômes d’une maladie grave à laquelle 
elle succomba en peu de jours. Cette circonstance attribuée, 
parle public, aux épreuves de sa récopi ion, servit de pré- 
texte pour défendre, par un édit du 12 septembre, les réunions 
maçonniques, sous (les peines capitales. » i 1) 

Mentionnons aussi, en cette année 177'i, la fondation de 
la Loge les FF.'. Unis Inséparables, U.* . de Paris, dont les 
statuts sont basés sur le Culte de la Nature, afin, dit-on aux 
profanes, « de ne blesser aucune croyance reliyiense ». Sa 
constitution fut modifiée le 12* jour du 1 1° mois de o82‘L 
Cette loge est maintenant sous la direction de la Puissance 
Suprême, de l'Ordre de Misraïm, dont nous aurons à nous 
occuper. 

1776 

Le 12 e jour du deuxième mois de 1770, le Duc et la Du- 
chesse de Chartres, Grand-Maître et Grande-Maîtresse de la 
Maçonnerie arrivèrent a Bordeaux, au cours de leur vovage 
tlans les provinces méridionales de la France. Ils reçurent 
la députation fies fieux Loges réunies, introduite et pré- 
sentée par le T.*. IL*. IL*. Vicomte de Noé. Le T.*. C.\ F.*. 
Le Uerthou, Comte de Yirlade, Orateur-Adjoint de la Lr . 
Françoise harangua, le S.*. Grand-Mail ro. 

A huit heures et demie, le T.*. B.*. F.*. Vicomte de Noé 


1} Lo IV. H A G on, op. cil., P . ‘.*1-05. 



1776 


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ouvrit la L.\ ayant h sa droite les Officiers de la L.\ Frein - 
roisr cl à sa gauche ceux de la L.\ V Amitié. Le S.\ Grand- 
Matin* fui chaleureusement accueilli. 

Au banquet prirent place la Grande-Maîtresse, les Soeurs, 
les Dames de la Noblesse et du Parlement. Plus de trois 
cents femmes occupaienl encore d'aulres tables. La fêle fut 
terminée par un bal. 

Le I P jour, Leurs .Vitesses Sércnissimes posèrent la pre- 
mière pierre d'un édifice destiné à servir d'ALelier à la L.*. 
Françoise ( l j. 

dette même année furent inaugurées par la Loge d’Adop- 
tion des Neuf-Soeurs. des fêtes superbes, à Aulcuil, clic/ la 
S:*: Helvétius (2). Toute l'élite de la maçonnerie féminine 
concourait à en augmenter le charme. 

1777 

La Loge la C undeur avait recueilli, avec enthousiasme, le 
F.-. de Lioy, avocat, atteint par la proscription des Maçons 
de Naples, ordonnée après la mort de la Sœur Maçonne, dont 
nous avons parlé, sœur « d’un rang très distingué, tenant 
de très près au premier ministre d’une Cour voisine, pré- 
pondérante dans celle de Naples » ; elle apprit, dans sa 
ïenued'ad option, du 12 mars 1777, que la persécution avait 
pris lin sur les instances d’Alberl de Saxe cl de Caroline, 
reine des Deux-Siciles el adressa à cette souveraine une 
lettre de remerciement. Frères et Sœurs signèrent cette 
missive, dont le texte se trouve à Ja page 9 de BFstjuisse des 
Trarau.r d' Adoption de la Candeur . 

Le 23 Mars, la Loge la Candeur fut visitée par le Duc de 
Chartres et leurs Altesses Sércnissimes les SS:-: Duchesse de 
Chartres , Duchesse de Bourbon , Princesse de Lainbal/e , etc. 
Los SS:*: Comtesse de Montrhenu et de la Mâche reçurent 
Ja lumière. Ce fut, plus tard, le tour des SS:-: Comtesse 
(P Ailhf et Comtesse <B Auret « qui vinrent mettre le comble 
aux ornemens et à la beauté » de l'atelier. 

Le 31, les Frères de la Candeur écrivirent au Grand- 
Orienl de Naples au sujet du F.*, de Lioy, Grand-Carde des 
Sceaux de cet Orient, qui cs ^ vraiment le « héros du jour ». 
Le II septembre, dans une fêle brillante, donnée au 

(1) Eta! du (irand-Orient de France, Ionie I r 1 TTi>. p. (KJ et suiv. 

(2) Le IV. f >;>. r/f., p. ‘.C»; — Le F.’, l»\7.o*r, up. cil jmsshn 



1777 


95 


Wauxhall, par la Mère-Loge du rite écossais philosophique , 
à roccasion de la convalescence du duc de Cartres, G.*. M.*., 
on tint une loge d adoption présidée par la pivincesse de 
Lamballc (1). 

Le 21 décembre la Loge ia Candeur lit l'élection des 
Sœurs dignitaires et acquit la S:*: Comtesse Dessales. Elle 
appela dans son sein, en qualité d'affiliées les SS:*: Com- 
tesse de llethisg et Marquise d* Hurrincourt et reçut encore 
les SS:*: de Vannes, Comtesse d’Erreu.r et Comtesse d'Erlal. 

I ne assemblée, qui eut lieu fin décembre, fut employée à 
préparer l'accueil que la Loge ferait au Duc c( à la Duchesse 
de Chartres , aux SS:*: Duchesse de lîourhon et Princesse de 
Lamballc qui « llattoicnt la L:*: de venir décorer et animer 
ses climats » (2). 

Continuation des fêtes d'adoption chez la S:-: Helvétius , à 
ÀuleuiL 

II existait dans les archives de V Ordre de la Persévérance 
(voir l'année 1769) un volume in-4°, d'environ 400 feuillets, 
destiné à enregistrer les noms des Chevaliers et des Dames 
qui se distinguaient soit par de belles actions, dit le F.*. 
Raoon (3), soit par leur zèle pour Tordre. Chaque article est 
paraphé par les FF.*, de Seiguelay et Le Pelletier de llo- 
sambo, et les signatures en toutes lettres de ces deux Officiers 
sont mises au bas dos pages où se trouvent les articles sui- 
vants : 

(Je volume est intitulé Livre d'Honnelr de P Ordre de la 
Persévérance , avec ces deux devises : 

« Nous persévérons dans la'droiturr. » 

« Amitié y vertu , bienfaisance. 

« Loyauté , couru y e et silence. » 

«Frère comte de Brostoski, chevalier polonais, affilié, ayant 
voix délibérative, droit dose choisir une dame française et un frère 
d'armes français, et droit perpétuel de présider, pour services 
rendus à l'ordre. » 


« Sœur comtesse Azolinska de Potoska , dame polonaise, avec les 
mêmes droits que le frère Brostoski, pour services rendus à l'ordre . » 


1 1 ; Le F.*. Ragox, op. cit., p. 05. 

(Z) Esquisse des Trav. de la Candeur, p. 17. 
Cî) Md. p. !’}<>- j:î7. 



1777 — m - 

« Sœur duchesse de Chartres, dame protectrice de l’ordre. » 

« Sœur de Roulniuvillicrs, reçue sans épreuves et ayant une 
médaille d’honneur H du vertu, pour une action de bienfaisance 
aussi belle qui authentique. 

« Sœur comtesse d'Arville Cl erre, reçue le dl mars 1777, aide- 
mai! rosse des cérémonies, pour un au. » 

11 fallait aux Sœurs beaucoup do persévérance, d'honneur 
et de vertu, pour ne pas faillir dans une société dont le 
fameux duc de Lauzun faisait partie. 

1778 

Le r* février 177S les travaux de la Candeur furent ou- 
verts sous les truelles du Yen.*. F.*. Marquis de SaissevaL 
aidé de lu T:*: 0:*: S:*: Comtesse de Urienne, à l'Orient ; des 
TT:*: OC:*: Saatr Marquise d'ilaerhuourt et F.*. Marquis 
iFAmimbal à l'Occident ; le Duc et la Duchesse de Chartres 
furent reçus avec Uw\> les honneurs de l'adoption : le même 
accueil fut fait aux SS:*: Daehesse de Honrhon et Prinresse 
de Latnbnile. Tous quatre se placeront à l'Orient pour éclairci* 
les travaux et les présider, ayant néanmoins laissé aux 0 1*1 i - 
eiorsol SS: •: dignitaires de lu Loge leurs fonctions ordinai- 
res, dont ils avaient voulu se dépouiller. 

Après que les FF.*. Visiteurs et les SS:-: Yisitriees, éprou- 
vés et reconnus dans leurs grades, eurent élé admis à em- 
bellir les climals, Je F.*. Comte de (iou\. Orateur, prononçai 
un discours entrecoupé de vers et reproduit aux pages 21 
à 2o de l'Esquisse des travaux de celle Logo. 

Ou procéda ensuite à la réception de la Profane Comtesse 
Jules de liorheehonurt , qui prêta ses obligations (mire les 
mains de la Daehesse de Char! res et fut initiée, séance lo- 
uante, aux grades iY Apprentie et de Compaq nonne. Nouveau 
discours du F.*. Orateur adressé a la récipiendaire. La S:-; 
Comtesse Dessales parla ensuite sur l'instruction du second 
grade. Quatrième discours du F.\ Tissot, désigné pour offrir 
au Kérénissime Grand-Maître cl auxAugurdes Sœurs, Je triple 
hommage que la Loge avait arrêté dans la précédente assem- 
blée. Puis, on lit deux quêtes qui furent suivies du cin- 
quième discours, par le F.-, Comte de Se^maisons, Substitut 
du F.* . ( Iraleur. 

Suspension ries travaux pour le banquet. Santés d'usage. 

La Sœur Comtesse Dessales chanta des conpleis du F.*. 



1778 — <J7 — 

Comte de Sesmaisons, parmi lesquels nous remarquons 
celui-ci : 

Chères Sœurs, dont la présence 
Vient d'embellir nos climats, 

Recevez pour récompense 
Le plaisir qui suit nos pas. 

Du lien qui nous attache 
Doublons la force en ce jour, 

Et que le respect se cache 
Pour faire place à l’Amour. 

Le F.*, et la S:-: Comtesse de Bclhi sy y chantèrent ensuite 
des couplets en dialogue, ayant trait à la réception de la 
S:*: Comte ssr de Roehechouart , composés par le F.*, de la 
Chevalerie. 

Après le banquet les FF.*, et SS:*: de la Loge donnèrent 
une représentation de l\bm de la Maison, Opéra-Comique, 
dont les rôles furent tenus par les SS;«: Comtesse de R rien ne. 
Comtesse Dessales et par les FF.*. Vicomte de Gand, Marquis 
de Caumartin et Comte Maxime de Puységur. 

Le Duc de Chartres, « ainsi que la Sérénissimc Grande- 
Maîtresse et les Augustes Princesses daignèrent s'amuser du 
bal qui fut donné ensuite et dont le Sérénissimc Grand- 
Maître voulut bien former la clôture ». 

Le 12 mars, la Profane Marquise de Bercy fut admise au 
grade à' Apprentie. 

Le 29, une grande fête d’Adoption fut présidée, h la Haye, 
dans la Loge Y Indissoluble, par le F.*. Baron de Beetzelam, 
Grand-Maître National. 

Le 7 avril, Arouet de Voltaire, le plat valet du lloi do 
Prusse et i'insulteur à gages de Dieu, de F honneur et de la 
Patrie, fut reçu à la Loge des Neuf-Sœurs. Le débauché 
F.*, de la Lande fut chargé de prononcer le discours de cir- 
constance et eut l’aplomb entr’aulres flagorneries d'oser 
parler du vice et de la vertu !! 11 s'agissait peut-être de la 
Vertu maçonnique, dans ce cas de la Lande était mieux à 
même que personne d’en célébrer les mérites (Voir le Franc- 
Maçon, 1870, n t,s 1-12, p. 210). Quand le Vén.*. de la Lande 
eut remis a Voltaire les gants de femme qu’il est d’usage de 
donner au néophyte, celui-ci les offrit au F.*. Marquis de 
Villelte, en disant : « Puisque ces gants sont destinés h une 
personne pour laquelle on me suppose un attachement ten- 


SUÇOSN. 


7 



1778 


98 


dre et mérité, je vous prie de les présenter à Belle et Bonne . » 
(Madame de Villelte, née de Yaricourt, fille adoptive de 
Voltaire, à laquelle ce dernier avait donné le surnom qu’elle 
conserva jusqu a sa morl, en 1881.) 

Le 8 mai, la Loge la Candeur adressa aux SS:*: Duchesse 
de Chartres, Duchesse de Bourbon et Princesse de Lamballe , 
le compte-rendu général de ses travaux d’adoption en 1775, 
1776 et 1777, présenté par le docteur Tissot, membre du 
G.*. O.*, et dans lequel nous avons puisé les documents qui 
ont trait à cette Loge. 

La circulaire envoyée, le 15 mai par les FF.*, et SS:*: de 
la Candeur aux Loges régulières de France et des Orients 
étrangers commence par cette phrase : 

« La Maçonnerie étant une et indivisible , etc. » 

Ce sera bientôt au nom de la République une et indivi- 
sible (expression empruntée à la socle) que tomberont sous 
le couteau triangulaire de la guillotine égalitaire et frater- 
nelle, les tôles de la Princesse de Lamballe, du duc de Char- 
tres, devenu Philippe-Egalité et régicide, etc., etc. 

Cette circulaire préconisait la Maçonnerie d'Adoption cl 
reproduisait le discours prononcé, le 17 mars 1777, par le 
F.*, de la Chevalerie, G.*. Orateur dTlonneur du G.*. 0.*. de 
Franco, Membre et fondateur de la Candeur , et au cours du- 
quel il disait que sous les Pontificats de Benoît XIII et Be- 
noît XIY, Viijnorancc avait fulminé des bulles de proscrip- 
tion contre les Francmaçons. Le F.\ de la Chevalerie a fait 
écolo et le mot if/noranre reviendra souvent dans les docu- 
ments maçonniques que nous produirons. 

Enfin, voici le tableau abrégé, par nous, des FF.*, et 
SS:*: de la Candeur : 

TABLEAU DES FRÈRES 

FKKHKS FONDATEURS 

FF.*, marquis de Saisseval, Vén.; — Marquis d’Arcambal, Pre- 
mier Inspecteur ; — Duc de Luynes, Second Inspecteur ; — Marquis 
de Bercy, Trésorier ; — Bacon de la Chevalerie, Aumônier (Hospi- 
talier) ; — Tissot, S.*. Dép. du G.*. 0.*. de Hollande; — Comte de 
Gand, Maître des Cérémonies; — Vicomte le Veneur, Garde des 
Sceaux et Archives; — Comte de Saisseval; — Marquis de Cau- 
martin ; — De Kalilscholl*; — Comte de Ségur. 



1778 


99 


FRÈRES NON FONDATEURS 

FF.'. Comte de Ricux; — Marquis de Lusignan; — Marquis de* 
Fontenilles ; — Marquis de Morant; — Comte de Gouy (l’ainé) r 
Orateur ; — Comte deBeuvron; — Comte de Traev ; — Chevalier 
d’Àstorg; — Comte de Gouy (cadet); — Comte de Briey ; — Che- 
valier de Thésan ; — Comte de Saint-Maimes ; — Baron de Salis ; 

— Comte d’Imécourt ; — Comte de Seuil ; — Chevalier de la 
Chasire; — Chevalier de Vassan; — Marquis d'Havrincourt ; — 
Comte de Bethisy ; — Comte Dessalles ; — Comte de Praslin; — 
Vicomte de Béthune ; — Baron de Béthune ; — Comte de Colonna ; 

— Marquis de Clermont-Gallerande ; — Chevalier d’Escars ; - 
Chevalier des Deux-Ponts ; — Comte de Sesmaisons ; — Marquis 
de Chabrillan; — Comte de Boufllers ; — Chevalier de Chastenay ; 
Comte Hippolyte de Clioiseul ; — Marquis de Rennepont; — 
Comte Maxime de Puységur; — Marquis de Puységur ; — Comte 
de Stvoganoiï; — Comte d’Hunolstein ; — Comte de Saint-Cyr; — 
Marquis de Chastellier-Dumesnil. 

FRÈRES ASSOCIÉS HONORAIRES 

FF.'. Prince Sapieha; — De Lioy, avocat, à Naples. 

FRÈRES SURNUMÉRAIRES 

FF.*. De BaufTeny, Adjoint au F. *. Secrétaire; — Du nacre, id. ; 

— Renault, Substitut du Fr. Secrétaire ; — Français, Substitut du 
F.\ Trésorier ; — Forré, Ad}. au Maître des Cérémonies. 

TABLEAU DES SŒURS 

SS:»: marquise de Courtebonne, Maîtresse ; — Comtesse Char- 
lotte de Polignae, Maîtresse ; — Comtesse de Clioiseul -Goufficr, 
Apprentie ; — Vicomtesse de Faudoas, Maîtresse; — Marquise de 
Genlis, Maîtresse ; — Comtesse de Brîenne, Grande-Maîtresse de 
la Loge, Ecossaise ; — Vicomtesse d’Espinchal, Maîtresse ; — Com- 
tesse de Civrac, Compagnons ; — Comtesse d’Ecquevilly, Com- 
pagnonne ; — Marquise de Baussan, Compagnonne ; — Comtesse 
deBrassac, Grande Inspectrice, Maçonne Parfaite ; — Marquise de- 
Monleil, Ecossaise ; — Marquise de Bréhant, Maçonne Parfaite ; — 
Première Présidente de Nicolaï, Ecossaise; — Marquise de Lo- 
ménic, Compagnonne ; — Comtesse de Boursonne, Apprentie ; — 
Comtesse de Rochambeau, Apprentie : — Comtesse de Trevièros r 
Compagnonne ; — Marquise de Montmort, Maîtresse ; — Comtesse 
de la Blache, Maîtresse; — Comtesse de Montchenu, Compa- 
gnonne;— De Vannes, Maîtresse; — Comtesse d’Aillv, Grande 
Introductrice, Maîtresse; — Comtesse Dessalles, Oratrice, Maî- 
tresse; — Comtesse de Bethisy, Maçonne-Parfaite; — Marquise 
d’flavrincourt, Dépositaire, Maîtresse : — Comlesse d’Àuvet, Mai- 



1778 


100 


tresse Comtesse d'Kvrcux, Apprentie ; — Comtesse d'Erlak, 
Maîtresse ; — Comtesse Jules de Kochcchouart, Compagnons ; 
Marquise de Bercy, Compagnons. 

Tout en voulant bien admettre, avec une extrême indul- 
gence, que la Maçonnerie féminine de la fin du xvm c Siècle 
n’avait, probablement, pas encore tous les caractères im- 
moraux et lucifériens dont elle est entachée maintenant, il 
est juste de reconnaître, cependant, que cette haute Société 
ne se réunissait évidemment pas dans le but d 'honorer Dieu 
et de se montrer respectueuse des enseignements préserva- 
teurs de la Papauté, c'est-à-dire de l’Eglise. 

Bapprochous de noire réllexion cet article de la grande 
Constitution de 1 72*1 : 

« La maron doit obéir à la loi monda , al s'il animal bien 
l'art , il na sara ni an athée stupide, ni un libertin sans reli- 
gion, » 

Donc l'obéissance à la loi morale est seule obligatoire ; le 
reste n’est que facultatif. 

Nous retrouvons Dalla al Donna et Madame Denis à la 
cérémonie funèbre qui eut lieu dans la Loge des Xauf-Sœurs, 
après la mort de Voltaire, le 28 octobre 177S. 

Le F.\ de la Lande, Vén.*. s'adressa d’abord à Madame 
Denis , en disant, enlr'aulres choses : 

« Il était juste de rendre ce qu'il (Voltaire’) eut de plus 
cher témoin de nos hommages, de notre admiration, de 
notre reconnaissance, de nos regrets. Nous ne pouvions les 
rendre dignes de lui qifcn les partageant avec celle qui sut 
embellir ses jours par les charmes de l'amitié, qui les pro- 
longea si longtemps par les plus tendres soins, qui augmen- 
tait ses plaisirs, diminuait ses peines, et qui en était si digne 
par son esprit et par son cœur. » 

Pendant la tenue, (le F.-, de la Lande, le F.’, üreuze (IL 
initié le matin cl Madame de YUla/ta couronnèrent le F.\ 
Changeux, Orateur, Je peintre Goujct, auteur du tableau de 
l'Apothéose de Voltaire et le F.*. Franklin, qui tous trois 
déposèrent leurs couronnes au pied de l’image du défunt, 
clc. 

Puis les FIL*, passèrent dans la salle des banquets, au 
nombre de près de deux cent soixante. La Loge joignit aux 


\ I j iVmln; lioui‘£iiigu«ui, a Toiiruus (Saùuo-el-Loitv), 172VJSfC>. 



1778 


101 


santés ordinaires celle des Etats-Unis d'Amérique, que re- 
présentait Benjamin Franklin. 

On vit, tout à coup, apparaître, au centre d'un arc de 
* triomphe, le buste de Voltaire, par le célèbre sculpteur IIou- 
don et qu'offrait Madame Dénia, 

La S:-: Helvétius et la quadruple loge d'Àdoption des 
Neuf-Sœurs donnèrent une superbe fête, h Autcuil, en 
l'honneur de Franklin « le fondateur de l'Amérique. » (Style 
maçonnique.) 

L'événement le plus important de J année 1778 fut cer- 
tainement la création de V Ordre des Chevaliers et des Ny)n- 
fthes de la Rose. 

Nous laissons la parole au F.*. Ragox et recommandons à 
nos lecteurs de lire attentivement : 

« Cet ordre gracieux fut fondé, à Paris, en 1778, par le Frère do 
Chaumont, pour complaire aux désirs du duc de Chartres , dont il 
était le secrétaire particulier pour ce qui concernait la franema- 
ronncric. Le siège principal était rue de Montreuil, à la Folie- 
Titan, petite maison du prince. Plusieurs seigneurs de la cour 
avaient dos succursales dans leurs hôtels. 

« Le président se nommait Hiérophante; il recevait les hommes 
à l'initiation, avec l'aide d'un chevalier introducteur nommé 
sentiment. 

« La présidente, sous ie nom de Grande-Prêtresse , initiait les 
femmes, avec l’aide d’une nymphe introductrice, appelée discrétion. 

« Les hommes et les femmes prenaient le titre de frères et de 
sœurs ; ils étaient censés thetcher le\bonhevr. 

« L’Age, pour un chevalier, est celui d'aimer, et pour une 
nymphe, celui de plaire et d'aimer. 

" Formule du Serment : « Je jure et promets au nom du 
« Maître de lTnivcrs dont le pouvoir se renouvelle sans cesse, 
« par te plaisir , son plus bel ouvrage, de ne jamais révéler les 
« secrets de l’ordre de la Rose. Si je manque à mes serments, 

« que le mystère n'ajoute rien ii mes plaisirs! Qu’au lieu de 
« roses du bonheur, je ne trouve jamais que les épines du re- 
« pentir ! » 

« L'amour et le mystère étaient le but principal des chevaliers 
et nymphes de la Rose. 

« La salle d’initiation s’appelait le Temple de V Amour ; elle 
était décorée avec élégance et ornée de devises galantes. Des 
noeuds d'amour, tracés sur le parquet, partent du trône de la 
Rrande-Prètrcsse et aboutissent à la place occupée par le frère 



1778 — 10J - 

Sentiment. C'était le cercle magique que (levaient parcourir les 
récipiendaires dans leurs voyages. 

« La salle n’était d'abord éclairée qu'à la lueur d’une lanterne 
sourde tenue par la s<eur discrétion . mais au moment de l'admis- 
sion, mille bougies éclairaient ce lieu de délices. 

« La Réckptiox était une initiation de la Maçonnerie d'Adop- 
tion. L'introducteur, s'il s’agit d'initier un chevalier, ou l'intro- 
ductrice, si l’on admet une nymphe, les dépouillent de leurs 
armes, bijoux ou diamants, leur couvrent les yeux, les chargent 
de chaînes et les conduisent à la porte du Temple de l’Amour, h 
laquelle on frappe deux coups. Le frère Sentiment , sur l’ordre de 
l’iliéropliante ou de la tî:.: Prêtresse, introduit les récipiendaires. 
On leur demande leur nom, leur patrie, leur état et ce qu'ils 
cherchent. A cette dernière question, ils répondent : te bonheur . 

« 1 ). Quel (iye avez-vous? 

« IL L’Age d'aimer (si c'est un chevalier , l'Age de plaire et 
d'aimer (si c'est une nymphe)* 

« Us sont ensuite interrogés sur leurs sentiments particuliers, 
sur leurs préjugés, leur conduite en matière de galanterie, etc. 
Après les réponses, on ordonne que leurs chaînes, symboles des 
préjugés , soient brisées et remplacées par celles de V amour. Alors, 
des chaînes de llcurs et de roses succèdent aux premières. 

« Dans cet état, on commande le r r voyage. Le frère Senti- 
ment leur fait parcourir le chemin tracé par les mouds d'amour. 
Le 2° Noyage est ordonné, et la même roule est suivie en sens 
contraire. Si c'est une nymphe qui doit être admise, elle est con- 
duite par la s<eur discrétion qui la couvre de son voile. 

« Ces deux voyages terminés, les récipiendaires s'approchent 
do l'autel de l'amour et s'engagent par le serment (F. plus haut.) 

« Après le serment, ou ordonne qu‘ils soient conduits dans les 
bosquets mystérieux; on donne au chevalier une couronne de 
myrtlie, à la nymphe une simple rose. 

« Pendant ce voyage, un orchestre nombreux exécute une 
marche tendre avec des sourdines. 

« On les conduit à l'autel du mystère ; là, les parfums sont 
«offerts // Vénus et à son fils. 

+ Si l'on reçoit un chevalier, il échange sa couronne avec la 
rose de la dernière so*ur admise. 

•« Si c'est une nymphe qui est reçue, elle échange sa rose avec 
Ma couronne du frère Sentiment. 

■« L’Hiérophante lit des vers en l'honneur du Dieu du mystère ; 
après quoi, il fait nier le bandeau qui a couvert les yeux des ré- 
cipiendaires pendant toute la cérémonie. 

« l ue musique mélodieuse se fait entendre, il vient ajouter au 
-charme du spectacle qu'offrent aux initiés une réunion brillante 



1778 


103 


et un lieu enchanteur. Pendant l'exécution, l'Hiérophante ou la 
(t:-: Prétresse donne aux néophytes les signes de reconnaissance 
qui se rapportent tous à l'amour et au mystère. » 

1779 

D’autres mystères suivaient, dont le rituel ne fait pas 
mention, dit le F.*. Clavel (op. cit p. 117) mais qu’on a 
pu lire dans la chronique de l’époque. 

La bibliothèque du G.‘. O.-, de France possède le discours 
prononcé à la Loge d’Àdoption* tenue par celle de V Amitié, 
faubourg Saint-Denis, le 27 février 1779. 

Le 9 mars, la Loge des Neuf-Sœurs célébra, par une fête 
des plus brillantes, l'heureux accouchement de la Reine 
Marie-Antoinette. Beaucoup de grands seigneurs et de dames 
de la Cour assistèrent à cette nombreuse réunion, où l'on 
devait pendant le concert, entendre la voix de A/ 11 * liolltj, 
cantatrice renommée, qui avait été présentée, par une dame 
de distinction, à l’ordonnateur de la Fête, le F.\ Abbé 
Cordier de Saint-Firmin. La récipiendaire était A/ ilû liollj/ , 
nièce du fermier-général de ce nom qui n'avait pas été pré- 
venu. Quelle surprise pour M. et M m * liollt/ de voir leur 
nièce au milieu des Francmaçons ! Iis veulent Fen arracher, 
porter plainte en justice, mais leur indignation se calma. 
La loge fut interdite momentanément. Cet incident est rap- 
porté dans les Mémoires de Bacliaumont. Le F.*. Thory ( Acfu 
Latomorum, p. 139) le tourne en indécences commises par 
un abbé envers une jeune personne, destinée à l'initiation. 
Indigné d’une pareille calomnie le F.*. Ragox (op. rit., 
p. 96, texte et note) s’exprime ainsi : << Cette inculpation 
était d’autant plus perfide qu’alors la préparation de la ré- 
cipiendaire était confiée à un F.\ Surv.\ appelé F.\ Capu- 
cin , rôle que ne remplissait point l'abbé Cordier. Cette déli- 
cate fonction appartient aujourd'hui h la S.*, préparatrice. 
Comment un historien de la Maçonnerie peut-il se permet- 
tre de dénaturer cet incident d’une manière aussi fausse 
qu'insultante pour une loge composée des plus grandes célé- 
brités du temps et qui avait pour témoin une assistance 
nombreuse formée de ce que la cour et la ville présentaient 
de plus honorable ? » 

Bien naïf le F.*. Ragox !! Nous devons néanmoins lui 
savoir gré d’avoir rendu hommage h la vérité et pris la dé- 
fense du prêtre fourvoyé. L’aventure nous révèle, qu’à cette 



104 


1769 

époque déjà, la Maçonnerie était enchantée de l ouvrier en 
ridicule la religion en alFubhmi le F.*. Surv.\ d'une robe et 
d'un capuchon de moine (Voir l'aimée 1803). 

Los dignitaires de la Logo des j\eu/-S<eurs étaient de la 
Lande, Franklin, Greuze, Boucher, Joseph Vernet, Doudou, le 
Comte de Milly, etc. Le chevalier Bacon de la Chevalerie 
accusa la Loge d'oui râpes à la pudeur d'une récipiendaire. 
D'après lui, le Gouvernement était si courroucé déco qui 
venait de se passer que si l'on n'eût fait justice sur le champ, 
il eût été à craindre que des mesures de rigueur n'aient été 
prises contre la Maçonnerie tout entière. « On fut effrayé, 
dit le F.*. Donna cl, sans même entendre la défense, on 
donna gain de cause à l'accusation. Dès lors la Loge des 
Neuf-Strurs cessa ses travaux, mais un nouvel examen du 
procès anuma bientôt la réformation du jugement. Le F/. 
De la Ih.mterir publia un mémoire justificatif qui éclaira les 
esprits et on convint de passer la truelle fraternelle sur celle 
malheureuse a lia ire. L'astre des Xeuf-Sfnurs qui avait 
éprouvé un moment d'éclipse reparut à l'horizon plus bril- 
lant ij ne jamais. » 

La Grande-Maîtresse Ilelrrfius Un! encore la truelle lors 
de la foie d'Adoplion donnée au Wauxlmll par la loge des 
Nettf-St/’tns. 

La Cniulenr était Ja loge de la Cour. L'/ is/juissr de scs tra- 
vaux, publiée on 177!). nous apprend que la politique dis- 
persa ses membres. 

Voici les couplets chantés à lune des dernières tenue- 
d'Adoplion; ils furent composés par le I ; .\ Keignicr. mem- 
bre de la Loge des Xeu f-Strur* : 

Air : Jupiter un jour en fureur. 

On ma raconté que l'Amour, 

Voulant connaître nos Mystères, 

Des Sieurs, avant d aller aux Frères. 

Le fripon avait pris jour. 

Votre loi, dit-il, me condamne, 

Mais je veux être Frère aussi. 

Car ma foi ce n'esl qiüci (bis) 

Que l'Amour est profane [bis). 

fl) FaIimiI <lu piwrs-vrrtial «te la sdaurr solcuuHIr tir rnmvcrturi* do la Logo !<*< 
Xenf-Struys. Imuc du - Thrvel (in drmubro J .s* JO, i-ro uilgaiiv) ; hislarn/ar 
de la Ltttjc, par le F.*. Poli«*i\ smvlairo-atljninl. A.xmuhk de JjS’US de la Loye 
des Xeaj-Snatrs, p. U>, 17 ol ls. 



1779 


105 


On craint son dard et son flambeau, 

Armure aimable et meurtrière. 

On les lui prend; le voilà Frère : 

On l'ait tomber son bandeau. 

Mais en recouvrant la lumière, 

Ce Dieu redemande ses traits... 

Il pril voyant tant d'attraits (bis) 

La Loge pour Cytliùre (fcû). 

Frères, si l'Amour est Maçon, 

Ce Maçon là lait voire éloge, 

Car on le croit de cette Loge, 

Et ce n*est pas un faux soupçon : 

Tse sait-on pas que sur ces traces 
La Beauté rassemble sa Cour ? 

On dut recevoir l'Amour, (bis) 

Où président les Grâces (bis). 

La seconde édition de La Vraie Maçonnerie d’ Adoption du 
F.*. GtiLLEMix dk S \ixt- Victor parut à Paris et à Londres. 

Une loge d’adoption fut fondée sous les auspices de la 
Grande-Loge de linmbourg ; son existence fut de courte 
durée. 

On vit aussi Cagliostro faire pour la première fois usage 
de scs rites Maçonniques. Il ouvrit en Courlandc une loge 
d'adoption et y reçut plusieurs dames, particulièrement 
M mt de Recke, dont il espérait employer Finllucnce pour 
arriver jusqu'à F impératrice Catherine. « Séduite pendant 
quelque temps par les tours surprenants du jongleur sici- 
lien elle l’admit dans son intimité ; mais reconnaissant 
enfin l'immoralité et la bassesse de cet imposteur, elle sc fit 
un devoir de le dénoncer au public. Ce contre-temps n’em- 
pècha pas Cagliostro de venir à Strasbourg dans la même 
année et d’y fonder une loge selon Je rite égyptien. 

Le 12 janvier 1780, la Loge du Contrat-Social (d’où sor- 
tirent, plus tard, presque tous les Jacobins et les Révolution- 
naires) donna au Wauxhall de la foire de Saint-Germain, 
une grande fête pour célébrer la convalescence du Duc de 
Chartres. L'assemblée fut présidée par la S;.; Princesse de 
Lamhalle et le F,*, abbé Bertolio. Les Vicomtesses d’Afry et 
de Xarbonne et la Comtesse de Mailhj , ainsi que d’autres 
daines do ce rang, lurent reçues Maçonnes. 

11 y eut, à Paris, une fête splendide dans laquelle on intro- 



1780 — 106 — 

duisit la cérémonie de l'initiation d'une nymphe de la Rose. 
Le bue de, Chartres y remplissait les fondions d 'Hiéro- 
phante. 

Après la réception, on donna la représentation d’un inter- 
mode, mêlé de clnints et de danses, qui offrait dans son 
entier le tableau des cérémonies d'initiations des Chevaliers 
et des nymphes de la Rose. 

Le F.*. Rxr.nx, qui consigne aussi cela, se livre aux 
observations suivantes : 

« Les Sociétés Androgynes, surtout celle des F é liai taire s et celle 
des Chevaliers H (1rs Nymphes delà Rose, malgré leur apparence si 
frivole , ont élé un agent très puissant pour propager la maçonne- 
rie d'adoption et semer, dans les esprits, le germe des principes 
maç < >nniq ues d’égal i l é . 

<< Ku cllcl, les personnages de la haute aristocratie qui dédai- 
gnaient alors de se mêler, en aucune manière, a la bourgeoisie. 
se laissèrent entraîner à ces fêles de plaisir , de goût et de galanterie, 
par Fallrait piquant de la nouveauté ; et leur fréquentation avec 
les franc-maçons devint favorable au progrès ch* Tordre et aux 
succès des fêtes d'adoption ». (1) 

Nous ne saurions trop attirer 1 attention sur cet aveu du 
F.*. R\uon. C’est l’an des plus précieux que l’on puisse en- 
registrer contre la Maçonnerie féminine moderne, car il ne 
faut pas oublier que le F.*. Rauo.n h» faisait en 1859! ! 

Nous avons trouvé dans les Annales Maronnigncs des 
J^tt/s-Ras (année LSI!), pp. 880-882) un diplôme de femme 
pour la Maçonnerie d’Adupfiou de Rruxcllcs, vers 1780, nous 
(‘il reproduisons le texte, à titre de curiosité : 


Pièce CXVï 
LA PARFAIT B HARMONIE 

Aux Sieurs (‘1 Frères qui les présentes verront, salut. 

Nous, Grand-Maître, Grande-Maîtresse, Inspecteur Dépositaire 
et Inspectrice de la T.\ R.\ L.\ d’adoption dite la Parfaite Har- 
monie, établie à l'Or.*, de Bruxelles, constituée par la G.’. L.\ 
Province, des Pays-Bas autrichiens, déclarons cl attestons a 
toutes les personnes éclairées sur la surface de la terre 


dont la signature est ici en marge, ne varietur, pour récompenser 
le zèle et le désir ardent quelle a témoigné de se faire initier 

(!) Op. <•//., p. 110. 



1780 


107 


dans nos mystères. A ces causes, nous lui avons fait délivrer les 
présentes pour être une preuve, vivante, durable et éternelle de 
notre amitié ; priant les RR.*. LL * . qui les verront de la recon- 
naître pour Bonne Maçonne d' Adoption, et l’aider et assister clans 
tous périls, conformément à nos sacrés engagements ; et, alin 
qu'il soit d’autant plus ajouté foi à nos présentes, nous les avons 
fait contresigner par notre secrét.\ et fait sceller du grand sceau 
d’adoption. 

Fait à Bruxelles, le 17 . 

Par mandement. 

Ce diplôme, fort bien gravé par le F.*. F. Cardon, était 
entouré d’emblèmes Maçonniques allégoriques et ingénieux. 
On y remarquait, dans un faisceau, l’arche de Noé, entourée 
d'un serpent ; on y lisait les mots : vertu et silence ; on y 
voyait la tour de Babel, l’échelle de Jacob, etc., etc. 

L’Allemagne vit naître V Ordre de la Pomme Verte , sorte de 
Maçonnerie androgync qui eut des adoptes en France. 

CagUostro institua une loge à Varsovie et olîrit d’opérer 
le grand-œuvre en présence de scs fidèles. On lui prêta une 
maison de campagne. De nombreuses dupes assistèrent à ses 
expériences, et en suivirent les phases avec la plus vive 
anxiété. Après vingt-cinq jours de travaux, il leur annonça 
que le lendemain, il casserait l'œuf philosophique et leur 
montrerait le succès de la transmutation. Mais, ce grand 
jour venu, on apprit que Cagliostro s'était enfui, emportant 
des diamants de prix et une somme d’or considérable. 

1781 

La Duchesse de Chartres fut élue, en 1781, Grande-Mai- 
(resse delà Loge Le Contrat Social , mère de l'Adoption écos- 
saise. Robicicau fit à cette occasion des strophes galantes que 
nous avons retrouvées dans V Histoire Générale de la Maçon- 
nerie de Danton (Barcelone-Gracia 1882) avec une préface 
d'Emilio Castelar, p. tii9 : 

Amour ne cherche plus ta mère 
Aux champs de Gnide ou de Paphos ; 

Vénus abandonne Cythère 
Pour prendre part à nos travaux . 

La Mère-Loge dit Rite Ecossais philosophique, ou Loge du 
Contrai Social , fit célébrer à Saint-Eustache, une messe après 
la naissance du Dauphin. La Princesse de Lambatle cl un 
grand nombre de dames de la Cour s’y rendirent. 




La Loge la Cottmr/lr, de Dijon, célébra une fête d’ Adop- 
tion, dont voici copie du procès-verlml : 


La S:-: Puincesse De Lsmuallk 


Lumière o 





1781 


109 


donnée par la délibération du 2, ayant été faite tous les 
frères et Sœurs de la Loge de la Concorde , les frères députés 
de la Loge les dn^s* réunis sous Saint-Luc et plusieurs frères 
visiteurs se sont rendus à Péglise des pères Cordeliers, où 
il a été célébré une messe » 

« Le môme jour, à' 4 h. 1/2 du soir, tous les frères et 
sœurs se sont réunis à la Loge, pour procédera la réception 
au grade d'apprenties de Madame Ranfcr de lirelenibes et 
de Mademoiselle de Premeaur. 

« Les travaux ayant été ouverts, les frères députés de la 
Loge Arts réunis sous Saint-Luc ont été introduits avec les 
cérémonies ordinaires, ainsi que les frères marquis et che- 
valier de Yergennes et le chevalier de Premeaux, visiteur. 

« Les discours furent prononcés par Madame la marquise de 
C... Grande-Maîtresse, par Madame la Marquise de Bourdonne, 
Oratrice, le Vénérable de la Loge de la Concorde et le F.*. 
Calon, sous-Oratcur adjoint. »(1) 

1782 

Nous lisons dans la Chaîne d* Union , octobre 1887, p. 436 
et nous extrayons du Bulletin des Travaux du Suprême Con- 
seil de Belgique, n° 29, g III, Partie historique, pages 211-216, 
sous le titre Publication intéressante pour T Histoire de la 
Francmaeonnr . : 

« 1782. Cagliostro fonde à Lyon la L.\ d’Adoption la Sagesse 
Triomphante qui devint fameuse et dans laquelle, comme dans le 
Rite Egyptien, les femmes étaient admises sur le pied de la plus 
parfaite égalité. 

« Le Rite dont Léo Taxil, avec la plus insigne mauvaise fui du 
monde, dans son livre tout récent intitulé : La Francmaçonnr . 
dévoilée et expliquée , met les insanités sur le compte de tous les 

AUTRES. » 

Mauvaise foi ! C’est bien facile h dire, afin de donner le 
change aux profanes sous les yeux desquels cette réfutation 
anodine devait être placée. 

Insanités ! Le mot est charmant et bien trouvé pour mas- 
quer le satanisme de ce Rite. 

Depuis 1887, la lumière sc fait, de jour en jour, sur la 
Maçonnerie. Les révélations les plus probantes confirment 


11) Chaîne tV Union , Juillet 1SS2, p. 216-217. 



110 


1782 

déjà les déclarations de Léo Taxil, déclarations qui avaient 
pu passer pour suspectes ou hasardées, mais qui, mainte- 
nant paraissent réellement conformes à la vérité. 

Léo Taxil avait aussi écrit, au commencement du Chapi- 
tre XI des « Sœurs Maronnes » (18cSfL p. 808) : 

1UTË EGYPTIEN (dit de càgliostuo) 

« Le Hile Egyptien (l'Adoption est celui qui est pratiqué dans 
« les Loges de femmes annexées aux Ateliers d’hommes du Rite 
« de Misraïm. Il n’est pas sans intérêt de rappeler que les Israë- 
« liles qui s'affilient à la Franc-Maçonnerie se font recevoir de 
« préférence membres des Loges misraïmites ; le Rite de Misraïm 
« et le Rite Egyptien d’Adoption sont les rites préférés des 
« Juifs » 

Le mécontentement manifesté par les FF.*, démontre 
donc que Léo Taxil a frappé juste et cela nous engage à en- 
Ircr dans de plus grands détails sur le Rite. 

Notre, auteur ajoutait (p. 323) : 

« Dans le Rite Français et dans le Rite Ecossais, on est amené 
« lentement au satanisme, et les voiles ne se déchirent qu’au 
« grade de Kadosch. Dans le ltite de Misraïm, complété par le 
« Rite Egyptien d’Adoption, on va plus vite; dès le premier grade, 
« ainsi que le constate le F.*, llagon (1), l’instruction roule tout 
« entière , du moins dans les Loges d’hommes, sur l’alchimie , la 
« magie , les évocations et les sciences occultes. » 

Les FF,-. Clayee (2) et J. K. Makeoms (3j s'occupent du 
Hile Egyptien ; mais, le F.*. Uagon (i) lui consacre un plus 
grand nombre de pages qu'il nous semble important d'in- 
tercaler ici : 

RITE D'ADOPTION DE CAGLIOSTRO 

« Il se compose de 3 grades : Apprentie , Compagnonne } Mai - 
« tresse Egyptienne . 

« Les deux premiers degrés n'étaient qu'un noviciat pour par- 
« venir à la maîtrise. 

« Cagliostro prenait le titre égyptien de Grand-Cophte. 

« La loge était dirigée par une Grande-Maîtresse, appelée Mai- 
« tresse agissante. 

(1 )0/>. cit. r p. 110. 

(2) ()p. c/7., p. 171 et suiv. 

(8; Le Hameau d'Or d'Eleusis, 2 ( .K> clsui\. 

(1) Ibid. y p. 107 et suiv. 



1782 


111 


« Aux maitresses seules étaient réservés les plus grands se- 
« crois, tels que les mystères de la régénération physique et 
« morale, l’art et la puissance des évocations, etc. 

« Los premières maitresses constituées avaient reçu, par le 
souffle du grand-cophte, le don de son pouvoir ; celles-ci le trans- 
mettaient à leurs compagnes. Mais cette faculté ne donnait à colle 
qui la recevait aucune puissance personnelle pour le succès des 
opérations magiques. Elles-mêmes devaient employer l’intermé- 
diaire d’un jeune garçon ou d’une jeune fille qui prenait le nom 
de Pupille ou de Colombe , suivant son sexe. Ces enfants doivent 
être dans l’état de la plus pure innocence. Le grand cophte ou, 
en son absence, la maîtresse qui présidait, leur donnait la faculté 
d’opérer ; eux seuls avaient les visions et en rendaient compte. 
Tout était caché aux yeux des personnes présentes (Tiiorv, His- 
toire de la Fondation du Grand-Orient , p. 213). 

« Sur une table, couverte d’un tapis vert, étaient posées 9 bou- 
gies allumées et une carafe d’eau pure. C’est dans ce vase 
qu’avaient lieu les apparitions, qui n’étaient visibles que pour 
l'enfant. 

« Ce rite fut fondé à Paris, en 1782. La Loge prit le nom de 
Mère Loge d* Adoption de la haute maçonnerie Egyptienne . L’épouse 
de Cagliostro la présidait (1). 

« Voici ce que disent, au sujet de Cagliostro, les mémoires du 
temps. 

« Les spéculations de la secte Balsamile avaient pour objet 
« la métallurgie, la nécromancie, la Kabbale et l’orinocritie (Fin- 
ît terprétation des songes), c’est-à-dire les quatre parties les 
« moins ardues et les plus vulgaires de la croyance philoso- 
« phale, de la science des prestiges et de l’art devinatoire. 

« Les procédés métallurgiques employés par Cagliostro étaient 
« ceux de l’école de Paracelse et de Barri, dit Burrhus (2), qui 
« sont assez connus. Son élixir vital, décomposé par Lavoisier, 

« était simplement composé d’aromates et d’or potable, ainsi que 
t< l’élixir de longévité de Nicolas Flamel et du comte de Saint- 
« Germain. Sa Kabbale était appuyée sur le comput hébraïque 
« appelé Samaritain. Sa pratique à l’égard des évocations des 
« ombres, était celle des cophtes, ainsi qu’elle est indiquée par le 
« livre amorrhéen ; enfin, sa manière d’expliquer les songes était 
« tout aussi déréglée que celle de Lucaccio Borradina. Cagliostro 

( 1 ; Laure Feliziana, très belle courtisane génoise, dite la Lorenza, morte en 171U, 
dans le refuge de Sainte Appoline, à Home. Elle avait été condamnée à finir ses jours 
en prison, par arrêt du Saiut-Office, comme ayant pris part aux crimes de Cagliostro 
dans plusieurs affaires de magie , sacrilège et franc-maçonnerie . 

(2) Cet alchimiste, né à k Milan, en 1 <îK>, fut poursuivi comme hérétique, et mourut 
en prison au chàlcau Saint-Ange, en 17^5, 



1782 


— 412 - 

« n’ avait donc fait faire aucun progrès a l'art magique, et n’avait 
« rien ajoute à celui de Jangleor, sinon sa dignité de grand- 
« cophle, qui lui donnait, disait-on, le pouvoir de délégué]» celui 
« de la devinalion par l'hydromancie. Voici la formule de ce pro- 
« cédé halsamite. 

« Une pupille, une colombe, c’esl-à-diro une jeune tille en état 
« d'innocence, était placée devant un vase do cristal rempli 
« d’eau pure, et par l'imposition des mains du grand-Cophte, elle 
« acquérait la faculté de communiquer a\ec les génies de la ré- 
« gion moyenne, et voyait dans l'eau tout ce qui pouvait Intéresser 
« la personne au profit de qui on fomentait la révélation. J'ai vu 
« bien malgré moi, ajoute Madame de Gréquy {Souvenirs de la 
« marquise de Créquy , tome 3 e , page 27 1 et suiv. Paris, 1S3P, 
« pratiquer cette opération deviaatoire, à la prison des Carmes 
« (1703), à propos du vicomte do lîeauharnais, premier mari de 
« l'impératrice Joséphine, dont une enfant de fopt ans, lalilte du 
« geôlier, voyait ainsi dans une carafe, ri décrivait exactement 
« fous les détails du supplice, à l'instant même où l'on faisait 
« tomber sa tête sur la guillotine. » 

GRADE D'APPRENTIE 

« La loge est tondue en blanc et en bleu céleste. Un arbre est 
au milieu ; autour un serpent tenant une pomme entre ses dents. 

« Cabinet xoin. Il est éclairé d’une laible lumière. On y voit un 
squelette fdu grec Skélélos , desséché) et des ossements, avec 
celle devise : Pense au passé, au présent , à l'avenir. 

« lt élection. Le mode de préparation dillére peu de celui du 
rite français, pour l'initiation des deux sexes. 

« L'introduction faite dans le temple, et l'interrogatoire ter- 
miné, on chantait, en latin dans les loges d'hommes et en fran- 
çais, dans les loges d'adoption, le psaume : L'indate nomen 
Domini , laudate servi Ihminnm. Puis le président fait donner la 
lumière au récipiendaire, auquel il adre^e une courte allocu- 
tion et reçoit son obligation. 

« Disent as. La maîtresse agissante lui dit : « Les connaissances 
que vous parviendrez à acquérir sont la certitude de l'existence 
de Dieu et celle de sa propre immortalité. Sache/ que LEternel a 
créé l'homme en 3 temps cl en 3 souilles, ei que, comme l’œu- 
vre de la création était complète pour celle de l'homme, un 
souille a suffi pour vous former femme. Nous allons donc vous 
accorder ce souille tel qu'il nous a élé donné par notre maître. » 

La Maîtresse lui souffle sur la figure depuis le front jusqu'au 
menton, et dit : 

« Je vous donne ce souffle pour faire germer en vous, et péné- 
trer dans votre cœur, les vérités que nous possédons ; 



1 J 3 


1782 

« Je vous le donne pour fortifier en vous la partie spirituelle ; 

« Je vous le donne pour vous confirmer dans la foi de vos 
pères (1) et de vos sœurs, selon les engagement que vous avez 
contractés. Nous vous créons tille légitime de la véritable adop- 
tion égyptienne et de la loge Nous voulons que vous soyez 

reconnue, en celte qualité, de tous les frères et sœurs du rite 
égyptien, et que vous jouissiez avec eux des mêmes prérogatives ; 
nous vous donnons le pouvoir dVIro, désormais et pour toujours. 
Fraiicmaçonne. 

« Après la reconnaissance, on rend à la néophyte la mèche de 
cheveux qui lui a été coupée, on y joint une paire de gants blancs, 
en lui disant qu’elle peut offrir le tout à l'homme qui est ou sera 
l'objet de son affection. « L’ordre ne défendant pas d'aimer hon- 
nêtement ses semblables. » 

« On lui donne une rose, emblème de l'innocence et de la 
vertu ; une ceinture bleue et blanche, et un tablier bordé de 
bleu, portant ces mots : Amour et charité . 

« Le discours explicatif roule sur l'entretien de Salomon ins- 
truisant la reine de Saba des vérités de la religion divine, et la 
désabusant des erreurs de l’idolâtrie. Le serpent entortillant 
l'arbre symbolise l’orgueil, cause des malheurs humains. « La 
pomme, dit le Rituel , est le symbole du fruit défendu, et c’est la 
femme qui, abusant de son empire, est parvenue h faire manger 
à l’homme le pépin funeste de ce fruit défendu. Mais, ce mémo 
pépin deviendra, par la grâce de l'Eternel, le moyen de réparer 
un jour cette perte, le fruit de gloire de la femme et le recouvre- 
ment du pouvoir que l’Etre suprême a accordé à l'homme. » 

GRADE DE COMPAGNONS 

« Ce grade est une préparation aux secrets de la maîtrise. 

« L’apprentie est introduite dans la loge un poignard à la main, 
les cheveux épars sur son cou et sur son visage. La principale 
cérémonie consiste à lui faire couper la tète du serpent, dont il 
est question dans le grade précédent. 

« Les épreuves terminées, la maîtresse agissante fait une allo- 
cution qu’elle termine ainsi : 

« Vous n'èles reçue aujourd’hui que par mes mains; mais le 
temps expiré de vos travaux de compagnonne, vous serez con- 
sacrée par la volonté de l'Eternel et par le pouvoir d’une maî- 
tresse agissante qui vous fera connaître les intermédiaires entre 
nous et l’Etre Suprême. 

« Instruction. Etes-vous Compagnonne d' Adoption ? 


(1) texte porte bien « pères ,> mais ce doit être une faute typographique et il faut 
lire « frères ». — Xotede l'auteur. 


MAÇONN. 


8 



1782 — i 14 — 

« R. Je viens d'exécuter ]es travaux qui m’avaient été pres- 
crits. 

« 1). Quel* sont vos travaux '? 

« H. J'ai reconnu le fond de mon orgueil ; j'ai assassiné le vice 
et connu la première, malien* qui est le pépin que l’esprit or- 
gueilleux avait ùté de noire pouvoir. 

« 1). Comment peut-on parvenir à communiquer arec les êtres cé- 
lestes ? 

« R. En sachant la méthode do consacrer non-seulement sa 
personne, mais encore le temple dédié à LElerneL » 

GRADE DE MAITRESSE EGYPTIENNE 

« La loge est tapissée en bleu céleste étoilé d’urgent. Troue 
élevé de 7 marches ; dais de soie blanche avec des lys d’argent. 
Brillant éclairage. Derrière l’autel, le tabernacle. 

« Ti tues. La mai tresse agissante prend le nom de reine de 
Saba. Les 12 premières maîtresses reçues adoptent des noms de 
sibylles : les autres ajoutent, à ces noms le titre de seconde , par 
exemple la sibylle phrygienne l r % la sibylle phrygienne 2 e , etc, etc. 

« Les dames ont leur habit talari (aube) (1) ; les visiteurs por- 
tent lï*pée, tète découverte. 

« Pendant qu'on prépare l'aspirante, la maîtresse fait faire l'a- 
doration (la prière Continue) à tous les sujets présents, et fait 
placer la colombe auprès du tronc, sur un tabouret bleu et 
blanc, 

« I/aspirante étant introduite, la maîtresse* dit : 

« Réunissez-vous à moi, frères et sieurs, tant visibles qu’invi- 
« sildes, pour adorer l'Eternel et le prier intérieurement de me 

« faire la grâce d’admettre au nombre de ses enfants la sœur 

« etc. » 

« Tous les assistants s'agenouillent. 

« D'après l'ordre de la présidente, la colombe évoque Lange 
Gabriel qui permet que la récipiendaire soit purifiée ; puis six 
autres anges primitifs, pour consacrer les ornements enfermés 
dans le tabernacle et qui lui sont destinés, enfin Jfo7.se, afin qu'il 
bénisse chaque ornement et tienne dans sa main droite, la cou- 
ronne de roses, jusqu'à la lin de l'opération. 

« La colombe descend les ornements, la mai tresse trace un 
grand cercle, y fait placer la récipiendaire à qui elle adresse une 
allocution on lui donnant chaque objet. 


(1) Au h:is liaient hroelées les initiales des noms de sept arides qui président aux 
sept planètes, savoir: A nact, au Soleil ; Michel , à la Lune : Raphaël, à Mars : Gabriel , 
à Memirt : rricl, à Jupiter ; Zohachiet, à Vénus : et AnochieL à Saturne. Ces anges 
sont évoqués dans la réception, par la colombe. Xote du F.*. 1»am>n. 



1782 — Ho — 

Il est permis à la maîtresse d’invoquer le fondateur, le grand 
coplite, pour confirmer et bénir celte réception. 

« Après avoir fait adorer et remercier l'Etcrncl, la maîtresse 
agissante ferme la loge. 

Instruction. D. Connaissez-vous ce que vous êtes ? 

« R. Oui, je suis homme : mon sexe m'avait, malheureuse- 
ment, fait perdre mon innocence primitive; mais ayant reçu la 
lumière, ayant écrasé le vice, je suis parvenue h connaître la 
vérité et à recouvrer mon pouvoir. 

« D. En quoi consiste ce pouvoir ? 

« R. Ayant été créée à l'image et ressemblance de Dieu, j’en 
ai reçu le pouvoir de me rendre immortelle, de commander aux. 
êtres spirituels et de régner sur la terre. 

« 1). Qu'entendez-vous par régner sur la terre ? 

« R. Que l’Eternel n’a formé et créé la terre que pour l'homme 
el pour être commandée par lui; mais il ne saurait y parvenir 
sans connaître la perfection du moral et du physique, sans avoir 
pénétré dans le véritable sanctuaire de la nature , et sans posséder 
notre doctrine sacrée, qui enseigne deux façons d'opérer : l'une 
pour se rendre immortel physiquement, l'autre pour le devenir 
moralement. 

« D. Quel est le fruit de l'immortalité spirituelle ? 

« 1t. La sagesse, l'intelligence, la faculté d’entendre et de par- 
ler toutes les langues et le bonheur inappréciable de devenir 
l'intermédiaire entre Dieu et nos semblables. 

« D. Comment peut-on obtenir une aussi grande faveur ? 

« R. Le grand-cophi c, notre fondateur et maître, après avoir 
choisi un local solitaire et y avoir fait bâtir le batiment conve- 
nable, s’y renferme secrètement avec douze de nos frères, pour y 
former le pentagone sacré, avec les instruments de l’art, qui 
sont : le glaive, la truelle, le couteau, le poignard, le clou, le 
canif, les 3 aiguilles, le compas, la règle, l’encrier de métal et le 
plomb. Chacun de ces instruments doit avoir un manche selon 
l'art. Ceux qui contiennent la partie matérielle doivent être faits 
au jour et à l’heure de mars. Il faut que la consécration de tous 
soit faite au jour et h l'heure du soleil et qu’ils soient trempés 
dans la couleur convenable. Il est également très nécessaire de 
connaître la couleur et la différence des plumes dont on doit se 
servir pour écrire, etc., elc. » 

Le F.*. Ragox n’enrichit pas davantage son Manuel et il 
conclut ainsi : 

'< Conçoit-on qu’ara tel tissu d'absurdités , même à l'aide d’un 
« spectacle pompeux et fantasmagorique, ait pu avoir une sorte 
« de succès dans la France et à l’étranger ? » 



1782 


1 16 


« Anecdote. Madame Fdisabeth-Charlotte-Constance , baronne 
de la Roeko, née (1736) comtesse de Modem, au château de Schœn- 
burg, en Courtaude, littérateur, se sépara de son mari pour vivre 
avec le célèbre imposteur Cagliosln», contre lequel elle publia plus 
tard une sorte de factum. Sur la lin de ses jours, elle tomba dans 
le mysticisme H mourut en J 833. » 

Le I'.\ Il won aurait bien du expliquer pourquoi les si- 
magrées du Ht te Ejjptien sont pins absurde* que celles des 
autres rites et en quoi Caglioslro a été plus imposteur que 
le» autres inventeurs de différents Ordres Maçonniques. 
Tou! cela n'est-il pas, au contraire, ejusdem farina* ? 

Non seulement ou chante le psaume Lawlate nonten Do- 
mini , etc., comme le reconnaît le 1*V. Il won, mais le F. . 
Claykl constate que la récipiendaire à la maîtrise sc pros- 
terne la face contre terre et prononce à haute voix, en fran- 
çais, le psaume Miserere niei Dominas ; puis, quand elle est 
soi-disant purifiée, trois sieurs chantent, en français, le Veai 
Creator Spiritus . (leux de nos lecteurs qui possèdent les 
« Soeurs Maronnes » de Léo Taxil pourront prendre connais- 
sance de la Clef des Sf/mbo/es Secrets de la Erane-Maeonnerie 
el y trouveront 1 explication de l'infâme interprétation don- 
née par la secte au Yeni Creator Spirifa*. Nous mettons au 
déli tous tes liants dignitaires maçonniques du inonde entier 
de nous prouver que 1 Eternel, Y Etre Suprnne des rites 
Ef/t/pliens el de Misrahn n'est pas Lucifer. 

Le dogme de Caglioslro élail fondé sur la même théosophie 
que celui de Swedenborg. Ou sait aussi que le Crand-Coplite 
puisa l’idée de son rite dans quelques manuscrits, qu’il 
acheta par hasard h Londres et qui avaient appartenu h 
Georges Goflon ; il se contenta d'en élaguer les pratiques 
par trop magiques el superstitieuses. 

Le Uecueil de Discours el Poésies Maçonniques de la Do (je 
la ])ourr-Union, publié en 1788, renferme l'allocution pro- 
noncée par le F.*. Lailenrnn, en Loge d Adoption, le second 
jour du douzième mois de Fan 5782, après sa nomination 
au grade d'Uruleur de celle Loge, nous en extrayons ce qui 
suit (p. 31-3i) : 

« Nous réalisons la fable du siècle d'or, trop belle pour 

« n 1 être pas une chimère; nous la réalisons ; et je iTen veux pour 
a preuve, indépendamment des liens d'amitié qui nous unissent. 



1782 — 117 — 

« que notre attachement à ce sexe qui fait aujourd’hui l’ornc- 
« ment de la R.*. L.* » 

« Tel est l’ascendant de ce sexe aimable, que nous lui 

« devons à la fois nos vertus et nos plaisirs. Aussi, vous le ré- 
« pétai-je, c’est dans leur société que les hommes se forment, 
« comme c'est au sein des vertus maçonniques qu’ils s’amé- 
« liorent. Plaignons donc le sort des profanes que la vraie lumière 
« n’a pas éclairés sur tant d'avantages; tandis que d’épaisses 
« ténèbres obscurcissent leurs yeux, unissons-nous de la plus 
« constante amitié, et que le tableau de notre union prouve aux 
« CC.w SS/.*., nouvellement initiées, qu'en faisant leurs pre- 
«< miers pas dans ce temple, elles sont entrées dans le sein d'une 
« foule d’amis et de Frères. » 

1783 

La Félicité, de FO.*, de Dieppe, avait pour Grande-Maî- 
tresse la S:-: T)e la Hoxtssmje et pour Grande-Inspectrice la 
S:-: Depeaupré. En 1783, nous voyons la Marquise de Par- 
dieu, Grande-Inspectrice, et assistons aux réceptions de la 
Dur liesse de Brissar , d’ Adèle de Nivernais, de M n<i de la 
Chaussée, de Madame de Cliabannes et de la Comtesse de 

Cawnont (ChaiTotte-Mathurinu de Clieu). La loge fui visitée 
par la S:-: Princesse de Bourbon (1). 

Le 2 janvier 1783, une autre fête maçonnique eut lieu 
dans la loge la Concorde , O.*, de Dijon, sous la présidence 
de Leroux, en présence de l'Ambassadeur de France en 
Suisse, Gravier de Ycrgennes, de sa femme « et de plus de 
soixante personnes de toute condition ». Leroux y prononça 
deux discours et débuta ainsi en s’adressant aux dames : 

« Sexe charmant, moitié précieuse de nous-mème que l'auteur 
« de la nature a parée de tant d'attraits, vous avez toujours se- 
<r condé les Maçons dans leurs travaux. Si nous vous rappelons 
« quelquefois la chute de notre premier père, dont vous n’avez 
« sans doute été qu’une cause secondaire, ce n’est plus qu’un 
« souvenir éloigné. Les consolations que vous prodiguez sur les 
n peines que nous éprouvons dans la vie, le courage que vous 
« nous inspirez pour nous la faire supporter avec constance, 
« nous ont fait oublier cette faute, hélas ! que nous partagerions 
< encore avec vous » '2). 

1 1) Histoire de la Maçonnr. à Dieppe, par le F.*. P usant, notice iue par ce der- 
nier à la fêle solsticiale d'élê de la L.*. l' Espérance couronnée , 0.*. de Dieppe, 
le 0 juillet 1851 . 

'in Chaîne d" Union . juillet p. ülrt-217. 



1784 


118 


Nous extrayons des Grant A Heyistres in-f° du Grand- 
Orient (D. — 2' Registre), comprenant la nomenclature des 
Loges consli tuées par lui, depuis son établissement jusques 
et y compris l'année 181 1 : « 2VM\ Dole, le Val tC Amour, 
i°jV. du II e ni.*. 1784. » Le Val d' Amour s est annexé un 
atelier féminin, qui travailla encore. 

L'Ordre éphémère des Chevaliers et Chevalières de la Co- 
lombe fut fondé, à Versailles, cette môme année (I). Il était 
androgync (2). 

Avec les débris de la loge d'Àdoption la Candeur , Ca- 
gliostro constitua la Loge Isis qui compta parmi ses adeptes : 
Les SS:-: Comtesse de Hrienne, Comtesse Dessales, Charlotte 
de Polif/nac, de H rossa r , de Choiseul, d' Espinchal , de Pour- 
senne, de T revivre s, de la Mâche , de Montchenu, d'Ailh/, 
d\\uvet % d* Erreur, d y Er1aeh, delà Fare, d’Havrincourt, de 
Montell, de Hrèhant, de Herctj, de Haussai), de Lomènie, de 
Gen/is , etc. Abstraction faite de Madame de Genlis, ces 
femmes appartenant à la plus haute noblesse de France, ne 
se refusèrent pas à accepter pour Grande-Maîtresse ou 
Grande-Pretresse, Loreuza Feliriana , I'cj - courtisane, com- 
pagne de Lngliostro. Cela peint bien des mœurs Maçonni- 
ques ! Le Prince de Montmorency-Luxembourg accepta la 
dignité de grand-maîlre-prolccleur de ce Rite (8). 

Dans l’opuseule. Essai sur lu Franemaronnerie, qui parut 
h Nancy, en 1784, railleur passait en revue les héroïnes, les 
filles el les femmes vaillantes qui ont honoré leur sexe. 

1785 

La Loge symbolique Saint-Louis , O.*, du Régiment du Roi 
(Infanterie), à Caen, comptait cent doux frères de haute dis- 
tinction. Lu loge de femmes, bien que peu nombreuse, était 
remarquable par sa brillante composition : elle avait pour 
Grande-Maîtresse, en 1 78.7 , la S:*: Duchesse d' Harcourt et 
parmi ces membres on remarquait les SS:-: comtesse de 
H/auffi v, comtesse de Vaudous, vicomtesse de Mathan , de la 
Pifjarière, rom teste de HriqueriHe, marquise de Hriquerille, 
comtesse de Lcstre, Honnier de Saint-Cosme , comtesse Dauvet, 
marquise de Houtilher, marquise de Mol ans, comtesse de 
Beau fort , de Coutance, de Perrin, de Keyerlé , baronne de 

(1) l.c F.\ Iïa<;on, op. cil. i», Si. 

(2) Le F/. Clavkl, op. cil.. Appendice, 
é») Ibid., p. 1 70. 



1785 — 119 — 

Gemingolt, de Courligng, vicomtesse de Xédoncholle, com- 
tesse do la Valotto , comtesse Pestaloggg et de Saint-Fieffe . 

Cette loge quitta Caen au départ du régiment du Roi (1). 

1786 

V Etoile Polaire , 0.*. d'Abbeville, florissait, en 1786, on 
y voyait: les SS:-: I)e Teu fies, Grande-Maîtresse; — Vanro- 
bais (Famée), Inspect:-:; — Duhamel, Maîtresse des Céré- 
monies ; — Douville, Hospitalière ; — Yanrobais, dame Van- 
robais, de la C:-: S:*: B:-: ; — UEvesque , demoiselle do 
Fliricourt, Elue ; — UEvesque, demoiselle Duhamel, Elue ; 

— Gaillard, dame de Teu fies. Elue ; — Maurice, dame Dou- 
ville, Elue ; — U Alouette, dame Grand , Elue ; — V liasse de 
Yermandolivers, dame de Sencemont , Elue; — Douville , dame 
de Pioger , Elue ; — Cordier, dame do Sicard, Apprentie ; — 
Demoiselle Kab)\ Apprentie. — SS:.: Associées libres : Fou- 
gues , dame de F ér allés, Elue ; — Demoiselle Brunei , Elue ; 

— Gaillard, dame de Meigneux, Elue ; — De Mons, dame de 
Dargouves , Elue ; — De Mons, dame de Meigneux, Appren- 
tie : — Fougues , dame de Fraisnel , Apprentie. — SS:.: Ca- 
méristes apprenties: Saint-Julien , femme Faulo t ; Mêlante 
Mouron , veuve Prévôt . 

Le tableau de la Loge la Félicité , 0.*. de Dieppe, publié 
en 1786, portait les noms des SS:*: Le Baron , De la Hous- 
sage, Voisin, Bourdon , Le Ferre, Chaussée de Baimbouville, 
Desgranges , De Portai, Le Prince-Beaupré, Niel , De Cha- 
bres , Ubéleskg , marquise de Pardieu, D'Ausseville, De Tou- 
vent, comtesse de Caumont, de Bellengreville , Le Prince- 
Duclos, membres actives, et duchesse de Cossé-Brissac, 
comtesse de Saint-Pierre de Pontcarré, comtesse Adélaïde de 
Caumont, baronne de Beaumont, Bell, Mouron, De Caux, 
Comtesse de Canouville , comtesse de Pardieu, comtesse Félix 
de Pardieu, Chaussée (Fainée), Mallet et de Saint-Quentin, 
associées libres (2). 

Il est intéressant de pai’courir le Portrait du Vrai Maçon, 
esquissé par la Loge la Douce-Union et lu dans ses travaux 
d'Àdoption, tenus le huitième jour du huitième mois de 
Fan de la véritable lumière, 5786. Cette pièce, composée 
par le F.*. Lalleman, est en vers. Nous en détachons le 
fragment suivant relatif aux vertus maçonniques : 

( 1 ) F.*. Iîazot, Univers Mac. 1837, ». 70 et suiv. 

2) Ibid. 



1786 




("ai* sur 1<‘ vrai Maron les graves cuit de* droits; 

Jvii î quelle aine, est assez engourdie 

INuir se faire un bonheur d'échapper à leurs loix? 

Nous leur devons celle pilié flexible 

Ou* inspirent les humains sous la peine abattus; 

(Test la beauté qui rend le cœur sensible... 

Kl quand on esl sensible, on a bien des vertus (1). 

Les événements que nous allons rapporter cl les documents 
(lue nous produisons vont jeter une lumière singulière sur ces 
fameuses vertus, dont la Francmaconncrie ne cesse, a tout 
propos et hors de propos, de faire un si pompeux étalage. 

Le professeur NYeishaupt, de U niversité d'Ingolstadl et 
le baron Knigge avaient organisé leur société des Illuminés 
de Bavière, de 1 77 (î à 1777, qui acquit une grande influence 
en Ba\ière. « Le cjui transpira (de leurs mystères) dans le 
public détermina, en 1781, l'électeur de Bavière (Prince 
Lharles-Théodorei à inlcrdiro loules les sociétés secrètes... 
Bientôt après, quatre illuminés, mécontents de leurs chefs, 
parce qu'ils ne les avaient pas admis dans les hauts grades, 
déclarèrent à l’autorité ({lie les membres de la société déles- 
laionl les princes et les prêtres; qu'ils faisaient l'apologie 
du suicide; qu'ils rejetaient toute idée religieuse, cl mena- 
çaient de se venger de ceux qui les trahiraient ; qu'ils vi- 
saient à s'emparer de tous les emplois ; qu'ils voulaient ré- 
duire les princes à notre que leurs esclaves ; qu'un de leurs 
supérieurs, le marquis de Loustanza, avait dit qu'il ne fallait 
en Allemagne que deux princes illuminés entourés d'illu- 
minés ; enlin qu'on ne donnait les hauts grades qu'aux 
initiés qui approuvaient le projet de délivrer le peuple des 
princes, des prêtres et des nobles... » ( 2 ) 

pas là tout le plan de la Franenateonnerie? Plan 
qu'elle exécute patiemment, lentement et avec un succès 
remarquable 1 

Le F.*. Li.avkl continue : 

« Par Mille de ces déclarations, Weishaupt fut destitué, en 
1783, de sa place de professeur. L’année suivante, l'électeur fit 
saisir les papiers des illuminés ; on y trouva, contre quelques- 
uns, des preuves d'intrigues, de supercheries , d'impostures, d'nc- 

11] H ki rm. i>k 1>im:oi*u> kt i*ukmk< MWjUNMiji es de la loge de la Doncr-Vnion . 
0.*. de Caris, 17S7, p. *.U. 

('1 1 Histoire nitt.de ta Franc-Maronuecie . [>. U»:î e( l‘.H. 



1786 


121 


lions et d'opinions ovt t»èm entaient leur prétendu zèle pour la 
vertu. Ces faits, qui ôtaient particuliers à des membres isolés, 
lurent considérés comme pouvant s'appliquer à l'ordre en gé- 
néral. « 

La saisie de certaines archives maçonniques amènerait 
des résultats identiques. 

« Une instruction secrète eut lieu, par suite de laquelle 
Weishaupt fut condamné h mort. Instruit de cette sentence, 
Weishaupt prit la fuite. On promit une récompense à qui le livre- 
rait. Il trouva à Ralisbonne un asile ; f Electeur demanda son 
extradition ; et la régence n'osant la refuser, mais ne pouvant se 
résigner à l'accorder, facilita son évasion. Il se réfugia à la courdu 
prince de Saxe-Gotha, qui le nomma son conseiller intime. Ainsi en 
sûreté, il demanda publiquement qu'on format contre lui, comme 
fondateur des illuminés, une accusation régulière, et qu’elle fût 
examinée devant les tribunaux. » 

L électeur de Ravièrc ne tint aucun compte de ce que le 
F.\ Clayel appelle « rot te juste réclamation ». Weishaupt 
mourut à Gotha, le 1<S novembre J 830, à Luge de quatre- 
vingt-trois ans. On ne saurait trop flétrir encore la lâcheté 
du prince de Saxe-Gotha (1). 

Outre Weishaupt, le baron Dittfurth, conseiller à la 
Chambre impériale de Wctzlar, le conseiller aulique Zwack 
et le baron Knigge, fondateur du Rite Eclectique (Grande 
Loge de Francfort) furent impliqués dans l'affaire. Ils cor- 
respondaient sous les noms suivants : Weishaupt s’appelait 
lier cuit* ; Dittfurth, Mi nos ; Zwack, Caton ; Knigge, Philon . 
L’individu qui signait Ptolrmer-Layus ne fui pas découvert. 

Les pièces, dont nous publions le texte, furent saisies à 
LandshuL le 11 octobre 1786, elles figurent dans les Mé- 
moires pour servir ù / Histoire du Jacobinisme, par U Abbé 
Daniel ; la Franc-Maçonnerie, tome Y\ douzième série, 
document n° 1, par Amand Neut et U a-t-il des Femmes 
dans fa Franc-Maçonnerie, de Léo Taxil, p. 7. 

« Minos faisant fonctions de Provincial, expose au Suprême 
Consolide sa juridiction l’état de sa province et mentionne, h 
cette occasion, le projet formé par Hercule : 

fli « Weishaupt organisa à rôle de la Maçonnerie elpour l'englober plus tard une so- 
ciété qui a\ail pour hase : l'obéissance passive, l’espionnage universel, le principe que 
la lin justifie les moyens cl la pratique de la violation du secret des lettres ». Le 
V.\ Henri NUrtin, Histoire de France , l. XVI, p. 532, uote 2. 



1786 — 122 — 

« Hercule , écrit-il, a ou loin le projet de fonder une Ecole 
« Minervale. Ce projet mérite lapins sérieuse considération. J’ai 
« souvent eu celle pensée moi-mémo et j’en ai parlé plusieurs 
« fois à Philon . Les femmes exercent une trop grande influence 

« SUR LES HOMMES POUR QUE NOUS PUISSIONS RÉFORMER LE MONDE SI 

« nous ne réformons les femmes. Mais comment l’entreprendre? 
« Là est toute la difficulté. » 

« Les dames adultes, les mères surtout , qui sont imbues de 
« préjugés, souffriront-elles que d'autres s'occupent de /'éducation 
« de leurs filles ? Il faut donc commencer par des demoiselles ou 
« par des dames d’un certain Age. » 

« Hercule propose d’y employer l’épouse de Ptolcmée-Lagns, et 
« je n'ai pas d’objection h y faire. Moi, je propose mes quatre 
<. belles-filles. Ce sont de bonnes demoiselles. L’ainée, principa- 
« lement, a tout ce qu‘il faut : elle a vingt-quatre ans, beaucoup 
« lu et est rien Ai-DKSsrs de mus les préjugés. En religion elle 
d pense comme moi. » (Diüfurth était matérialiste.) 

« Mes belles-filles ont beaucoup de connaissances parmi les 
« demoiselles de leur Age, et une petite société, sous la direction 
« de l'épouse de Ptolémée-Lagns , serait vite formée. Mais il leur 
« faut quelque chose qui leur serve de règle et qui les stimule : un 
« rite, une réception, des mystères, etc. Cela devrait être conforme 
« au but et en meme temps leur présenter un attrait; il faudrait 
« cinq ou six grades. 

« Les hommes ne devraient pas être admis à leurs réunions. 
«L'épouse de Ptolémée-Lagus correspondrait avec son époux, 
« mais à l’insu des autres ; ruinée de mes belles-filles serait régente 
« et correspondrait avec moi. Ce serait à nous de veiller en ca- 
« chclte à ce qu’aucune indigne 11e fut admise*; à nous, aussi de 
« leur suggérer quelques compositions. » 

« Mais qui arrangera ces grades pour la Maçonnerie des 
« Dames?... Il existe un recueil intitulé Dames-Maçonnerie ( 1 ) ; 
« on pourrait se modeler là-dessus... Si l’on me procure un cahier 
« de grades convenablement confectionné, je vous garantis que 
« tout sera organisé en peu de temps. » 

Dans un autre rapport maçonnique, émanant du conseiller au- 
lique Zwack, il est dit : 

« Cet Ordre (la Maçonnerie des Dames) aura deux classes, for- 
« manf chacune leur société, ayant chacune leurs secrets à part. 
« La première sera composée de femmes \erfuouscs ; la seconde , 
« de femmes yolau.es, légères, vouptieises. » 

« Les unes et les autres devront ignorer qu’elles sont dirigées 
« par des hommes. » 


(1) Il s'agit sans ilnutc ici iPuu rituel français. 



1786 


123 


« Les Frères chargés de les diriger leur feront parvenir leurs 
« leçons, sans sc laisser connaître. Ils conduiront les premières 
« parla lecture de bons livres (Helvétius, Rousseau, Diderot, Vol- 
« taire, Mirabeau, etc.), et les outres ex les formant a l’art de 

« SATISFAIRE SECRÈTEMENT LEURS PASSIONS. » 

Zwack établit l'objet et Futilité des Sœurs Maçonnes. Il a 
eu, environ cent ans plus tard, un imitateur dans la satani- 
que personne de feu Albert Pike, alors Souverain Comman- 
deur Grand Maître du Suprême Conseil de Charleston, pre- 
mier Suprême Conseil du Rite Ecossais Ancien Accepté, etc, 
dont nous verrons les infâmes principes et les immorales 
théories, à la date du 11 juillet 1889. 11 nous suffira de dire 
à présent que Zwack et Pike admettent et recommanden t la 
PROSTITUTION des Sœurs Maçonnes ou de certaines Sœurs 
Maçonnes spéciales comme règle maçonnique. Le Conseiller 
aulique écrivait donc encore : 

« L’avantage que Ton peut se promettre de cet Ordre serait de 
« procurer au véritable Ordre, d’abord, tout l’argent que les 
« Sœurs commenceraient par payer, et ensuite tout ce qu’elles 
« promettraient de payer pour les mystères auxquels on aurait h 
« les initier. Cet établissement servirait encore h arrivera la cou- 
« naissance de certains secrets, a trouver des protections par 
« l'intermédiaire des Sœurs, a satisfaire ceux des frères oui ont 

« DU PENCHANT POUR LES PLAISIRS. » 

Zwack accompagnait ce plan du portrait de quatre-vingt- 
quinze femmes ou filles de Mannheim qui auraient été les 
premières victimes de cette diabolique combinaison. 

M. Àmand Neut, ajoute, après la reproduction de ces do- 
cuments : 

« IJ extrême immoralité de Weishaupt et de ses principaux 
« adeptes perce dans bien des endroits de leur correspon- 
« dance . » 

Nous dirons, avec Lco Taxil : 

« Le projet de corruption systématique des mœurs éclate , 
du reste , dans tous les rapports des chefs , à quelque pays 
qnih appartiennent , » (Voir, ici, la date du 18 Janvier 
1822.) 

1787 

En 1787, parut, à Paris, la Vraie Maçonnerie d’àdoption, 
précédée de quelques réflexions sur les locjes irrégulières et 



1787 


— 124 — 

sur la société civile, avec des noies critiques et philosophi- 
ques, et suivie de cantiques maçonniques ; dédiée aux 
dames par un chevalier de tous les ordres maçonniques. À 
Philadelphie, chez Philarèthe, rue de l'Equerre à l'Aplomb, 
in- 12 de 132 pages. (Celui que nous détenons n'en a que 1 Ï2 
plus la laide des matières.) 

Voilà deux fois que l’expression « loges irrégulières » ligure 
dans notre étude, nous savons qu'elle s’y présentera encore 
bien souvent, aussi l'expliquons-nous dès à présent : 

« Les loges masculines qui s’annexent une loge de femmes, 
pratiquent, à leur gré. dans l'atclicr-anncxc, tel ou tel rite 
androgync, soit d'origine ancienne, soit d'origine moderne, 
soit meme créé spécialement pour l'atelier (Ceci lorsque le 
vénérable vise à faire du nouveau). // h y a aucune OBLIGA- 
TION de REGLE à ref égard cl c'est pour cela que, dans di- 
vers comptes-rendus de Congres Maçonniques, on dit, en 
parlant de loges de femmes ou loges-mixlcs, qu’elles ne 
sont pas régulières. Cette expression a été imaginée précisé- 
ment pour dérouler les profanes dans la question de Pcxis- 
lence tics loges de femmes ; la Maçonnerie se donne ainsi 
l'air de décliner toute responsabilité à leur sujet. Elle sem- 
ble dire, et ce langage vise les profanes : « Si des loges an- 
drogynes existent par hasard, le Suprême Conseil, ou le 
(îraud-0 rient, les ignore ; clics ont été constituées en de- 
hors de son initiative ; elles fonctionnent à son insu et sous 
la responsabilité personnelle des Vénérables : donc, s’il y 
en a, comme le prétendent nos adversaires, ce ne sont pas 
des loges régulières. » 

« Maison disant cela, les chefs maçons jouent sur les mots, 
selon leur habitude, et, en réalité, le sens vrai, est que ces 
loges ne sont son mises à aucune règle commune. Seuls les 
triangles androgyncs du Palladismc Luciférien ont une or- 
ganisation générale et partout le meme Rituel ». 

Revenons main tenant à la Vraie Maçonnerie d* Adoption . 
Ce Manuel est intéressant à compulser. 

Signalons d'abord le modèle du discours destiné au F. 4 . 
Orateur lors de la réception au grade d’apprentie : il contient 
enlr’autrcs phrases celle-ci : 

« Nous nommons nos loges Temples de la Vertu , parce que 
« nous lâchons de la pratiquer. Les mystères que nous g rélc- 
« brous, sont le grand art de vaincre ses passions. » (p. 33). 



m 


1787 

Voulez-vous savoir des maintenant quel est cet art, chers 
lecteurs ? Interrogez Albert Pike, qui vous répond : « Le 
commerce avec la femme commune à tous ses Frères ! » Nous 
n'inventons rien et renvoyons encore à la date du 1 1 juillet 
1889. 

Le jardin d’Kden renferme un pommier, autour duquel on 
met un serpent de carton peint ou d’autre chose ; il faut 
avoir soin que la tète en puisse remuer par le moyen d'un 
fil de fer, et que la bouche s’ouvre et se ferme pour tenir une 
pomme, et la laisser prendre à volonté. » (p. 39. Compagnon- 
nage). En comparant l’ouvrage Ya-i-il des femmes dans la 
Franc-Maçonnerie et ce Manuel, il est facile de se rendre 
compte que Léo Taxil en a tiré un immense parti. Tnxil est 
le premier auteur anti-maçonnique qui ait indiqué le mode 
de fabrication de ce reptile ; il a même donné des explica- 
tions aussi révoltantes, qu'incroyables pour bien des gens. 
Il a aussi attiré l’attention des profanes sur X Arbre du Mi- 
lieu , autre symbole obscène. On s’est refusé à le croire. 
Soit ! Comparons les textes : 


Y A-T-IL DES FEMMES DANS LA 

Franc-Maçon XKlUE ï p. 92. 

La Grande^ Maîtresse. — Qu'y 
a-t-il déplus remarquable dans 
ce jaz*din ? { R'Eden.) 

La Sœur Inspectrice. — Un 
arbre de vie, que nous nom- 
mons Y Arbre du Milieu. 


La Vraie Maçonnerie d'Adop- 
tion, p. 49. 

D. Quel est Pêtnt d’une Ma- 
çonne ? 

R. D’être heureuse, destinée 
pour laquelle nous avons été 
créées. 

D. Comment parvient-on à 
cette félicité ? 

R. Par le secours de Y Arbre 
du Milieu . 


Et h ceux des Maçons qui nous accuseront de mauvaise 
interprétation, nous dirons : m Lisez les Leyenda MarjFiralia 
de votre cher Albert Pike, vous y trouverez l’explication que 
nous ne voulons pas donner ici et votre accusation tombera 
aussitôt. » Quand nous parlons de Maçons, nous entendons 
le menu fretin, depuis l’apprenti jusqu'au 29 e degré. Les 
Frères des 30, 31 , 32 et 33 e et dernier degré du Rite Ecossais 
ne commettraient pas l’insigne maladresse de nous contre- 
dire ; ils savent fort bien que le collationncment des textes 
nous procurerait le plus éclatant des triomphes. 



1787 


1-26 


Le Manuel est accompagné, comme son titre l’indique, 
d’un recueil de cantiques maçonniques. Le premier, adressé 
à une sœur nouvellement initiée, qui demandait ce qu’était 
la Maçonnerie et ce que les Francs-Maçons faisaient dans 
leurs loges est ainsi conçu : 

Dans nos Templos tout est symbole. 

Tous les préjugés sont vaincus; 

La Maçonnerie est l’école 
De la décence et des vertus; 

Ici nous domptons la faiblesse , 

Qui dégrade Y humanité; 

Et le flambeau de la sagesse , 

Nous conduit à la volupté (p. 101). 

Il faut effectivement qu elle ait vaincu tous les préjugés 
la malheureuse, qui, arrivée au grade de Parfaite Maçonne, 
répond : «... L'initiation de vos mystères a dessillé mes yeu./\ 
fai secoué le jouy de mes passions, etc. » (p. S2). 

Voici la lin du deuxième cantique : Les qualités que doi- 
vent avoir les vrai* Maçons : 

Et vous a qui tout rend hommage, 

Sexe charmant , sexe enchanteur, 

Venez couronner notre cuivrage 
En partageant notre bonheur ; 

Les Maçons marchant sur vos traces 
Connaîtront mieux Fart de jouir. 

La beauté, les vertus, les grâces 
Ajoutent toujours au plaisir. 

Une sage philosophie 

IV o nous défend pas les désirs, 

L’indécence seule est bannie 
El non les innocens plaisirs. 

Ah ! profane, si de nos Loges 
Ta connaissais mieux la leçon, 

Bien loi (‘n faisant nos éloges, 

Tu deviondrois un Franc-Maçon (p. 102). 

Un autre cantique commence ainsi : 

En faveur des plus doux mystères 
Signalons nos vives ardeurs. 

Remplissons nos Lampes, mes Frères, 

Et félons nos aimables Sœurs (p. 104). 



1787 


127 


Terminons ces citations par les extraits suivants : 

Aimables Sœurs, faut-il vous faire un crime, 

Du premier culte offert à la beauté ! 

Un souille pur produit l'homme et l'anime, 

II croit en vous voir la Divinité. 

Aimables Sœurs, l'homme eut-il pu sans crime, 

Etre insensible aux pieds de la beauté. 

Aimables Sœurs, dans ce pieux hommage, 

D'Adam les fils ont tous été fervens ; 

Par eux ce culte a passé d'age en âge : 

Ils lui donnaient leurs plus charaians instans ; 

Aimables Sœurs, dans ce pieux hommage, 

Nous nous piquons, ainsi qu'eux d'étre ardens. 

Aimables Sœurs, par toute la nature, 

On a voulu vous dresser des autels. 

Chez les humains privés d'art, de culture, 

Vous obtenez des tributs naturels. 

Aimables Sœurs, par toute la nature 
Qui mieux que nous encense vos autels? 

Aimables Sœurs, notre excuse est parfaite : 

A vos cotés, qu'aimer et boire est doux ! (p. 106-107). 

Nous pourrions multiplier les citations, mais nous avons 
hâte de reprendre le cours de noire étude. 

L'Union Militait'/*, née en 1786, à Yalognes, avait déjà 
réussi Tannée suivante à réunir neuf Sœurs pour sa Loge 
d'Adoption : les SS:-: Dr Caligny , Grande-Maîtresse, DrSor- 
fosvillt *, Dr Saint r-Colomhr, Dr Berry yer, Dr Chalain y Dr Ca- 
lifjny la jeune. De Brrthou , D*Houesvillr et de Sort rv al. 

L'armée, nous devons le reconnaître, avait accueilli avec 
enthousiasme les principes Maçonniques. « Des Loges s'or- 
ganisèrent dans l'intérieur des régiments et vers la fin du 
xviu* siècle chaque corps en possédait une ou deux » (1). 

S. A.Ii. la duchesse dr Brunswick, sœur du roi des Pays- 
Bas, se fit recevoir dans la Loge dos Mopses, établie au Palais 
de Los (2). 

« La Loge la Vérité ri V Union, aux S Piliers couronnés , 
à Prague, essaie d'introduire, dans les loges allemandes, 
la maçonnerie d'adoption. Les FF.*, composèrent un rituel 
particulier et une première séance eut lieu. Lorsqu’on eut 

(1) Le F.*. Bazot, op, ait p. 10 et suiv. 

(2) Annales Maronn.-. des Pays-Bas , 1SUÇ p. 8SO'SS2. 



1787 


128 


porte la santé de la S.-. présidente, elle y répondit d’un ton 
moitié sérieux, moitié railleur, qui parut h la gravité ger- 
mai) i(|iic de mauvais augure pour la vitalité de cette inno- 
vation. Des tentatives faites sur d'autres points ont également 
échoué. Cela tient au caractère des FF. \ qui manquent d'en- 
train. Mettez dans une ville. d* Allemagne une garnison fran- 
eaise. conclut le F.*. une loge d'adoption g fera 

fureur, » (11. 

C'est en 1787 que h» baron de Tschoudi fonda la Maçonne- 
rie Adonhiramite , composée de treize grades seulement. Les 
trois premiers sont semblables à ceux du Dite Français, 
G.’. O.*, de France, Le rite androgyne Adonliiramile est 
encore pratiqué, non seulement aux Flats-Unis, mais dans 
beaucoup d'autres pays. L'ancien rite de ce nom a eu scs 
liiluels réformés, mais il est toujours androgyne. 

II fui aussi publié, en îl cahiers in-i\ un Hiiucl de Ma- 
çonnerie d'Adoplion. 

1788 

ISerueil de Discours et Poésie* Maçonniques de la Loge de 
la houre-Vnion , édité en 1788 contient un discours delà S:.; 
Thiberge , Grande-Maîtresse, qui nous fournit une nouvelle 
preuve de la tartuferie maçonnique, exemples : 

« Je ne m'arrêterai pas à faire ici l'apologie de noire ordre, 
ni à le laver des inculpations qu'ont jette sur lui la pré- 
vention ou l'animosité de quelques détracteurs. Une institu- 
tion dont V objet n'est autre que d'inspirer l'amour de la vertu , 
et la haine du vice ; une institution qui donne lieu h des 
assemblées, où les décrets célestes , la puissance ro f/ale , la 
dérenre publique sont également respectés ; où la bcaulé, 
naissante et foible encore, peut se présenter, et participer 
sans rougir , a des amusemens que la prudence, même d'une 
mère peut avouer, et que sa tendresse lui procure ; une 
pareille institution, loin d'être répréhensible, est sans doute 
un chel-d'uuivre de sagesse » (p. UKiO). 

« La vie est un chemin : je regarde, tous les humains 
comme des voyageurs; chaque emploi est un fardeau qu'il 
faut conduire au but ; et les hommes se sont chargés de le 
porter, pour nous adoucir le passage. Il n’en faut pas douter, 


(i) Ibid,, J». OC». 



129 


1788 

T:-: G: . : S:-:, quand ils se sont appropriés les fonctions les 
plus importantes de la Société civile, c’étoit pour nous en 
épargner l'aridité et la sécheresse. Reprenons donc nos 
droits sur eux, balançons leur autorité, mais que ce soit par 
notre douceur seule, et n'oublions jamais, que quand les 
grâces enchaînèrent l’amour, ce fut avec des liens de Heurs. » 

(P- «-M). 

Au moment où la S:*: Thiberge protestait du respect des 
loges pour la puissance royale , la Maçonnerie avait déjà pro- 
noncé l’arrêt de mort de Louis XVI. Cette remarque seule 
suffit pour détruire tout l’échafaudage de la Grande-Maî- 
tresse de la Douce-Union. 

Le Vén.\ Dauptain est plus sincère, quand s’adressant à 
ces mêmes Sœurs, il leur dit : 

« Que toutes les vertus sociales et maçonniques se joi- 
gnent aux grâces qui vous accompagnent, pour embellir et 
augmenter nos plaisirs.... » (p. 60). 

Même réflexion pour ces vers du F.*. Lallcman : 

« Les Sœurs fidclles, 

« Qu’ici nous admettons, 

« Sont les modèles 
« Que nous nous choisissons; 

« Les vertus des belles, 

« Font celles des Maçons. 

(Cantique pour une Loge (l’Adoption, le 
jour de la Fête du Yén.*., p. 79-81.) 

Mes Sœurs,, si cet enfant si doux (l’Amour) 

Vouloit être admis parmi vous, 

Lui seriez-vous contraires ? 

II ne seroit plus temps, hélas ! 

Il a pénétré sous vos pas 
Dans nos réduits austères, 

De vos attraits l'amour touché, 

A cru commettre un gros péché. 

Effarouché, 

Ce Dieu s’est caché 
Dans le cœur de vos Frères. 

(Cantique (l'Adoption, chanté à l’inauguration 
de la R.* . L.- . de la Douce-Union, dans son nou- 
veau local de la rue Quincampoix, p. 84-86.) 


M v<;oxn\ 


9 



788 


— 130 — 

La Logo possédai 1 aussi une iemnic de lettres, la S: ; 
athefin qui nous a laissé un cantique assez anodin (p. oi). 
Au mois d'octobre, la Loge d'Adoption qui existait à coté 
? la Purfui/e Vniou, ü.\ de lionnes, reprit ses travaux, qui 
vaieul été interrompus par la fuite des magistrats du Far- 
inent de Bretagne (I). 

L'est vers cette époque que fut fondé, à Londres, l'Ordre 
es Odd Felloies (Singuliers compagnons ; drôles de garçons; 
•oies de corps), qui est aujourd'hui Luciféiuex et essentiel- 
ment distinct des Palladisles , nous tenons à le déclarer, 
es à présent. Les Odd Fe/lotrs s’intitulent lie-Théuryisfes 
ptimates , de meme que les Palladisles ; mais ce qui les 
stingue, c'esl que ceux-ci (sauf uniquement en Italie) n'in- 
oquenl leur prétendu Dieu que sous le nom de Lucifer, 
ndis que les Odd F (d loirs disent indifféremment Lucifer 
i Su fan, 

89 

Les événements de 178!) provoqués par la Franc-Maçon- 
erie occasionnèrent la fermeture des Ateliers masculins et 
minins. On quitta les Loges pour aller aux Lluhs. C'est 
nsi que les membres des Xeuf-Sumrs ou du Contrat-Social 
vinrent les instigateurs et les principaux meneurs du club 
s Jacobins. Le dernier surnom leur est resté. 

92 

Le triomphe de la Secte fut tel qu'elle amena la Convention 
déclarer qu'à l'instar do la Franc-Maçonnerie, la licpuhli- 
h: Française était nue et indivisible! (Décret du 21 septem- 
e 17î)2.) Enfin, lorsqu'il s'agit de voter la mort de 
ouis XV L la Convention adopte le système de l'appel no- 
inal à la tribune et à Laide de leur*» signes particuliers les 
efs exigent que les modérés soient fidèles au serment 
été et demandent la peine capitale pour le meilleur des 
inces. 

93 

Le duc de Chartres, devenu due d'Orléans, puis Philippe- 
rallié, toujours (irand-Maürc de la Maçonnerie, a eon- 
mmé son éternelle honte en s’associant au régicide ; 
ouis XVI a recueilli la couronne du martyre le 21 jan- 



1793 


131 


vicr 1793 ; la S:-: Princesse de Lamballe a été décapitée, lors 
des massacres de septembre 1792, parce que, malgré tout, 
elle était restée l’amie dévouée de la famille royale et sur- 
tout de Marie-Antoinette ; la Maçonnerie prit alors des me- 
sures secrètes dont on n'avisa pas entièrement Egalité et 
celui-ci joua sa tète que les FF.', ne tardèrent pas à faire 
aussi trancher. 

Le F.-. Clayel rapporte ainsi l’une des dernières assem- 
blées du Grand-Orient, celle du 13 mai 1793: 

« Ce jour-là, le président donna lecture d'une lettre du 
duc de Chartres (alors duc d’Orléans), insérée, le 22 février, 
dans le Journal de Paris et signée Egalité. Cette lettre était 
ainsi conçue : 

« Voici mon histoire maçonnique. Dans un temps ou 
« assurément personne ne prévoyait notre révolution, je 
« ni étais attaché à la franc-maçonnerie, qui offrait une 
sorte d'image d'égalité, comme je m’étais attaché au par- 
ie lement, qui offrait une sorte d'image de liberté. J’ai depuis 
<( quitté le fantôme pour la réalité. Au mois de décembre 
u dernier, le secrétaire du Grand-Orient s’étant adressé à la 
« personne qui remplissait près de moi les fonctions de 
u secrétaire du grand-maître, pour me faire parvenir une 
« demande relative aux travaux de cette Société, je répondis 
u à celui-ci, sous la date du 3 janvier. 

« Comme je ne connais pas la manière dont le Grand- 
« Orient est composé, et que d'ailleurs, je pense qu’il ne doit 
« y avoir aucun mystère ni aucune assemblée secrète dans 
« une république, surtout au commencement de son éta- 
« bassement, je ne veux plus me mêler en rien du Grand- 
« Orient ni des assemblées des francs-maçons. » 

« Cette lecture, ajoute le F.*. Clavel, fut entendue en 
silence. Le président provoqua les observations, et le silence 
continua de régner. Sur les conclusions du frère orateur, 
tendant à ce que le duc d’Orléans fût déclaré démissionnaire, 
non seulement du titre de Grand-Mai ti'e, mais encore de 
celui de député des loges, les frères donnèrent une adhésion 
muette. Alors le président se leva lentement, saisit l'épée 
de l’ordre, la brisa sur son genou et en jeta les fragments 
au milieu de l'assemblée. » (1) 



1793 


132 


G'esl Ja forme symbolique des condamnations à mort 
prononcées par les loges. Peu de temps après, Philippe-Ega- 
lité, arrêté, portait sa tète sur l'échafaud. 

Ainsi déjà le Grand-Maître de la franc-maçonnerie igno- 
rait la plupart des choses qui se passaient dans l'Ordre, jus- 
qu’à la composition des membres du Grand-Orient. Quels 
progrès n’ont pas fait depuis cent ans les Frères-Trois- 
Poinls et combien sont trompés les princes, princesses ou 
chefs d’Etat qui, par politique, acceptent la Suprême Maîtrise 
de l’Ordre ou consentent à en être les Protecteurs ! 



CHAPITRE IV 


1794 


ATHER1NE II, Impératrice de 
Russie, qui s’était affiliée à la 
Loge Clio et avait accordé 
toutes sortes de faveurs à la 
F ranemaçonnerie, fut obligée, 
on 1794, d’ordonner la ferme- 
ture des ateliers de ses Etats, 
lisse transformaient en clubs 
politiques. 

Après « FaiTaire du collier de la reine Marie-Antoinette, 
Cagliostro avait été enfermé à la Bastille et, en 1786, banni 
de France. Il était passé en Angleterre avec son rite, qui y 
fut établi. Il quitta la Grande-Bretagne, en 1790, parcourut 
F Allemagne, la Suisse, fut chassé de Trente par F Evêque- 
Prince, se rendit à Rovercdo, y fonda une loge et passa à 
Rome. Il y avait déjà mis un atelier en activité quand Fln- 
quisileur le fit arrêter. Accusé d’hérésie, de magie, d’apos- 
lasie, de frénésie, il fut condamné à la peine de mort comme 
hérétique et frappé des excommunications de Clément XII 
et Benoit XIV. Le pape Pie VI commua l’arrêt fatal en pri- 
son perpétuelle. 

« Renfermé au château Saint-Ange, Cagliostro essaya un 
stratagème pour se sauver ; il feignit de so repentir des er- 
reurs pour lesquelles il avait été condamné. Il demanda à 
faire pénitence de ses fautes, et il voulut sc confesser. Le 
délégué à sa garde lui envoya un capucin. 

« Il fait sa confession générale, supplie le Révérend Père 




1794 


134 


de lui donnez' la discipline ; il consentit à cette dévote 
prière. Mais après avoir reçu quelques coups de fustigation, 
le pénitent s’empare du cordon du moine, se jette sur lui et 
cherche il le lier. Mais le capucin, très vigoureux, lutta con- 
tre Cagliostro, cria, fit du bruit, et appela à son secours les 
gardiens. Il parait que le projet de Cagliostro était de pren- 
dre l’habit du Révérend Père et de s’évader. » 

1797 

u En 1797, lorsque les Français s’approchaient de llomo, 
on le trouva mort dans le château Saint-Ange. La tradition 
populaire est que les membres de l’inquisition, craignant à 
l’arrivée des Français quelque vengeance de la Jpart de ses 
adeptes, le firent étrangler par mesure de sûreté ». (1) 

Le F.'. Marcoms sc fait avec empressement, on le voit, 
l'écho de celle tradition. Il lui est si agréable d’imputer un 
crime à l’Eglise ! Le F.*. Clayel, qui rapporte aussi Finci- 
denl du capucin, se contente d’ajouter : « C'est la dernière 
fois qu'il soit fait mention de lui. On pense qu’il mourut 
dans son cachot, à peu près vers cette époque » (2). Par 
contre, il décoche ce Irait acéré : 

« Toutes les aberrations d'esprit dont lTiistoirc de la Ma- 
çonnerie en France nous olVrc de si singuliers exemples se 
reproduisirent dans les loges de l'Allemagne, et y furent 
même poussées à un degré de déraison encore plus grand. 
L'imagination rêveuse des Allemands, leur amour du mer- 
veilleux, les rendaient plus propres que d’autres à accueillir 
tous les systèmes et à devenir la proie de tous les charla- 
tans. » 

1798 

Le 29 décembre I79S, la Loge l'Oera» français, O.*, de 
Paris, présidée par le F.*, de Fondeviollc, célébra, la pre- 
mière. depuis la reprise de la maçonnerie (en sommeil pen- 
dant la Révolution;, une lele brillante où les dames furent 
admises. 

La Bibliothèque du Grand-Orient possède Vlùhr/le Iracrr 
drs fraran.)' dr !' Assnnblrr d’Adopfion dr la Lotjv l'Amil'ir, 
0.*. de Paris, du 9 Ventôse an VIII. 

A la lin du xvm" Siècle, des Fvmafa Lodyrs furent êta- 


(l,i Le Hameau <V()v d'Eleusis, p. 2117-298. 
(2 (>;>. rit. y p. 1SO-1M. 



135 


1798 

blies dans la Caroline du Sud et aux Etats-Unis. Les SS:-: 
n'admettaient pas d'hommes parmi elles. 

L'Ordre des Chevaliers et Chevalières du Bouchon, institue 
en Allemagne et qui eut quelques établissements en France, 
avait cessé de fonctionner. « Ses statuts et ses secrets ont été 
imprimés en Français dans le format in-8°, sans date » (I). 
1800 

Vers 1800, un auteur resté inconnu composa La Félicité 
ou Maçonnerie des lhon.es ( manuscrit sans date, format in-18 
divisée en 4 grades : Apprentie, Compagne, Maîtresse et 
Ecossaise (2). 

1801 

Le 29 mai 1801, les Loges Y Union, le Centre des Amis et 
la Vraie Réunion , U.*, de Paris, donnèrent en commun une 
très brillante fête d'adoption, en réjouissance du rétablisse- 
ment de la paix. Nous ne devons pas oublier non plus celle 
qui eut lieu à la loge la Trinité. 

Le Miroir de la Vérité (3) consacra l’article suivant aux 
Loges d'Adoption : 

« Omne tulit punctum qui miscilit utile dulci . » 

« IIo rat. » 

« Les Maçons français, voulant égayer la Raison, n’ont pu 
résister à battrait enchanteur de voir leurs compagnes par- 
tager leurs plaisirs et leurs travaux 

« Mais aujourd’hui qu'une paix générale, que des jours 
purs et sereins ont succédé tout à coup à l'orage révolution- 
naire, que les temples Maçonniques se rouvrent de toutes 
parts, etc... Plusieurs membres des Loges de Paris, voulant 
faire partager à leurs aimables compagnes les travaux, disons 
mieux, les plaisirs purs de la Maçonnerie, celles-ci en ont 
fait part à leurs parentes et à leurs amies : bientôt les loges 
d'adoption se sont multipliées. (Qu’en toutes choses les pro- 
grès sont rapides, quand la beauté les favorise !) Toutes les 
Mopses ont soupiré après l’honneur de la truelle ; l’esprit, 
les grâces égayent la sagesse ; on a fait des vers, des canti- 

(1) Le VV. Clxvel, op. cit., appendice. 

(2) Bibliot. du G.*. O.-.. 

(3) Dédié à tous les Maçons, par le F.*. Abraham, Membre du Grand Orient de* 
France, premier Fondateur et Vénérable de la Loge des Elèves de la Nature , t. Il, 
Paris, rue Neuve S 1 Gilles, n° 121, au Marais, l'an de la W. L.\ 5801. 



1801 


I3fi 


quos, où sans dévoiler les mystères de la Maçonnerie, on 
en a employé les termes ; les fêles, les bals ont pris nais- 
sance, et au milieu des ris, des jeux et des grâces, on s'est 
efforcé d'effacer les déchirants souvenirs de la plus grande 
des révolutions. 

u Parmi les premières loges d'Àdoption qui se sont for- 
mées depuis trois ans, et qui sc renouvellent très souvent, 
nous comptons celles de V Amitié, du Centre des Amis, de 
Y Union, de la Vraie Hé union Ecossaise, des Elèves de la Na- 
ture , de la Constance éprouvée, des Amis de la Vertu, des 
Sincères Amis, des Frères Artistes, de la Paix ... 

« Dans toutes les fêtes, embellies par la présence de nos 
aimables Smurs. a toujours régné la décence. Célébrées 
d'une manière brillante, les femmes, les FF.*., les nouveaux 
initiés ont compris qu’une femme douce, sage vertueuse est 
le plus beau présent que le G.*. À.*, de L.\ ait fait h 
riiommc; qu insinuante, agréable, caressante, elle est Pâme 
delà société ; elle embellit tout ce qui l'environne, ramène 
la confiance et fait renaître l'amitié. 

« La femme donne encore h l'homme des leçons d'amour, 
de tendresse, de fidélité, de constance ; faveur précieuse 
qu'il ne peut assez reconnaître. 

« Des leçons d'amour U sentiment pur et sublime, qui 

ne peuL souffrir aucun alliage indigne de toi, qui sais ex- 
clure l'affection vile et rampante ; que de mortels ne t'ont 
jamais connu ! Tu descends du ciel pour le bonheur du 
genre humain ; tu es pur comme la source 

« La femme sensible à la gloire, élève Pâme de celui qui 
veut lui plaire : scs prières sont des ordres ; d'un coup 
d'œil elle l’enverrait au bout du monde, si le devoir ou l'a- 
mour lui en faisait une loi 

« Les plus beaux ornements des LL.*, sont, sans con- 

tredit, les Soeurs qui les décorent, et la présence de ces ai- 
mables Mopses ajoute Je plus vif éclat à nos sociétés. 

« Le Miroir de. la Vérité , étant le dépôt des pièces d'ar- 
chitecture consacrées à la gloire de notre Ordre, nos FF.*, 
liront, avec plaisir, le discours suivant prononcé par le 
T.*. G.*, cl RbleF.*. Angebaull, aux travaux de la Rble L.*. 
de P Amitié de cet O. * . 

« Quel être plus intéressant qu'une jeune et belle 
Emilie, sortant des éprouves de son adoption ! « Voyez cet 



1801 


137 


« air inquiet et troublé, voyez le sourire entr’ouvrir un ins- 
« tant ses lèvres, et aussitôt le sérieux couvrir sa figure de 
« son voile rembruni ; voyez ces grands yeux promener des 
« regards étonnés sur tout ce qui l'environne. » 

« Punie ’d’une première curiosité, elle n’ose interroger 
« personne, elle observe en silence, et quelqu’intéressantc 
« que soit pour elle une cérémonie dont elle est devenue le 
'< principal objet, elle finit par désirer le moment delà soli- 
'< tude. Oui, quelquefois fatiguée des divers sentiments qui 
« l'agitent, la beauté veut être seule. II est tant de choses 
u qu elle voit, et ne veut pas voir, qu’elle entend et ne veut 
« pas entendre, il en est tant qu'on ne dit qu’à soi-même ! 
« Son cœur s’épanouit dans le silence ; libre de tous té- 
« moins elle s’interroge et s’abandonne à toutes scs idées 
v sans contrainte. » 

« Supposons Emilie rentrée seule dans cet asyle, où jus- 
« qu’ici la paix de son cœur lui assurait un sommeil qui 
« n'était interrompu que par des images folâtres comme 
« elle. Quelqu’avancée que soit la nuit, ce n’est point sur le 
« duvet de son lit qu’elle repose. Jettée nonchalamment 
« sur un sopha, elle est ensevelie dans la réllexion la plus 
« profonde. Mais elle parle, écoutons-la. » 

« Quelle journée pour moi !... Voilà donc ce qu’on appelle 
« des épreuves !... Une chambre obscure, qui n’offrait à mes 
« regards que des sujets d’idées tristes !... De longs voyages 
« où sans cesse mes pas étaient embarrassés !... Oui : je 
« me suis vue sortir d’un tombeau. » 

« Mais pourquoi ce bandeau sur mes yeux ? » 

« — Et qui n’a pas le sien, belle Emilie ? L’amour, la 
justice, la raison même. » 

« Quant aux purifications, eontinuc-t-elle en souriant, 
« j'en devine l'objet. » 

k Eh ! oui sans doute, Emilie, qui n'a pas commis de pe- 
« tits péchés? Demandez-le à Zulmé. » (1) 

<' Etourdie, continue-t-clle encore ; je vais mordre dans 
« cette pomme ; je m'effraie de l'image d’un reptile ! et l’on 

« a ri à mes dépens, je l’ai bien mérité. » 

« Enfin me voilà maçonne ! On m’a fait promettre d’être 
« un peu Discrète et peu Curieuse. Discrète ! je le serai 


(1) Allusion à une poésie intitulée : Confession de Zulmé. 



1801 


138 


« comme mes S: :. Peu curieuse; oui, mais qui m’cxpli- 
« quera ces mystères? Maman ?... Une mère veut-elle ja- 
« mais tout dire ! Sophie riait et dansait comme une folle: 
« serail-elle instruite ? Non, elle se moquerait des questions 

« qu'elle ne s'est jamais faites Amélie rêvait comme 

« moi, mais elle rêve toujours sans savoir à quoi : nulle 

« envie d'apprendre Valsain Oh ! je ne veux rien lui 

« demander, il demande sans cesse... » 

« Belle Emilie i comme en vain vous vous questionnez, 
comme vous vous tourmentez l'esprit ! L)e toutes les épreu- 
ves de votre journée, celle-ci n’est pas la moins fatigante ! 
Ecoulez-moi : je vais vous révéler ce qu'il m’est permis de 
vous dire sur ces emblèmes qui excitent votre curiosité. » 

« Nous avons d'abord voulu vous inspirer de la confiance 
dans vos nouveaux amis et dans vous-même. » 

« Pans le Temple de /’ Amitié, les murs sont transparents, 
comme les cœurs y sont à jour ; auprès de l'aimable désir de 
plaire, réside ce respect timide augmenté par la crainte 
d'inspirer même de la défiance. Ce doux sentiment, qui, à 
si juste litre, mérita l'apothéose, ne permet pas une seule 
pensée hors de place. Quiconque en est possédé, porte par- 
tout avec lui l’ingénuité de l'enfance. Une amie n'est pour 
lui qu'une sœur : si elle est belle, ce n'est pas parce quelle 
est belle qu'il a pour elle de l'amitié ; si elle est spirituelle, 
son esprit ne redouble pas son attachement. L'esprit et la 
beauté ne sont à ses yeux que des attributs qui embellissent 
son lien sans en altérer la nature. 11 est aussi impossible à 
un véritable ami d'en passer les bornes, que de se passer de 
l'amitié. On n'abuse pas de ce que l'on craint de perdre ; on 
ménage ce que l’on possède quand on en connaît bien le 
prix. » 

« Sans doute il ne faut pas s’y méprendre : l’amitié est 
un présent dont les Dieux sont très avares. Avec le teins, 
vous apprendrez, jeune Emilie, a la distinguer de ce qui n'en 
a que l'apparence. Mais si vous pouviez craindre de vous 
tromper, c'est alors que vous devez appellcr à votre se- 
cours la confiance eu vous-même. Trop de t im idité peut vom 
livrer sans défense, tandis qu’une noble assurance en impose . 
L* éclair qui part de deux beaux yen./', modestement ouverts, 
terrasse comme la foudre ; si vos timides paupières les cou- 
vrent de leur voile incertain , elles éteignent V énergie, La 



1801 


139 


vertu est sans force quand elle reste muette au fond du coeur, 
die est invincible quand elle anime la parole et les regards . 
Ainsi, jeune Emilie, croyez-moi, ne souffrez pi us de bandeau . 

« Je vois que vous notes pas encore satisfaite. Eh bien, 
vous saurez donc que cette pomme fatale qui a causé votre 
dépit, a joué clans le monde plusieurs tours non moins per- 
fides. Il en est quatre principales, celle d’Adam, celle de 
Paris, celles du Jardin des Hespérides et celle d’Àtalante et 
comme tout se fait par cinq, j’aurai à vous parler d’une cin- 
quième, 

« Dans le jardin délicieux d’Eden, dans celui des Hespérides, 
dans les vallées charmantes du mont Ida, régnait un printemps 
perpétuel. On y respirait l’air le plus pur, on y jouissait de toutes 
les douceurs de la vie ; mais de ces douceurs qui tiennent à l’in- 
nocence de l'àge fortuné, ou tout ce que nous voyons nous parait 
réel ; où une Heur n’est qu’une fleur, où le gazon n*est que de la 
verdure, où l’on ne songe pas encore, dans ses jeux folâtres, à se 
laisser voir avant de se cacher dans le bocage. Le bonheur y était 
habituel; on y était heureux de ce qu’on ignorait qu’on pouvait 
ne pas Pâtre. 

« Mais Page de l’innocence a son terme. Beaucoup de choses, 
que je ne peux dire, nous amènent successivement à une autre 
époque de la vie, où nous traînant avec peine sur les traces de 
notre premier bonheur, ou plutôt croyant le trouver dans tout ce 
qui n’est pas lui, il ne nous reste plus qu assez de souvenirs pour 
exciter en nous de tristes regrets. Dès quon apprend qu’on peut 
être heureux, on sait qu’on peut cesser de l’ètre. Voilà l'énigme 
de Parbre de la science du bien et du mal ; et ces deux connais- 
sances sont si proches l'une et l'autre qu’un seul et même fruit 
les produit. Mais ce fruit est si beau , le lieu où il croît est si divin , 
ce désir insurmontable qui naît au fond de nos cœurs , ce tentateur 
adroit nous dit avec tant de persuasion : « Prenez-le , vous appren- 
drez ce que vousne savez pas : l’art du bonheur î... » Convenons-en : 

Qu'on est tenté d'être un peu téméraire, 

Quand il ne faut qu’oser pour être heureux . 

Zélis au bain . 

« Ils osèrent , nos premiers parents, et nous osons à leur exemple , 
Vous savez de quelle manière Adam fut pmi. Pour moi , je serai 
tenté de croire : 

Que s'il fut ainsi repris , 

C'est moins, comme on veut l'entendre , 

Pour en avoir voulu prendre 
Que pour en avoir trop pris . 



HO 


1801 

« De là suivirent tous ces maux que nous n éprouverions jamais , si 
jamais nous ne sortions d'ici : les enm is, les dégoûts, les caprices. 

LES BOUDERIES DAMANTS, LES QUERELLES d’ÉPOI X, L’INCONSTANCE, etC. 

« L'inconstance! de tous il est le pire. Ce n'est pas , mes 
que j'aie à vous prémunir contre ce mal ; vous ne voulez pas vous en 
rendre coupables . Mais combien ses funestes effets sont à redouter . 
Ah! si jamais vous aviez à t>ous plaindre , n’allez t*as vois en trop 
affliger ; n'allez pas , par des pleurs inutiles, par des regrets trop 
prolongés , causer la perte de ces charmes, qui sont le remède le plus 
certain à cernai , dont on a quelquefois guéri. Voyez ce qu a produit 
la constance du trop célèbre Orphée : 

Ce prodige do constance 
Qui dans l’empire des pleurs, 

Par un moment d’espérance, 

Vit augmenter ses douleurs ; 

Jugez quel fut son supplice, 

Vous, amis du plaisir; 

Deux fois ii perd Euridice, 

Trois fois il eut h mourir. 

Faisons , d'aimer qui nous aime , 

Notre bonheur le plus doux, 

ClJANGK-T-ON? CHANGEONS DE MEME, 

Sans regret , ni courroux . 

Vous voulez que le délice 
De l'amour soit éternel ; 

Mais comme lui le caprice 
Est y hélas ! seul immortel. 

Chaque jour quoi que l'on fasse, 

Ote un pli do son bandeau, 

Et le dernier qui s’efface 
Lui prépare son tombeau. 

De ce feu qui sc consume 
N’accusons pas le destin; 

C’est un enfant qui l'allume. 

C’est un enfant qui l'éteint. 

« Mais j’entends le beau Paris qui m’appelle. Trois déesses com- 
paraissent devant ce jeune berger. L'innocent qui ne connaissait de 
beau que les plaisirs de son âge , n'éprouva que de la surprise en 
voyant la magnificence de l'une , et ne comprit rien au langage de 
Vautre . A l'aspect de la troisième , il vit les grâces de la nature 
parées de ses seuls ounements ; il jugea qu'il existait un bonheur 
qu'il ne connaissait pas , et la pomme destinée pour la plus belle , 
tomba aux pieds de Vénus. 



1801 


141 


« Nous autres Français, nous en fussions tirés par une galan- 
terie; une corbeille contenant trois pommes eût paru subitement. 
Ici, mes SS:-:, il y en aurait eu une pour chacune de vous et la 
superbe Troyes n’eût pas été réduite en cendres. 

« Quittons le climat d’Asie : on ne connaissait pas encore celui 
d’Amérique; passons à celui d’Afrique. Là, dans le jardin des 
Hespérides , croissaient des pommes d'or qui avaient la vertu 
d'arrêter la fuite des belles. Comme il en arrivait beaucoup d'acci- 
dents, on ferma le jardin, et Ton en confia îa garde, à qui? à trois 
nymphes? mais on leur associa un dragon. 

« Voici qu’un beau jour, Hercule, las de porter le ciel sur ses 
épaules, voulut visiter ses voisines. L’histoire ne dit pas ce qu’il 
fit, mais il enleva le trésor, après avoir assommé le dragon, et 
se retira en Europe. 

« Depuis ce temps , ces pommes , transplantées dans ce climat , ont 
été cause que la belle Atalante et tant d'autres , surpassées à la 
course , ont été la truie de leurs vainqueurs. 

« Quel est ce nouvel Ilippomène qui poursuit une autre Ata- 
lante. O mon jeune F.\ laisse là tes pommes. Les belles parmi 
nous fussent-elles légères à courir, ton Atalante ne s’arrêterait 
pas pour les ramasser. Mais prends confiance ! Nouvellement in- 
troduits l'un et l’autre dans le Temple de V Amitié, ce sont ses 
grâces touchantes qui t’assureront ta conquête. Unis tous deux 
par les doux noms de F.*, et de S:-: et d’amis, toute fuite devien- 
drait inutile, tout artifice superflu. Encore quelques jours, et vos 
amis rassemblés pour célébrer votre bonheur, diront de concert : 

Flore, prépare ta couronne^ 

Beau printemps, reverdis ton trône ; 

Pour vous deux confondant leurs flambeaux en ce jour, 

Que l'amour soit l’hymen, que l’hymen soit l’amour. 

Et toi brillant Eden, toi qu’une main divine 
Forma pour un bonheur si doux, 

Sous tes charmants berceaux reçois ces jeunes époux ; 

Et si tes fruits encor produisent quelque épine, 

Réserve-la pour leur jaloux. 

« Vous voyez, mes SS:-:, que depuis la naissance du monde, 
il est des emblèmes dont nous cherchons encore le véritable sens . 
Vous dont l'esprit facile et pénétrant perce tant de mystères , aidez- 
nous dans nos travaux et nos recherches . Il sagit ici de plaisir et 
de bonheur; qui mieux que vous peut nous en tracer la route ? 
Si vous la trouvez, n'allez pas, discrète en cela seul, en garder 
pour vous le secret ; et pour avancer notre ouvrage, préparez- 
nous beaucoup de jours comme celui-ci. 

« Mais vous attendez que je vous apprenne ce que c’est que 



1801 —na- 

celle cinquième pomme dont je vous ai promis de vous entre- 
tenir. La voici L'Oiv. montre une orange entourée d'une bande 
de papier blanc). Kilo porte l'inscription : au plus digne. C'est à 
vous, S:*: nouvellement initiée, à la remettre à son adresse. 
(Mlle regarde le Vénérable; l’Or.*, la conduit à l'autel, où elle 
lui en l’ait hommage; il la ramène ensuite à sa place, et lui dit : 
Vous ne pouviez mieux la destiner quà celui qui est ici l'ame de .nos 
PLAIS! lis.) (p. o b à 72.) 


Afin tic nous dispenser de toute critique superflue, nous 
avons fait imprimer en italique et en petites capitales les 
passages de ce discours qui doivent être surtout remarques 
et commentés parle lecteur. 

La date de 1801 est célèbre dans le Lite Palladique : cette 
année-là le laineux Baphomot qui avait été, dit-on, donné 
aux Templiers par Lucifer lui-même pour leur servir de 
Palladium, fui transporté à Cliarleston où fut fondé le pre- 
mier Suprême Conseil, qui constitua ensuite les autres Su- 
prêmes Conseils Maçonniques qui existent maintenant. Le 
nom de Pal hulisme vient donc de ce prétendu Palladium 
ou Baphomot, donl le Suprême Conseil do Cliarleston est le 
gardien. Le Baphoniel, Iforrrndm Idolonnn effujies, est re- 
produit dans b* livre de Léo Taxil : Y a-t-il des femmes dans 
ht Et ‘anc-Maconnerie. 

Le Baphomot a une tête de bouc ; — des ailes ; — entre 
les deux cornes un llambeau : — sur le front le signe du pen- 
tagrammo, la pointe en liant; — deux soins de femme ; — 
deux bras humains, Pun masculin, l'autre féminin; — il 
fait des deux mains le signe de l ésolérisme ; — il est 
pourvu, comme emblème, soit du caducée, soit de la croix 
gnostique avec la rose à l'intersection de ses bras ; — à par- 
tir de la ceinture son corps reprend la forme de l'arrière du 
boni* ; — iJ esl assis les jambes croisées. Nous l'avons repré- 
senté debout sur la couverture de noire ouvrage et nous re- 
commandons la gravure de la page Sî) du Diable an XIX 1 
siècle. Le Baphonet indien, ceint de la tiare se trouve aussi 
gravé dans un récit de voyage aux Indes, publié, en Hol- 
lande, vers Ibh'i . 

1802 

Le F.*. Abraham, auteur du Miroir de la Vérité , chanta 
au banquet d’adoption de la Loge/e* Elèves de ta Xafure , en 



143 


1802 

1802, ce cantique adopté depuis par la plupart des ateliers 
androgynes : 

Le nombre cinq est en ces lieux 
Un nombre sacré qu’on préféré ; 

Tendres Sœurs, il offre à nos yeux 
Une leçon, aux Maçons, cliére : 

Il dit, <‘n ce banquet divin. 

Oit l'amitié nous rassemble, 

Comme les cinq doigts de la main, 

No cessons d'être unis ensemble. 

Nous avons beau nous concerter 
Dans cette douce conjecture ; 

On fait en vain, pour vous charmer. 

Toujours les cinq sens de nature. 

Le sens des yeux a tant d'appas, 

Pour celui qui fixe les vôtres, 

Que nous pourrions sur ces climats 
Oublier enfin les quatre autres. 

Par cinq fois se donne un baiser, 

Mes Sœurs, ce point-ci m'embarrasse, 

Je ne sais comment le placer. 

Ab ! daignez me guider de grâce. 

Sur chaque joue, un, c’est bien deux, 

Si je consulte mon Barême ; 

Deux autres vont chercher les yeux, 

Où placerai-je le cinquième? (1) 

Voici encore d'autres couplets d 'Adoption qui avaient 
alors grand succès ; 

Pour obéir à lu nature , 

Et pour obéir à nos cœurs, 

Dans la divine Architecture 

Venez vous instruire , mes Sœurs , etc,, etc. 

Tous les cultes sont réunis 
Dans ce temple qui nous attire : 

Les Dieux y charment leurs ennuis, 

Celui des arts y tient sa lyre, 

Mumus fredonne ses chansons 


d) Op. cit., t. U, p. 72-T3, 10 Messidor, an IX. 



1802 


144 


Et Eacehus y boit on bon F.*., 

Minerve y donne ses leçons 

Et ï Amour s'y croit à Cythère , etc., etc. 

4803 

L7wm*s M«ronnic/itr, publié ]>ar le F.*. César Moreau (1)* 
renferme le Procès-Verbal de la Fêle d 'Adoption de la Loge 
la V/Y//V ll/'tmioit , O.*, de Paris, donnée, en 1803, lors de la 
réceplion de laS: • : Ch eu ioll r- Fri ici t p Il art et qui est reproduit, 
in r./ fp/tso, par Léo Taxil, dans Y a-t-il (1rs Fmunrs dans la 
Maronnrrir (p. 19-34). Nous nous contenterons donc d’en 
donner ici un résumé fort abrégé. 

Les travaux furent ouverts par le F.*. De Ballincourt, 
Yen . * . et la S:-: / loin mot! /*-!>/> rt /;/, Grande-Maîtresse, assistés 
des SS: - : Cotolaindi , Grande Inspectrice, et Bord mur , 
Grande Dépositaire. Le F.*. Désaudray remplissait les fonc- 
tions (VOraiour. Les SS:*: furent introduites et placées. Le 
F.*. Hoettiers de Montaleau, Grand-Maître de la Maçonnerie 
française, fit son entrée et reçut les honneurs dus à son rang. 
La Grande-Maîtresse des Loges d'Àdoption arriva ensuite 
« moins parée des riches ornements qu'elle portait avec un 
goût exquis, que de scs charmes naturels » ; Madame la 
D/fchrssr dv Y aadpmont produisit sur les cœurs des FF.*, et 
SS: *: 

L’effet que la tendre rosée. 

Le matin, produit sur les Ileurs. 

Son costume, comme celui des SS:*: était dune transpa- 
rence vraiment indécente. 

Ch a r loti p- Véli rit p Ih/pt, dévêtue de meme, subit les épreu- 
ves réglementaires et prononça son obligation. « Elle était à 
genoux, mais elle n'y resta pas longtemps ; car, les « ma- 
« çons, plus que tous autres, savent qu’une telle position 
« n’esl pas faite pour un sexe adorable. Le Vénérable la re- 
« leva avec empressement. On s’aperçut même qu’il re- 
« grella 

« Que ses devoirs sacrés et que son ministère 
« Ne pussent pas être oubliés; 

« Car, suivant de son cœur l'impulsion sincère, 

« 11 aurait bien voulu quitter son caractère 


(i) Coiouucs aol à 315. 



1803 


145 


« Pour aller tomber à ses pieds ; 

« Ce qu aussi bien que lui nous aurions voulu faire. » 

La S:-: Huet fut proclamée apprentie-maçonne ; puis, on 
offrit une couronne de roses à la S:-: de Yaudcmonl et le 
F.*, de Montaleau fut chargé de la poser sur sa tète « Cha- 
cun aurait voulu être à la place du Grand-Maître, pour re- 
cevoir les « cinq baisers que la Grande-Maîtresse lui laissa 
prendre. » Le Vénérable et l'Orateur, Madame do Vaudo- 
mont prirent la parole. Un concert fut donné et parmi les 
artistes se trouvait la S:-: Prlléo, Les SS:*: Iluet et Biffé 
de Caubrai/ quêtèrent. « Que d'appàts et do fraîcheur ! » 
Elles offrirent à la fois l'image de Flore et d'IIéhé... « On 
suspendit les travaux pour passer h ceux du banquet, après 
lequel « nos sœurs nous firent admirer de nouvelles grâces, 
« en excellant dans l’art de Terpsychorc. Le bal, les ris cl 
<( les jeux se prolongèrent jusqu'au lever de F aurore. Cha- 
« cun se retira en paix et avec le calme de la vertu ; l'Amitié 
« reconduisit l'Amour, qui lui promit de revenir dans le 
« jardin 

« Pour goûter avec elle un innocent plaisir 
« Dont il conserverait le plus doux souvenir. » 

Madame do G rassi ai, fut reçue à la Loge la Y r air lié union, 
dans une autre tenue également présidée par la S:*: Duchesse 
do Yaudomonf. On peut retrouver à la Bibliothèque du 
Grand-Orient le compte-rendu de cette cérémonie et le texte 
du discours prononcé par FOrat.-. Cés. de Montlivault (Ils 
doivent figurer dans YEchello des Travaux d’ Adoption do la 
Rr. L.\ la Yraio Réunion, O.*, de Paris, du 10 Germinal 
an XI, l vol. in-i° broché, catalogué sous le numéro 729. — 
XXL Maçonnerie u’ Adoption.) 

1804 

L'Etat du Gr . O.*, do Franoo, tome premier de la reprise ; 
troisième partie de l'an 580i, p. v, vj, vij et viij, insérait le 
prix-courant du F.-. Gressieb, marchand d'ornements ma- 
çonniques, demeurant, rue de la Loi, n° 1255, à Paris ; 
nous en détachons les renseignements ci-dessous : 

Décoration des Soeurs. 

Tablier peint sur satin , avec V arche et le serpent ... f>f. » 


Dito sur peau 5 » 

Dito brodé en or 21 » 


MAÇON N. 


10 



1804 


146 


Cordon arec une échelle en or , surmonté d'une rose . . 14 » 


Truelle en argent 8 » 

Echelle en argent 5 » 

Cordon ordinaire 0 » 


Nous verrons plus tard le catalogue du F.-. Teissier, Sou- 
verain Grand Inspecteur Général, 38 e degré. 

1805 

Le 9 janvier 180'i, celte ronde d'adoption fut chantée à la 
U*, de Saitil-Ef/f/ettc, O.-, de Paris ; les vers étaient do 
F.*. Ilochelle, Vénérable de cet atelier ; Pair appartenait au 
Vauderille de Madame Scarron : 

Refrain. 


Adoptons (bis; dos sieurs qu'on révéré, 
Et puissions-nous tous, 

Mes sieurs, être adoptés par vous I 


Fn Franc-Maçon doit-il être 
À l'Amour assujetti? 

Auprès de ce divin niait re, 

11 est doux d'ètre apprenti. 

Oui, qu'Amour nous accompagne; 
Car dans ce inonde un Maçon. 

S'il n'a pas de Compagne, 

NVsl pas bon Compagnon. 

Adoptons, etc. 

Dans le monde, c'est l’usage 
Entre le frère et la sieur, 

On sait que le mariage 
Est proscrit avec rigueur. 

Nous bravons ces lois sévères ; 

Nous n'écoutons que nos c<eurs : 

En ces lieux que do frères 
Epouseraient leurs sœurs. 

Adoptons, etc. 

l ue morale suprême 

Nous apprend que chaque jour 

Oii doit, ainsi qu'à soi-même, 



1805 


147 


Au prochain tout son amour. 

Ici nous prêchons d'exemple ; 

Jeunes somrs, dans ce jardin, 

C’est lorsqu'on vous contemple 
Qu'on chérit son prochain. 

Adoptons, etc. 

Que cette fête embellie 
Par les sœurs que j’aperçois 
Leur donne encore l'envie 
D’y revenir quelquefois. 

Elles charmeront nos âmes 
Par des traits toujours vainqueurs. 

Une fête sans femmes 
Est un jardin sans fleurs. 

Adoptons, etc (IL 

La récipiendaire était Anglaise. 

Le 13 septembre 1803, la loge des F nu i es- Cheval iers , O.’, 
de Paris, transporta momentanément ses travaux à Stras- 
bourg, pour y tenir une loge d adoption, qui fut présidée par 
la S:* : baronne l)ietrirl\ avec la dignité de Grande-Maîtresse ; 
et le chevalier de Challan avec celle de Grand-Maître. 

L'impératrice Joséphine, qui avait décliné la présidence , 
honora rassemblée de sa présence et assista à l'initiation 
dune de ses dames d'honneur, Félicité de Canistj . Ce fut 
la première fois que la Maçonnerie française fut honorée de 
la présence d'une souveraine (2\ 

Joséphine avait été admise dans l’Ordre, quelques mois 
auparavant. Tandis qu elle encourageait ainsi la Maçonnerie 
d'Adoption, Napoléon l cl favorisait la création de Loges mi- 
litaires. 

La présence de Joséphine dans les ateliers féminins ne 
peut être invoquée en faveur de la moralité de ceux-ci. La 
légende composée au profit de cette aventurière s’effondre 
totalement ; l’impartiale histoire nous la montre enfin telle 
quelle était ; en un mol, vraiment parée de toutes les... 
vertus maçonniques ! C'est probablement pour les célébrer 
que fut créée la loge Ecossaise de Sainte-Joséphine, 0.\ 


v li Lu Loy? Maçonnique, Paris, 5800 (1800). p. 80-03. 
(2) Lo V.*. FiAGon, cit.y p. 3. 



1805 


— J 'f8 - 

de Paris, dont l'installation oui lieu on présence des com- 
missaires du G.*. 0.\. fil y avait aussi la logo de Saint- Na- 
poléon îî). 

Nous faisons grâce a nos lecteurs de YEpi/n * adressée aux 
Trrs-('lirn's Soeurs formant la Lr . //’ adoption tenue par celle 
de W\f/r d'Or, à Ht.*, de Paris, h* \'l décembre 1805 ( 1 ) ; 
niais nous tenons à signaler la naissance de l 'Ordre de Mis- 
rahn ou 'l’Egf/ptr. 



La S: : Imvkhathick Josépiiim; 


« Plusieurs frères de mœurs décriées, n’avani pu être ad- 
mis dans la composition du Suprême Conseil Ecossais, qui 
s'élait fondé h Alilan, dit Je F.*. Ci.avel (qui a pratiqué ce 
rite), imaginèrent le régime misrahnite . Un F.*., Leclian- 
geur, fui chargé d'en recueillir les éléments, de les classer, 
de les coordonner el de rédiger un projet de statuts géné- 
raux. Dans ccs commencements, les postulants ne pouvaient 
arriver que jusqu'au 87 e degré ; les trois autres qui complè- 

(1) Code récréatif des Francs-Macons, parle IV. Chknieb, Jî,\ C.\, Orateur de 
la H.*. L.‘. de l’Aflè d'Or et son député au U nmd Orient de France : Paris, 5*07 (1807), 
p. 11-17. 



1805 


149 


tentle système étaient cachés aux FF.*, des grades inférieurs. 
G est avec cotte organisation que le rite de Misraïm se répan- 
dit dans les royaumes d'Italie et de Naples ; il fut adopté, 
notamment par un chapitre de Rose-Croir , appelé la Con- 
corde, qui avait son siège dans les Abbruzzes. » (1) 

« Le rite de Misraïm représente l'autocratie. Un seul, 
sous le titre de Souverain Grand-Maître Absolu, gouverne 
les Ateliers ; il est irresponsable ; cette anomalie profane 
rappelle le droit divin. Ce régime, qui n’a de maçonnique 
que ses emprunts aux collections et aux rites connus, n’est 
pas meme maçonnique dans ses formes. » (2) 

V Ordre de Misraïm est essentiellement diabolique. Pour 
évoquer les esprits, les Misraïmites portent sur la poitrine 
le double-triangle appelé sceau de Salomon et tiennent à la 
main le pentagramme ou Etoile flamboyante. Ils consacrent 
d’abord spécialement Y air , le feu, Veau et la terre. V Oraison 
des Sylphes débute par une invocation à « V Esprit de lu- 
mière », c’est-à-dire à Lucifer . On trouve toute cette liturgie 
satanique dans l’ouvrage de Léo Taxil, les Sœurs maçonnes, 
pages 323-331, édition de 188b. Nous aurons souvent occa- 
sion de parler du Misraïmisme. Ce rite et le rite Egyptien 
d’Adoption sont, disons-le encore, préférés par les Juifs. 
(Voir ici p, 84) 

1806 

Voici quelques extraits de la Ronde chantée à la fête 
d’Adoption, donnée le 4 janvier 1800, par la L,\ de Saint- 
Eugène, h. l’0.\ de Paris : 

Air du Vaudeville de Folie et Raison. 

Refrain. 

Pour célébrer les dames, 

Redoublons tous d’ardeur; 

Amis, chanter les femmes 
("est chanter le bonheur. 

La compagne du premier homme 
Est-elle coupable à nos yeux? 

Elle n’a mangé qu'une pomme, 

Nous autres nous en voulons deux. 

Pour célébrer, etc. 


(1) Op . cit ., p. 214, 

(2} Le F.\ Rago.v, Tuileur gênerai , p. 234 et suivantes. 



1806 


— ISO — 

Jeune Sœur, qu'fouuE on nomme (1) 

En voyant vos attraits si doux 
Paris vous où t donné la pomme ; 

Adam l'aurait prise de vous. 

Pour célébrer, etc. 

A vos attraits je rends les armes : 

Mais, je me vois dans l’embarras ; 

Pour boire à chacun de vos charmes, 

La cave ne suffira pas. 

Pour célébrer, etc. (2). 

Le 13 février, la loge d 'Adoption de Sainte-Jowphino eut 
une brillante terme, à laquelle prirent part les députés d'au- 
tres ateliers, parmi lesquels nous citerons 1 Age d'Or . 

La loge les Militaire* réunis, 0.’. de Versailles, donna 
également de superbes fêtes d’adoption, dont la littérature, 
la poésie, la musique, la danse et la bienfaisance firent tout 
de charme. (3) 



Le l mars 1807, la loge de Suintc-Carolinf', O.*, de Paris, 
eutunc tenue splendide que présida la S:-: Ihirhrxsr dr Vatf- 
dnnonf. Le prince Cambacérès y vint accompagné du comte 


1 1) Emilie FouqiieL jeune récipiendaire. 

(2) Poésie dn F.*. 4. A. Jarquclin, Olfuw di«.\ de la U.\ L.*. de Saint-Eugène, h 
l’0.\ de Paris. — Lyre Maçonnique % p. 1 1-H». 

(3) Le F.-. Ïiagox, o/t. vit p. PT. 



1807 


151 


Régnault de Saint-Jean d'Angely et de plusieurs personnes 
de distinction (1). Le bal qui suivit le banquet s’est fait re- 
marquer par sa brillante composition. Cette loge tint, ensuite, 
une fois chaque année ses travaux d’adoption où l'on trouva 
« V étiquette de la cour jointe à l'élégance et à la politesse 
française la plus exquise . » (2) Le F.\ Clayel (3) cite aussi 
parmi les SS:-: les princesses de Carignan, Comtesse de Gi- 
rcirdin, de Roncherolles , de Croir.-Mard , de Montchenu, de 
Narbonne , de la Ferlé-Mun, d’ Ambruyeae, de Bond y, e/c. (4) 
Plusieurs d'entre elles figuraient déjà dans la Maçonnerie 
d'Àdoption avant la Révolution et nous les avons signalées 
successivement. 

Une autre belle fête d’Adoption fut célébrée, le 19 avril, 
par la Loge Sainte Thérèse des Amis de la Constance f 0.*. de 
Paris. Le F.*. Landry chanta un cantique : X Eloge de la 
Fannie y sur U Air : Autrefois messieurs les maris : 


La femme est le bouton 
Qui promet une fieur nouvelle ; 

Ce bouton s’ouvre en sa saison. 

La femme est des fleurs la plus belle; 
La rose n’a que sa fraîcheur, 

Toujours la femme charme l'àme, 


Du jeune homme, les yeux, le cœur, 
Sont tout à celle qui Tenfiâme. 


De vos grâces, de vos attraits, 

Chères Sœurs, j’ai chanté la cause; 

Vous offrir de simples couplets, 

(t) Cambacérès , devenu prince et archichancelier de l’Empire, était substitut du 
Grand-Maître Joseph Bonaparte [depuis 1804), de parla volonté de Napoléon I er . Joseph 
Bonaparte n’était pas maçon et ne parut jamais au G.'. O.'.. Cambacérès exerçai! 
la surveillance de concert avec Joachim Murat, dont la présence ne fut pas signalée, 
non plus, au G.*. 0.-.. V ex-conventionnel, au contraire, attacha son nom à toutes les 
opérations maçonniques ; nommé Souverain Grand Commandeur par le Suprême 
Conseil, Cambacérès conserva ces fonctions et titre jusqu'en 1814, époque à laquelle 
il démissionna, ce qui amena la dissolution du Suprême Conseil. — Régnault , ancien 
avocat à la Sénéchaussée de S 1 Jean d’Angely, ancien député du Tiers-Elat cl mem- 
bre de la Convention, avait, au mépris de son passé, comme tant d’autres répu- 
blicains, consenti à faire partie de la noblesse impériale : M. le Comte Régnault de 
Saint-Jean d’Angely était Grand Orateur d'honneur du G.-. O.*.. 

(2) Le F.-. Uagon, ibid p. 97. 

(3) Op. cit p. 113. 

(4) Iîazot cite également ces noms : Univers Maçonnique, 1837, p. 70 et suiv. 



1807 


152 


Assortiment c'est pou do chose. 

Heureux le Maron plein d’ardeur 
Oui près do vous répand son âme 
El rend hommage au Grand Auteur 
Dont la honte créa la femme. (1) 

Le premier jour du cinquième mois maçonnique (juillet) 
la loge des Arts rf tir C Amitié, O.*, de Paris, invita des SS:*: 
h la loto qu'elle donna à Tivoli. Le F.*. Pradel, Orateur, leur 
adressa une tipilre en vers. 11 célébra les vertus de Sapho que 
les Muses ont placé auprès d’IIomèrc et de Pindare ; etc. 


On vous taxe d'insouciance, 
Sexe charmant, et de nos jours 
Vous brillâtes dans la science 
Aussi bien que par les amours 

Près de Dacier et Deshoulières, 
De Sévigné j'aime le ton 
Autant que les grâces légères 
De la séduisante Ninon. 

Enfin, si de P allégorie 
J’ûtc le voile transparent, 
Chacune de vous, je parie, 

Est plaisir, grâce ou sentiment. 


De nos vœux reçois les olïïundesj 
Sexe faible, mais bien puissant, 

Daigne prouver que tu commandes 
Quand tu parais obéissant ! 

Oui ! comblant mou désir extrême, 

Toi seul peut m'offrir le bonheur; 

Et quand tu me dis le mot j'aime 
I/échn de ta bouche est dans mon cœur. 

Si de la tendre Philomèle 

Les chants nous séduisent toujours, 

Nous croyons entendre une belle 
Célébrer nos premiers amours î 
Si d'un ruisseau Tonde argentine 
Nous pîait, c'est qu'en suivant son cours, 


(1) Annales Maçonniques 1S08, I. Il, p. 137-139. 



1807 


153 


L’œil, dans ses flots, cherche et devine 
Le trait gracieux de vos contours. 

Le matin, en perçant son voile, 

L’Aurore vous peint dans ses feux, 

Encor le soir dans chaque étoile, 

Nous croyons voir briller vos yeux î 
De mille fleurs fraîches écloses. 

Si l’aspect nous fait tressaillir, 

C’est qu'à nos yeux vous êtes roses 
Et nous brûlons de les cueillir. 

Ainsi sur toute la nature, 

Vous répandez un charme heureux. 

Partout votre présence assure 

L’Art de plaire aux cœurs comme aux yeux ! 

Les Immortels, dans ce partage, 

Surent, en vous dotant le mieux, 

Se faire chérir davantage ; 

Nous le prouvons par tous nos vœux, 

Puisqu’on vous offrant notre hommage, 

Notre encens brûle devant eux, 

Et que nous adorons les Dieux 
Au pied de leur plus bel ouvrage. (1) 

Dans les couplets d adoption que fit entendre le F.*. Fré- 
déric Bourguignon à la L.\ des Bons Amis , O/, de Paris, 
nous remarquons celui-ci : 

Ici F Amour n'est plus profane. 

C’est un frère parmi ses sœurs ; 

La raison jamais ne condamne 
Les plaisirs que goûtent nos cœurs. 

Prenant pour guide la nature. 

L’honneur est notre initié, 

Et notre volupté s'épure 
Au creuset de votre amitié (2) 

Le F.-. Rochelle, lors de la fête d’adoption de la Loge 
Saint-Eugène, O.*, de Paris, chanta des couplets sur IM /V 
de chasse et du vaudeville de Cassandre aveugle , entr’autres : 

On dit qu’Amour voltige prés des femmes, 

Mais vous pourriez le fixer sans retour; 

{1 Ann . Maconn.'., 1807. t. IV, p. 238-239. 

(2 ; Ibid., t. il, p. 107-108. 



1807 


454 


Grâce a vos yeux, vos lampes ont des flammesi 
Qui brûleraient les ailes de l'Amour, (i) 

Du bouquet poétique ollert aux SS:-: composant la L\ 
(l'Adoption (le Sainte-Joséphine , dans son jardin d Eden, par 
le F.*. Dcfresnoi, nous ne retiendrons que ces vers, dont les 
deux derniers ont été inspirés par ceux de la Vraie Maçon- 
nerie d* Adoption (Voir ici p. 98) : 


Chez nous Famour csl sans faiblesse. 
Nos couirs respectent la beauté; 

El sur les pas de la Sagesse 
Nous courons à la Volupté. iâ) 


Le F.*. Dcfresnoi exprimait aussi une juste crainte dans 
des couplets adaptés h un air nouveau du F.*. Lafond : 

Prés de nos Smurs, je suis sincère, 

Nous courons bien plus d'un danger, 

En vain on en ferait mystère, 

Dans peu nous pounons en juger. 

Certain fripon qui suit leurs traces 

Viendra profaner ce séjour 

Car, partout où l'on voit les Grâces, 

Peut-on ne pas trouver l’Amour? (3) 

La fondation de la Lof je Jérusalem des Vallées Egyptiennes 
date de 1807. Ledit atelier et son annexe féminin ont été cl 
sont (rop remarquables pour que nous ne mentionnions 
pas, dès à présent, cel événement. La Jérusalem des Vallées 
Egyptiennes prit bientôt rang parmi les loges de Thémis, 
d'Anacréon, la Parfaite Réunion et de Saint-Joseph (Bona- 
parte), toutes Àndrogyncs. 

Ce réveil de la Maçonnerie inspira le F.*. Félix Nogarel, 
auquel on doit un in-12 intitulé : Le Retour à la Sagesse, ou 
la rentrée des boni mes dans le temple et des femmes dans le 
jardin. (Paris 1807). 

Le Code récréatif des F runes- Maçons (Poésies, Cantiques 
et Discours à leur usage) par le F/. Grenier. R.*. G.*., tira- 


(1) IbhL, t. m,p. SM-m 

(2) IbhL, 1807, t. 1% p. i;î:>. 

(3) JbhLy 1807, I. III, p. :!iS-:nî). 



155 


1807 

teur de la L.*. YAgpd'Or, et son député au Grand-Orient de 
France, qui parut au môme moment et auquel nous avons 
fait plusieurs emprunts, a droit à une courte bibliographie. 
On se demande dans quel but le F.\ Grenier a réuni dans 
ce petit volume autant de pièces fort préjudiciables pour 
l’Ordre. Il fallait certes être bien assuré qu'aucun profane 
ne le lirait jamais. Ce ne sont, en effet, que mots à dou- 
ble sens et d’un cynisme souvent révoltant. On acquiert 
une singulière idée du respect des FF.-, pour les choses 
maçonniques. Il faut voir en quoi consistent les travaux des 
loges symboliques, des chapitres petits et grands, les tra- 
vaux des apprentis, compagnons, maîtres, élus secrets, 
grands élus écossais, etc. Il est intéressant d’apprendre ce 
quon entend par « sanctuaire des vertus » et de connaître 
l’usage du maillet ; de constater avec quelle impudence et 
impudeur le F.*. Legrct se moque du nombre parfait ; d’ap- 
prendre ce que c’est que la Loge d’Amour (p. 300-301; ; de 
lire les vers consacrés par le F/. Guichard à Y Amour Maçon 
(p. 293-297) et par le F.*. Boubée à la Loge fie C g/ hère, Nous 
trouvons donc très judicieuse cotte conclusion de Cu- 
pklon : 

Vous ôtes sages et prudens, 

Et la Maçonnerie est bonne 
Puisque Vénus en a les- gants! (p. 207) 

D'après les couplets chantés au banquet de la L.\ de 
Saint-Napoléon , en 1801, Vénus, jalouse de leur plaire. 

Permet à tous les Francs- Maçons 
D'entrer au temple de Cythère . 


Cest là que Vénus , chaque jour, 
Accomplit le bonheur de l'homme ; 

Cest là que la femme , à son tour , 

Sans accident , mord à la pomme . (p. 18) 


Passons en Italie : une fête onomastique (sur le Réveil de 
la Nature) fut célébrée dans la L... Royale de Joséphine, à 
l’U.*. de Milan, le 19 e jour du 1 er ni.*, de 1807. L’impéra- 
trice Joséphine était patronne en titre de cette Loge et son 
buste y fut couronné de myrtes et de roses. Le F.*. Eugène 



1807 


156 


de Reauharnais, Vice-Roi, était Grand Commandeur et 
Grand-Maître de la Maçonnerie italienne. 

Nous avons retrouvé le complc-rcndu de la tenue de la 
Loge d'Àdoption de Sainte-Caroline, du 18 mars 1808 et la 
liste des Sœurs qui la composaient ; nous publions ce docu- 
ment in-f'jfniso : 

« La 11.-. L.\ Ec.\ de Sainte -Caroline, régulièrement convo- 
quée cl fraternellement assemblée, les Trav.\ ont été ouverts au 
premier Grad.*. Symb.*., à l’Est par le IL*. F.\ Jusl de la Tou- 
relle, Vén.\ Tit . et à l'Ouest, par les RR.*. FF.*. Le Pelelier 
d’Aunay et Louis de Cussy, 1 er et 2* Sunv. 

« Le R.*. F.-. Casimir de Montlivaud, Orat.*. remplissant ses 
fonctions, et le R.*. F.*. Henri de Laugier- Yillars, Secrétaire- 
Général, tenant le crayon. 

« La convocation ayant pour objet les Trav.\ d'Adopfion, le 
Vén.\, après avoir ordonné aux Mail.*, des Cérém.*. d'introduire 
les SS.*, de la L.\ d’ Adoption de Sainte-Caroline, a fermé les 
Trav,\ de la L.*. Symb.*. . 

« Les SS.*, ont été introduites par les FF.-. Mait.\ des Cérémo- 
nies avec le Cérémonial d’usage et au sou d une touchante har- 
monie, dans un jardin 1res riant, très orné, où régnent la beauté, 
le silence et F union, et ont pris place sur les Clim.*. dans l’ordre 
accoutumé. 

« Alors les Traw.ont été ouverts au 1 er Grad.*. d’App.\ Maç.\ 
Ecossaise. 

« Les Clim.*., présidés, du côté de l'Afrique, par la T.*. C.\ 

S. *, de Girardin , G.*. Inspectrice, du côté de l’Amérique, parla 

T. *. C.\ S.*, de Nérille, G. \ Dépositaire. 

« La T.*. C.\ S.*, de Narbonne remplissant les fonctions 
d'Oral.*., et les TT.*. CC.\SS.\<te la Borde et d'Esterno celles de 
Secrétaire et d’Hospitalière. 


a Le Yen.*, envoie un Malt.*, des Cérém.-. pour inviter la 
G.*. Malt.*, à venir occuper le trône. 

« bientôt le Mail *, des Céréin *. annonce la T.*. C.*. S.*, de Vau- 
demont , (L*. Mail,*, du Rit Ec.\ 

« Les SS.*, debout et à l'ordre, la G.*. Mail.*, est introduite, 
Mail!.*, bail.*., avec tous les honneurs dûs à sa haute dignité; le 
Vén.\ descend les marches du trône, et après avoir offert à la 
G.*. Malt.*, des fleurs et les hommages des SS.*, et des FF.*, qui 
décorent le Jardin, la conduit au trône et prend place à côté 
d'elle. 



4807 — 157 — 

t Sur l'invitation du Vén.* M le Secrétaire-Général donne lec- 
ture de la liste des SS.*, proposées pour l'aiïiliatioii, et des 
Dames présentées pour l’initiation. 

« Les SS.*, de Senfft , de Bondy~d 7 Ars, d'Alleman et de Beaure- 
paire reçoivent les honneurs de rafliliation, et l’entrée du Jardin 
est accordée, sans épreuves, aux Dames Louis de Tanlay , de 
Pons , de Berbis, de Nisas< de S'-7'rys et Baüliot . 

« Madame Daniel Roger , réservée aux épreuves de l’initiation, 
les subit avec une résignation parfaite, qui lui mérite dVn rece- 
voir le prix. 

« Ces SS.*, nouvellement admises, après avoir prêté leur 
obligation au pied du trône, sont reçues et proclamées par la 
G.*. Mail.*. App.\ Mac.*. Ec.*. de la R.-. L.\ de Sainte-Caroline . 

« Plusieurs Ev.*. sc succèdent pour consacrer cette brillante 
réception. 

« Les SS.*, récipiendaires ayant pris place le R.*. F. 4 . Orat.*. 
prononce un long discours couronné par les plus vifs applaudis- 
sements Mac.*. 

« Le sac des propositions ayant circulé, n’a rien produit 

« Un Concert a terminé les Trav.\ que le Vén.\ a fermé en la 
manière accoutumée. » 

LISTE DES SOEURS DE LA LOGE D’ADOPTION 

DE SAINTE-CAROLINE. 

Madame de Vaudemont , G de .\ Mail.*., rue Sl-Lazare,près la rue 
Blanche. 

J/ me de Girardin , G de .\ Insp.\, rue Neuve-Ste-Croix, n° 18. 

M mt de Mailly , G de .\ Dépos.-., rue de l’Université, près la rue 
de Courty. 

M me de Narbonne , Orat.*., rue de l’Université. 

M m * Hocquart, S rc .\, rue delà Fermc-des-Mathurins. 

J/ mc de Neville , rue du Bacq, près celle de Sèvres ; — M mC de 
Roncherolles , rue de Lille, près celle de Belle-Chasse; — M mc de 
Morel , boulevard de la Madeleine; — A/ me delà Tourette, rue 
Saint-Dominique, n° 70; — Af me de St-Marsault . rue de la Place 
Vendôme, n° 9; — M mc de St-Aignan , rue de Joubert, n° 45; — 
M mù Hector-d'Aunay, rue de Lille, n° 61 ; — M mc de Montblin , rue 
des Capucines; — M me Lattin , rue Trudon, n° 4; — J/ me d'Epré- 
mesnily rue Sl-Dominique; — M m0 d'Esterno, rue de Verneuil ; — 
Af mc de St-Seine 9 rue de Vendôme, n° 8, au Marais ; — Duvidal , 
rue Ncuve-du-Luxembourg ; — M m 6 La Voilée , rue des Mathu- 
rins, près du passage Cendrier; — M m 0 de Marguerie , rue du 
Helder, n°9; — A/ m0 de Croismard, rue de la Pépinière, près celle 
d’Anjou; — M mc de Montchenu, faubourg Saint-Honoré, n° 35; — 



1807 


158 


M me Le Picard , rue Ncuvo-dcs-Mathurins, n°18; — M mo Jouanne , 
rue Neuve-des-Malhurins, n°20; — M mQ Doumcrc , rue Neuve- 
des-Malhurins, n° 20; — M me de Carignan , boulevard do la Ma- 
delaine, près la rue Duplio; — M m * de Witt, rue d’Aguesseau, 
ii° 7 : — J/ ,le Mina de Witt , rue d'Aguesseau, n° 7 ; — J/ Uo Betti 
de Witt , rue d’Aguesseau, n° 7 ; — 4/ me Higghinson, rue d’Anjou- 
St-Ilnnoru; — M m * de Afégrigny , rue....; — A/ me Adrien de il/e- 
griymj, rue Sl-Guillaumc, n° 12; — M m " Challan , rue.... ; — 
de Graveson , rue de la Ville-l'Evéque ; — il/ mc de Moutaigu , 
rue.... : — M m *Alex . de la Borde , rue Royale, près celle du fau- 
bourg St-IIonoré; — d<? /a rue Grange-Batelière; 

— A/ mo Dubourg , rue de l’Arcade, n° 23: — il/ 1110 d'Heazé , rue de 
Bondy, n° 47 ; — ü/ mc de /a Force, rue St-Florentin ; — J/ me /a 
Princesse Caramanica, rue.... ; — ib m0 FffaJ de Brosse , rue de la 
Chaise ; — 3i mc des Boullets , Place Ville-l'Evèque, n° 31 ; — 
M mo Eylé de Mar cher y, me Slc-Avoie, hôtel des Droits-Réunis: 
Ai ïac Ducrest de Villeneuve , rue St-Avoie, Hôtel des Droits-Réunis: 
M mo d'Osniond, rue de Caumartin; — M mù de la Vienne, rue 
Neuve-des-Malhurins; — d'Aubergeon de Marinais, rue de 
Bondy; — J/ me la Comtesse de Mostowska; — M mti d'Ambert, fau- 
bourg Montmartre, n° 15 ; — d/ mo de Fienne , rue de Clichy, n° 17; 

— M" tc de Brossard , Cour des Fontaines; — 4/ me Am#, de Jonville, 
petite Place du Caire, n° 33; — M mo d'Aloigny, rue Basse-du- 
Remparl, n* 31 ; — M 01 * Alex. d'Ainbrugeac, rue du Cherche-Midi, 
u° 38 : — M m * de Me fjr en- Laugier, rue du Sentier, n° 13; — 
M mc de Senjft, rue Cérutti, hôtel de la Légation de Saxe ; — 
iW me de Bondy il' Ars, boulevard des Italiens, n° 18, vis-à-vis la rue 
de Choiseul ; — il/ m ° d'Alleman , rue...: — M mr de Beaurepaire , 
rue... : — M m ® de Tanlay, rue de Lille, n° 21 : — M m * de Pons, 
rue... : — J/ ,lie de Berbis , rue St-I)ominique, n° 46; — M mc Bail - 
tfof, rue Neuve-des-Mnlhurins, n° 60; — M mc de Nisas, rue... ; — 
il/ ,nc de St-Trys , rue de Provence, n° 16; — 4/ nie Daniel Roger, 
rue Bergère, n° 4. 

Collationné sur l’original, et cerlilié par nous Fe//.*., 1 er et 
2 e Surr.\ de la IL*. 1,.*. de 

J l ST DE LA ToUHKTTK 

Lr Pkletieu d’Auxay Lohs de Crssv 

Vu par moi Oratr . Par mandement de la B.*. L.*. 

Cammiu de Montuv u lt. Hexm de Laltueh-Yillahs 

Secrétaire-Général. 

Timbré et scellé par moi, Garde-des-Sceaux et Arch.\, 

MoXTESoiior. 



159 


1808 

Les Souvenirs Maçonniques du F.\ BoirnÉK, Officier 
d’honneur du G.*. O.*, cl Doyen de la Maçonnerie Française 
{Paris lSfifi) nous apprennent que, le 23 mars 1808, il y eut 
une tenue d'Adoption dans la Loge de VA f/e d’Or, 0.*. de 
Paris, pour célébrer le succès du même F.*. Boubée, son 
premier surveillant, qui avait obtenu le prix du Concours 
ouvert par la L.- . Saint-Louis des Amis Réunis , O.*, de Calais, 
sur YOriyine et F Etablissement de la Maçonnerie en France . 

La fête fut fort belle. On lut d'abord l’œuvre couronnée ; 
puis, le cantique du Parfait Maçon , également du F.*. Bou- 
bée. fut chanté parle F.\ Nourrit, de l’Opéra. En voici la 
(in : 

Dans le silence et le mystère, 

Goûtant le bonheur le plus doux, 

Et ne craignant point les jaloux, 

Ils (les Maçons) savent jouir et se taire. 

O vous! qui connaissez le prix 
Et du mystère et du silence, 

Exigez de vos favoris 
Une indiscrète confidence, 

Cessez, jeunes beautés, des efforts impuissants. 

Une Voix . 

Nos travaux sont secrets, comme ils sont innocents. 

Chœur . 

Nos travaux sont secrets, comme ils sont innocents. 

Nourrit chanta encore d'autres couplets écrits par le F.*. 
Boubée en l'honneur des SS:-: qui avaient bien voulu em- 
bellir les climats de VAf/e d’Or{ 1). Nous ne citons que le 
dernier. 

Ertcn, Ida, ifoni changé que de nom, 

Dans ces bosquets la pomme nous rassemble, 

Mars et Vénus et Minerve et Juiion, 

Sans se bouder s’y rencontrent ensemble. 

Plaisir des Dieux se goûte encor 
Dans les jardins de l’Age d’Or. 

« Sensible aux marques de bonté que m’avaient données 
« les TT.\ CC.\ SS.\ de la R.-. L.*. de VA (je d’Or, dit le 


G U* K.\ Ho crée prétend que le K.\ Nourrit en await composé Ja musique ; d'au- 
tres \euletit que ce soit le IV. Pvr.iM. Peu nous importe. 



1808 


160 


« F.-. Boubée, je voulus leur en témoigner toute ma recon- 
« naissance. Je lis une étude sur cette question : 

« Uuclle inlluence la Maçonnerie doit-elle exercer sur 
« l'élut social de la femme ? » 

« J'ose dire, à peine, avec quelle joie, avec quel bonheur 
« celle pièce fut accueillie. Dans la première I,.'. d’Adoptiou 
« qui fui donnée par la B.*. L.*. de IM (je <UQr, toutes les 
« SS:-: me tendirent les mains pour me remercier, et les 
« batteries les plus chaleureuses m'exprimèrent la satisfac- 
« tiun de la L.*. » 

La péroraison était celle-ci : 

« Eh bien ! celle meme re/ifjiou mue.' . reul r/ue la femme 
« soif aimer el respectée, qu'admise à partager nos travaux, 
« rUr jouisse du us nos Te ut pies de lu plénitude de ses mioits ; 
« VU UU tuof «JL ELLE SOU’ ÉMAX< II' LL DL Jlil'li DES EUH ELUS UT 

« des riiÉJunÉs... El les Femmes, à qu i nous devons tant, 
« seront traitées par nous en esclaves! Non, la Maçonnerie 
« (l'Adoption a relevé leurs droils. » fl) 

La Loge la Colombe prit le litre el l'emblème de la 
princesse Caroline, épouse de son Vénérable, S. A. R. le 
Grand Duc de Berg. Grand Amiral de France (Murat). 

« L'Ordre des Chevaliers et des humes Philoehoréites ou 
Amants du Phtisie fui établi, le 2'ô décembre 1808, au camp 
français, devant Creuse, en Galicio, par de jeunes officiers. 
Les réunions portaient le litre de cercles. Chaque cheva- 
lier portail un nom particulier. Voici les noms cl litres 
des grands-officiers, au nombre de neuf. 

« Ainsi le F.*, de Noire fontaine , Grand-Maître, s’appelait le 
chevalier des Nœuds. 

« Gustave de Damas, grand-chancelier, le chevalier du Défi 
d' Amour . 

« Frédéric Desmonlis, grand-trésorier, chevalier de T Amitié. 

« De Philippes, 1 er commandeur, chevalier Nocturne . 

« Gustave de Sainl-llaon, 2 e commandeur, chevalier de la Gre- 
nade. 

« Denenché/.e, l rr conseiller, chevalier Discret . 

« De Belley, 2" conseiller, chevalier du Miroir. 

« Alexis de l'Hospital, Grand-Maiire des Cérémonies, chevalier 
des Grâces . 


(D Oit. cil . p. 50 à 5 2 ; — 164-1G5. 



1808 


161 


« Raoul de Labourclonnaye, prévôt des Cérémonies, chevalier 
de la Mort. 

« Les formules de réception tenaient aux usages des cours d'a- 
mour et aux cérémonies de la chevalerie. 

« Les chevaliers sont divisés par légions ou cohortes. Chaque 
légion a son étendard sur lequel est le nom d’un preux chevalier 
(servant de modèle et de guide), avec l'emblème et la devise de 
l’Ordre. Les jeux de hasard et le duel sont formellement interdits. 

« Chaque chevalier doit assistance et conseil h scs frères d’ar- 
mes. — Les absents se nomment croisés. 

« Chaque cercle renferme autant de légions de dames que de 
légions de chevaliers. Chaque chevalier porte la devise et l’em- 
blème de la dame qu’il adopte, et jure de la défendre et de la 
protéger. 

« Cordon. Blanc moiré liseré rose, avec l’emblème et la devise 
de l'Ordre, d'un coté, et des emblèmes ou devises au choix, de 
l’autre ; il se porte en sautoir. 

« Emblème. Un amour tenant un nœud de rubans. 

« Devise. Le dénouera qui pourra. 

« Autre emblème.. Un nœud d’amour. 

« Devise. Chaque instant le resserre. 

«Bijou. Pour le Grand-Maître, deux épées croisées dans une 
couronne de myrte. Pour les officiers dignitaires, la même cou- 
ronne, et, au milieu, les attributs de leurs fonctions. Les simples 
chevaliers portent une épée sans couronne. Les chevalières por- 
tent une couronne. 

« De l’armée d’Espagne, la Société s'étendit aux autres armées 
françaises employées sur divers points de l'Europe et à quelques 
garnisons de l’intérieur ; mais elle n’eut point d'établissement à 
Paris. Elle ne s’est dissoute qu’avec l'armée impériale. 

« Les motifs de 1 institution de cette chevalerie androgyne se 
trouvent indiqués dans ce passage du discours de l’orateur, pro- 
noncé en 1808, à la réception de plusieurs dames et de plusieurs 
chevaliers : 

« Nous venons aujourd'hui de les initier à nos mystères, que 
« dis-je, nos mystères, nous n’en avons pas : qu’ils ;se détrom- 
« pent, si l’appareil pompeux que nous avons mis à les recevoir, 
« si les épreuves qu’on leur a fait subir, ont pu leur faire croire, 
« un instant, que nous avons un but secret. » 

« Réunis par le goûte! les convenances, notre but est d’embellir 
« notre existence : prenant toujours pour règle de notre conduite 
« ces mots à jamais sacrés : Honneur, Gaieté , Délicatesse. Notre 
« objet est encore de servir notre patrie, d’être lidoles à l'auguste 
« souverain qui remplit l’univers de son nom glorieux, afin de 
« servir aussi une cause qui doit être bien chère à toute âme dé- 


MACONN, 


il 



162 


1808 

« licah\ colle do protéger l'innocence ol la beauté, de former, 
« entre les dames et nous, une alliance éternelle, cimentée par 
« la plus pure amitié. *> 

« A ces litres, quels mortels vertueux n'anibilioimcraicnl i'hou- 
« neur. nous osons le dire, d'étro chevaliers philochoréiles ! (T » 

Les formules de la réception restent inconnues ; leur se- 
cret parait avoir été fort bien gardé. 

Une brochure iu-18, publiée, en 1808, sous ce titre : Le Ré- 
gulateur portatif de la Maçonnerie d' Adoption, sans nom 
d auteur, indiquait les travaux de cos Loges. La bibliothèque 
du G.*. O.*. de Franco en possède un exemplaire catalogué 
sous le numéro 7d] . 

Comme élrennes, pour 1800, les FF.*, et SS.*, eurent la 
Lf/re Muçonnigue , composée des cantiques des FF.*. Anti- 
gnac, Armand-Goulle, Barré, Brazier, Cadet-Gassieourt, Con- 
doreel, Chazct, Delorme, Dieulafoy, Frédéric Bourguignon, 
Guichard, J. -A. Jacquelin, Pcsscy, Piis, Pradel, Hoc bel le, 
Servières, etc, rédigée par le F.*. J. -A. Jacquelin, oflicicr 
dign.*. de la JL*. L.\ de Saint-Eugène , à FO.-, de Paris; 
et dédiée à la B.*. L.\ de Sainte-Joséphine , par le F.*. Chan- 
nicrot, IL*. C.*.(2j Le frontispice représentait Cupidon, vêtu 
du tablier maçonnique, ayant à la main gauche son arc et 
frappant avec la main droite à la porte d'un Temple situé 
dans le jardin d'Eden. Col ouvrage renfermait des poésies 
semblables à celles que nous avons signalées, en examinant 
le Code récréatif des Francs-Maçons ; citons entrautres: la 
Maçonnerie de Cglhère (p. ‘17) du IL*. Rizaumont ; le Chant 
d'Amour, par le F.*. J. -A. Jacquelin (p. 07 à 100): le Con- 
tiguë d' Adoption (p. 120 à 122 j et le Sermon Maçonnigae , du 
au F.*. Pcsgra liges. 

1809 

Une* Bonde, chaulée à la Loge d'Adopliondc Saint-Eugène , 
.à ]’<).*. de Paris, le 7 janvier 1800, avait pour refrain : 

« Vivent, vivent les femmes ! 

« Aimons, servons-les tour à tour; 

« Ktre esclaves des Dames 

« Ce nYst qu'obéir à l'amour. 


(I) l.o IV. op. cît.. p. 112-111 : — Le K.-. Clwkï., op . rit., p. 117-11#. 

Vu v>l. iu-12 Ue 210 pa^'cs. — A Paris, ch c?. (>. H. Chaumcrol, Libraire, palais du 
Tribunal, gilcries de bois, n° ISS. 



1809 


— 163 — 

Le F.-. Jacquelin, auteur de cette poésie approuve, Jupiter 

qui épousa sa sœur et ajoute : 

« Quoiqu’ami de la vérité, 

« Mes Sœurs à cette fête aimable, 

« Plus d'un frère serait tenté 
« De donner (bis) dans la fable, (t) 

Au banquet du 21 octobre, lors de la « fête de famille » 
donnée par la Loge Ecossaise de Jérusalem* à l'O.*. de Paris, 
on entendit des couplets du F.-. Etienne Jourdan et d'au- 
tres d’un F.*. À. IL f2). 

Les Annales Maçonniques, tome VII (p. 172-217) publiè- 
rent Vénus X façonne, poëme par le F.-. J. Louis Brad, Che- 
valier Ecossais, Membre de laL.*. des Cœurs Construis, h l'O.*. 
de Grenoble, puis R.*. G.-, et Orateur de laL.\ des Amis de 
Napolron-lr- Grand, à l'0.\ d’Alexandrie ; la suite parut 
dans les Annales Maçonnr . de 1810, aux pages Hi-122 { Jjis- 
rours de V Orateur et 139-183 Les Grâces Maçonnes). Ces 
morceaux réunis servent aux Amusements Mystérieux 
donnés dans les Fêtes androgynes. On les retrouve avec les 
variantes nécessaires pour la mise en scène, au Chapitre 
IX des Sœurs Maronnes (édition de 1886) et au Chapitre IV 
dT a-t-il des Femmes dans la Franc-Maçonnerie ? (Voirici, 
à l’année 1881.) 

Passons en Angleterre : Une loge d Odd Fellows fut fon- 
dée à Manchester et la division s'éleva bientôt entre les ate- 
liers de Londres, Manchester et Livcrpool. Le résultat fut 
<pie les deux derniers sc détachèrent de l’Association, sous 
le titre à' Ordre Indépendant des Odd Fr Ilotes et nommèrent 
un comité central, dont tous les membres devaient demeu- 
rer à Manchester. (3) 

1810 

L’événement politique le plus important de 1810 fut le 
mariage de Napoléon I e *’ avec Marie-Louise d'Autriche. La 
Franc-Maçonnerie masculine et féminine célébra cette union 
par des fêtes, dont les comptes-rendus nous révèlent les 

(1 ) Annales Maçonniques, I. VU, p, GO. 

(2) Ibid., t. VII, *p. 22(5 et 229. 

{3} Bulletin des Travaux du Suprême Conseil de Belgique , du 1 er septembre 187 i 
nu l ,,, ‘ septembre 1874, ir 17, p. 084)9. — U apport du F.*. Kappus, membre de la 
(’.raudc Loge Eclectique de Fraucfort-sur-Ic Mcîn, communiqué au cercle maçonnique 
Les Clairières de la Fovêt-Soire , O.*, de Scckingcn. 



1810 


1G4 


busses Huileries elles houleuses platitudes des FF.*, et SS.*, 
à l'égard du couple impérial î 

Depuis plusieurs années, avait été installée la Lu*. des 
Commandeurs du Temple du Mont-Thahor , Rite Ecossais 
Philosophique, à FO.*, de Paris et Y entrait de la planche à 
tracer du IF* jour du I e mois de Fan de la G.*. L.*. 380*8 
(1808), reproduit par les Annales Maçonniques (1) établit que 
ces Commandeurs se complaisaient dans la parodie du catho- 
licisme. Ainsi, pour exprimer les sentiments de foi et d’a- 
mour qu'inspire aux FF.*, l’entrée du Comte de Lacépède, 
Yen.*, d’honneur, le F.*. De Mangourit, Orat.*. chante le 
verset sacré : 

« Erre saccrdos magnas, in diebus illis plaçait Deo et in - 
renias es/ justus ! » 

Le F.*, de Lacépède était « revêtu du sacerdoce des 
sciences naturelles cl du pontificat des récompenses natio- 
nales» : il n’avait « point dédaigné la houlette d'un troupeau 
dont les brebis se repaissent du parfum des Heurs ! » 

Ainsi, le F.*. J. -F. Roger, Orateur-Adjoint, ose dire : 

« Lorsque Jésus, avant de se transfigurer, s'entretenait avec 
Moïse el Kl io sur le sommet du mont Thabor, qui reçoit aujour- 
d'hui une nouvelle illustration, les disciples qui l'avaient accom- 
pagné, n'exprimèrent leur plaisir, ni par des cris de joie, ni par 
de longs discours ; mais ils lui dirent ces paroles si expressives, 
dans leur louchante simplicité, domine , bomm est hic nos esse ; 
de même lorsque je vois paraître, pour la première fois, dans ce 
respectable atelier, son illustre chef, transporté de joie et saisi 
de respect, je m'écrie après Saint-Jean, T.\ 111. \ Vénérable 
d’honneur, honum est hic nos esse (Evangile de Sainl-Jean). 

Le 17" jour du 1(F mois de Fan de la G.*. L.*. 3808, à 
l’inauguration du temple neuf de la rue Saint-IIonoré, 
n° 210 bis et à la célébration de la Saint-Jean au solstice 
d'hiver par les Commandeurs du Monl-Thabor, le F.*. De 
MangouriL le Orateur, s'exprime encore en ces termes : 

« Si la vertu ne dirige les cœurs des Maçons dans la sanc- 

tilical ion des Temples, vains travaux , ces édilices n'ont 

aucune solidité, « nisi dominus «edilicaverii domum, in va- 
num laboraverunl qui aîdifieanl cam. » 

Enfin, pour ne pas se laisser trop distancer par son collè- 


J) Tome VIII, p. 5 à 107. 



1810 


165 


gue, le F.-. Roger, Orateur-Adjoint, disait son Conte Janus et 
Sain/,- Jean (1). 

Soucieux de voir la vertu diriger les cœurs des Maçons, 
le F.*. De Mangourit créa, en 1810, pour la Loge du Mont - 
Thabor , le Rite du Souverain Chapitre Métropolitain des 
Daines Ecossaises de France de V Hospice de Paris, Colline 
de Mont-Thabor, et prit le titre de Général Chef d' Ordre des 
Dames Ecossaises en France. Il s'adjoignit pour Grande-Mni- 
tresse Souveraine, la S:-: Joséphine de Richepanse , née Da- 
mas. Le F.*. Clayel (2) dit que Mme De Caronde/et fut aussi 
(irande-Maitresse. 

Les statuts et règlements se divisaient en huit capitu- 
laires produisant ensemble 53 articles. 

Il y avait les petits et les grands mystères, savoir : 

Petits Mystères. 1. Apprentie. 

2, Compagnons 

3. Maîtresse 

i. Novice maçonne ) Rite Ecossais 

a. Compagnonne discrète, J philosophique. 

Grands Mystères, li. Maîtresse adonaï/e i Chapitre de 

7. Maîtresse moraliste ) perfection. 

Cette association s'éteignit, en 1828, a la mort de son fon- 
dateur. 


j Rite bleu 
( ordin. 


Grade de Novice-Maçonne. — 1 er Grade d'élection. 

Honore les Dieux , ne fais jamais de mal , exerce la vertu. 

Tableau. Fond bleu, semé d’abeilles d'argent ; au sommet, ru- 
che d’or, avec les lettres H1IB. Au centre, deux mains jointes te- 
nant une épée et une quenouille, avec ces mots : Pour ma défense 
personnelle et (estime publique, union . Au bas, une règle, un com- 
pas et un fuseau, avec cette devise : Par eux , je brave la médian is: 
memes noms pour les climats que ceux d'adoption. 

Chambre des Réflexions. Tenture noire ; une lampe brûle. Au 
fond est écrit : Impudeur , licence , insensibilité. Sur une table, un 
miroir terni, un bouquet fané, un lacrvmatoire. Un écritoire, une 
plume, du papier brouillard. 

Trois questions à répondre : 

i rc Que doit-on à ses père et mère ? 


(1) Ibid ., p. 101-107. 

(2) Op. cit p. lis. 



1810 


160 


2 e Que doit-on à son mari et à ses enfants ? 

3* Que doit-on à F amitié et à la société"? 

Ac, k. Lago dos Heurs qui ont embaumé 3 soloils. 

Oiunrmu:. Silot que les roses ouvrant leurs calices au retour 
de la blanche aurore. Voyez-vous l'aurore ? 

IL ( M s5e , elle parait toujours pure et belle au-dessus de vous. 

|)ë\ oins. Silence, obéissance et joyeuse humeur. 

Tk.mail. Filer, broder, chauler le bonheur domestique. 

Sala r» K. Le respect des FF.*., l'amitié des SS:-:, les bénédic- 
tions des pauvres et la considération dans le momie. 

Mots saches. Celui d'adoption donné à liaulc voix. Celui du 
grade donné secrètement. : le i rp Féix-Fêax , signilie académie de 
vertu ( 1 ) ; le :2 e , lumière sans ombre. 

Mot pe passe. Les plaisirs de cel hospice. 

Sai toih. Amaranlhe ; au milieu, 3 étoiles en croix, blanches, 
vertes e| bleues, en triangle. Au-dessous est suspendu un T d'or, 
en forme de ciel*. 

Taklieu. Salin blanc, formé d'un écusson écossais. Au milieu, 
un triangle où est un T. La quenouille a droite, l'épée lîam- 
bo vante à gauche en sautoir; le tout entouré d'une guirlande de 
roses. Au-dessous, la devise : A box chevalier, box hospice ; les 
bordures et attaches en ruban vert ; doublure en amaranlhe. Ce 
tablier est le mémo pour les quatre grades. 

Mahcuk. 3 pas : F' 1 à gauche. :2° h droite, 3 à gauche. 

Su; xk. 11 représente : silence, secret, discrétion. 

Attolcuement. 11 représente (expression du Catéchisme) foi éter- 
nelles ses frères et sœurs. 

ArrLArwssEMKvrs. Ils sc l’ont par 3 fois, 3 1111 il. [flourah! cri de 
joie des Ecossais.) 

Fkhmetihe. L'instant auquel la déesse au crêpe noir, aux étoiles 
d’argent, aux songes heureux, entrouvre les calices des (leurs 
pour en respirer les parfums innocents. 

Mots i sites ex kéfkctoihr : Banquet, agape. — Fer à cheval, 
demi-lune . — Lumière, astre. — Glaives, éclairs. — Nappe, voile . 
— Senieiles, numussrs. — Verres, patères . ■— Bouteilles, am- 
phores . — Mets, ambroisie. — Vin, nectar . — Eau, cristal. — Pain, 
manne. — Fleurs, parfums . — Santé, vœu . — Chant, hymne . — 
Profanes, serpents. 

Ci > mma x pemext : Aimasses au bras ! 

Eclairs du co-ur ! 

Pal ères au ciel ! 


(1) Voir uotre note page 39, colonne i . 



1810 


167 


Nectar, en 3 temps : 1 Nectar de vertu. 

2 Nectar de Sentiment. 

3 Nectar de Volupté céleste. 

Patères en avant 123, 123, 123 ! 

Triple applaudissement. Honrnh , hournh , hourah ! 

Il y a cinq vœux (ou santés) d'obligation. 

A chaque équinoxe, il y a un banquet obligatoire. 

Compagnonne Dischète — 2 e Grade ( l'élection . 

Parole sacrée. Ouvrez la porte et j’entrerai. 

D. Que signlpe ce motî 
H. Porte du ciel. 

Parole de passage. Chère sœur, soyez la bienvenue. 

Age. 5 fois 3, 5 fois 6, 5 fois 10, et plus encore. 

D. Expliquez-vous ? 

R. A quinze printemps, la nature nous dispose au désir de devemk 

LA COMPAGNE d’un IIOMME AIMADLE ET VERTt EUX. Au-delil, c’cst F<*S- 
limé, P amitié, la confiance qui rendent le compagnonnage char- 
mant et indissoluble. 

D. Lequel des serpents est le plus venimeux ? 

R. Le SERPENT ROSE QUI VIT DE POMMES D’AMOUR. 

Marche. 5 pas. 

D. Que signifie-t-elle ? 

R. Quand on a fait, mal à propos, 3 pas en avant ( marche de 
l'apprentie ), il faut faire au moins 5 pas en arrière, sans quoi l'on 
est perdue. 

Batterie. 3 coups plus 2, trois fois, en disant chaque fois : 
honneur ! 

Ouverture. A l'instant du point de l’aurore auquel le ciel est 
pur et le calme universel. 

Fermeture. A l'heure à laquelle les serpents roses s’éveillent 

POUR SÉDUIRE LES NOVICES INCONSÉQUENTES, LES CoMPAGNONNES INDIS- 
CRÈTES, LES VESTALES INATTENTIVES ET LES VIERGES FOLLES, POUR LEUR 
CAUSER A L’OMURE DE PLAISIRS PASSAGERS, DES REGRETS SANS FIN. 

Los procès-verbaux se nomment étoffes façonnées. Les colonnes, 
pyramides (fleuries). 

Grades de Perfection , ou Assemblées des Grands Mystères. 

Maîtresse Adonaïde. — 1 er Grade. 

Chambre des Réflexions. Elle se nomme contrée des limbes. II 
y a une caverne de la mort, et un sanctuaire de la résurrection. 

Titres. La Grande-Maîtresse s appelle Iliérophantide suprême ; 
la surveillante, Iliérophantide i ,c , seconde. 

Ouverture du Sanctuaire Adonaïte. De jour et de nuit quand 



1810 


108 


un* 1 maîtresse adouaïte entend le cri de la douleur ou les gémisse- 
ments de l'infortune, elle se plaît h écouter le sage, satisfaite dt* 
sa condition ; elle adoucit les larmes de l'affligée, les regrets de 
l’imprudent, les remords du coupable, et, semblable aux saintes 
prêtresses de Vesta, elle se rend sur le chemin du condamné, 
demande sa grâce et l'obtient. 

Age. Je ne saurais vous répondre, parce qu'une maîtresse ado- 
naïte étant dans un printemps et un automne éternel, je ne puis 
compter dans sa vie ni été orageux ni hivers glacés. 

D. Pouvez-vous me répondre plus précisément ? 

R. A 20 ans, comme h 60, elle a 1 âge qu'on appelle d'or, si elle 
est douce et bienfaisante. 

Ordre. Croiser les bras étendus sur la poitrine. 

Signe. Fermer les yeux. 

R. Les ouvrir tournés vers le ciel ( pour rappeler le passage du 
néant à la vie). 

Attouchement. Se prendre les deux mains gauches, poser les 
mains droites en dessus et en dessous et approcher ce nœud du 
cœur fl fois alternativement. [Pour signifier que . lorsqu'on aime , 
on sert et l'on secourt, et que toutes les mains actives et réunies doi- 
vent recevoir leur impulsion du cœur.) 

Parole sacrée. Adonai. (Seul Dieu, vu à l’aide de deux flam- 
beaux : le soleil et la lune.) 

Parole de passage. Domine. 

R. Sol (Seigneur soleil ; le grade roule sur sa révolution an- 
nuelle). 

Bijou. Une clef d'or, qui ouvre les serrures du passé, du présent 
e( de l'avenir, 

Marche. 7 pas : les fl do novice, les fl du compagnonnc et le 7' 
a gauche. 

Batterie. 7 coups : 1 ri- 2 -+- 2 h- 2 ; cri Domine sol . 3 fois. 

Fermeture. D. Où est maintenant h» Domine sol ? 

R. Loin de nous ; il nous invite au repos tranquille, que nous 
ont mérité les travaux du jour. — La nuit est la mûre du jour . (Ce 
paradoxe qui clôt la séance n’est pas heureux, dit le F. \ Ràüon.) 

Maîtresse Moraliste. — 2 e et dernier grade de perfection. 

Femme occupée , femme respectée. 

La maîtresse moraliste a connu, dans le grade précédent, la 
contrée des limbes, la caverne de la mort, l'antre des enfers et le 
sanctuaire de la résurrection. Elle a dû cette connaissance à lin 
papillon bleu céleste et or, à un serpent noir et h un A céleste 
composé de 7 planètes, de 7 signes et de 7 couleurs, aux 4 saisons 



1810 


169 


de la vie sans remords et à la chaîne d’amitié. Ce grade est la ré- 
capitulation interprétative des 3 degrés précédents. 

Le papillon bleu céleste représente le ver rampant du noviciat, 
la chrysalide du compagnonnage et Tétât de sylphide ailé 
(1 Vadonai , trois métamorphoses de Taine pour s’élancer, pure et 
brillante, dans le sein de la vertu, fover de la vraie lumière. 

Le serpent noir . Rose dans sa jeunesse, l'insensibilité, l’ingra- 
titude, la perfidie, tous les vices le teignent de noir dans sa 
prompte caducité. 11 est Temblème des crimes que la société 
frappe, et des vices qu elle ne punit pas. 

Le A est le symbole des 7 signes dans lesquels adonai s’élève 
pour rajeunir et reproduire. 

Le printemps , qui nait dans un berceau de fleurs ; t'été, qui ré- 
pand la nourriture végétale ; l'automne , qui mûrit la sagesse ; 
Oliver, qui rend fermes ou chancelants les derniers pas de la 
maîtresse adonaïte, selon qu’elle a marché dans les saisons pré- 
cédentes. 

La chaîne d'amitié m’a fait Timpression d*un poids léger et doux 
et je cesserais de vivre heureuse, si Ton avait la cruauté de m’ôler 
cette aimable chaîne, qui lie si étroitement les sœurs et les frères 
du Mont-Tliabor. 

Ordre. Tenir le bras gauche en équerre sur la hanche gauche 
et le bras droit en équerre sur la hanche droite ( pour signifier 
qu'on est droit et ferme sur les principes de la morale). 

Mot sacré. H oms. 

Parole de passage. Freya (TIsis Allemande). 

Signe de reconnaissance. D. La main sur une hanche. R. La 
main sur la hanche opposée. 

Batterie. 4 coups : 2 -+- 2. — Cri : / sis ! 3 fois, au lieu de hourah 
et Domine sol. 

Investissement. « Je vous investis de votre dignité nouvelle par 
l'anneau ; mais si un sentiment d’orgueil se glissait en regardant 
cette honorable décoration, jetez les yeux sur la rosette noire qui 
double la rosette verte de votre première maîtresse, et vous sen- 
tirez le néant de la gloire humaine. » 

(Nous avons extrait ces grades, dit le F.-. Ragox (1), de 
4 cahiers in-18, imprimés à Paris, en 1812, contenant 178 
pages.) 

Nous demandons franchement à nos lecteurs s’ils croient 
que tous ces mystères, tous ces mots équivoques, ces emblè- 
mes ou symboles si éloignés de la morale, étaient néces- 
saires pour l’exercice de la bienfaisance et de la charité? 

(1) Op. cit p. 114-120. 



1810 


170 


Le Chapitre des Hautes li rossai ses dit Mont-Thabor se tenait 
à huit heures du soir, place du Palais de Justice, n" HO, à 
Paris. (1) 

La Loge des Amis de la Pair , 0.\ de Paris, donna une 
fête d'Adoption. Il en fut de même tic la Loge des Cher allers 
de lu Crois, Lu fêle fui présidée par le F.-, duc de Choiseul; 
au nombre des SS:*: se trouvaient \ Mesdames De Fret eau , 
I)e hiemie , P (dissol de Beauvais, De Verr/etmes , De Pant/is , 
ï.e Pelletier d* Au nu y, Du The il \ Au (juste de Tui/leyratul, De 
Sautl-Morrys, De Béthune, etc. Le compte-rendu de cette 
tenue doit être encore dans la Bibliothèque du G.*. 0.*. 

Le F.\ L. Paillet de Warcy adressa à Madame Zoé de Ver- 
dier , de Versailles, un Mémoire tendant à prouver que les 
femmes doivent être admises à la Maçonnerie des hommes. 
Peux femmes avaient déjà bénéficié d'exceptions : Mlle de 
Ferai;/, maîtresse de Uumouriez et, sous le Consulat, 
Madame de A 'aint rai lies. 

Vl ttieers Mm;.'., cite (et plusieurs auteurs francs-maçons 
l'ont rapportée aussi) l'anecdote suivante, ignorée de la ma- 
jorité des profanes : 

« Madame de Xamtrailles (2), femme du général de ce nom, 
« fui son aide-de-eamp, et mérita que le premier Consul Bona- 
« parle la maintint dans les fonctions de sou grade, ri lui donnât 
« un brevet de chef d'escadron. Lite avait droit à ces distinctions 
« extraordinaires pour son sexe, par quelques faits d'armes 
« remarquables et par quelques traits d’humanité. 

<t Voici son histoire ma<;.\ : La Loge des Artistes, présidée par 
« le père Cuve lier, annonce une ton.*, d’adoption destinée aux 
« dames maçonnes : l'usage est que les FF.*, avant d’ouvrir les 
« barrières du jardin d'Fdcn, se réunissent en traw. d’hommes. 
« Madame de Xamtrailles convoquée pour la Loge d’Adoption où 
« elle (lovait être initiée comme femme, arrive à la Loge a l'heure 
« militaire, c'est-à-dire à l’heure fixée par la lettre de convoea- 
« lion. Les FF.*, commençaient à peine leurs trav.\ maç,\ ; ou 
« informe h* Yén.*. de la présence, dans les Pas-Perdus, d'un 
« ofiieior supérieur en grand costume militaire. Le Yén.*. lui 
« fait demander s’il est porteur d’un diplôme. L'oflicier supérieur. 
« qui ne soupçonne pas que par cette pièce on entend un acte 
« qui constate sa qualité de maçon, remet son brevet d'aide de 


(1) Le Franc- Maron, année, n" s 1 eL2, nov. -décembre lSijn, i». 20. 

(2) inirers Maronn .\ , !Ki7, \k 70 . 



1810 


171 


« camp ; le F.*, expert le porte sans l'examiner au Yen.*, qui en 
« donne lecture à la Loge; l’étonnement est général. 

« Le Yen.*, ancien militaire, auteur dramatique, maçon 
« enthousiaste, est inspiré par cet incident : il propose à la Loge 
« d'admettre cette héroïne dont il a plusieurs fois entendu parler 
« avec éloge, non au premier grade maçonnique des dames, 
« mais au premier de nos grades comme Franc-Maçon, faisant 
« remarquer que si le premier consul a trouvé dans la conduite 
« guerrière de Madame de Xaintrailles des motifs suffisants 
« pour autoriser la simulation de son sexe, la Loge ne pourra 
« être blâmée d'imiter le chef du gouvernement eu transgressant, 
« on fav.\ de cette dame, nos lois et nos usages. La discussion 
« est vive, le pour et contre sont soutenus avec une égale ardeur. 
« Lue improvisation nouvelle et éloquente du Vén.*. décide la 
« question, et la Loge se charge de justifier, par de puissants 
« mol ifs, auprès du Grand-Orient, l'innovation inouïe qu'elle se 
« permet dans cette circonstance. 

« Des commissaires sages et prudents vont annoncer à Madame 
« de Xaintrailles la haute fav.\ dont elle est l'objet et la préparer 
« h l'initiation des Maçons, si elle accepte : « Je suis homme pour 
« mon pays, dit-elle,;# serai homme pour mes frères. » Elle se 
« soumet aux épreuves que l’on modifie autant que les convo- 
« nances l'exigent et on la proclame Apprenti-Maçon. Une demi- 
« heure après, les barrières du jardin d'Edon sont ouvertes et 
« Madame de Xaintrailles, annoncée officiellement dans sa qua- 
« litéMaç.*. siège au rang des hommes. » 

Nous parlerons, plus tard, des initiations, au même titre 
que Madame de Xaintrailles, des SS:-: Comtesse Àpraxin le 
lundi 11 juin 1880, à la Loge F rat omit ad Ihrrira , n" 90, de 
rO,*, National d'Espagne; — Maria Deraismes, le 11 janvier 
1882, ii la Loge les Libres-Pou svww, au Pccq ; — et Comtesse 
lladiek-Barcokzy, en 1870, à la L.*. Fyf/'*nïôset/, O.*. 
dTngvahr (Hongrie). 

mi 

Le 10 e jour du 9 e mois de l’an de la Vraie Lumière 3811 
(181 1) la Loge Ecossaise des Militaires Réunis, Or.*, de Ver- 
sailles, eut l'une de ses plus remarquables tenues d’Adoption. 

Après l'ouverture des traw. parle F.*. Comte de Gavre, 
Ven.*. d'Honneur, le secrétaire lut la planche qui annonçait, 
pour ce jour, l’ouverture du jardin d’Eden (Première séance 
des traw. d' Adoption). Les Maîtres des Cérémonies allèrent 
ensuite chercher, avec les honneurs usités, la Grande-Maî- 



1811 — 172 — 

tresse, la S:-: Comtesse de Ouvre, reconnue par les FF.*, ex- 
perts pour Maîtresse Parfaite et nommée à Funanimité pour 
présider les lrav.\ d’adoption. 

La S:.: Grande-Maîtresse prêta serment et nomma pour la 
surveillance des climats les SS: : Maîtresses, ci-après dési- 
gnées : 

Madame Dutillet de Vil fars, Souir Grande-Inspectrice ; — 
Madame Omet, Sœur Dépositaire ; — Madame Gaadirhon , 
sœur Maîtresse des Cérémonies. Introduites, avec les hon- 
neurs convenables, ces SS:-: prêtèrent leur obligation entre 
les mains de la G: • : M: • : . 

On fit entrer la S:-: Ro/lin , qui fut reconnue Maîtresse. 

La S:-: Comtesse de Ouvre ouvrit ensuite les trav.*. du jar- 
din d'Eden, où furent successivement admises, comme 
sieurs apprenties, Mesdames Mfd/in, Le Faure, Lecomhe . 
B richard. On procéda h la réception de Mlles Yiot et 
Dumefz. 

Les FF.*. De Gavre et Viot prononcèrent des discours. Le 
F.*. Yiot lut, en outre une pièce de vers qu’il avait compo- 
sée à l'occasion de l’initiation de sa fille, il y eut banquet et 
bal. (1) 

1812 

Les Militaires-Ré unis donnèrent encore une fête magnifi- 
que en 1812. Il paraît qu’elle offrit, au dire du F.*. Ragox, 
un grand intérêt sous le rapport de la réunion de la meil- 
leure compagnie, des morceaux de littérature, de poésie, etc. 
(2) Le F.*. Bazot prétend que « la sévère décence le disputa à 
la plus chevaleresque galanterie. » (d) 

1814 

a Le Rite de Memphis fut introduit en France par Samuel 
llonis, natif du Caire (Egypte), en 1814. 

« La première Loge fut fondée à Montauban, le 30 avril 
1815, par les soins des FF.* . Samuel Bonis, Gabriel Mathieu 
Marconis de Nègre, le baron Dumas, le marquis de Laroque 
et Hippolyte Labrunie ; elle se constitua sous le titre distinc- 
tif des Disciples de Memphis, le 23 mai de la même année. » (i) 

(1) Ertriit des Ira».'. d’ Architecture de laRr. Loyc Ecossaise des Militaires - 
Réunis , etc. 

(2) ()p. cit. p, 97. 

(3) Univers Maçonnr 1S37, p. 70 et suiv. 

(4) Le Rameau d'Or d'Eleusis, p. 400. 



173 


1814 

« En 1814, Paris entendit parler, pour la première fois, du 
Rite de Misraïm; les FF.-. Joly, Gaborria et Garcia étaient 
porteurs de leur patente du 90 e degré, constatant le pouvoir 
d établir, hors de l’Italie, le rite de Misraïm. 

« Ce fut le 21 mai 1814 que les nommés Bédarides frères, 
négociants, établirent dans leur domicile, rue des Bons-En- 
fants, n° 27 1 un grand Chapitre du Rite de Misraïm. » (1) 
l.e F.*. Napoléon Bonaparte, à l'éternelle honte du peuple 
britannique, est conduit à Sainte-Hélène, où six années 
d’une dure captivité lui feront expier ses complaisances 
pour la secte et ses fautes envers l'Eglise catholique : « Qui- 
conque mange du Pape en crève. » Ce mot célèbre se retrou- 
vera encore plus d’une fois sous notre plume avant la fin de 
cette étude. Bonaparte avait été initié à Malte, en 1798, lors 
du séjour qu’il y fit, au moment de l’expédition d’Egypte. 

(I) ]>. 420. — II n’est pas inutile de rappeler, ici, que ecs Bédarides ou Bé- 

darridc étaient Israélites et se conduisaient en vrais juifs vis à vis de leurs KF.-. 
Misraïmitcs . 




CHAPITRE IV 


1816 



pourrait supposer que les Francs-Maçons cu- 
j rent à souffrir de la chule du F.*. Bonaparte 
et de la Restauration. 11 n'en fut rien et les 
révélations que renferme ce Chapitre causeront 
une juste surprise et feront connaître le singu- 
f lier rôle joué par Louis XVIII, «FAuguste 
Protecteur de la. Maçonnerie. » 

Le 7 mars 1816, la Grande Loge des Disciples 
de Memphis se déclara en sommeil; ses archi- 
ves furent confiées au F.-. Marconis de Nègre 
((*. M.) son Grand Hiérophante, nommé par décision du 21 
janvier précédent. 

Le Souverain Conseil Général du 90 e et dernier grade du 
rite de Misraïm fut constitué à LO.*, de Paris. Marc Bédar- 


ride nomma son frère Michel Suprême Grand Conservateur 
de l'Ordre, se contentant d'être son représentant et il rédigea 
(les articles généraux qui donnaient à ce chef un pouvoir tel 
que les rois les plus absolus n'en ont jamais eu de pareil, ce 
qui fit dire au F.\ Thorv, qu'avec des statuts semblables il 
gouvernerait despotiquement dix royaumes à la fois. 

f * La Loge les Sept Ecossais, O.*, de Paris, donna une bril- 
lante fête, remarquable surtout par la présence de nombreux 
personnages étrangers de distinction et de leurs dames. La 
musique du concert, sous la direction du F.\ Henri Hertz, 
qui débutait dans la Maçonnerie, fut délicieuse; le banquet 
fut splendide et animé ; l'entrain charmant et prolongé du 
liai avait pour véhicule irrésistible Fexcellent orchestre de 



m 


1816 

la (loi n. Le F.*. Rac.un, Vénérable des Trinosophes, avait été 
nommé ordonnateur de cette belle fête qui se prolongea 
jusqu’au jour. » (1) 

1817 

Le 7 Décembre LS 17, le Grand-Maître De Beurnonvillc, 
dans un écrit adressé au G.*. O.*., où il s’élevait contre les 
Inr/es et ateliers irréguliers et non autorisés , qui s’arrogeaient 
une ancienne et brillante origine, (et en somme ne faisaient 
qu’exploiter, tout aussi bien que le G.*. O.*., la crédulité 
publique) déclara que le soi-disant Rite de Misraïm rentrait 
dans cette catégorie. Le 16, le G.-. O.-, décida, à l’unani- 
mité, qu’il ne reconnaissait et ne reconnaîtrait pas le Mis- 
raïmisme, enjoignit à toutes les loges, à tous les FF.*, sou- 
mis à son autorité de s’en séparer. (Les motifs sur lesquels 
fui fondée cette décision sont mentionnés dans Kloss, 
France, 11, p. 32 et Bibliographie, n os 1,222; 3,333.) Cette 
déclaration, motivée par une sorte de question de boutique 
[La concurrence /Lest pas Lame de la Maçonnerie) enraya la 
propagation du système en France et les prétentions judaï- 
ques des Rédarridcs y contribuèrent aussi. Ne furent-ils pas 
même exclus par la Loge les Sectateurs de Zoroastre qu'ils 
avaient créée? La Loge l\\rr-rn-Cirl ne fut-elle pas mise en 
sommeil pour avoir refusé de leur rendre les honneurs ma- 
çonniques? 11 est juste d’ajouter qu'elle fut remise en acti- 
vité et réintégrée promptement sur le tableau. 

Le Manuel du Franc-Maçon, par le F.*. E. F. Baxot (2), 
renfermait, à propos des Lof/es d' Adoption, un chapitre édi- 
fiant pour ceux qui, sachant lire entre les lignes, connaissent 
le sens réel des expressions et termes maçonniques : 


« Si dans l'esprit social, le Français conçoit une si haute idée 
de la femme, il est tout simple qu’il l’associe à tout ce qui l'inté- 
resse; et comme scs occupations sérieuses sont, ainsi que ses 
plaisirs, partagés par sa moitié, abordant la suite de mon sujet, 
je dirai quil n'est point extraordinaire que les Maçons français 
aient eu l'idée de créer une Maçonnerie pour les Dames, afin de 
rapprocher d'eux ces êtres enchanteurs, dont ils ne peuvent se sépa- 
rer, et qui font naître les plaisirs partout où ils se trouvent. » 

* C'est donc aux Français que l’on doit la Maçonnerie d'Adop- 

(1) Le IV. IïACiOX, op. cit-, p. 1)7-98. 

(2) 3 e nlilion, III e partie, p. 297-3U0; publié chez J. Jloronval, à Paris, 1817. 



1817 


177 


tion et c’est leur esprit galant, aimable, ingénieux, qui a imaginé 
et établi ces jolies loges où la sagesse est professée par les 
memes docteurs qui raisonnent sur le plaisir et qui enseignent 
fart d’être heureux. » 

« Charmant ouvrage de notre imagination, maçonnerie fran- 
çaise ! Sœurs dignes de rivaliser avec nous,- chères et belles com- 
pagnes de nos travaux et de nos pures jouissances, recevez 
l'humble tribut de ma reconnaissance pour le bonheur que vous 
me procurez en mu fournissant les matériaux du discours que 
j'adresse à des français et à des frères. » 

« Une loge d’adoption est la réunion la plus heureuse des 
deux sexes rassemblés pour intéresser et pour plaire. » 

« Dans un lieu qui reproduit l’image de ce jardin enchanté où 
le premier couple de la créature souveraine connut le bonheur 
de se voir, de s’aimer et de vivre ensemble; dans un site ria.nl 
où les arbres sont toujours couverts de verdure, où les fleurs 
semblent naître sous les pas de ceux qui le parcourent : dans un 
nouvel Eden, sont placés avec une symétrie qui no sent point la 
gène et qui n’offre rien de monotone, des frères dont l'extérieur 
est aimable cl dont le regard vif, plein d’expression, n’a rien de 
téméraire ; des sœurs dont l'air timide et réservé contraste heu- 
reusement avec la vivacité d’un sexe plus hardi. Plus loin, un 
frère et une sœur, également distingués par la beauté, la noblesse 
du maintien et l'aisance des manières, donnent le Ion à l'assem- 
bler. Au centre de la réunion, chargée de chaînes légères, un 
bandeau sur les yeux, une jeune vierge docile, mais un peu trem- 
blante dans sa marche, suit avec une hésitai ion pleine de grâces 
la main qui la dirige. Tout a coup, le bandeau disparait, et son 
regard, satisfait, mais modeste, parcourt le cercle brillant dont 
elle est entourée. » 

« Mais un signal est donné, les aimables habitants du nouvel 
Eden se lèvent et suivent avec gailé le couple régulateur de leurs 
travaux et de leurs plaisirs. » 

« La salle des festins est disposée. Des rangs symétriques sont 
établis; sur la table, des faisceaux de (leurs, placés devant chaque 
convive, une clarté éblouissante, un ordre parfait, se réunissent 
pour offrir le coup d’œil le plus beau et le plus surprenant. 

« Le banquet a lieu sans confusion, sans tumulte. Les propos 
délicats et galants, les petits soins. les attentions empressées des 
Maçons, préviennent les moindres désirs de leurs charmantes 
Sœurs. Des couplets, en l’honneur de l’Ordre et des Dames, sont 
chantés par des frères qui joignent le goût au talent. L’harmonie 
paie aussi son tribut, soit en accompagnant la voix enchanteresse 
des Sœurs, soit en exécutant des symphonies. » 

« Mais le son des instruments joyeux sc fait entendre; l’air de 


MAI..OXX. 


12 



1817 


178 


dan^e appelle les nymphes de Terpsioore. Lo Grand-Maître et sa 
Compagne, en se levant, donnent l’exemple ; les cavaliers présen- 
tent la main aux dames, les groupes se forment, les quadrilles 
se placent, et la nuit entière est consacrée à l'amusement le plus 
chéri de la jeunesse. Lorsque le jour parait, les familles se 
réunissent, on se sépare, un repos de quelques heures fera dis- 
parai Ire la fatigue et bientôt l’on reprendra les travaux de son 
étal. Les plus agréables souvenirs feront chérir une institution 
où h*> deux sexes se livrent à des plaisirs vifs et doux, sans incon- 
vénient pour l'ordre et sans aucun danger pour les mœurs ! » 

Ce certificat de bonne vie et mœurs n'a pas Je don de mo- 
difier nos sentiments, de nous faire croire à la décence des 
cantiques androgyncs et aux Lucrcees ou... rosières des Lo- 
ges (l'Adoption ; etc. 

Il nous reste 21 examiner encore deux grades de Ja Maçon- 
nerie féminine, dont nous ne nous sommes pas occupés pré- 
cédemment parce que le manuel de l'Adoption ou la Maçon- 
nerie des Femmes (Fdition de 177.7} ne traitait que des trois 
premiers. Nous allons donc continuer en comparant la fin 
du Nécessaire Maçonnique tl’ Adoption à l'usage des Dames 
(Edition de 1817) et celle du Manuel de la Maçonnerie 
d'Adoplion ou Maçonnerie dos Dames du K.*. Ragon (Edi- 
lion de 18(50). 

1817 

Qcatuikme Grahe. 

Maçonne Parfaite 

Décorat’on. — Elle est d c 
damas cramoisi, tronc, dais, 
sièges relevés avec des franges 
d’or. 

1j' trône du Vén.\ est entre 
deux colonnes de cinq pieds 
de haut, eu fer blanc . Ces deux 
colonnes sont réunies par un 
a rc-en-c ie 1 1 rat isparen t . 

La colonne a droite du Mail.', 
est par distance percée d’étoi- 
les à jour, pour laisser sortir 
l'éclat d'une lumière qui sera 
placée derrière. Cette colonne 
représente celle de léu qui 


1860 

CHAPITRE IF ADOPTION 

Les fabricaleurs de grades, 
possédés de l'esprit de la spé- 
culation ou trop ignorants 
pour découvrir dans la mai- 
Iresse h* complément de toule 
Maçonnerie (1), ont voulu doter 
Y Adoption d'un Chapitre, com- 
posé de deux grades , sans 
doute pour en porter le nom- 
bre a cinq. 

(1) Si la Maîtrise, ou 3° degré, est 1<* 
complément do toute Marouncrie ou 
en droit de sc demander pourquoi le 
Fc. Bagou a cru dn\oir s'élever jusqu’au 
de “ré ? — Xotr de l'auteur. 



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1860 


conduisait pendant la nuit les 
Israélites dans le désert. 

La colonne de gauche n’est 
point percée , et représente 
colle qui cachait le jour aux 
Egyptiens. (1) 

L’autel du Vén.\ doit être 
placé presque sous l’arc-en- 
ciel. 

Ordre de Réception. 

Tous les FF.*, et Sœurs se 
tiennent sur deux lignes direc- 
tes, ayant, lorsque la Récip.*. 
arrive, le genou gauche on 
terre, tenant une baguette (2) 
h la main gauche, et les FF.*, 
ont, de plus, une épée nue à 
la main droite. 

La Récip.*. est seule dans la 
chambre de préparation, où le 
F.\ inlrod.*. va la chercher, et 
lui lait quelques questions sur 
les trois grades précédons. Il 
lui demande ensuite si elle dé- 
sire bien sincèrement arriver à 
la perfection. Après sa réponse, 
il lui adresse le discours qui 
suit : 

« De l’énergie que vous allez 
« déployer dans les diverses 
« épreuves auxquelles vous 
« allez être soumise, va dépen- 
« dre le succès de votre entre- 
« prise pour parvenir au su- 
« blimc grade de ia Maüresse 
« parfaite. » 

« Admise à ce grade, comme 
« je n’en saurais douter, vous 

(1) D'après les Leyenda Mayîstralia , 
d'Albert Pikc, ccs colonnes ont une toute 
autre signification, que nous avons indi- 
quée dans noire Préface. Au surplus, nous 
renouons encore k Pike ou à 1 a-t-il 
des Fem mes dans la Franc-Maron nerie , 
p. lié. 

’ï, Dite « Baguette d* Amour ». 


Ces deux grades qui ne se 
pratiquent ni ne se donnent, 
sont nommés Maîtresse par- 
faite et Elue sublime Ecossaise; 
comme ils se trouvent men- 
tionnés dans les Tuileurs , 
nous les reproduisons ici. 

MAITRESSE PARFAITE 
(4° Urade) 

Décukatiu.n de la Loge* . Ten- 
ture en drap cramoisi ; le 
trône, le dais, le siège, sont 
de même étoffe, avec galons 
et franges en or. 

La Loge représente l’inté- 
rieur du tabernacle, dressé par 
Moïse dans le désert. 

Au bas et un peu en avant 
du trône, sont deux colonnes 
torses : celle du côté de l’Afri- 
que représente la colonne de 
feu qui dirigeait, pendant la 
nuit, les Israélites dans le dé- 
sert. Elle est creuse et transpa- 
rente pour pouvoir être rendue 
lumineuse. 

La colonne du côté de l'Amé- 
rique représente la nue qui les 
protégeait pendant le jour, elle 
semble se perdre en ondes 
légères dans le plafond, image 
du ciel. 

Ces deux colonnes sont réu- 
nies à leur sommet par un cin- 
tre représentant l’arc-cn-ciel. 

Dans un angle, est l’autel du 
Feu ou de la Vérité , sur lequel 
sont plusieurs vases antiques, 
au milieu est une cassolette où 
brûlent des parfums ; devant, 
est un plat pour recevoir les 
offrandes. 

A côté, sur une table, sont 
un maillet et une boite, comme 



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1860 


« devrez rodoublcrdo zèle pour 
« l'Ordie respectable auquel 
« vous appartenez, on donnant 
« des exemples de sagesse et 
« de vertu, et surtout en mon- 
« trant la [dus grande réserve, 
« envers tous proplianes, lou- 
« chant les secrets qui vous 
« ont été et vous seront con- 
« fiés. Je ne doute nullement 
h que nous n'ayons h nous ap~ 
« plaudir de vous avoir élevée 
« a ce nouveau grade, quon 
« n'ohlientqii’après delapersé- 
« vérance et la pratique de Luu- 
« tes les vertus. * 

Celle exhortation faite, le F/. 
Introït/. laisse un moment la 
Uéeip.*. h ses réflexions. Il 
vient chercher dans la Loge un 
vase de métal opaque, posé et 
renversé sur une assimile, où 
l’on enferme un oiseau vivant. 

A deux pouces d'épaisseur, 
le trou du \ase est garni de 
sable très lin, rangé le plus 
uniment possible. Le F.*. In- 
trod.\ porte le tout en cet état 
à la Uéeip/., en lui disant que 
c'est un depot précieux, qu'on 
lui confie avec défense d'y tou- 
cher que par ordre du Yen/., 
devant lequel elle ne va pas 
tarder à être introduite. Ou la 
laisse quelques minutes livrée 
ii elle-même, pour voir si elle 
ne sera pas tentée de découvrir 
le vase. 

S'il arrive qu'elle le décou- 
vre, le sable s'éparpille par le 
fait du vol de l’oiseau, alors, 
sans aucun égard, le Vén/. lui 
fait de sensibles reproches sur 
sa légèreté, son indiscrétion, 
sa curiosité el son manque de 


dans la maîtrise, mais au lieu 
d’un cœur , on trouve , tracés 
sur des tablettes, ces mots hé- 
breux : Emenelh l , hin\ cann, 
signifiant Vérité, liberté , zèle , 
et le mot grec enbulos , pru- 
dence. 

Sur le pavé, est le tableau 
du grade représentant : le 
songe de Pharaon, loisqu’il 
vit sepl épis pleins et sept 
vides ; Joseph se réconciliant 
avec ses frères; plusieurs hom- 
mes avec des tabliers et tenant 
une truelle qu’ils emploient à 
pétrir la terre pour faire dos 
briques ; Moïse exposé dans 
une corbeille sur les eaux du 
Nil ; et la tille de Pharaon qui, 
en venant pour se baigner, le 
fait retirer 2 ; sur le devant, 
Moïse et Aaron à la tète des 
Israélites, au moment de la 
submersion de l'armée d'E- 
gypte dans les Ilots de la mer 
Rouge. 

Times*. Loti/. M e représente 
Moïse et la G/. M s '°, sa femme 
Séphora pm hébreu Tt>ephorn 9 
avis vel passer , tille de Raguel 
ou Jélbro, prêtre des Madia- 
niles. Exod.. ch. 2, v. il ; ch. 
4, v. el ch. 18, v. 2). 

Le F/, déposil/. est nommé 
Aaron (en hébreu, Aharon , 
mons sive montanns , fils d’Am- 

(1) Kl »nu pas A WWW que Ko» trouve 
dans quoique* rituels, 

■2 (tu lit dans la Irnduclion de la 
Mission do Mo'iso de Schiller, par le 
IJ.-. K.*. Seippel, brochure, le Havre, 1S.VJ, 
«•elle note p. t*l : « La tille de Charaou 
« s’appelait Thonniftis et demeurait à 
« Memphis, fl est étonnant qu’elle soit 
« venue sc baigner loin de Memphis, 
« dans un bras du Nil, où jamais per- 
«< sonne ne se baigne, à cause des rro- 
« eodiies ». 



1817 


181 


1860 


parole, et finit par lui dire 
qu'étant, pour cette fois, indi- 
gne de la perfection, elle doit 
briguer, par de nouveaux tra- 
vaux! le bonheur d’ètre reçue 
Parfaite ; et, dès que la Loge 
de table est ouverte, on la con- 
damne à une amende pécu- 
niaire pour les pauvres. 

Si. au contraire, la Réeip.\ 
ne découvre pas le vase, et que 
rien ne soit dérangé, le F.*. 
Introd.\ lui annonce que, pour 
prix de sa discrétion, elle va 
recevoir le grade de Parfaite- 
Maç.\ Il lui fait adroitement 
prendre l’assiette qui contient 
le vase ; et, après s’ètre lavé les 
mains, il mène laRécip.*. à la 
porte de la Loge, où il frappe 
cinq coups. 

Le Vén.\ répond par cinq 
autres, qui servent de signal 
d’introduction , et envoie le 
Surv.\ Insp.\-Déposit.\ s’in- 
former au F.*. Introd.\ si la 
Sœur a résisté à l'épreuve. S’il 
répond que oui, il reçoit d’elle 
l’assiette, et rentre seul pour 
aller la poser sur une table 
préparée dans la Loge ; ensuite 
il retourne chercher la Récip.\, 
qu’il mène par la main au bas 
de la Loge, les yeux décou- 
verts. 

Le Vén.\ lui expose en peu 
de mots la dignité de ce grade ; 
combien peu y parviennent, à 
défaut de preuves suffisantes de 
vertus, de zèle, de capacité et 
de discrétion. Ensuite il lui 
fait les principales questions 
de l’instruction des précédents 
grades, lui demande les mots, 
signes et attouchemens de la 


ron , fils de Cahath, fils de 
Lévi, frère de Moïse. Exod., 
ch. 0, v. 20). 

Ordre*. Les FF.-, tiennent 
l’épée nue de la main droite, 
la pointe haute ; les Sœurs tien- 
nent également la baguette 
élevée, appuyée contre l’épaule 
droite. 

Signe*. Mettre la main gauche 
dans son sein (les Sœurs sur 
la poitrine); la retirer, regarder 
le dessus, avec l’air de l’éton- 
nement; mettre la main sous 
le tablier et l’ayant retirée, la 
regarder en dedans avec un si- 
gne de joie. Ce mouvement rap- 
pelle ce que fit Moïse sur le 
mont Horeb, où il vit sa main 
couverte de lèpre et guérie sur- 
le-champ. 

Attouchement \ 1° Présenter 
le dessus de la main gauche, 
en faisant le signe. On répond 
en faisant de même. 

2° Mettre la main sous le ta- 
blier, la retirer et montrer le 
dedans. Réponse par le même 
signe. 

3° Passer la main sur celle 
du tuileur, et la ramener, en 
glissant, jusqu’au bout des 
doigts. 

Mot de Passe*. Reth-gabnrn 
ou abara (en hébr. Beth-Heter , 
maison de passage ou alethé , 
vérité). 

Mot sacré*. Achitob (hébr. 
AhhHoub , frère de bonté) ou 
Sigé } silence. Des rituels disent 
Achirab, c’est une faute. 

Batterie. 7 coups, par 6 1 . 

Acclamation. Eva ! 

Cordon. Bleu moiré, porté en 
sautoir, auquel pend une étoile 



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1860 


niai Irise qu'elle donne au F.*. 
Insp.*., qui ajoute aussitôt : 

« T.*. Yén.\, la Sieur, conduite 
par une heureuse inspiration 
est parvenue à la Maçonn.*., 
elle a goûté du fruit mystérieux 
de l'arbre de la science du 
bien et du mal. Elle sait mon- 
ter l'échelle des vertus ; elle 
est entrée dans Farche prédes- 
tinée, et voudrait entrer clans 
la terre promise de la liberté, 
où coulent des Heures de lait et 
de miel. 

Le Ven.*, dit à rinsp.\ : 

« Amenez la Sieur pour faire 
ce voyage, et faites-lui traver- 
ser la mer. » Alors Flnsp.*. 
lui donne une baguette, après 
lui avoir passé dans les bras la 
chaîne qui a servi dans le grade 
d*App.\ Pour lors le Yén.\ 
frappe cinq coups distans F un j 
de l’autre. 

Au premier coup, les FF.*, 
et Sieurs se lèvent ; 

An deuxième, les FF.*, seuls 
élèvent perpendiculairement 
l’épée qu’ils tiennent dans la 
main droite; 

Au troisième, ils en baissent 
la pointe horizontalement; 

Au quatrième, ils lèvent per- 
pendiculairement la baguette 
qu’ils ont, et les S<eurs se joi- 
gnent à eux ; 

Au cinquième, ils baissent 
horizontalement la baguette, 
en croisant diagonalement l’è- 
pée dessus. 

Après cet exercice, l'inspec- 
teur conduit la Héeip.\au pied 
de l'autel, par dissous les ba- 
guettes et épées. 

La Sieur étanl h genou, le 


182 

à o pointes avec les lettres : 
I). G. U. P.L., qui signifient </û- 
crêtes , constamment unies par 
l'estime . 

B/joi . Un maillet d’or. Cha- 
que sieur, ii son admission, 
reçoit une alliance d'or , sur 
laquelle est gravé le mot sacré 
et une paire de jarretières en 
taffetas ou satin blanc; sur cha 
cune est brodé, en or, un cœur , 
avec cette devise sur Tune, la 
vertu nous unit, et sur l’autre, 
le ciel nous récompense . 

JIahillemext*. Le G.*. M c et le 
F.\ déposil.*. sont revêtus de 
l'habit de tir.*, prêtre. Les FF.*, 
et les Sieurs, comme dans le 
giade précédent. Les SS.*, ont, 
de plus, une baguette à la 
main. 

Question u'Omihe. 1). Etes - 
vous parfaite ? 

IL Guidée par FEtornel, je 
suis sortie de l’esclavage, 
j D. Qu entendez vous par cet 
I esclavage ? 

H La captivité oii nous lan- 
guissons dans le siècle, figurée 
par celle des Israélites, en 
Egypte. Le vrai maçon se re- 
garde, dans le monde, comme 
dans une terre étrangère, il gé- 
mit dans sa captivité, il n’as- 
pire qu après sa véritable patrie. 

| {flotte morale , ajoute le F.*, 
i U.oîux, est d'un cafard et non 
i d'une Maçonne .) 

1). Assujettie à ce corps fra- 
gile, comment pouvez-vous dire 
gué vous êtes libre ? 

IL L’initiation à nos mystères 
a dessillé mes yeux. J’ai secoué 
le joug des passions ; la raison 
m’éclaire, et son flambeau, per- 



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Yén.\ dit en lui ôtant sa chaîne : 

« Il est temps de rompre vos 
fers: sortez de l'esclavage : 
ïa promesse que vous allez 
faire demande une entière li- 
berté. » 

Obligation. 

« Je promets et jure devant 
« le Créateur de toutes choses 
« et le vengeur du crime, et 
« devant vous, mes chers F. 1 
« et Sœurs ici rassemblés, do 
« redoubler de zèle et de recon- 
« naissance ; de ne jamais rien 
« révéler du grade de Perfcc- 
« lion à aucune App . ■ . , Comp 
« ni Mail.-., ni M ,se ; de prali- 
« quer les vertus qui vont m'è- 
« Ire enseignées, sous peine 
« d'être regardée, par les ver- 
« tuoux Maç.*. et Maçonnes, 
« comme un parjure, une in- 
« famé. Dieu me soit en aide ! » 

Le Yén.\, après avoir relevé 
la Récip.\, dit au F.*. Insp.\ 
Surv.\ Déposit.*. : « Apportez 
le dépôt, que je prouve aux 
FF.*, la fidélité de la Sœur. » Il 
porte le dépôt sur l’autel, et le 
Yen.’, ajoute : « Pour commen- 
cer, ma chère sœur, votre nou- 
velle carrière par un bienfait 
insigne, levez promptement ce 
vase. » Alors l’oiseau prend son 
vol, et le Vén.\ dit : « De tous 
les biens, le plus cher c’est la 
liberté : supportons patiem- 
ment les revers les plus rudes ; 
tôt ou tard une main secou- 
rable, guidée par la Providence, 
nous en retire et nous rend à 
nous-mêmes. » 

Le F.*. Inspecta, mène la 
Sœur à l’Atel.*. où elle travaille 


çant le voile dont la volupté 
masque le vice, m’on découvre 
toute l’horreur. 

(Le F.*. Ragon indigné con- 
tinue :) 

Obsehvation. — Un tel grade, 
portant la dénomination de par- 
faite , et dans lequel figure 
r autel de la vérité , devait être 
un cadre heureux pour déve- 
lopper la vraie morale, celle 
qui doit servir de guide à la 
néophyte, et lui ouvrir la voie 
du progrès et de la perfectibi- 
lité. Au lieu de cela, qu’y 
trouve-t-on ? Un obscurantisme 
jésuitique, une niaiserie abru- 
tissante qui nous dispense de 
rien rapporter de plus des dix- 
huit autres questions du ri- 
tuel. 

Les travaux s'ouvrent et se 
ferment comme dans la maî- 
trise. (p. 64 à 67} 


Cette indignation du F.\ Ra- 
gon n’aurait-clle pas simple- 
ment pour objet de ne pas ré- 
véler la suite du rituel . bien 
modifié, et cféviter, ainsi, de 
rapporter la cérémonie de la 
glorification maçonnique de la 
Maîtresse Parfaite, qui, « en un 
clin d’œil est déshabillée par 
les Sœurs Inspectrice et Dépo- 
sitaire. On ne lui laisse que son 
cordon, son bijou, son tablier 
et scs jarretières. Puis, on la 
fait monter sur Y Autel de la 
Vérité , et Frères et Sœurs du 
Chapitre, les uns après les au- 
tres, passent devant elle et 
l'encensent par cinq coups d'en- 
censoir. » 



1817 


1860 


— 184 — 


encore en M ssc . On lui fait de 
plus donner cinq coup de mar- 
teau sur le cœur que le F.\ 
retire de la boite. 

Le Yén.\ fait les questions 
suivantes à l’Insp.*. ou à Tins- 
peclrice : 

1). F.*. Insp.*. (ou Sœur 

Insp.*.), quel fruit la Sœur a-t- 
elle relire de son travail? 

R. T.*. V.\, le premier jour 
j’ai appliqué le ciseau pour 
chasser et retrancher de moi le 
loisir el tous les faux préjugés 
sur la Maçonnerie ; 

Le second a commencé à don- 
ner des forces à mon travail, cl 
m'a fait connaître l'excellence 
de noire Ordre ; 

Le troisième m’a appris que 
l'art des Maç. -.-Francs est de 
faire chérir l’honneur, et de 
rendre doux et complaisans les 
couirs les plus durs el les plus 
cruels ; 

Le quatrième m’a ouvert le 
cœur des Maç.\ qui répand scs 
bienfaits sur lous ses sembla- 
bles, el réserve; comme un de- 
voir. les remontrances pour 
quiconque de ses FF.*, s'é- 
carte des véritables principes. 

Le Yén.\ dit : « F.\ Insp.*., 
amenez la Ilécip.*., que je lui 
donne la récompense due à 
son travail. » 

Alors le Yen.*, lui donne nue 
paire de jarretières de ruban de 
soie bleue , où sont brodés deux 
cœurs et ces mots partagés sur 
les deux jarretières : 

La Vertu nous unit ; 

Le Ciel nous récompense . 

11 lui remet également un 
petit marteau d'or, avec un an- 


Lcs honneurs de la glorifica- 
tion rendus , « la nouvelle 
Maîtresse Parfaite reprend scs 
vêtements et vient s’asseoir au 
climat d’Afrique, tandis que le 
Grand-Maître et la Sœur Ins- 
pectrice récitent le catéchisme 
du grade, dont les sous-enten- 
dus sont maintenant faciles à 
comprendre. » (1) 

Le signe ‘ indique tous les 
passages copiés, mot à mot, 
par le F.*. Rauox dans le Ma- 
nuel Maçonnique ou Tuiteur des 
d tiers rites de Maçonnerie pra- 
tiqués en France , etc., par un 
Vétéran de la Maçonnerie ; 
deuxième édition, Paris, 1830, 

p. 282-280. 

(F Y n-t-il des Femmes dans la 
Franc-Maronnm’p, p. 103. 



1817 — 185 

neau qui s'ouvre, et sur lequel j 
rsf écrit le secret. 

Ensuite il décore la Sœur 
d'une étoile à cinq rayons (1) sur 
lesquels sont tracées ces cinq 
lettres D. C. V. P. L. ; l'étoile 
est suspendue au bas d’un ru- 
ban blanc en sautoir ; et en don- 
nant cotte décoration, le Vén.\ 
dit : 

« L’astre brillant que vous 
voyez, ma chère Sœur, fait re- 
monter l'origine de l’adoption 
k l'antiquité la plus reculée. 

Les premiers siècles la virent 
naître ; et, par une succession 
continuelle, elle se conserva 
toujours dans une portion 
d’hommes sages et vertueux 
qui nous l’ont transmise. Ce 
fut d’abord par le petit-fils 
d’Àdam que commença à se 
former cette société si respec- 
table. L’amour du bien, du vrai 
et de l’utilité les rassembla 
pour les occuper de concert 
k perfectionner et développer 
en eux les semences fécondes 
que le Parfait des plus Parfaits 
a répandues dans les âmes ; 
ils travaillèrent avec succès k 
acquérir toutes les connais- 
sances qui pouvaient contri- 
buer au vrai bonheur, et nous 
en laissèrent des monumens 
célèbres. 

« Les enfans de Noé, déposi- 
taires de nos sacrés mystères, 
n’en avaient pas moins de zèle 
pour les conserver qu'ils avaient 
ou de joie k les recevoir. Ils ne 
tardèrent pas à les communi- 
quer a ceux de leur postérité 

(P L'étoile flamboyante. — >ote du 
l'autour. 



1817 


180 


1860 


dont les vertus et les scutimens 
leur étaient connus ; ils perpé- 
tuèrent ainsi jusqu’à nous les 
sublimes connaissances qui nous 
séparent du reste des hommes. 
Apprenez, ma chère Sœur, que 
c’est à noire Société que l’E- 
gypte fut redevable des sciences 
qui la tirent regarder comme 
leur berceau; que si parmi les 
Médes, les Perses, les Grecs et 
Jes Romains , il parut tant 
d'hommes illustres et dislin- ' 
gués dans les sciences célestes, j 
ils avaient été formés, nourris 
et élevés dans les principes de 
notre Ordre ; que sert à nos 
mystères que les sages de la 
Cal due durent la connaissance 
de l’astre nouveau. Les lettres 
hébraïques qui sont tracées à 
chaque pointe de celte étoile, 
signifient que nous devons tou- 
jours être discrets, et conslam- * 
ment unis par l’estime. Nous ! 
sommes bien persuadés, ma ! 
chère Sœur, que vous n'aurez | 
point de peine à remplir cette j 
sage obligation. 

« Fasse le Ciel que cette ho- i 
norable étoile dont je vous dé- [ 
eore, vous serve de flambeau j 


lumineux pour vous éclairer et j 
conduire à la vie éternelle! et 


que h* Cordon qui lui sert tic* 


support, dont la couleur a pour 
titre le symbole de la véiité, 
vous fasse ressouvenir que vous 
devez être toujours lidéle à 
Dieu, à voire Monarque et à vos 
FF.*, et Sœurs ! » 

Le si/jne. — Le Yen.*. dit : 
« Ma chero Sœur, pour vous 
faire reconnaître Mat;.*. Par- 
faite, je vous indique le signe 



4817 


187 


1860 


qui se fait en mettant la main 
gauche sur le cœur, en Ire la 
veste et la chemise pour les 
hommes, et sous la robe et te 
corset pour les dames, puis on 
la retire, et l’on en regarde le 
dessus avec une sorte de sur- 
prise et d’étonnement, puis on 
la remet une deuxième fois h la 
même place, et, l'en ayant re- 
tirée, on en regarde de suite le 
dessous en riant. 

« Ce signe, ma chère Sœur, 
fait allusion à Moïse qui, par 
ordre de Dieu, retira d'abord de 
son soin sa main couverte de 
lèpre, et, Y y ayant remise une 
seconde fois, la retira guérie. 
Moïse reçut le signe de Dieu 
dans le buisson ardent. 

« L'attouchement est une suite 
du signe. Il se donne en retirant 
la main de dessous la veste, et 
la présenter. Celui h qui on la 
présente doit passer aussitôt sa 
main gauche dessus, en com- 
mençant par le bout des doigts. 
Ce dernier met à son tour sa 
main dessus en finissant par le 
bout de ses doigts. 

« Le mol sacrée st Ackikob, mot 
hébreu , qui signi ji e Dieu de bonté , 

« Le mot de passe est Betua- 
lîAiu, qui veut dire Maison de 
passage . C’est pour vous rappe- j 
1er que nous ne sommes qu’en 
passant sur la terre, comme les ' 
Israélites n’étaient qu’en pas- 
sant en Egypte, qui signifie, 
Lieu de tribulation , y ayant tou- 
jours vécu dans une bien dure 
captivité. 

Le Ven. 4 , dit « F.\ Insp.*.- 
Surw.-Déposit. 4 ., conduisez la 
Sœur pour qu’elle donne les 



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1860 


mois, signes et altoucliomens 
à scs FF.*, et Sœurs. » 

Puis le Vén.*. proclame cette 
SœurMaç.*. Parfaite de la Loge. 

Composition du Tableau 

En haut, Joseph se réconci- 
liant avec ses frères. 

A droite, sept épis chargés 
de blé. 

A gauche, sept autres épis 
fanés et maigres. 

Dans l'espace au-dessous , 
plusieurs hommes avec des ta- 
bliers ou truelles, qui pétris- 
sent de la terre pour faire des 
briques; Moïse exposé dans une 
petite corbeille sur les eaux du 
Nil, et la tille de Pharaon qui le 
fait retirer des (lots. 

Au bas, Moïse et Aaron à la 
tète des Israélites, après avoir 
passé la mer Rouge, qui en- 
gloutit Pharaon et son armée. 
Explication du Tableau en forme 
d'instruction. 

D. Que représente le tableau 
de Parfaite-Maç.*.? 

R. Il représente Joseph en- 
touré de ses frères, à qui il 
donne le baiser de paix en signe 
de réconciliation. Non seule- 
ment le pardon des injures est 
le propre du caractère du Véri- 
table Mac.*., mais il doit join- 
dre à l’oubli de l’insulte une 
amitié sincère et durable. 

Sept épis garnis , sept autres 
fanes et maigres : 

Les sept premiers désignent 
les sept vertus marquées par les 
sept échelons de Féchelle mys- 
térieuse de Jacob, savoir : la 
Candeur , la Douceur , la Vérité , 
la Tempérance , la Discrétion , la 



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Clémence et l'Humanité. La pra- 
tique de ces vertus nous assure 
des jours longs, paisibles et 
heureux. 

Les sept derniers sont Limage 
des vices opposés : l'Hypocrisie, 
la Colère , le Mensonge, la Cra- 
pule, l'Infidélité , la Cruauté 
et l'Orgueil , dont un seul suffit 
pour ternir l’éclat des autres 
vertus, en faire perdre le mérite, 
et nous réduire dans cet état 
misérable où la chute du pre- 
mier homme nous a plongés. 

Au-dessous, le corps entier 
des Mar.*, en habit de travail, 
d’où nous vient l’origine des ta- 
bliers, marteaux ou au très oui il s 
qui désignent notre état : tous 
les hommes, sans distiuclion 
de rangs, trouvent, dans la cap- 
tivité des Israélites en Egypte, 
une leçon bien frappante pour 
leur servir de règle dans leur 
conduite : rois, princes, sei- 
gneurs et autres, nous sommes 
tous relégués pour un court es- 
pace de temps sur cette terre 
périssable. Sujets aux intempé- 
ries des saisons et aux influen- 
ces des astres, nous apportons 
en naissant un secret penchant 
pour le mal ; tout ce qui nous 
entoure nous porte à une chute 
prochaine ; la raison, que nous 
tenons du ciel, s’oppose souvent 
en vain à la force des passions 
fougueuses qui nous précipitent 
dans l’abîme du crime, surtout 
lorsqu oubliant notre esclavage, 
nous ne remplissons pas très 
exactement les devoirs de notre 
condition. Tous nos instants 
sont précieux : un jour on nous 
fera rendre compte de notre Ira- 



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1860 


vail. Ainsi pour soulager nos 
frères, satisfaisons chacun à nos 
devoirs, et que de notre zèle, et 
do* noire exactitude, il en résulte 
cette harmonie qui seule entre- 
tient l'univers. 

Mohe exposé sur les eaux du 
Ntl, dans une corbeille qui s'ar- 
rête dans des roseaux , et la fille 
de Pharaon qui le fait retirer 
pour le sauver , nous démontrent 
que noire vie s'écoule avec la 
rapidité d'un fleuve. Il dépend 
de nous d'en embellir le cours 
par la pratique des vertus, et de 
semer de Heurs le lieu de notre 
passage. Malheur à nous si, 
dans noire course déréglée, 
semblables aux lorrens qui dé- 
truisent tout ce qu’ils rencon- 
trent, nous laissons sur notre 
mule des moiiumens d’horreur, 
au lieu de signaler notre mé- 
moire par dos bienfaits. 

La corbeille arrêtée dans des 
roseaux, nous représente notre 
faiblesse, et que le souflle le 
plus léger des moindres pas- 
sions peut nous détourner de la 
roule des vertus. 

La fille de Pharaon qui fait 
retirer Moïse des eaux , nous ap- 
prend que la Providence mé- 
nage souvent, pour noire salul. 
les moyens que nos ennemis 
destinaient à notre perte. 

La mère de Moïse , qui le sui- 
vait de loin, est chargée de l'a- 
luiter. Tous ceux de nous qui 
sont pères apprennent, par col 
exemple, qu'ils doivent veiller 
à la conduite de leurs enfans, 
et ne point exposer leur inno- 
cence à l'attrait des plaisirs, qui 
les entraîneraient dans les 



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1860 


écueils dont le siècle est 
semé . 

L'expérience paternelle doit 
veiller à leur sûreté ; l’amitié 
et la douceur doivent assaison- 
ner leurs remontrances. 

Moïse et Aaron à la tête fies 
Israélites dans le désert, après 
le passage de la mer Rouge, Pha- 
raon et son armée submergés 
dans les flots : Ceci nous repré- 
sente le corps entier des Maç.\ 
qui, ayant secoué le joug des 1 
passions sont dans leurs logos, , 
comme les Israélites dans le 
désert, à l’abri des vices, figu- 
rés par Pharaon et son armée 
submergés. 

L). Expliquez-moi le tableau 
de Comp.*. où est la tentation ! 
d'Adam et d’Eve et où est aussi | 
une tète de mort. 

H. Le tableau parsemé de 
larmes et de trophées de table, 
où es! peinte une tète de mort 
nous rappelle la chute de notre 
première mère, dont la déso- 
béissance a attiré sur la race 
humaine les vices, les maladies, 
source intarissable de larmes, 
et la mort, à laquelle tout ce 
qui naît est assujetti. 

D. Expliquez-moi le tableau 
du même grade qui est a gau- 
che. 

R. Le paradis terrestre, figuré 
et renouvelé dans l’assemblée 
des FF.*, par des mœurs inno- 
centes , qu’ils y pratiquent 
comme dans Page d’or. 

1). Que représente le Vén.\ 
d'une loge ? 

R. Moïse, le conducteur et 
le chef des Israélites. 

I). Que représente h* F.\ 



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1860 


lnsp.\ — Sunv. — Déposa . ? 

R. Aaron, aide et compagnon 
de Moïse. 

D. Que représente une logo ? 

R. Les Israélites, que Dieu 
avait choisis pour les siens. 

U. (Jue signi/ie le sixième* j 
échelon de l’échelle mystérieuse i 
de Jacob ? j 

R. La clémence que nous de- 
vons tous exercer en cas d’in 
suite surtout de la part de 
nos Frères. 

D. Kxpliquez-moi ce que signi- 
iie le. septième échelon ? 

R. L’humilité qui doit régner 
dans nos meilleures actions, ;i i 
quelque rang' que nous soyons 
élevés, et qui étoufle l'amour- 
propre, et nous garantit du 
poison séducteur de la flatterie. 

I). Pourquoi les Maç.\ appli- 
quent-ils leurs signes sur les 
cinq sens de la nature ? 

R. Pour nous apprendre à n’en 
taire qu'un bon usage. 

Le 1 er au nez. — Les par- 
fums les plus exquis et les plus 
recherchés sont comptés pour 
rien en loge : c'est par la seule j 
vertu et sa pratique qu’on se met 
en bonne odeur. 

Le 2° à r oreille. — Tout bon 
Mae.*, doit la fermer à la ca- 
lomnie ( k l ii la médisance, et ne 
jamais proférer un mot qui 
puisse blesser Voreille la plus 
chaste . 

Le 3 e sur la bouche. •— Si un 
Maç.\ prend 1rs repas en loge, 
c'est pour renouveler lacharilé 
des premiers fidèles, et pour 
réparer ses forces épuisées par 
le travail sans s'arrêter augofil 
des mets qui sont servis. 



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Le 4° sur l'œil. — Si Fmil 
d’un Mac.*, considère la beauté 
<l<* ses Soeurs, il est moins flatté 
de cet assemblage que des ver- 
tus de leur âme : il admire et 
respecte en elle l'ouvrage ac- 
compli du Créateur. 

Le 5 6 l'attouchement . — Le tou- 
cher que nous nous conférons 
nous instruit que nous renou- 
velons chaque fois notre traité 
do paix et d'union, et que nous 
sommes toujours prêts à tendre 
une main secuurable à nos FF. * . 
malheureux qui se trouvent 
dans le besoin ou la captivité. 

Instruction. 

1). Etes-vous Parfaite ? 

R. Guidée par l’Etcrnel, je 
suis sortie de l'esclavage. 

1). Qu’entendez-vous par cet 
esclavage ? 

U. La captivité où nous lan- 
guissons dans ce siècle, figurée 
par celle des Israélites en Egy- 
pte. Le vrai Maç.\ se regarde 
dans ce monde périssable 
comme dans une terre étran- 
gère ; il gémit dans la captivité 
et n’aspire qu’aprèssa véritable 
patrie. 

D. Assujettie à ce corps fra- 
gile , comment pouvez-vous 
dire que vous êtes libre ? 

R. L’initiation à nos mystères 
a dessillé mes yeux; j’ai secoué 
le joug des passions ; la raison 
m'éclaire ; et le flambeau, per- 
çant le voile dont la volupté 
masquait la vue, m'en découvre 
toute l’horreur. 

I). Comment êtes- vous parve- 
nue an but de la Maçonnerie ? 

R. Par Laide (Lun F. 4 , secou- 


MAÇONN. 



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1860 


râble qui devint mon guide, et 
me remit à la porte du temple 
des vertus, dont l’éclat a dis- 
sipé les ténèbres qui couvraient 
l’univers. 

ï). Etes-vous entrée dans ce 
temple ? 

H. Oui, Von,*., en traversant 
une voûte de fer et d’acier. 

i). Oue signifie celle voûte ? 

H. Comme la solidité d’une 
voûte dépend de la coupe et de 
la solidité des pierres, que 
toutes aboutissent au point 
central, de 1 même chaque mem- 
bre de notre Ordre doit coopé- 
rer à l'harmonie qui fait noire 
force, et dont la clef est celle 
amifié sincère cl vertueuse qui 
caractérise les vrais Mae.'.. 

1). 1 *mirquoi celte voûte est- 
elle de fer et d’acier ? 

H. Pour nous avertir que 
nous devons fuir les criminels 
plaisirs de l’Age de fer, si nous 
voulons jouir des innocentes 
voluptés de l’Age d’or. 

D. Chassée de ce ilieu de dé- 
lices, comment y êtes-vous 
rentrée ? 

H. Sur l’arche de Noé, ou- 
vrage construit et terminé sur 
les plans tracés par PEtrc-Su- 
prème. 

1). Quel était le projet de cet 
édifice ? 

IC 1) e sauver le juste Noé et sa 
famille, sort réservé aux élus. 

I). Pourquoi les autres 
hommes n’eu prolilèrenl-ils 
pas ? 

U. Aveuglés parleurs fausses 
lumières, ils critiquèrent Pôu- 
vrage du Civ. Mail.*., qui, 
pour punition de leur orgueil. 



1817 


193 


1860 


les livra à rendurcissement de 
leur cœur qui les précipita dans 
l’abîme. 

I). Où s’esl tenue la première 
Loge et par qui ? 

H. Par Adam et Eve dans le 
paradis terrestre, pendant leur 
état d’innocence. 

I). Quand s’est tenue la se- 
conde Loge ? 

K. Pendant le déluge, par 
Noé renfermé dans Larché avec 
les justes. 

I). Quand s’est tenue la troi- 
sième Loge ? 

R. Lorsque Dieu, sous la 
ligure de trois anges, visita 
Abraham et Sara. 

I). Quand s’est tenue la qua- 
trième ? 

R. Lorsque les anges fuyant 
l’incendie de Sodùme, se réfu- 
gièrent dans la maison de Loth, 
et sauvèrent ce bon Maç.\ de 
l'embrasement de cette ville 
criminelle. 

I). Quand s’est tenue la cin- 
quième Logo ? 

U. Lorsque Joseph ayant ren- 
contré son cher Benjamin, reçut 
ses frères et les fit manger à sa 
table. 

D. Eut-il quelque distinction 
pour Benjamin ? 

U. 11 lit servir devant lui cinq 
fois plus qu’a ses autres frères, 
lui donna cinq robes, et n’en 
donna que deux aux autres, et 
présenta cinq de ses frères h 
Pharaon. C’est de cette der- 
nière époque que le nombre 
cinq est consacré chez tous les 
Maç.\, et qu'il est devenu litre 
d'honneur et de distinction. 
Les cinq robes désignent les 



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196 


1860 


cinq grades : heureux qui mé- 
ritera lf dernier ! 

I). Qui peut espérer de Foble- 
uir ? 

il. Tout Ma<;.\ cl Maçonne, 
qui, semblables ii Joseph après 
la cruauté allumée par la 
jalousie, résistent aux attraits 
de la volupté, soutiennent sans 
crainte Fécial du soleil de Funi- 
vers. 

1). Comment ce patriarche 
élail-il moulé à ce haut point de 
gloire ? 

H. Par la prudence et la sa- 
gesse toute divine qu’il avait 
en partage. Chacun de nous 
peut parvenir au mémo hon- 
neur, en suivant les sentiers 
étroits de la vertu. 

I). Quelle lut sa récompense ? 

II. Pharaon lui remit son an- 
neau royal : c'est pour en con- 
server la mémoire qui» le Yen.*, 
en donne un aux Sœurs Par- 
faites. 

I). Que devint celle Logo à 
laquelle présidait .Joseph ? 

JL Elle s'accrut, devint nom- 
breuse, et rendit des services 
continuels aux rois el aux peu- 
ples égyptiens : tel est le carac- 
tère du Maç.\. 

IL Qui se distingue, après 
Joseph, dans la direction de 
cette Loge ? 

R. Moïse, élu de Dieu pour 
rompre les fors île son peuple 
chéri. 

Fermeture de lu Loge. 

1). Quels sont les de\oirs 
d'une Parfaite ? 

II. Aimer, secourir, protéger 
et respecter mutuellement scs 


Lock iik t.xhm:. Le maître 
s’appelle lirsfH'r, tabla i h*s deux 
ofliciers Vénérables , et tous les 
autres : Mon char frèr \ mu 
chère sœur. 

Les verres se nomment des 
Etoiles. 

Le vin et Peau des tonnes de 
dé lu yr ronge , blanc. (Est-ce 
assez absurde, remarque le F. *. 
Ragon.) 

Le pain, du bois de l'arche. 



1817 — 

FF.*, et Sœurs, surtout dans le 
malheur. 

Le Yen.*, dit : « Continuons 
donc de nous aimer, de nous 
protéger et secourir mutuelle- 
ment dans toutes les occasions. 

« La Loge de Maç.\ Parfaite 
es! fermée. '> 

Loge dk taule 

DES QUATRE PREMIERS GRADES 

Les verres se nomment 
lampes ; 

Le vin, huile forte ou rouge ; 

L'eau, huile faible ou blanche ; 

Les bouteilles cl carafes cru- 
ches cl 7 huile. 

On dit souffler une lampe , et 
on la souffle par cinq. 

Cinquième grade 
Elue Ecossaise. 

Décoration de la Loge. — Elle 
doit être tendue en jaune et 
être éclairée par quatre lu- 
mières; un livre d’Evangile sur 
l’autel du T.*. Resp.*. . 

Le tablier est blanc, doublé 
de jaune, avec une étoile bro- 
dée en argent dessus la bavette : 
rétoile est renfermée dans un 
carré. 

Le bijou est une étoile d’ar- 
gent, pendue au cou par un 
ruban jaune. 

Titres . — Le Maître de la 
Loge prend le titre de Très- Res- 
pectable ; les deux OtL* , qui 
sont le F.*. Insp.*. et la Sœur 
Insp.*. 7V. Vénérables ; les 
FF.*, et Sœurs, Vénérables . 

Ouverture de la Loge. 

Le T.*. Resp.*, dit : 

1). T.*. Vén.\ F.*. Insp.*., 
quel âge avez-vous ? 


197 — 1860 

On dit vider les étoiles avec 
les dignités écossaises par 4. 
(Nombre des vœux des Jésuites, 
rugit le F.*. Itagon, et & est en 
l'honneur de cps vœux que les 
maçonnes doivent vider des 
étoiles !!) 

Exercice. On porte l’étoile en 
2 temps à la bouche, on la 
vide en doux temps, et on la 
pose sur la table en deux autres 
temps. On frappe 4 fois dans 
les mains, et l’on dit 2 fois : 
qu’il vire !! 

« Il faut convenir , conclut le 
F.*. Itagon, que pour un grade 
de Parfaite, ces transformations 
de noms , loin d’être heureuses , 
sont par trop ridicules. » (p. 67- 
68 ). 

Pas plus absurdes ou ridi- 
cules que tout le reste qui se- 
rait souverainement grotesque 
si cela ne masquait le xœritable 
but et les principes abominables 
de la Franc- Maçonnerie î 

sublime Ecossaise 

(3° Crade) 

Décoration de la Loge*. Il 
faut deux appartements pour 
les réceptions, ou bien on dis- 
pose la tenture de manière à 
pouvoir en changer prompte- 
ment la couleur, soit en retour- 
nant les panneaux, soit en re- 
levant les draperies. 

Pour le premier point de la 
réception, la tenture est verte, 
parsemée d’étoiles d’or, galons 
et franges en or. 

11 y a 9 lumières : 7 ensem- 
ble et 2 séparées. 

Pour le second point, la ten- 
ture est, comme pour les récep- 



1817 


198 


II. Je suis on âge do raison. 

I). T.*. Von.-. Sœur Insp.-., 
quelle heure est-il ? 

H. Doux liouros. 

1). A < inollo houro les Sœurs 
bleues écossaises sont-elles 
dans l'usage d’ouvrir leurs tra- 
vaux ? 

H. A deux heures, T.\ Itosp.*.. 

Le T.’. Kesp.*. dit : « T. .. 
Voit.'. Su*tir Insp.*. et T.*. Vén.\ 
F.*. Insp.*., étant parvenu h 
1 âge do raison et à la dernière 
heure du jour, invitez les FF.*, 
ol Sieurs qui décorent vos cli- 
mats à continuer do so rendre 
parfaits et prévenoz-lcs que la 
Loge d’Klue écossaise est ou- 
verte. 

11 frappe deux coups, répétés 
par la Sieur Insp.*. et le F.*, 
insp.*. 

Réception. 

Après que la Réeip.*. a été 
seule livrée à ses réflexions 
pendant un quart d’heure, elle 
est amenée les yeux bandés, à 
la porte de la Loge par la (îr.\ 
Insp.*., qui lui fait nier sa 
coiffe, et mettre un grand mou- 
choir sur le cou. 

L’inspectrice frappe deux 
coups un peu dis tans l'un de l'au- 
tre ; rinsp.*. répond par deux 
autres coups, et demande ce 
quVlle désire. L'Inspectrice dit : 
« C’est une Mar.-., et reconnue 
telle parmi nos FF.*., qui désire 
être admise à la dignité d'Elue 
écossaise, après avoir fait toutes 
ses preuves pour cola. » L’Ins- 
pecteur dit : « La Sœur est 
elle digne de cette faveur ? » 
L’Inspeelriee répond : « Le zèle 


1860 

lions habituelles, couleur pon- 
ceau, galons et franges en or. 

Oulie les lumières exigées 
dans les grades précédents, il 
y a 3 lampes, chacune de trois 
lumières suspendues au pla- 
fond, deux sont à l’Asie ol la 
troisième a l’Europe, du coté de 
l’Afrique. 

Sur l’autel est un vase où 
brûle de l’esprit devin pendant 
la réception. 

Titres*. Le M e représente le 
grand-prétre Eliacim (en hébreu, 
Kliahim , résurrection de Dieu) 
gouverneur de Béthulie. 

Le l fcl ‘ Sunw représente 
Ozias (en hébr. Gositth , force 
du Soigneur), prince de Juda. 

La sœur récipiendaire repré- 
sente Judith (en hébr \Jehaudith, 
1 au dans.) 

Susse*. Saisir ses cheveux de 
la main gauche et faire rie la 
droite le simulacre* de se couper 
le cou. 

A TT( iV CI I KM K NT*. S Y 1 U { fol aCCl* 
mutuellement le petit doigt de* 
la main droite. 

Mot de passe* : Vagao (inte- 
rior vol intimus), nom d’un des 
eunuques d’il olophonie, celui 
qui introduisit Judith dans la 
tente ( .Judith , ch. 12, v. 1). 

Mot de reconnaissance*. La 
mitée de Béthulie m'est connue. 

Maîtresses paroles*. Sigè et 
Ale thé , qu’on interprète ainsi : 
silence, vérité. 

Marche. Sept pas qui repré- 
sentent les 7 vertus : amitié f 
union , soumission , discrétion , 
fidélité, prudence, tempérance, 
auxquelles sont opposés les 
7 vic< *s : haine, discorde , or- 



1817 

qu'elle a montré pour la Ma- 
çonnerie annonce qu'oui. *> 

L‘ Inspecte.*. ferme la porte, 
et va rendre compte à la Loge. 

Le T.\ Rcsp.\ dit ; « Par qui 
est-elle présentée? On- répond. 
11 ajoute : « Ce F.*, ou Sœur 
en répond-il ? » Sur la réponse 
affirmative, le Très-Itesp.*. dit: 
«Qu'on fasse entrer la Sœur, 
et que préalablement on la 
fasse puritier. » 

L'Inspecteur va dire à l’Ins- 
peclrice : « Faites purifier la 
Sœur, et lametire en état d’ètro 
présentée; » et il referme la 
porte. 

L'Inspectrice lui fait laveries 
mains et le front, et lui attache 
les deux bras autour du corps 
avec un ruban jaune, la conduit 

la porte de la loge, y frappe 
deux coups et la remet entre 
les mains de l’Inspecteur qui 
est venu pour la recevoir; et 
l'Inspecteur lui fait faire quatre 
leurs vis à vis du T.\ Rcsp.*. et 
à un pied carré sur la Logo. Le 
T.*. Besp,*. lui dit : « Quel est 
le dessein qui vous amène ici?» 
Elle répond : « C'est le désir de 
me rendre parfaite. » Il l'inter- 
roge pour savoir si elle est vé- 
ritablement maç.\, et ordonne 
qu’on lui ôte le bandeau qui 
lui couvre les yeux pour qu’elle 
voie la lumière. 

A l'instant on lui ôte le 
bandeau; tous les FF.*. lui pré- 
sentant la pointe de Fépée au 
cœur, et le Mail.*, lui dit : «Ma 
chère sœur, toutes ces épées 
que vous voyez seront autant 
d’armes contre vous si jamais 
vous devenez parjure; mais 


199 — 1860 

gueily indiscrétion, perfidie , 
étourderie , médisance . (1) 

Batterie*. Deux coups égaux. 

Acclamation 4 . Judith , répété 
2 fois. 

Ace. Je passe cinq lustres. 

Temps dp travail. I>e l’entrée 
de la nuit à l’apparition du 
jour. 

Habillement*. Le président 
porte une longue robe blanche. 
Une large ceinture verte et pon- 
ceau fait deux fois le tour du 
corps, les bouts retombent jus- 
qu’à terre du côté gauche, el 
sont rejetés sur l’épaule gauche 
pendant le cours des travaux. 
Sur la poitrine est une plaque 
d'or où sont gravées les lettres 
qui signifient discrétion , 
vérité . Cette plaque est fixée 
par A ch aines qui passent sur 
le cou e t sous les bras. 11 est coiffé 
d'une tiare blanche en lin; il a 
sur le front un bandeau jaune, 
sur lequel sont points ou bro- 
dés les mots Kadosch Adonai 
(consacré au Soigneur). 

Cordon*. Les Sœurs portent 
le cordon écossais, ponceau 
moiré en écharpe, passant de 
droite à gaucho ; au bas est 
suspendu un glaive attaché 
avec une rosette verte ; sur le 
devant sont brodées en argent 
5 étoiles à 5 pointes ; il est fixé 
sur l'épaule avec une rosette 
blanche. 

Bijoux*. Outre le glaive sus- 
pendu au cordon, les Sœurs per- 
lent une truelle en or qui s’at- 
tache sur lapoilrine au côté gau- 
che avec une faveur bleue. Du 

(*1 Emprunts faits par lo F.*. Ragox 

au Manuel «le p. 2S1-290. 



1817 


1860 


— 200 — 


elles seront au contraire pour 
voire défense si vous continuez 
à perses érer dans le bien. » 

Il ajoute : « Faites parvenir 
la Sœur à l’autel. » 

L’Inspecteur l’y conduit en 
lui faisant passer le pied gau- 
che à la pointe occidentale du 
carré, le droit à celle du Midi, 
le gauche au Soplentrion, et le 
droit à celle de l’Orient, vis-à- 
vis le Rcsp/., qu'elle salue, et 
se met de suite à genoux pour 
prononcer l’obligation suivante, 
la main posée sur l’Evangile : 

« Je promets et m’engage 
< sur le saint Evangile, et sous 
* les mêmes obligations que 
-< j’ai déjà contractées, de tenir 
« cachés en mon cœur les sc~ 
« crets qui vont m’être confiés; 

'< el, si je deviens parjure, je 
« consens à avoir la langue et 
le cœur percés et mon corps 
« réduit en cendre pour qu’il 
« ne soit plus question de moi. 

<* Que Dieu me soit en 
« aide 1 » EUe baise l'Evangile . 

Lorsque la Récip/. a fini de 
prêter son obligation, le T.\ 
Resp/. la fait relever, lui ôte le 
ruban qui lui lie les bras, en 
disant : « Je vous délie des 
liens du vice pour vous con- 
duire dans les routes de la 
vertu, » 

Il lui ordonne d’aller embras- 
cer lous les FF/, et Sœurs, en 
commençant par les OIT/, et de 
revenir à côté de lui. (Le F /. 
fnspr. la conduit ) Revenue près 
de lui, il lui dit : « Je vous re- 
çois dans la dignité d'Klue écos- 
saise, par le pouvoir que cette 
Ilesp/. Loge m’en a confié après 


j coté droit, sont attachés, avec 
! une laveur couleur ponceau, un 
ciseau, un marteau et un anneau 
d'or ou alliance. 

Ta ïîtjkii blanc*, doublure pon- 
ceau, bordure verte ou bien 
doublure bleue, bordure pon- 
ceau, la bavette verte. On peut 
y broder divers attributs de 
l’Adoption. Le maillet et le ci- 
seau désignent la maîtrise; le 
globe marque Fécossisme, et le 
sabre, la lance, la tête de mort, 
el le sac dénotent, dit le rituel, 
la sublime écossaise (le meur- 
tre de Judith). 

Tableau. Béthnlie et son 
grand-prêtre, avec ses habi- 
tants ; 

Judith allant au camp, avec 
sa servante qui porte un sac ; 

Judith coupant la tète d’Ho- 
lofcrne ( capitaine Fort), dans sa 
tente. 

ClIAMBHE DE PHKPÀHÀTÎON. Sur 
une table est le tableau et un 
livre de prières; de plus une 
cuve pleine d’eau. 

Une sœur fait à la récipien- 
daire les questions suivantes, 
tirées des grades précédents. 

D. Pourquoi nos signes s'ap- 
pliquent-ils presque uniquement 
sur les sens ? 

H. C’est pour nous apprendre 
à n’en faire qu'un bon usage. 

D. Explique z-moi cet usage ? 

R. 1° L’ûuojîat. Les parfums 
les plus exquis sont comptés 
pour rien en loge, puisqu’on 
ne s’y met en bonne odeur 
que par la pratique des vertus. 

2° L’ouïe. Tout bon maçon 
et bonne maçonne doivent fer- 
mer l’oreille à la calomnie, à 



1817 


201 


1860 


vous en avoir jugée digne. » li 
l'ombrasse quatre fois au front, 
la décore du tablier et des 
gants, et lui donne les mot, 
signe et attouchement. 

l.e signe est de mettre le pre- 
mier doigt (index) de la main 
droite sur le front, auquel on 
répond par le meme doigt, le 
poing fermé sur le cœur, qui 
est l’ordre. 

L'ut touche ment est de présen- 
ter la main droite verticalement 
tendue à l’autre, qui répond en 
la prenant de meme avec les 
doux mains. 

Le mot est Jectifte. 

La passe , Oscàscise. 

Discours après la Réception. 

Le IV. Uesp.\ adresse le 
discours suivant à la Récip.*., 
puis fait l’instruction : 

« Vous vous ôtes rendue, ma 
chère Sœur, digne de parvenir 
au grade d’Elue écossaise ; 
celte Loge se fait un devoir de 
vous y admettre pour récom- 
pense de l’ardeur que vous 
avez montrée à remplir les de- 
voirs de la Maçonnerie. Nous 
espérons que cette nouvelle 
faveur vous affirmera de plus 
en plus dans le zèle que vous 
avez déjà, et que vous ne ces- 
serez de vous rappeler l’obliga- 
tion terrible que vous venez de 
contracter : elle vous lie dans 
un secret inviolable sur nos 
mystères, et vous prescrit de 
ne jamais vous écarter des 
sentiers peu fréquentés d'une 
vertu épurée. » 

« Voilà, ma chère Sœur, le 
but de nos travaux, et bien sù- 


la médisance, et à tous propos 
qui peuvent alarmer la pru- 
dence et la chasteté. 

3° Le goit. Quand les maçons 
et maçonnes prennent des re- 
pas en Loge, c’est comme les 
premiers fidèles, pour réparer 
leurs forces, rester ensemble et 
s'exciter à la vertu, sans s’ar- 
rêter à la délicatesse des mets. 

4° La. vue. Lorsqu’un maçon 
considère la beauté de ses 
sœurs il ne doit être touché 
d’un si bel assemblage que 
pour les vertus de l'âme, et 
doit respecter en elle l’ouvrage 
accompli d’un créateur, 

5° Le toucher. Chaque fois 
que nous nous prenons la main, 
nous nous renouvelons tacite- 
ment le traité que nous avons 
fait de nous secourir mutuelle- 
ment dans les dangers et dans 
le besoin. 

Ouverture dk la loge. Le 
Grand-Prêtre frappe deux coups 
qui sont répétés par les Surv.v 
et dit : 

D. Quel doit être le soin des 
maçon * et maçonnes ? 

R. C'est de voir si l’on est en 
sûreté. 

ü. Quel est l*> devoir des bons 
maçons et maçonnes ? 

U. Travailler, obéir et sc 
taire. 

D. Quelle heure est-il ? 

R. Le point du jour. 

« Puisqu'il est le point du 
jour et l’heure où tout bon ma- 
çon et maçonne doivent se 
mettre à l’ouvrage, avertissez 
les frères et sœurs que la loge 
de Sublime Ecossaise est ou- 
verte. A l’exemple do Judith, 



rement sans doute celui de vos 
désirs. » 

Instiu’ution. 

D. Etes-vous parvenue à la 
dignité trahie écossaise? 

R. J’ai été purifiée dans les 
eaux du déluge. 

I). Pourquoi avez-vous été 
purifiée ? 

R. Pour m’enseigner qu’il 
faut être pure pour parvenir à 
la perfection. 

I) . Pourquoi vous êtes-vous 
fait recevoir Ecossaise ? 

R. Pour affermir mon sexe 
dans les lois du secret invio- 
lable que je dois observer pour 
me rendre parfaite. 

J) . Qu’avez-vous fait pour 
être reçue Ecossaise ? 

R. Mes preuves, c’est-à-dire, 
le zèle qu'on a reçonnu en moi 
pour les lois (le la Maçonnerie. 

I). Où avez-vous été reçue 
Ecossaise ? 

R. Au .sommet du mont Ara- 
rat, dans Pelage du milieu de 
l'arche de Noé. 

I). Par qui avez-vous été re- 
çue Ecossaise ? 

R. Par une Loge d’Experts, 
que j'ai reconnus pour tels aux 
marques infaillibles qui les ca- 
ractérisent, qui sont la charité 
fraternelle qui règne entre eux. 

I). Qui avez-vous vu quand 
vous avez été reçue Ecossaise ? 

R. Noé et sa famille, conduits 
par l’Etoile d'Or. . au séjour de 
la félicité. 

I). dominent peut-on arriver 
à ce séjour ? 

R. Ayant toujours devant soi 
les obligations qu'on a contrac- 


veillons, travaillons et prions : 
Veillons, afin que nos ennemis 
ne nous surprennent pas et que 
nous soyons toujours prêts à 
les repousser. Travaillons pour 
réparer les brèches faites à 
notre àme et nous éviter l’oisi- 
veté d’où découlent tous les 
vices. Prions, afin que le (îrand- 
Architectc de l’Univers nous 
affermisse de plus en plus dans 
l'union , la concorde et la 
paix. » 

— La récipiendaire, la tele 
couverte d'un drap noir sau- 
poudré de cendre, arrive à la 
porte du temple. Elle est arrê- 
tée par un garde qui en avertit 
le 2 e Sunw. delui-ci va vers 
elle et lui dit : 

1). Que roulez-vous ? 

II. Je veux parler au grand- 
prêtre et aux principaux du 
peuple. 

1). Qui êtes-vous ? 

R. Judith. 

TJ. De quelle nation ? 

R. Eeimne juive de la tribu 
de Simeon. 

Il l'introduit entre les deux 
colonnes. 

Les frères et les sœurs restent 
assis, ayant la main droite sur 
le cœur, la gauche sur le front 
et la tête baissée pour simuler 
la douloureuse consternation 
qu’on éprouvait en Béthulie 
avant la sortie de Judith. 

Le grand-prêtre dit à la réci- 
piendaire : 

1). Que demandez-vous ? 

H. Que vous me fassiez ou- 
vrir les portes de la ville pen- 
dant cette nuit et que tout le 
peuple prie pour moi pendant 



203 


1860 


1817 

tées, et en ne s’écartant jamais 
des lois qu’elles prescrivent. 

0. Quelles sont ces lois ? 

R. La pratique de la vertu, 
de la chaïîlé et de l’amitié fra- 
ternelle que nous devons avoir 
pour nos FF.*., 

D. Pourquoi votre bijou est-il 
en argent ? 

II. Pour nous représenter la 
pureté que nous devons avoir 
en Loge. 

D. Que signifie le carré tracé 
sur votre Loge ? 

R. La perfection nous démon- 
tre celle que nous devons avoir 
pour élever nos cœurs à la fé- 
licité éternelle. 

D. Donnez-moi le mot de 
passe. 

R. (On le donne.) 

D. Que veut dire ce mot? 

R. Parfaite Ecossaise. 

D. Donnez-moi le mot ? 

R. (On le donne.) 

D. Que veut dire ce mot? 

R. Le point de félicité où 
nous devons aspirer. 

D. Donnez-moi le signe. 

R. (On le donne.) 

D. Que vous rappelle ce si- 
gne ? 

R. Les peines de mon obliga- 
tion. 

D. Donnez raltouchement au 
F.*. Inspecteur. 

IL (On le donne ainsi que l'em- 
brassade.) 

Fermeture. 

D. Quel âge avez- vous? 

R. L'âge de raison. 

D. Quelle heure est-il ? 

R. Quatre heures. \ 

1). A quelle heure les Elues J 


cinq jours. Alors je vous appor- 
terai des nouvelles sûres de la 
Béthulie. Je vous conjure de ne 
point rendre la ville avant ce 
temps. 

Le Grand-Prêtre : « Allez 
en paix et que le Seigneur soit 
avec vous ! * 

Elle sort et rentre dans la 
salle de préparation. Elle quitLo 
son drap noir, se lave et revêt 
ses ornements. Elle prend de la 
main droite un sabre, de la 
gauche une tête de mort peinte, 
qui avaient été déposés pendant 
qu’elle était en loge. 

(C'est alors qu'il faut chan- 
ger la tenture verte en rouge.) 

A son retour en loge, elle 
crie à la porte : Victoire î Vic- 
toire ! Le guide en avertit le 
second surveillant qui le dit au 
premier : celui-ci informe le 
grand-prêtre qu’on a crié deux 
fois Victoire ! à la porte de la 
loge. 

LeGrànd-Prhtre : Faites-voir 
qui a crié ainsi . 

R. C’est Judith. 

Le Grand- Prêtre : Faites- la 
entrer ; mes frères et mes sœurs , 
soyons debout. 

Judith est introduite . « Loué 
soit le Grand - Architecte de 
I* Univers qui n'a point aban- 
donné ceux qui espèrent en 
lui, qui a accompli par sa ser- 
vante la miséricorde qu’il a 
promise à la nation d’Israël, et 
qui a tué cette nuit, par ma 
main, l’ennemi de son peu- 
ple. » 

(Elle montre la tête de mort.) 

Le Grand-Prêtre : « Faites-la 
avancer par les sept pas , au 



1817 


écossaises cessent-elles leurs 
travaux ? 

R. A quaire heures. 

Le Vén.\ ferme comme il a 
ouvert. 

Tableau 

lu; GRADE n’ÉLUE ÉCOSSAISE 

1° L’Etoile d’Orient; 

2° Le carré qui désigne la mar- 
che par les quatre chiffres; 

3° Les quatre (lambeaux qui 
éclairent la Loge; 

4° Le mont Ara rat; 

5° L’arche deXoé; 

0° IS T oé et sa famille sortant de 
Larché, et conduits par l’étoile 
au séjour de la félicité. 

Loge de Table de ce Grade 

Les verres se nomment étoi- 
les; 

Le vin et l’eau, des tonnes de 
déluge blanc et rouge; le pain, 
du bois de l'arche. 

On dit rider les étoiles : on 
porte l’étoile en deux temps à 
la bouche, on lavide également 
en deux temps; on frappe qua- 
tre fois dans les mains, et après 
on dit deux lois : Qu'il vive ! 
qu'il rico l (1). 

[\) faisons remarquer que celle 
Logo de Table, sert, d'après le Manuel 
du F.- H au grade do Maîtresse 
Variait?. 


204 - 1860 

pied de l'autel , pour prêter non 
obligation. 

Hile donne la tète de mort au 
maître dos cérémonies, qui la 
met au bout d’une, lance placée 
contre l’autel. 

Obligation. « Je promets, 
sous les mômes obligations des 
grades précédents, de garder 
un secret inviolable sur celui 
qu’on me confère. Je promets 
d’aimer, protéger et secourir 
mes frères et mes sœurs dans 
toutes les occasions, même au 
péril de ma vie. Je promets 
toutes ces choses sur ma pa- 
role d’honneur, et je consens, 
si j'étais capable d’y manquer, 
d'encourir le mépris, la honte 
et l’infamie réservés aux parju- 
res. Que Dieu me soit en aide! » 
Le grand-prêtre décore la ré- 
cipiendaire du grand cordon 
vert, on disant : « Je vous dé- 
core de cet ornement; sa cou- 
leur, symbole de l’espérance, 
doit vous attacher de plus en 
plus à nos préceptes. » 

11 lui donne les gants et lui 
al tache le tablier, ajoulant : 
« Ma vénérable sœur, la cou- 
leur de ces ornements vous 
désigne, par sa blancheur, l'in- 
nocence et la pureté des bons 
maçons et maçonnes. » 

Enfin, il lui donne les signes, 
attouchement, paroles, mot de 
passe, et dit : 

« Vous voilà, ma vénérable 
« sœur, parvenue au dernier 
« grade de la maçonnerie d’a- 
« doption. (1) Tous les mem- 
« bres de cette rosp.\ loge ont 

(1) l) y a encore d'autres pradcsdontnnus 
nous occuperons aux Chapitres suivants. 



1817 


205 


1860 

« concouru à ce qu'il vous fût 
•< accordé, parce qu’ils ont été 
« édifiés de votre zèle à remplir 
« vos devoirs dans les grades 
« précédents. Celui-ci, par sa 
« supériorité, vous oblige à de 
« nouveaux efforts. Ne vous 
« ralentissez pas, et que l’on 
« puisse dire de vous, chère 
« sœur, si elle possède tous les 
« grades de la Maçonnerie, 
« c'est qu’elle est douée de tou- 
« les les vertus. » 

Il la fait asseoir à côté de lui, 
et donne la parole à l’orateur 
qui développe le principe du 
grade (I) ; puis on termine 
par 1* 

Instruction. 

D. Etes-vous Sublime Ecos- 
saise 1 2 ? 

R. Oui, je le suis. 

D. A quoi le connaîtrai-je ? 

11. Aux signe, attouchement 
et paroles. 

D. Où avez-vous été reçue ? 

II. Dans la ville de Béthu- 
lie ;2). 

D. Quel motif vous engagea à 
vous faire recevoir ? 

11. La liberté de tous mes 
frères et sœurs. 

D. Quel était leur tyran Y 


(1) [/orateur travestit maronuiqucmenl 
l’histoire biblique de Judith et d’HoIo- 
pherna, sans intérêt pour nos lecteurs. 

(2) Le F. l»agon dit en note : « Cette 
ville imaginaire n'a pas plus existé que 
rindiguc histoire de Judith, heureuse- 
ment pour l’honneur des femmes que 
relie fable ralomuie. II en est de même 
de Caïn qui n'est pas plus coupable de la 
mort d’Abel, que l’est la nuit de lYvtiuc- 
iiou du jour a l’Oecidcnt. » Celle der- 
nière réflexion démontre que le F.* lla- 
gon tendait au Luciférianismc. 



1817 


2oa 


1860 


H. Ilolopherne, général des 
armées de Nabuchodonosor. 

D. Comment êtes-vous venue à 
bout de votre entreprise ? 

R. En veillant, espérant et 
priant. 

D. Qu'ont produit ces moyens ? 

R. En veillant, j’ai cherché le 
moment favorable ; en espé- 
rant, je Fai attendu avec con- 
fiance; en priant, j’ai obtenu du 
Grand- Architecte de l’U.\ le 
courage et la force qui m’é- 
taient nécessaires. 

ü. Quelle était votre inten- 
tion ? 

R. De faire périr Ilolopherne, 
lorsque j’en trouverais l’occa- 
sion. 

D. Quand se présenta cette 
occasion ? 

R. AumomentoùHolopherne, 
livré au vin et au sommeil, fut 
abandonné par ses gardes. Alors 
je pris son sabre et lui tranchai 
la tête. 

D. Que signifient les 1 pas 
pour arriver à Faute l'ï 

R. Les 7 qualités inséparables 
de tous maçons et maçonnes, 
savoir : 

L’Amitié, sentiment que nous 
devons avoir pour tous nos 
frères et sieurs; 

L’Union, la pierre fondamen- 
1 taie de notre société; 

| La. Soumission, nécessaire pour 
I recevoir, sans murmurer, les 
arrêts de la Loge; 

La Discrétion, pour éviter les 
supercheries des profanes et 
garder nos secrets ; 

La Fidélité , indispensable 
pour observer nos obligations ; 

La Phudence, pour régler no* 



1817 


207 


1860 


actions, afin que les envieux de 
nos plaisirs ne trouvent aucun 
moyen de blâmer notre con- 
duite; 

Et la Tempérance, pour éviter 
tout excès également nuisible 
au corps et à l’esprit. (1) 

D. Quels sont les 7 défauts op- 
posés à ces qualités 7 

R. La Haine, que nous ne de- 
vons porter à aucun de nos 
FF.*, et SS.-., quelque insulte 
que nous ayons reçue ; 

La Discorde, trop contraire à 
notre institution pour ne pas 
l’éviter; 

L’Orgueil, qui doit être banni 
de nos cœurs comme funeste à 
l’humanité; 

L’Indiscrétion, qui doit être 
inconnue dans notre Ordre où 
tout est mystère et secret ; 

La Perfidie, vice trop odieux 
pour ne pas nous être en hor- 
reur ; 

L’Etourderie, comme cause 
de querelles sans nombre, 

Et la Médisance, qui est un 
vice si bas qu’il n’est point éton- 
nant que les maçons et ma- 
çonnes, dont tout le soin est de 
tendre à la perfection, la fuient 
comme une peste sociale. (2) 

D. Explique z-moi le tableau. 

R. Béthulie est la figure du 
vrai bonheur qu’on ne peut 
conserver qu’avec des soins et 
du travail. Le grand-prêtre est 
limage de Pâme; Judith et sa 
servante, celle de ses facultés. 

(1) Il est à supposer que la chaslele 
u’est décidément pas une qualité maçon- 
nique puisqu’elle n’est point comprise dans 
cette nomenclature. {Noie de l'auteur). 

(2) La luxure n’est point un défaut 
maçonnique, puisqu’on n’cu parle pas ici* 



1817 


208 


1860 


Les principaux du peuple el le 
peuple assemblé représentent 
le corps et scs membres. L'ar- 
mée d’IIolopherne représente 
les passions qui nous environ- 
nent et les charmes de Judith 
les illusions qui nous sédui- 
sent. 

IJ. Que signifient la conduite 
et le mauvais traitement d'A - 
chias ? 

R. Que tout maçon et ma- 
çonne doivent plutôt s’exposer 
à souffrir la persécution que de 
s’écarter de la vérité» quand on 
les oblige à parler; qu’ils doi- 
vent, par des discours prudents, 
tacher de ramener ceux qui 
sont dans l’erreur; sa délivrance 
par les Israélites, c’est la charité 
que nous devons avoir tant 
pour nos ennemis que pour nos 
amis. 

D. Donnez-moi la parole et 
l'application que vous en fai- 
tes 1 

R . Sigéy qui veut dire Silence, 
parce que nous devons écouter 
en silence et avec attention les 
leçons du grand-prêtre et que 
nous ne devons pas même les 
x'évéler aux FF.*, et aux SS:-: 
absents. 

D. Dite s-moi le mot de jiasse 
et son application ? 

R. Alethê , qui signifie Vérité 
el que tous les rapports que nous 
nous croyons obligés de faire an 
grand-prêtre } des fautes et négli- 
gences de nos Fh\\ et SS:-:, 
pour qu'ils y remédient, doi- 
vent être dans la pi ns stricte 
vérité. 

I). Comment vous nommez- 
vous et d'où êtes-vous ? 



209 — 1860 

R. Judith, femme de la tribu 
de Simon. (1) 

Clôture. Môme cérémonial 
que pour l’ouverture. 

Loge de tàrle. Elle est éclai- 
rée par 7 lumières ou lustres. 
Les verres se nomment coupes. 
On vide la coupe en la prenant 
de la main gauche ; de la droite, 
on prend le sabre qu’on passe, 
en deux temps, sur les bords 
de la coupe comme pour raser 
son contenu. Puis on laisse 
tomber le sabre et de la main 
droite on vide la coupe que 
l’on pose sur la table en deux 
temps; et l’on frappe 2 fois des 
mains en criant : Victoire, Vic- 
toire ! (p. 68-78.) 

(i) La lecture des variantes indiquées 
pour ce grade par Léo Taxil ne manque 
pas d’intérêt. (Voir Y a-t-il des Femmes 
dans la Franc-Maronnerie , p. 179 h 
205). Les mots de 'passe et de recon- 
naissance sont Ch a bris et Chauvis. Les 
FF . • . Mac * . prétendent qu’ils rappel- 
lent les noms des deux habitants de 
Béthulie qui accompagnèrent Judith jus- 
qu’aux portes de la ville. Nous donnerons 
leur véritable signification dans l'initia- 
tion scientifique des mots de passe et sa- 
crés de la Maçonnerie d'Àdoption. 



210 


1817 

Nous trouvons aussi dans le Necessaire Maçonnique d’A- 
dnpiion à l’maye des Dames, de 1817, page 181, cet article, 
sur r Utilité des Jjujes d’ Adoption ; 


« La Maçonnerie des Dames, dite d' Adoption, n’est pas ré p an- 
ci due eu France comme elle l'était autrefois ; cependant elle a son 
« utilité, comme colle des hommes, puisque son but est le même. 
« Elle ne diffère que par Sun historique et son antiquité, qui n’est 
« pas la même, quoique quelques auteurs la reportent au temps 
« de la création du monde. Elle diffère également par les 
« réceptions, qui ne sauraient ressembler à celle des hommes, 
« les dames ne pouvant physiquement subir les épreuves par 
« lesquelles les hommes sont obliges de passer. Pourquoi les 
« loges répandues sur la surface du globe, et notamment en 
« France où est le siège de la galanterie, se privent-elles du plai- 
« sir de s’associer aux travaux d’un sexe qui ajoute tant de 
« charmes à nos plaisirs. Serait-ce égoïsme ? Ce sentiment ne 
« peut se supposer chez des Francs-Maçons. Serait-ce la crainte 
« de se jeter dans des dépenses exorbitantes? Hé! qui peut 
« payer Je plaisir qu'un goule auprès de ce sexe aimable ? et une 
« logo qui sait bien s’administrer, ne peut-elle, par quelques 
« économies, parer a cette dépense ? notamment en supprimant 
« une partie de ces banquets par souscription, dans lesquels il 
o ne ligure qu'une fraction de la Loge; ce qui porte atteinte à 
« celle égalité qui doit régner parmi les Mac.*.. 

« C'est dans l’intention de réveiller dans mes FF,*, ce goût de 
« nos anciens Mait.’., que j'ai entrepris de faire imprimer tout ce 
« qui m'a paru nécessaire pour la tenue d'une loge d'adoption. 

« Toutes les Loges constituées par le G.*. 0.*. ont le droit de 
<« constituer des Luges «l'Adoption. Qu’elles profitent donc de 
« cet avantage pour en établir : ce sera un nouvel hommage rendu 
« à la vertu. Que les dames n'aient plus à nous reprocher cet 
« égoïsme qui semble présider h nos réunions : montmns-Ieur 
« que nous sommes toujours dignes des sentiments quelles sa- 
« vont inspirer. 

« Pour faciliter aux loges lestenuos de éelle d’adoption, je suis 
« entré dans tous les détails propres a les éclairer, comme on le 
« verra dans cotte seconde partie de mon ouvrage. » 

L’auteur reproduit les statuts arretés par le U.\ 0.*. pour la 
Maçonnerie féminine. Ces statuts sont importants, puisqu'ils ont 
servi de modèle ;t ceux des autres Orients de. l’univers, ainsi que 
nous l’établirons dans la suite de cet ouvrage. Nous n'hésitons 
pas à les intercaler ici. 



1817 


211 


STATUTS POUR LES LOGES 


Après les plus mûres délibérations, nous avons arreté que les 
règlcmens ci-après seront inviolablement exécutés dans toutes 
les Loges de femmes ; mais n'entendant point priver du droit que 
chaque Loge a de se faire dcsrèglemcns particuliers, ce privilège 
subsistera toujours, en tant qu’il ne contrariera en rien notre 
présent arrêté. 

Article premier. 

Nulle Maîtresse ne pourra jamais tenir loge, ni faire de récep- 
tion qu’elle ne soit constituée par un G.*. M.\ et en être autorisée. 

Art. II. 

La Loge pour faire des réceptions sera toujours composée 
d’une Vén.\ M 580 , de deux Surveillantes, d’une Sec. 4 ., d’une 
Très. 4 , et d'une Maîtresse de Cérém.*.. 


Art. III. 

Nulle femme de quelque qualité qu’elle puisse être, ne sera 
admise dans la Société, qu’elle n’ait été proposée h la précédente 
loge. La Vén,\ M sse priera les assistants et assistantes de s’en- 
quérir s’il n’v a aucune chose à dire contre la proposée, et d’en 
rendre un compte exact à la Loge. 

Art. IV. 

Si les voix sont en faveur de la proposée, elle l’en fera avertir 
atin qu'elle sache quel sera le jour arrêté pour sa réception. Si les 
voix sont contre, elle en sera de même avisée, et on lui dira avec 
honnêteté que la chose ne se peut. 

Art. V. 

Nulle femme enceinte ou dans le temps critique ne pourra être 
admise h la réception. 

Art. VI. 


Nulle ne pourra être reçue avant l'ège de dix-huit ans au moins 
accomplis. 

Art. VIL 

Les preuves de vie et mœurs seront lues en loges par le Sec.*. 



1817 


212 


des la logo ; et, lorsqu’une proposée aura été rejetée, il est expres- 
sémenl défendu à qui que ce soit d’en parler à personne. Cette 
défense s’étend jusqu'aux FF/. ou Sœurs de la loge qui ne se 
seront point trou\és à rassemblée le jour que la proposée aura 
été refusée. La violation de relie défense* méritera punition à son 
auteur ; et. lorsqu’il aura été bien constaté que tel F/, mi telle 
S:*: aura été indiscret ou indiscrète, l'exclusion de la loge sera 
unanimement prononcée. 

À ht. VIH. 

On s’informera exactement si les Snuirs sont sages et circons- 
pectes dans le monde. Si quelqu’une manquait a observer stric- 
tement les statuts et leurs engagemens maçonniques, elle serait 
réprimandée avec douceur, loge tenante, pour la première fois ; 
mais la seconde sera enregistrée, et la troisième, elle serait 
bannie perpétuellement de la Société. 

Ainsi chaque Sœur sera très réservée dans ses discours, et de- 
vra toujours sc conduire, tant en loge que dans le monde profane, 
avec la plus grande prudence. 

Art. IX. 

Lorsqu'un*' Sœur ne se sentira pas en état d'observer la plus 
grande décence pendant la réception , elle demandera de suite à se 
retirer ; à défaut, on l'y invitera . (1) 

Art. X. 

S’il se pimente quelques Sieurs étrangères, elles seront stricte- 
ment examinées avant que l'entrée leur soit accordée. Hn ce cas, 
on aura soin de les faire tuiler avant d’autres. Si elles étaient 
élues écossaises, elles seraient placées à droite et à gauche de 
la maîtresse, suivant l'ancienneté de leur réception. 

Art. XL 

Los prér-ms statuts seront observés dans la plus grande ri- 
gueur, et chaque récipiendaire promettra, dans une obligation 
particulier**. de s y Conformer dans la plus giande rigidité ; celle 
qui s’y refuserait sera renvoyée sur le champ (p. 130 à 136 ). 

Les locaux des Loges de 1*0/ . de Paris étaient alors : 

Tivoli i/Uiver, rue fircncllc-Suint-IIonoré. 

Prado, vis-à-vis le Palais-do-Justice, ancien local du Théâ- 
tre de la Lite. 


(I) I.a i*oii |i*\ turc de cct article nous laisse rè\cur î quel joli monde que celui des 
SS: ♦ : Mur: 



1817 


— 213 — 

Rue Saint-Honoré, n° 219 bis. 

Rue Saixt-Merky, n° 41, vis-à-vis l’Hôtel Jabac. 

Rue du Vieux-Colombier, n° 8. 

Dans res locaux se tenaient des Loges d Adoption. 

Enfin, les Ateliers tl Adoption avaient déjà, comme les 
Loges masculines, une fête qui se célébrait tous les ans, le 
quatrième jour après Pâques. Elle était d’obligation ; les 
autres réjouissances demeuraient volontaires. 



(D après le tracé île la J..\ de VEcostiit au Bile MoJer.ie. Manuel Maronne. 
mi Tuilcur, parut! Véti'ius i bu Ma;o.\\v., le F. Yu.u voie : Kilitimi, lS30.pl. NX. 




1818 


CHAPITRE VI 


4 *. 

e 17 mars 1818, la Loge / Honneur et la Franchise, 
0.\ do Périgueux, ont, dans le Temple 
■ des Amis Réunis, une tenue d’Adoption. 

Le maillet de la direction fut confié à 
la S:-: Baronne de Dan g las et ceux des 
SS:-: Inspect:-: échurent aux SS:-: 
Baronne (B Armagnac elDazard. « Dans 
cette réunion solennelle oîi les grâces 
rivalisèrent avec l'esprit et l’amabilité, 
on procéda à la réception des deux sœurs baronnes de Ri- 
chement, nièces du général d’Àrmagnac. »(1) 

Nous lisons dans le rapport du Secrétaire-Général du 
Saint-Empire (maçonnique), dont l’impression fut ordonnée 
e 19 novembre 1818, par la Chambre Symbolique du Su- 
prême Conseil (2) : 

« Decazes, pair de France, Ministre Secrétaire d’Etat au 
Département de la police générale, Très-Puiss. - . Sony.*. 
Grand Commandeur Titulaire du Rite Ecossais ancien et 
accepté. » 

Decazes avait remplacé le Comte de Grasse-Tilly à la 
direction du nouveau Conseil du Rite Ecossais ; le Grand- 
Orient protesta énergiquement par sa circulaire du 31 juil- 
et 1819. 

Le rapport précité mentionnait la Médaille offerte par le 
Conseil Suprême à Louis XVIII ! A défaut du sacre reli- 

gieux qu’avaient jusqu’alors demandé tous ses prédécesseurs, 


(1) Chaîne d' Union, février 1876, p. 77, note 1. 

(2) Travaux du Suprême Conseil du 33 e deyvé du Rite Ecossais ancien et 
accepté , tonie I er , 2 e livraison, janvier UUU. 



1818 — 21G — 

le frère de Louis XVI se contentait de la consécration maçon- 
nique î 



Le rapport dit encore : 

« Aux loges écossaises existantes dans cet Or. 1 , le Sun.-. Con- 
« seil devrait en ajouter une qui réunit aux Iraw*. mar.\ dos 
« séances littéraires, cl qui se composât dès lors de sa vans, 
« littérateurs et d'arlisles les plus célèbres.. . » (p. 53.) 

« Près de cette L. • . devrait en être placée une d'Adoption ; car, 
« enfin, les Dames doivent être comptées pour quelque chose 
« par les Français : leur présence seule agrandit nos plaisirs, 
« elle décuple nos jouissances.» fp. 54.) 

« Plusieurs Dames do cet Or.*., qui ont appartenu à 

« divers At. * . dWdoplion, et qui en ont toujours dirigé les Ira- 
« vaux avec sagesse, viennent de voter, sous la présidence de la 
« Très~IlL\ Grande-Maîtresse Madame la Marquise de Villette 
« la formation d’une Grande-Loge écossaise d Adoption : elles 
« Font investie de toutes les attributions qui répondent à ce titre, 
« et leur premier hommage en se réunissant, a été pour le 
« Sup.\ Conseil du 33 degré duRile Ecossais, ancien et accepté. » 

« Celte Grande Loge dWdoplion a pris le titre distinctif de Belle 
« et Bonne ; vous savez, TT.*. 111.*. FF.*., que c'cstle nom heureux 
« que donna Voltaire à sa nièce Madame de Villette. » (p. 50 . ) 

Le 5 décembre 1 SIS, la Loge des Chevaliers de la Palestine , 
<).*. de Paris, célébra à la fois, par une très brillante fèted’A- 
doption, l'installation deses officiers, la libérationdu territoire 
de la pairie et la fête de l’Ordre. Le comte d’OrfeuilIc, Véné- 
rable de la Loge, dirigeait les travaux (I). 

Toujours en butte à la jalousie des autres Rites, celui de 


(1) Le IV. ISa'ïon, o)i . tit*. 1». 98. 



217 


1818 

Misraïm avait été interdit, le 22 juin, par le Suprême Con- 
seil des Pays-Bas. 

1819 

Afin de réagir contre cet ostracisme, les Misraïmites 
français, voulurent, à l’occasion de leur fête d 'Ordre, le 
29 janvier 1819, (29 e jour du IP mois 3823), offrir une 
magnifique soirée aux dames. Les travaux lurent mis en 
activité par FUI.’. F.-. Chamanl, Vén.*. delà L.*. du jlfonf 
Sina't. Parmi les députations des autres obédiences, on re- 
marqua notamment celle du Rite Ecossais ancien et accepté. 
Le P.*. F.-. Marc Bédarride y assista, ainsi que le comte 
Murairc (Premier président de la Cour de Cassation, mort 
en 1837), qui s’exprima en ces termes à la fin de son allocu- 
tion aux députés des loges et aux FF.*. Visiteurs : 

« Pour rendre cette fête plus touchante et plus belle, vous y 
« avez appelé nos 111:*: SS:*:, l'élite de ce sexe aimable par qui 
« tout s'anime, s'embellit, tout s’adoucit dans la vie.. . . » 

« Les barreaux (sic) de I’Eden sont ouverts aux vertueuses et 
« aimables Soeurs qui vont se livrer à sa culture. Le jardin d'Eden 
« se trouva spontanément paré des plus belles fleurs. Les yeux 
« sont délicieusement fixés par l'infinie mais toujours charmante 
« diversité de leurs formes; l’odorat est agréablement flatté par 
« le parfum qu’elles exhalent ; l’oreille écoute avec un charme 
« exquis le doux tressaillement de leur feuillage délicat, agité 
« par le zéphyr léger du printemps, le goût et le toucher sont 
« sevrés des jouissances que promettent leurs calices. » 

On annonce une députation des 111:.: SS:-: de la L.\ la 
Hase Étoilée ... Le G.*. P.*, dans un discours improvisé, 
dit : 

« Mes CC:-: SS: 

« A l’annonce de votre arrivée, nous nous sommes écriés : En- 
« core des roses dans notre jardin et nous avons remercié l’Etre Su- 
« prême du soin qu’ildaigne prendre de les multiplier ! Puissiez- 
« vous trouver, mes CC:-: SS:-:, dans ces cris de bonheur çt de 
« reconnaissance, l’expression des sentiments avec lesquels nous 
« vous accueillons au milieu de nous î A moi, mes 111. \ FF.*, et 

111:.: SS:-: ! » Une batterie fait retentir les voûtes du temple. » 

Le F.\ Maghcllan, au nom des SS;.: de la Rose Etoilée , 
répond en quelques mots. Les SS: - : officières de la Grande 
Loge d'Adoption entrent, au sein d’une harmonie brillante. 



1819 


218 


Dans le discours qu’il adresse aux SS:-:, le G.*. Président 
n'oublie pas les allusions bibliques qui constituent rensei- 
gnement mystérieux de la Maçonnerie féminine et dit : 

« Oui, chères SS:-:, sans le secours du précepte, par le seul 
senlunent du devoir, par la seule impulsion du zèle, sentinelles 
attentives, surveillantes actives de ce jardin, vous y maintiendrez 
l’ordre; vous animerez les travaux, mais surtout vous en défendrez 
l'entrée au serpent tentateur . Hélas ! l'imprudente facilité de notre 
première mère n’a coûté que trop cher à sa descendance. Que cette 
leçon terrible ne soit pas perdue! Qu’elle nous apprenne à nous 
fortifier contre la tentation et contre l’orgueil de la curiosité. Eh! 
que voudriez-vous encore apprendre ? que vous enseignerais-je de 
plus? l'arbre de la science du bien et du mal et le fruit dangereux 
qu'il porte vous sont connus. Femme vertueuse, sensible et belle en 
sait toujours assez pour son bonheuret pour le nôtre. » 

La T: - : 111:-: S:-: Est h or Salvador, organe des SS:-: Ofli- 
eières, remercie. 

L'entrée de l’Eden est donnée a la fi: - : M: - : l’Ill:-: S:-: 
étant osso de Eonehéconri . 

Le IV. F.*. Comte Muraire prend la parole et s’adresse 
aux III:-: SS:.: : 

« TT: • : 111: - : et CG:-: SS:-:, s’il ne m’était permis de n’ôtre ici 
« qu'bomme du monde, je n’aurais qu’à vous exprimer le plaisir 
« que nous ressentons bien vivement de vous recevoir ,parmi 
« nous, et. sans autre courtoisie, je vous dirais que vous êtes la 
« portion de la création la plus exquise et la plus parfaite ; que le 
« bien le plus précieux de la vie émane de vous ; que c’est à vous 
« que nous devons les soins de l’enfance, les chastes délices d’un 
« amour pur, lesdouceurs du mariage, lesbienfaits delà paternité, 

« le phénomène de la reproduction Je dirais que c’est de 

« vous que viennent toutes les jouissances du cœur, toutes les 
« espérances et toutes les réalités du bonheur 

« Mais je m’arrête, j’entends s’élever, autour de moi, un mur- 
« mure d’impatience de vous voir occuper ce trône où tous les 
« cœurs vous appellent. Venez, nouvelle Esther, venez vous y 
« asseoir et mettez le peuple Maçon sous la puissante égide delà 
« sagesse et de la beauté. . . » 

Une quadruple batterie d'adoption succède à ce discours. 

La G:-: M:-:. S:.: do Eouchéconrt répond au nom de 
scs compagnes, avec une « grâce cl une délicatesse dont ce 
sexe aimable est susceptible. » 



1819 


219 


« On procède ensuite à la réception de la profane Rosalie 
Yambone. jeune personne douée de tous les avantages de la 
nature. » 

L'instruction ritualistique donnée par l'IIl: - : S:-: EIo- 
quenle constitue une véritable profession de foi libre-pen- 
seuse. 11 y est dit, sous un langage énigmatique facile à 
traduire si Ton se reporte à la scène où Ton aperçoit des 
frères aux pieds des sœurs, que les femmes ont toute latitude 
pour « éyaler F audace (le V homme dans la libre-pensée et que 
ta franc-maçonnerie en est le mot/en. » 

« Ma chère S: :, votre soumission aux formalités de votre récep- 
tion, et plus encore les qualités honorables que nous avons aper- 
çues en vous, nous ont engagés à adoucir en votre faveur la 
rigueur ordinaire des épreuves auxquelles nous soumettons les 
néophytes; cependant la déférence que nous avons cru vous té- 
moigner ne doit pas vous dispenser de suivre avec une exactitude 
scrupuleuse les préceptes austères qui nous servent de règle. Vous 
devez être pour vous-même un juge sévère et travailler sans re- 
lâche à vous fortifier dans la pratique de la sagesse, objet principal 
et constant de nos travaux. Les maçons, ces hommes éclairés, ces 
sages qui travaillent avec ardeur à faire triompher la raison et à 
étendre son empire, guidés par son flambeau tout divin, ont percé 
la nuit de l’erreur, et ils ont vu que les femmes étaient susceptibles 
comme eux d’une force morale assez grande pour pratiquer toutes 
les vertus. Comme eux elles savent apprécier le vrai, le grand et 
le sublime, et alors ils n’ont pas balancé à les associer à leurs 
travaux. C’est à nous, pleines de reconnaissance, à les confirmer 
dans l’opinion qu’ils ont conçue de nous, par des efforts constants 
et multipliés. C’est aussi ce que cette G.*. L.\ et la Maçonnerie 
entière attendent de vous ; nous sommes certains que vous vous 
efforcerez de le faire. Le temple dans lequel vous venez d’avoir la 
faveur detre introduite est le sanctuaire de la vertu ; les préceptes 
que nous y enseignons conduisent à la félicité ; ce nom chéi’i d’Àdop- 
tion est celui que nos FF.*, ont choisi pour nous initier à leurs 
mystères... 

« .... La discrétion , la bonne foi , sont au nombre de vos précieux 
devoirs ; ayez de l'indulgence pour vos semblables ; soulagez autant 
qu'il sera en votre pouvoir les malheureux ... venez souvent puiser 
dans ce temple les leçons de la charité et de la sagesse..., etc. » 

On connaît exactement aujourd'hui en quoi consistent la 
discrétion, la bonne foi, les devoirs, l'indulgence des SS:*: 
envers les FF.*. ; on sait de quelle manière elles les sou- 



220 


1819 

Jagent et quelles sont les leçons de charité et de sagesse qui 
leur sonl données dans les temples où Satan règne en maître 
souverain. 

Apres le discours de 1*111:.: S:*: Eloquente « un alléluia 
sacré tit retentir les voûtes du Temple en sa faveur. » La 
cérémonie fut terminée par un banquet suivi de bal. (I) 

Sous le litre distinctif de Belle et Bonne, la G.\ L. * . Ecos- 
saise (V Adoption et celle des Amis des Lettres et des Arts, 
nommèrent pour Vén/. d'honneur le comte de Lacépède. 

Voici en quels termes ce F.-, témoigna de sa reconnais- 
sance aux FF.*. Lieutenant Grand Commandeur, baron de 
Fernig, chevalier Leroy, Vén.*. des Amis des Lettres et des 
Arts et au F.*. Orat.\ chargés de lui annoncer que ces Ate- 
liers l'avaient appelé à cette dignité: 

« Comme Vén.*. de la L.*. d'Adoplion Belle et Bonne , je dois 
« rendre le premier hommage à la beauté, à la vertu et aux ta- 
« lents des Dames qui la composent ; aussi pour en présider les 
« travaux avec plus de sagesse, je prendrai toujours conseil de 
« l’expérience de Madame la Marquise de Villette, qui, animée 
« de l’esprit de M. de Voltaire, et cédant à ses inspirations, diri- 
« géra ses actions, ses pensées, ses désirs vers le bien de l’huma- 
« nité. » (2) 

L'installation de la L.\ des Amis des Lettres et des Arts 
et de la Grande Loge Ecossaise d'Adoplion, Belle et Bonne, 
h l'U.*. de Paris, eut lieu, le 9 lévrier 1 SU), dans Fllotel de 
Villette, rue de Vaugirard, 'il. 

Etaient présents : L c F.*, de Lacépède ; dos députations de 
la G.*. L.*. Ecossaise des Propagateurs de la Tolérance, des 
Chevaliers de la Palestine , de la Pose du Parfait Silence, des 
Phi lare tes ; du Sup.*. Cons.*, du Xi degré du ltitc Ecossais 
ancien et accepté, présidée par Je général baron de Fernig. 
L'étendard de FEcossisme fut placé près du buste de Vol- 
taire. 

Le Temple se changea en jardin d'Edcn : les tableaux em- 
blématiques de la Maçonnerie d'Adoplion embellirent les 
divers climats ; un transparent s'éleva au-dessus du trône : 


(i) De l'Ordre de Misraun, par /c V.-, Marc Bkd utRUje, (ome U, p. 

lâ, Trar . du Sup . Cons. du Rite Ecoss. a. et a., 1NK>, Tome I, 2 e lit raison, 

p. 



221 


1819 

les (leurs les plus rares décorèrent ce mystérieux parterre. 

La S:*: Grande-Introductrice accompagna jusqu’au trône 
les ïll.* . GG.*. MM.*. d 'Honneur et Titulaires, la Marquise 
tir YiHettr et la Comtesse de la IV** ; elle conduisit succes- 
sivement aux divers climats les SS: : GG:-: Insp:-: et 
Dépos:-:. ainsi que les autres SS:-: dignitaires et quatre- 
vingts SS:-:. Le prince royal de Wurtemberg, Lady Morgan, 
la Dur h esse de la Roche foucault et plusieurs autres maçonnes 
étrangères, prirent part à cette cérémonie. 

Discours de la S:-: Marquise de Villeite . Réponse du F.*. 
<!e Lacépède. Discours d'installation du F.*. Chevalier de 
Xazan, président. Les SS: • : prêtèrent leur obligation. Le Che- 
valier Lerov remercia la Commission installatrice. 

Thrrrsia Desmares, en s’accompagnant de la harpe, chanta 
les couplets de la Vision de Jacob à Réthel , composés par Je 
F.*. Chemin-Dupontès. Les délégués des Loges députés h 
cette fète prononcèrent successivement des allocutions ; le 
F.*. Chemin-Dupontès, Oral.-, de la Grande Loge Ecossaise ; 
le F.*. Comte d'Orfeuille, Yén.\ des Cheraliers de la Pales- 
tine . Le Yen.*, titulaire, Chevalier Leroy, leur répondit. 
Après quelques morceaux exécutés, sur la harpe, par la 
S:-: Doucher , FÜraL*. des Amis des Arts , le F.*. Saulnicrfils, 
pérora encore. 

L’Ill:-: G:-: Inspect:-: comtesse de (V** demanda et obtint, 
conformément aux désirs des FF.*, et SS:-: que la prose de 
FOraL*. fût déposée aux archives. 

La S:-: Duchesnois récita les vers de Marmonlel en l’hon- 
neur de Voltaire, vers que la Clairon avait, jadis, débités au 
pied de la statue du patriarche de Ferney. Le F.*, de Jouy 
avait ajouté deux strophes afin que cetlc poésie fut mieux 
adaptée à la fète du 9 février 1819. 

La S:-: Duchesnois reçut les embrassements des deux 
Crandes Maîtresses d’honneur et titulaire, et le baiser fra- 
ternel des SS: • : Inspect: - : , Déposit: - : et Introd: - : . Madame la 
marquise de Villette couronna le buste de Voltaire et, répon- 
dant, au concert d’éloges qui s'élevait de tous les climats, dit: 
« Mes FF.*, et mes SS:-: pour m'expliquer tant de témoi- 
gnages de votre affection et union, j'ai besoin de penser que 
vous aimez en moi un des ouvrages de Voltaire. » 

Mademoiselle Münck et le F.*. Dupont chantèrent un duo 
et divers morceaux furent joués parle F.*. Boucher, violo- 



1819 


222 


nistc, avec accompagnement de second violon, alto et basse, 
en sourdine. 

La loge d’Adoption fut fermée et l'on passa dans les ap- 
pariements de la Marquise de Villette pour entendre un fort 
beau concert el prendre des rafraîchissements, etc. Les voi- 
tures remplissaient la cour de 11 Intel de Villette ; au dehors, 
elles s'étendaient jusque dans la rue de Yaugirard, d'un 
colé jusqu'au Palais de la Chambre des Pairs ; de l'autre, 
jusqu'à la rue d’Assas. La fêle se prolongea bien avant dans 
la nuit. (I) 

Sur la demande de plusieurs Gardes du corps deLouisXVIH, 
membres de la L.*. tics Chevaliers de la Palestine , à PU.*, 
de Paris, on adopta ([lie la fête d'ordre de cet At.\ serait 
célébrée le o* jour du 1 P mois de l'année maçonn.*. et que 
des travaux (l'Adoption y seraient ouverts, a/in que les SS:*: 
[missent y assister. (2) 

Dans la seconde Loge d'Adoption du 17 février, présidée 
par la S:*: De fa Hoche fouvauhL la S:-: Dnchesnois et le F.*. 
Talnia répétèrent l’une des plus belles scènes d 'OEdip<\ 
premier chef d’uuivre de Voltaire. (:i) 

Le F.\ Williams Preston meurt et lègue, par testament, 
12,'îlM) francs à l'école des jeunes filles maçonnes an- 
glaises. (l'i 

Nous trouvons dans Y Histoire Pittoresque de la Franc-Ma- 
çonnerie du F.*. Cliver ce passage important : 

« Pendant la Restauration, le Crand-Orient. n’osant espérer 
« une reconnaissance officielle, s'efforça du moins d'obtenir Fac- 
« ccptation de la grande-inailrise par un prince du sang. On 
'< pressentit i\ cet égard Louis XVIIÏ, qui avait été reçu maçon , à 
«« Versailles, avec son frère . le comte £ Artois, quelques années 
<* avant la révolution de 1781). 11 ne manifesta aucune répugnance 
« personnelle; mais il objecta que la Franc-Maçonnerie était vue 
« » de mauvais æU par la Sainte- Alliance, qu'il fallait craindre , et 
« par le clergé français ou'il était prudent de ménager; que dans 

cet état de choses , il y aurait de l’inconvénient à donner d la 
*< maçonnerie une approbation formelle ; que le gouvernement ne 


( 1 . Trar.dn Sup. Cons . du 33' detjrr du Riiï Ecoss. a. ci a. Tome 1 er , 
1° livraison, p. 151-108. 

(2) J h kl. y Tome I c, \ 3 e livraison, p. 147. 

(3) V nivers Mar.*., 1837, p. 70 et suiv . 

(4) Le Franc-Maçon , 4 e année, n°* 0, 10 et 11 ; — Octobre 1853, p. 




File d' Adoption de la I..-. Belle et Bonne, à 111 ''kl de Yillclte, le 9 février ISl'J. ( Fac-Similé île la gravure publiée 
dans Yllist. Bill. <lc la h'.-.-M.-. du F.*. Clavei.. 1843). 



1819 


224 


« l’inquiétait pas et que cela devait lui suffire pour le moment; 
« qu’au reste, elle formait un contre-poids utile qu’on avait inté- 
« rôt à conserver el que cette considération était assez puissan te 
« pour dissiper les craintes qu’elle pourrait concevoir pour l’a- 
« venir. Celte réponse ne satisfit pas le frère à qui elle était faite. 
« (Juelquo temps après, il s’adressa directement au duc de Berry, 
f< et lui offrit la grande- maîtrise. On n’a jamais su précisément 
« quelle détermination prit le duc dans cette circonstance. Ce 
« qu'il y a de positif, c’est (pie depuis il fut généralement consi- 
« déré comme grand-maître de la maçonnerie française. Le Grand- 
« Orient parut môme l’avouer pour chef en célébrant ses obsè- 
« ques maçonniques avec une pompe extraordinaire. » (p. 287 ) 

La démarche faite, au nom du Grand-Orient de France, 
par le maréchal de Beuruonville est bien significative. La 
réponse du monarque ne nous surprend point. Louis XVIII 
protégeait les .Maçons, en secret, et après avoir signé la 
Charte Constitu/ionnel/e. du i juin ISM. qui rendait au ca- 
tholicisme sa priorité : 

« La divine Providence , en Nous rappelant dans Nos Etats , après 
anc longue absence , Nous a imposé de grandes obligations . » 


« Art. V. — Chacun professe sa religion avec une égale liberté 
et obtient pour son culte la môme protection. — Art. VI. — 
Cependant la religion catholique , apostolique et romaine est la reli- 
gion de l'Etat. » 

Louis XVI II ménageait prudemment h* clergé. Machiavel 
ne lui aurait pas dénié un certain degré d'habileté... diplo- 
matique el gouvernementale. 

A noire humble avis, le F.*. Cl\yi:l s'esl beaucoup avancé 
à propos de la Grande-Maîtrise. 

1° Louis XVI II n’ayant pas cru pouvoir permettre qu'un 
prince do la famille royale acceptai la présidence du Sénat 
maçonnique, le G.*. IL*, se borna à nommer trois Grands 
Conservateurs Administrateurs : te maréchal Macdonald, duc 
de Tarent* 1 , le lieutenant-général de Beuruonville et le comte 
de Valence. Le F.*. Itoet tiers de Montaleau lits, fui désigné 
pour représenter ces trois grands officiers. 

1820 

2" Yw heureux hasard a fait tomber entre nos mains une 
plaquette précieuse, sortie, en LS20, des presses du F.*. Pa- 
lat, imprimeur du G,*. O,*, de France, quai des Augustins, 
2ÎJ, à Paris et contenant le procès-verbal de la Frie funèbre 



1820 


225 


célébrée par le G.'. Or. de Franco , comme chef d’Ordro de la 
Maçonnerie en mémoire de S- A. R. le Tr. Illr . ET SEItr. 
Fr. Duc do Berry, fils de France, etc., régulièrement convo- 
qué et fraternellement réuni, sous le point géométrique 
connu des seuls vrais FF.-., dans un lieu très éclairé, très 
régulier et très fort, où régnent le silence, la paix et 
l'équité, midi plein. Nous en extrayons ce qui suit : 

«Lestrav.*. sont ouverts à l’0.\ par FUI.*. F.*. Roettiers de 
Montaleau, Représentant particulier des Sérénissiines GG.-. 
M.M.\ Adjoints, aidé à l'Occident parles TT.*. CC.*. FF.*. Ber- 
tonasco, et de Joly-Fraissinet, 1 CI et 2 e surveillants, les FF.’. 
Delahaye, G.*. OfT.\ d’Honneur, Langlacé et Barie, Orateurs, à 
leurs bancs, le F.*. Sivard, tenant le crayon, etc., etc. 

« Les Séiv. 1 r et 2 e GG.\ MM.*. Adjoints, le maréchal de 
Beurnonville et le maréchal duc de Tarenlc, sont introduits, pré- 
cédés des GG.*. Off.\ d’Jlonneur, des FF.*, de Joly, aîné, Gencux, 
Présidents, et avec eux le T.*. C.\ F.*. Comte César de Choiseul, 
Pun des aides de camp de Son Altesse Royale Monseigneur le Duc 
de Berry. 

« Tous les FF.*, debout et à l’ordre, les Séiv. GG.*. M.M.*. 
Adjoints sont salués par la triple batterie de deuil. (I) 

« Le Séiv. G.\ M.\ Adjoint de Beurnonville annonce que le 
G.*. O.*, de France s’est rassemblé extraordinairement pour célé- 
brer une Pompe Funèbre en l'honneur du Très Haut, Très-Puis- 
sant et Très-Excellent Prince Charles-Ferdinand d'Artois , Fils de 
France, Maçon, etc...» 

« L'espace qui sépare le Temple de la Chambre du Milieu, l’en- 
ceinte et le plafond de la Chambre elle-même sont entièrement 
tendus en noir. 

« Elle est éclairée en lampes d’ albâtre en verres dépolis et en 
candélabres jetant une lueur pâle et incertaine. 

« Au milieu s'élève une pyramide en marbre noir, recouverte 
du manteau ducal sur lequel repose Purne cinéraire en marbre 
blanc, recouverte d’un crêpe noir. Quatre trépieds, des casso- 
lettes réservées aux parfums entourent le cénotaphe. 

« Aux quatre angles sont placés 4 Ofï.\ du G.\ O.-, les F.*. 
Gastebois, Richomme, Benou et Delaroche, l irs et 2 CS G.*. Surv.\ 
de la Chambre Symbolique et du Suprême Conseil des Bits, en 
habit de deuil, glaive flamboyant en main. 

(1) J .a batterie fie deuil consiste en un applaudissement sourd, réglé comme la bat- 
terie ordinaire du grade, mais dont on frappe les coups sur le bras. On la fait suivre 
de trois gémissements, ou bien on prononce trois fois, d'un tou lugubre, le mot : 
« Gémissons : »> 


MAÇON N. 


15 



1820 


226 


« La marche exécutée clans le plus grand ordre et dans le 
recueillement du plus religieux silence, chaque F.*, placé, les 
portes du Temple de la Mort étant closes, le 1 er G.*. M.\ Adjoint 
se lève et dit : 

«... Bans peu d'instants et après les cérémonies qui vont nous 
occuper le T.*, C.\ F.-. Orateur vous entretiendra, dans son orai- 
son funèbre, des vertus du Prince maçon , . . » 


« Le Maréchal de Beurnonville prend des mains des experts les 
insignes civils et mar.\ du Prince et les dépose les uns après les 
autres au pied de la colonne. 

« 11 dit : 

« Ces insignes du Prince maçon que nous pleurons, qu'une 

FA l*SSE PHILOSOPHIE ESSAYE DE NOIRCIR PAR DES MEXSOXGES ET QU’UN 
FANATISME SACRILÈGE A POURSUIVI JUSQUE DANS LES OMBRES DE LA MORT, 

vous attestent l'attentat porté à la félicité publique. » 

« Le 1 er G.\ M.\ Adjoint, ayant invité les FF.*, à se mettre 
debout et à l’ordre, dit : 

« Mes Frères, le T.*. 111. \ ET SÉR.\ F.*. Charles Ferdinand, 
« Bue de Berry, Fils de France, n’est plus... Gémissons ! » 

« L’orchestre, composé des premiers talents de l’Académie 
Royale de Musique, ainsi que des Théâtres royaux Italiens et de 
POpéra-Comique, accompagne les stances du F.*. Leclerc, Off.\ 
du G.’. O.*., dont la musique est du F.\ Garcia, et chantées par 
ce dernier et par les FF.*. Pellegrini et Alexis Dupont. » 


« Une cantate du F.\ Oudry, OfF.\ du G.*. O.*, et dont la mu- 
sique est du F.*. Vogt, est exécutée, avec accompagnement, par 
les FF.*. Levasseur, Garcia, Pellegrini, Alexis Dupont, (iraziani, 
Jacoutol et lluhhi, comme suit : 

Cantate sur la mort du Bue de Berry. 

Chœur . 

Mânes sacrés d’une illustre victime, 

Tous les Maçons vous baignent de leurs pleurs; 

De leurs sanglots, l’accord trop légitime, 

Exprime seul leurs profondes^douleurs. 

Récitatif. 

Auguste rejeton d’une race chérie, 

Toi qui lis notre espoir, loi qui fis notre orgueil 
Faut-il déjà te voir sur la tige flétrie 
Pencher ta jeune tète et descendre au cercueil ! 

Etc., etc., 



1820 


227 


« La parole est donnée ensuite au F.\ Langlacé, orateur en 
tour. Empêché par la faiblesse de son organe, il est suppléé par le 
F.\ Borie, qui, conduit à la tribune, par un maître des cérémo- 
nies, litTOraison funèbre faite par son collègue : 

Oraison Funèbre . 

«. . . Il était appelé par les voeux de tous les M.*. a la Grande- 
« Maitrise de cet ordre révéré, qui voué spécialement à l’exercice 
« de toutes les vertus, devait voir à sa tête celui qui savait si bien 
« les pratiquer. Quel bonheur pour la Maçonnerie si elle avait pu 
« se livrer à ses travaux sous un tel Maître !... Il y avait consenti ; 
« et quelles jouissances son cœur eût trouvé au milieu de nous !. . . 
« Vains souhaits, regrets inutiles 1 la mort a détruit toutes nos 
« espérances et répandu le deuil sur toute la Maçonnerie ! Ah ! 
« pour juger combien le cœur de ce Prince était plein des vertus 
« maçonniques , voyez avec quel zèle il suivait les préceptes de notre 
« loi . 


« Le F.'. Borie étant de retour à son banc, le F.*. Pillon-Duche- 
min fait entendre ses chants de douleur, etc... 

« Suivent deux morceaux d’architecture (1) qui, n’ayant pu 
être lus pendant la cérémonie, ont été admis comme devant être 
insérés à la suite du procès-verbal. 

(L’un d’eux consiste en six strophes composées par le V.*. F.*. 
Dudon, Off.\ du G.*. O.-, de France et qui se terminent toutes 
par ce vers : 

« Il possédait le cœur d’un vrai maçon ! 

L’autre est une épitaphe deGodefroi de Beaumont, né Bouillon, 
G.\ S re .\ d’iïonneur.) 

« Enfin YInvocation par le F.*. Borie, Orateur de la G.\ L.‘. 
(l’Administration, commençait ainsi : 

Noble fils de France, naguère Epoux et Père fortuné ! Toi le 
protecteur des arts, le consolateur de la France, l’espoir de 
l’armée, le père des malheureux, le chef espéré des maçons î » 

Signé à la minute, 

Le Maréchal de Beurnonville, 1 er G. \ M.\ Adjoint ; 

Le Maréchal Duc de Tarente, 2 e G.*. M.\ Adjoint ; 

Roettiers deMontaleau, Représ.*, part.*, du G.*. M.\; 

Defoissy; G. de Beaumont ; Christian de Nicolaï; Pajot 
d’Orville ; le Comte César de Choiseul ; 

Et par tous les Officiers en exercice, honoraires, Députés 
nés et élus et Visiteurs présents. 


(1) Discours prononcé dans un atelier maçonnique ou à une cérémonie des Loges. 



Collationné en la G.*. L.\ (TAdministration, le 17 e jour 
du 2 e mois 5820. 


Les Officiers de la G.\ L.\ d’Adm.\ , 


Signé, Uoettiers de Montaleau, 
Représentant particulier du G.*. Conservât ; 
De Joly, aîné, Président ; 

De Joly-Fraîssinel, J eT suri\\ 

François, 2* sunw d'ojf.'. ; 

Borie, G.\ Oratr. ; 

Timbré et scellé par nous Pour copie conforme. 

Garde des Sceaux et Timbre Par mandement du O.*. O.- 


du G.*. O.*, de France. 
Uubin. 


Sivard, 

Secrétaire Général. 


<ln lu Sceau.) 



Le Suprême (Conseil du XV degré Ecossais et la Grande 
Loge des P ropuy atours dr la Tolérance jugèrent convenable 
de ne pas s 'associer à cette Pompe funèbre. Leur Très-Puis- 
sant Souverain Grand Commandeur titulaire le Comte De- 
cazos, ne s’y lit pas représenlcr davantage. Son abstention 
est d'autan I pins digne de remarque que Madame la Duchesse 
Mc Berry l a toujours considéré comme l'inspirateur de l'as- 
sassin Louvid. Elle le lui a jeté à la figure ail jardin des Tui- 
leries : Decazes s'approchait de celle princesse et la saluait ; 
Madame la Duchesse de Iierry se réfugia bnw/wuirnf au- 
près du Comte d'Artois, aussi brusquement que si elle eut 
voulu éviter nu reptile venimeux. Ad hue sub j adiré lis /».>/. 



1820 


229 


Une notice sur la L.\ La Bonne Foi 1 Or.*, de Saint-Ger- 
main-en-Laye, rédigée par le F.*, de Loucelle, établit que 
pendant la deuxième période de son existence (1820 à 1811) 
elle admit des femmes à ses banquets d'ordre. L'auteur indi- 
que les signes, batteries et autres choses adoptés pour ces 
sortes de fêtes. (I) 

Le F . \ Rauox signale la fondation, en 1820, de la Société 
des Communeros Espagnols , par des frères dissidents aux 
yeux desquels les bases sociales de la Maçonnerie parais- 
saient insuffisantes. Son nom fut emprunté à la grande 
ligue des communes [villes de Castille), formée, en 1320, par 
don Juan de Padilla, Fun des plus ardents défenseurs du 
parti révolté contre Gharles-Quint. Cette Société était une 
branche des Vengadores de Aliband (les Vengeurs d’Alibaud). 
Les doctrines des Communeros sont d'un caractère plus 
exalté, surtout si l'on en juge par ce serment que prêtent 
les récipiendaires : 

« Je jure de mettre à mort quiconque me sera désigné comme 
« traître par la Société , et si je manque d'accomplir cette promesse , 

« que ma tête tombe sous la hache , que mes restes soient consumés 
« par le feu et mes cendres jetées au vent . » 

Peu de temps après sa fondation la Société comptait plus de 
40.000 membres de toutes classes, parmi lesquels se trouvaient des 
femmes , dont le nombre était assez grand pour former des sociétés 
distinctes. (2) 

1821 

SS. Le Pape Pie VII se vit contraint, lejour des ides de sep- 
tembre 1821, de renouveler les actes de ses prédécesseurs 
pour la défense de la Religion et delà Société civile. Le Sou- 
verain Pontife dénonça, en même temps le Carbonarisme , 
rejeton ou imitation de la Maçonnerie. « Les préceptes de 
morale que donne cette société, écrivait-il, ne sont pas moins 
horribles, bien qu'elle se vante avec orgueil d'exiger de scs 
sectateurs qu'ils aiment et pratiquent la charité et toutes sortes 
de vertus et qu'ils se préservent avec un soin extrême de tout 


(1) Le Monde Maçonnique , mars 1871, p. 556. 

(2) Le F.*. Ragon, Fiuxgmaçoxxerie : Rituel de la Maçonnerie Forestière, 
contenant tout ce qui a rapport a la Charbonnerie et n la tenderie , suivi d'une 
analyse de 1 1 associations politiques secrètes provenant de ces deux anciennes 
institutions, p. 38. 



1821 


2^0 


vice. Ainsi elle favorise arec la plus grande impudence les 
débauches de la volupté ; elle enseigne qu'il est permis de 
tuer ceux qui violeraient le serment de garder le secret, 
etc... Ce serment terrible par lequel, à l’imitation des anciens 
Priscillianistes, ils s’engagent h ne révéler en aucun temps, 
en aucune circonstance, à ceux qui ne sont point affiliés à 
leur société, quoi que ce soit qui la concerne, ni à commu- 
niquer aux membres qui sont dans les grades inférieurs 
quoi que ce soit des choses relatives aux grades supérieurs. » 

Ces paroles pontificales ne sont-elles pas applicables aussi 
a la Maçonnerie d’Adoption et n’avons-nous pas trouvé des 
serments identiques dans les différentes obligations prêtées 
par les Smurs? Enfin, la Maçonnerie n’a-t-elle pas les mêmes 
préceptes hypocrites et immoraux que les Carbonari ? 

Ce (i.\ O.*, de France s’éleva encore contre le rite de 
Misraïm et lança une nouvelle circulaire le 10* jour du ÎP 
mois de 3821, qui ordonnait sous les peines maçonniques 
les plus graves, aux Loges de son obédience, d'interdire 
l’entrée du Temple à tous les Misraïmites. L’autorité s’em- 
para même des papiers de la Loge la J tonne Foi et ferma son 
local. (1) 

« Un seul lait, dit le F.*. Richard, dans le discours qu'il 
prononça, à celle époque, suffira pour donner la juste mesure 
de la conliance que Ton peut accorder à ces frères (les Mis- 
raïmilcs) qui, uniquement préoccupés du soin d’élever leur 
édifice de ÿü grades, ont oublié d’en assurer les trois pre- 
miers, les. documents nécessaires leur faisant complètement 
défaut ; de sorte que l’on fut obligé ensuite d'ébaucher ces 
trois grades et de les lui adapter. Et si nos Frères préten- 
daient élever quelques doutes a cet égard, rien ne serait plus 
facile que de leur faire passer sous les yeux les originaux 
dont ils ne possèdent peut-être que des copies très-incom- 
plètes. » 

11 appuya surtout, sur ce que «des hommes qui se don- 
naient comme revêtus des fonctions les plus importantes 
d’un ordre qu'ils exaltaient au-dessus de tous les rites ma- 
çonniques, qui foulaienl aux pieds toulc dignité, .< v ’en allaient 
parcourant les départements y munis de leurs 1/0 grades gu'i/s 
débitaient à tout prie, non-seulement nu.r franes-muçons 


!; Le Hameau d'Or d'Eleusis, |». loi. 



231 


1821 

q u f il$ pressaient et importunaient, mais encore aux profanes , 
dans les lieux publics ; attiraient ainsi sur eux l'attention des 
autorités chargées de veiller à la sûreté publique et éveillaient 

PARTOUT LA SUSPICION. » 

1822 

Stéphen Morin, le brocanteur de rubans et d’étoiles de 
17G2 avait trouvé des imitateurs parmi les juifs de Misraïm, 
ses coreligionnaires en 1822. 

lvloss dit que de l’examen des actes, imprimés et manus- 
crits des Misraïmites, résultait clairement Ja conviction que 
ce système, si pompeusement édifié, ne reposait que sur fies 
principes insoutenables et suit l'exploitation de la crédulité. 

V exploitation de la crédulité! Francs-Maçons et Juifs 
excellent dans cet art. 11 ne nous déplaît pas de voir que 
Kloss le reconnaît de son coté. 

Un autre juif qui prenait le nom de Piccolo-Tigre (Nom 
de guerre, comme s’en affublaient tous les membres de la 
Vente Suprême), écrivait, le 18 janvier 1822, aux agents su- 
périeurs de la Vente piémontaise : 

« L'essentiel est d'isoler l'homme de sa famille et de lui en faire 
« perdre les mœurs. Il est assez disposé, par la pente de son carac- 
« 1ère, à fuir les soins du ménage, à courir après de faciles plaisirs 

« et des joies défendues après l’avoir séparé de sa femme et 

« de ses enfants... Vous lui inculquez le désir d’une autre exis- 
« tence.... J’entendais dernièrement un de nos amis rire d’une 
« manière philosophique de nos projets et me dire : « Pour 
« détruire le catholicisme, il faut commencer par supprimer la 
« femme. » Le mot est vrai dans un sens; mais puisque nous ne 
« pouvons supprimer la femme , corrompoxs-là. 

« Le but est assez beau pour tenter des hommes tels que nous. 
« Ne nous en écartons pas pour quelques misérables satisfactions 
« de vengeance personnelle. Le meilleur poignard pour frapper 
« l’Eglise au cœur, c’est la corruption. A l’œuvre donc, jusqu’à la 
« fin ! » 

Et l’œuvre se poursuit avec la plus tenace énergie. 

Le lGmars, le F.\ F. V. Raspail prononça un discours, 
sur la Sainte-Liberté, h la Loge d’Àdoption des Amis bien- 
faisants, 0.*. de Paris. Le texte se trouve encore dans la 
Bibliothèque du G.*. 0.*. en un volume in-8°, demi-reliure, 
imprimé chez Corréard. 



232 


1822 

Le 1 er octobre, une Loge Misraïmiste de Tarare est fermée 
par ordre du gouvernement. 

1823 

En 1823. le Duc de Choiscul fut nommé Grand-Vénérable 
de la G.*. L.*. Centrale du Rite Ecossais. Il accepta, bientôt 
après, la charge de Lieutenant Grand-Commandeur, lorsque 
le Comte de Ségur remplaça, comme Grand Souverain 
Commandeur du Suprême Conseil, le Comte de Valence, 
décédé. 



(Un j)r H 1o planche maçonnique) 


1824 

Louis XV III mourut le R> Septembre 182L Aucun Bour- 
bon n'avait autant fait que lui pour les Francs-Maçons cl les 
Juifs ! 

Une Pompe funèbre fut célébrée par le G.*. O.-, de France, 
le 23 e jour du 9’’ mois 3821 (23 novembre 1821 E.\ V.*.) à 
la Mémoire de ce Protecteur de Maçonnerie ! 

Le procès-verbal de celle cérémonie, imprimé chez le F.\ 
Dondey-Dupré, rue Saint-Louis, n" iG, au Marais, ne sau- 
rait, en raison de son envergure, être reproduit, in-c.rfrnso, 
dans cet ouvrage ; nous en donnons les fragments essen- 
tiels : 


« Lorsque les Maçons sont arrivés au T.\ funéraire, après le 
défilé du cortège, etc., ITIL*. et R.*, F.*. Roettiers de Mon- 
taleau, Représentant particulier du Souverain G.’. 31.*. dit : 

« FF.*. Commissaires, approchez-vous de l’O.*.; venez recevoir 
les insignes de S. M. Louis XVIII, roi de France et de Navarre, 
Auguste Protecteur de l'Ordre (Il s’agit des insignes royaux). » 
« L’II1.\ Prés.*, apres avoir fait le tour du Cénotaphe, prend 



1824 


233 


des mains des experts, les insignes de la royauté et les dépose, 
les uns après les autres au pied de la colonne. 

« Il dit : 

« Les lugubres emblèmes suspendus aux voûtes du T.*, et les 
insignes royaux que nous déposons sur cette colonne funéraire, 
rappellent à nos cœurs le douloureux souvenir de la perte du 
meilleur des rois, dont la haute sagesse protégea VOrdre Maçon- 
nique (P. 4). » 

On exécuta ensuite un chant funèbre du F.\ Bouilly, Off.\ du 
G.*. O.’., musique du F.-. Chénié. Puis des stances élégiaques sur 
la mort de Louis XVIII, par le F.-. Langlacé, furent récitées ; voici 
les dernières : 

Oui, les jours glorieux de la Maçonnerie 
Dûs au roi vénéré que pleure la patrie, 

Renaîtront sous un prince ami des malheureux ; 

Il encouragea nos travaux généreux; 

Au milieu des sanglots que le trépas d’un frère 
Arrache h tous les cœurs 
Les vœux de notre amour pour son règne prospère 
Charmeront ses douleurs. 

« LUI.'. Prés.*, dit : 

« G.'. À.', de l’Univers, toi, le Maître des Maîtres, le régulateur 
et le point Géom.*. de toutes les perfections; permets qu’aprùs 
t'avoir rendu nos pieux hommages, nous payions à la glorieuse 
mémoire de notre auguste monarque le tribut de nos respects et 
de notre reconnaissance, que l’encens que nous allons t’oflrirpour 
lui, s’élève jusqu’au pied de ton trône éternel. » 


« Discours du F.'. Borie, Orateur . 

Ill.\ G.*. Administrateur, 

RR.*. Représentants, Présidents de Chambres, Officiers, 

Vén.*. R.*. S.*. Chefs de Députations, Dignitaires, 

Et vous tous, mes FF.*. 

(Nous publions la péroraison seulement) : 

« O mon prince ! comme Français, nous avons tous payé le 
tribut de nos larmes à tes mânes sacrés; comme Maçon, nous leur 
devons un hommage plus cher encore. Oui, et la reconnaissance ne 
nous permet plus d'en cacher le mystère , tu n'étais pas étranger à 
notre institution . Une loge fut créée , en 1775, parmi les Gardes-du- 
Corps , à Versailles , sous le titre distinctif des Trois Frères à l’Orient 
de la Cour et l'on a déjà pénétré C allégorie légère que couvre ceglo- 



1824 


- 23 i — 

rieux patronage. Forcé plus tard, hélas ! de renoncer à ce nombre 
ternaire si chéri, elle reprit ses travaux sous un nouveau titre; elle 
existe dans cet Orient plein de vigueur et de force, et fière de ce 
précieux souvenir. Qu on ne s'étonne donc plus des résultats heu- 
reux de ta royale protection, lorsque sur la foi du noble guerrier, 
du chef vénéré que nous pleurons encore (1) ta daignas faire rou- 
vrir plusieurs de nos temples fermés , ou par l'effet d’une faiblesse 
méticuleuse, ou par Pexagéralion d’un zèle indiscret. Qu’on ne 
s’étonne donc plus enfin, si, par les inspirations de ce digne chef, 
nous avions conçu le doux espoir de voir un fils de France diriger nos 
travaux (2). Nous avions son aveu ; le tien , guidé par ta prudence , 
devait céder au temps. Ce temps, impitoyable, vint le ravir à notre 
amour et nous fumes contraints d'environner sa tombe de lugubres 
cyprès, quand nos mains s'occupaient à tresser la guirlande de roses 
et d'acacias , dont nos vœux aspiraient à couronner sa tête . Si le sort 
a trahi notre espérance, il n'a ni altéré la source, ni diminué la 
force tic nos souvenirs reconnaissants. Ta noble image restera 
toujours gravée dans nos aines et ta vertu de choix, la douce bien- 
veillance, idole de nos cœurs, sera le mot sacré qui ralliera sans 
cesse autour de ta cendre adorée la grande famille des Maçons. 

« Gémissons ! Gémissons ! ! Gémissons! ! ! (Pages 21, 22\ •> 

Ce discours fut suivi d’un deuxième chant funèbre, dont les 
paroles étaient encore du F.’.Rouiily et la musique du F/. Chénié, 
attaché à l’Académie ltoyalc de Musique. 

« Le tronc des pauvres circula pendant f exécution d'une sym- 
phonie funèbre. 

« Un grand coup de tam-tam annonça la lin de la cérémonie et 
aussitôt nil.'. Prés.*, provoqua une triple batterie pour exprimer 
les vœux de tous les Maçons français, en faveur de l’avènement de 
Charles X au trône, etc., etc. 

Signé à la minute , 

Koet tiers de Montaleau, et par tous les Officiers en exercice, 
Honoraires, Députés nés et élus, et Visiteurs présents. 

Collationné en la G.*. L.* . d’Adm.\ le o f jour du II e mois de 
l’an 3821. 

Les Officiers de la G.\ L.\ d’Adm.-. 

Signé , Hocttiers de Montaleau. 

Représentant particulier du G.'. M.\ ; Langlacé, Président . 


(1) Le Maréchal de Dcunionvillo, qui prit, a\ec ic Maréchal Macdonald, duc de 
Tarante, la défense de la Maçonnerie, auprès de Louis XVIII. 

(2) S. A. U. le Duc de tterry. 



1824 


235 


Timbré et scellé par 
nous, Garde des 
Sceaux et Timbre 
du G.\ 0.*. de 
France. 


Vassal t 

Secrétaire-Général . 


De Joly-Fraissinet, 1 er Sun?.*. ; 
Clarac-Faget, 2* Survr. 
Richard, (?.*. Oratr . 

Par Mandement du G.‘. 0.*. 





(Le sablier et les ailes figurent sur les draps de mort ma<;ouaiques. 
Calai, du F.'. Orcel, 0.*. de Lyon, 1865-1800. .Nous avons ajouté la tôle 
et la couronne royale.; 



CHAPITRE VII 


1825 

Î e F.'. Ragon mentionne une belle fête d’Àdoption 
donnée par la loge la Bonne Foi, O.*. 
I de Saint-Gcrmain-en-Laye, le 8 février 
® 1823, et prétend qu'elle disposa les da- 

mes, qui étaient un peu hostiles h l’Or- 
dre, à venir seconder les travaux nia- 
çonniques (1). Le 29 juin suivant, le Duc 
de Choiseul fut nommé Souverain Grand 
Commandeur, en remplacement du Comte 
de Ségur, trop âgé. 

1826 

Très peu de temps après son élévation sur la chaire de 
Pierre, le 13 mars 182G, S. S. Le Pape Léon XII publia une 
bulle contre la multiplication des sectes secrètes et men- 
tionna tout particulièrement celle qu'on appelait universi- 
taire parce qu'elle avait son siège et son établissement dans 
plusieurs universités, où les jeunes gens étaient, par des 
maîtres, qui s'attachaient, non à les instruire, mais à les 
pervertir, initiés aux mystères et formés a tous les crimes. Le 
Pape attribuait à toutes ces sociétés le trouble profond du 
monde européen et les afflictions de l’Eglise ; il flétrissait leur 
enseignement abominable; prononçait une scntance de con- 
damnation contre elles; obligeait les catholiques ù dénon- 
cer les coupables ; déclarait nul le serment exigé des affiliés ; 
faisait appel à la vigilance de l’Episcopat, à la piété et à la 
prudence des Princes; révélait la perfidie des sectaires; 
exhortait paternellement tous les fidèles à fuir tout à fait 
« ces hommes qui appellent la lumière ténèbres et les ténè- 
bres lumière ; » invitait les coupables à revenir à Dieu, leur 

(ij Op. C/7., p. W. 



1826 - 2:jcS — 

accordait des facilités pendant un an et voulait qu’on ajoutât 
aux copies de ses Lettres, même imprimées, signées de la 
main d'un notaire public et munies du sceau d’une personne 
conslituée en dignité ecclésiastique, la meme foi qu’on ajou- 
terai! aux Le! très originales, si clics étaient représentées ou 
remontrées. 

Cet acte de Léon XII n'empôclia pas le Duc de Choiscul 
et la Comtesse de Caniieu de présider la Loge d'Adoplion 
delà Clémr/itr-Annfié, ü.‘. de Paris et l'administration pré- 
fectorale de la Seine de charger la S:-: Millet d'organiser la 
première salle d’asile laïque en France. '1) 

Wildey, le régénérateur des Odd-FeHotrs, qui était parti, 
en 1817, pour l'Amérique et y avait fondé deux ans plus 
tard, avec deux FF.-., une loge à Baltimore, sous le titre de 
Washinyftm n° / , s'était donné beaucoup de mal et avait fini 
par trouver des adhérents. On érigea partout des A tel.*.; mais 
il s'éleva bien {AI entre eux des différend*, parce que plusieurs 
prétendaient au titre de Grandes Lwjes , quoiqu'elles n’eus- 
senl pas reçu de patente ou de le 1 1 ros régulières de consli- 
lulion. Wildey parvint h faire admettre que Ions les Frères, 
en général, se soumettraient h une seule grande Loge, a 
savoir celle des Klals-Fnis, ce qui eut lieu en 1823. Depuis 
lors celle dernière est reconnue comme l'autorité légitime 
des quatre (i rondes Loges existantes et des neuf Alel.\ 
subordonnés. 

dépendant les Frères Américains ne purent se mettre en 
relations avec les Frères Anglais du même rite, parce qu'au- 
cune loge n avait obtenu de patente de Manches 1er. 

Wildey lit à cet elfot, en 1826, et h ses propres frais, un 
voyage en Angleterre. Il fut reçu partout *dc la manière la 
plus bienveillante. On le considéra comme le véritable Ibn- 
daleur de l'Ordre en Amérique, elle jour même de son dé- 
parl, on lui remil les lettres-patentes qu'il avait demandées 
et qui constataient que « d In Grande Lof/e des Efnfs-l'nis 
u était ron ferre la hante juridiction sur les Odd Ee/lotr* dv 
ce fa/ f/s, aeee te droit d ’t/ fonder des A frf. sans F interven- 
tion d'an tiers.» (2) Depuis (‘elle époque, jusqu'à sa mort, 

(1 loir, ici el a sa la Ici Ire érrile par celle S: en lWî, au Directeur Ou 

Journal h* Franc Maron. 

fi) fivllrlhi tirs Traranr du Suprême Conseil de H r Inique. Ht scpieml.ro 1*7:1 
bu 1 C| sep Irm lire 1*71. n” 17, p. 0\\ 



1826 


239 


qui eut lieu en 1861, Wildey resta presque constamment à la 
tête de V Association Luciférienne. 

1828 

Parmi les plus célèbres fêtes d'Àdoption, qui eurent lieu 
sous le règne de Charles X, on cite avec raison celle de la 
Loge La C l nn en te- Am iti é, du 29 e jour de la Lune de Yeadar 
5827 (13 mars 1828, ère vulgaire). Nous en possédons le 
compte-rendu in-exfonso, dont nous extrayons, fidèlement, 
ce qui suit : 

« Le jardin d’Eden était orné de tout ce qui pouvait contribuer 
« à en rehausser l’éclat; trois trônes se faisaient remarquer à 
« l’Asie ; des devises, enlacées de couronnes de roses et de serpents, (1) 
« annonçaient aux dames que tous les cœurs leur étaient dévoués, 
« et qu’elles étaient reines de la fête; des fleurs se jouaient en 
« festons autour des nombreuses lumières qui éclairaient la voûte 
« du firmament. » 

« Les travaux sont ouverts par le très honorable maître Leblanc 
de Marconnay, 30°, assisté des frères Barbier, 18°, qui guide le 
climat d’Afrique, et Rainaud, 18 e , chargé du climat de l'Amérique. 
Le frère Bègue-Cîavel, 32 e , tient l’autel de l’Eloquence (2); le 
frère Fabre, 18 e , est chargé de peindre les détails de la séance. » 

« Les Sœurs membres de l’Eden et déjà reçues sont introduites 
« au son de la musique, elles prennent place, savoir: la sœur 
« Nooth pour diriger l’Afrique ; la sœur Bretel pour conduire 
« l’Amérique; la sœur de Pradt pour présider l’autel de l’Elo- 
« quence, et la sœur Fabre pour diriger le crayon. La sœur 
« Alexandre tient le trésor, et la sœur Graff porte la bourse 
« des pauvres. » 

« Les sœurs Masson, Soumet , Comtessse Rudicher , Leroy et 
v Jerson, sont chargées de l’office de maîtresses des cérémonies; 

« elles sont accompagnées des frères Deslauriers, 32 e , Gosse, 

« 31°, Bouré, 18% Varaillon, 3% et Agoslon, 18 e . » 

« Bientôt après, on introduit toutes les sœurs qui ne sont pas 
v encore reçues; elles entrent au son d’une douce musique; le 
« Grand-Maître leur adresse quelques mots d’explication, reçoit 
« leur obligation, les constitue, et elles prennent place sur les 

deux climats. » 

Les visiteurs sont introduits. On remarque les Frères Du- 
pin jeune ; amiral sir Sidney-Smith ; colonel écossais Wright: 
colonel suédois de Dannfetl ; Soarès d'Àvezedo ; Schofield : 


(I. ('es serpents étaient-ils roses ou noirs: le proces-verbal ne l'indique pas. 
(2) Auteur de V Histoire Pittoresque de la Franc-Maçonnerie. 



1828 — 2i() — 

Ronker Van Der Hoff, Vénérable de la Loge tT Emet h ; Jesson, 
Vénérable de la Loge du Monf-Sina'L 
Le Souverain Grand Commandeur du Rite, le F.-, duc de 
Choiseul fai( **on enlrée (accompagné des FF.-. Comte Mu- 
raire, lieulenanl Grand Commandeur, général comte de Fer- 
nig, général comte do l'ully, comte do Fouehéconrt et Ruif- 
frey , tous Xi' : et membre du Suprême Conseil de France) et 
reçoit les maillets du Grand-Maître qui le complimente et 
auquel il répond. 

« Six sœurs portant étoiles, six frères portant glaives, vont, 
« précédées des maîtresses et des maîtres des cérémonies et d'une 
<« sœur portant la bannière, au-devant de la Grande-Maîtresse, 
« Tilluslre sœur de Livoys ; celle-ci s'avance, au son d’une musique 
« imposante, avec la grâce et la majesté qui lui sont familières. 
« Elle est conduite à l'Asie ; nilustre frère duc de Choiseul la 
« complimente en lui remettant le maillet directeur des travaux 
« du jardin. Elle répond ainsi : 

« Très Puissant Souverain Grand Commandeur, mon frère, 
« j'accepte l’honneur que nos sœurs et nos frères daignent me 
« faire; je ne puis croire que je sois assez heureuse pour vous 
« montrer l'exemple; mais je compte sur l'indulgence, premier 
« apanage du Maçon, et sur les lumières que je vais recueillir 
« parmi tant de membres illustres qui ornent ce temple. Si je 
« voulais vous peindre l'impression que me fait ressentir mon 
« entrée dans ces lieux, les expressions me manqueraient; vous 
« dire que je vous aime déjà, que je vous porte tous dans mon 
« cœur, que je chercherai à me rendre digne du haut rang que 
« vous m'avez assigné, c’est vous dire que je n’épargnerai rien 
« pour répondre à votre confiance. » 

La S:-: de Livoys , les FF.-, de Choiseul et Muraire occupent 
les trois trônes, dont il a été fait mention plus haut; puis la 
Grande Maîtresse se lève et, parodiant les exercices du culte chré- 
tien, elle ose adresser une invocation au Maître de toutes choses 
(FF.*, et SS:-: se tiennent debout.) 

PRIÈRE 

« Grand Architecte de l'Univers, loi qui seul es grand, qui seul 
« es égal à loi-mémo, toi qui pour palais as l’immensité, pour 
« sceptre la toute-puissance, et pour règne l'éternité. ... Ame de 
« la nature! reçois nos vœux et notre hommage; nous ne t’im- 
« molons point de victimes, le sang ne coule point sur notre 
autel : l'oubli des ressentiments, le pardon des injures, les 
« actes de la bienfaisance, la douce amitié qui nous unit, voilà 
« les offrandes et le pur encens que nous devons te présenter. 



1828 — 24! — 

« Daigne descendre jusqu’à nous, remplis-nous de toi-méme ; et 
« rends-nous dignes, après une heureuse carrière, de rentrer 
« enfin dans ton sein paternel. » 

« Une musique imposante et religieuse vient porter dans les 
cœurs un doux recueillement qui ajoute encore à l’effet de cette 
prière. 

Puis, tandis que la colonne d’harmonie joue Pair d’Henri 
IV: «Charmante Gahrie/Zr ». FF.-, et SS:-: exécutent «une 
batterie d'amour, de soumission et de respect à Sa Majesté 
Charles X, le bien-aimé monarque qui règne sur les Fran- 
çais, et à son auguste famille, » I) autres batteries sont suc- 
cessivement tirées sur les propositions de la Grande-Maîtresse 
en l'honneur des FTV. Duc de GhoiseuL Comte Muraire et 
des FIV. visiteurs. Le F.-. Dupin jeune obtient la parole cl* 
dans un prétendu discours improvisé, «applique le nom de 
la Chhnenfe-Amifié à la présence de ec sexe enchanteur dans 
ce jardin. » La Grande-Maîtresse célèbre les louanges du F.-, 
de Marconnay. qui riposte sur le même ton. 

Trois FTV. se font excuser de ne pouvoir assister à la 
Tenue : le «réitérai baron Maransin, 33 e ; Vienne! et Iluiiu 
Lc~ SS:-: Itcriroart, mt'rt * et plie 9 sont retenues par l'état de 
leur santé. 

11 est donné lecture de la planche suivante : 

« Mes chers Frères , 

« Ma santé et mes affaires ne me permettent pas d'étre des vôtres. 
« C'est à mon grand regret , je vous assure. 

« Votre tout dévoué frère , 

« Drrix, Aîné. » 

La profane J as <>p h in Mm V Ma h \ est initiée et reconnue 
apprentie-maçonne. 

Le Ven.*, annonce que F illustre f.\ Bègue Llavcl et lui 
devaient prononcer des discours mais pour éviter « aux 
aimables sœurs » la fatigue d'une trop longue séance, il de- 
mande qu'ils soient remis à une autre tenue. Adopté. 

Les trav.\ sont suspendus. 

Tous les FF.*, et SS:.: sc rendent dans un salon particu- 
lier où chaque sœur prend dans une urne un numéro qui 
lui désigne un bijou qu’elle va recevoir de la main du IV* 
Duc de Lhoiseul. 


M AÇOXN . 


16 



Après celte loterie, les quadrilles se forment et ne sont in- 
terrompus que par les expériences du physionomane Leclerc 
et par la circulation de nombreux rafraîchissements. A une 
heure du malin, banquet accompagné de la musique. Plu- 
sieurs FF.\ chantent des Cantiques. Voici le commence- 
ment du t* et dernier couplet du F.*. Deslauriers : 

On a vu naguère en France, 

Pays que tant nous aimons, 

La fourbe et l'intolérance 
Déchaîner leurs noirs démons. 

Mais cette France chérie 
Triomphe de leurs fureurs. 

Un reprend le bal « et les rayons du jour, qui font pâlir 
« Fécial des lumières, retrouvent encore ces heureux Maçons 
'< étonnés qu'une fêle aussi brillante que pleine d'harmonie 
« vienne se terminer si vite. » 

Pour copie conforme : 

La Grande-Maîtresse, De Livot/s. 

Le Grand-Maître, Leblanc do Marconnay, 30° degré, grand- 
officier de lu Grande Loge Centrale, vénérable titulaire de 
la C (émeute- Amiliè, très-sage Athirsathn de son souverain 
chapitre, grand-maître ad ritam de FUrdre de la Récom- 
pense, 

A la suite de ce Compte-rendu, les Annales de ht Clément e- 
Amitié (pages 25 et suiv.), publient le discours (supprimé en 
séance; du F.-. Leblanc de Marconnay. 11 était adressé aux 
très-aimables sœurs. Et si le F.'. Deslauricrs parlait des 
noirs démons de la fourbe ef de Vintoléranee 9 déchaînés en 
France, De Marconnay célèbre complaisamment la courti- 
sane Sinon de Lenclos , dont la beauté fut exprimée dans 
ces vers : 

On peut en la eoijanl devenir infidèle ; 

Mais c'est pour la dernière fois. 

El cette soirée avait commencé par une prière au Grand- 
Architecte de FUnivcrs, qu'un si grand nombre de person- 
nes supposent encore être le Dieu de la Bible et du Christia- 
nisme ! 

Le F.*. Ra<’.on confond la fctc d'adoption du 15 mars 1828 
avec celle du 22 décembre 1838, puisqu'on mentionnant la 
première dans son Manuel de la Maçonnerie féminine (page 



243 


1828 

99), il ajoute : «Le discours aux dames , par le Fr. Juge, 
est remarquable . » 



1829 

Une belle fête d’Àdoption fut donnée, le 22 août 1829, 
par la Loge les Amis Fidèles U.*, de Paris, (lj 

Les Maçons d’Angleterre instituent des médailles d'hon- 
neur de commissaires des écoles des filles et garçons. t'2\ 

1830 

« Lorsque la Révolution de juillet (1830) éclata, les mem- 
bres de la Loge des Am is de la Vérité , O.*, de Paris furent 
des premiers à prendre les armes. On les voyait au plus 
fort du danger, animant par leurs paroles et par leur exem- 
ple les combattants à redoubler d’efforts pour obtenir la vic- 
toire. Le 31 juillet, lorsqu'il s'agissait dans les Chambres de 
placer sur le trône la famille d'Orléans, la Loge fit placarder 
sur les murs de Paris une proclamation dans laquelle elle 
protestait contre toute tentative qui aurait pour but de fon- 
der une dynastie nouvelle, sans l'avis et le consentement 
de la nation. Le 21 septembre, anniversaire de l'exécution 
des quatre sergents de la Rochelle : Borics, Pommier, Gou- 
bin et Raoux, tous membres des Amis de la Vérité , celte 
loge sc rendit proccssionnellcment de son local, rue de Gre- 
nelle, à la place de Grève ; et là, après qu’un roulement de 
tambours se fut fait entendre, un discours du F.*. Bûchez, 
membre de la Loge, rappela le noble et généreux dévoue- 
ment de ces quatre victimes du pouvoir que la colère du 
peuple (3) venait enfin de briser. Le cortège sc reforma en- 

(1) Le F.*. IAac.on, op. cil.. p. 99. 

(2) Le Franc-Maçon , I e aimée, n ns 9, 10 et 11, Octobre 1853, p. 209. 

<3) De Paris. 



1830 — 24ï — 

buile et retourna au local de la loge, où Ion signa une pé- 
tition à la Chambre des Députes pour l'aboli lion de la peine 
de mort. » 

o Ce ne sont pas lu les seuls actes politiques que fit la 
maçonnerie à celle époque. Le 10 octobre, vingt-trois loges 
de Pari* célébrèrent, dans les salles de rilôlel-de-Ville, une 
grande fêle maçonnique en l'honneur du général Lafayctle, 
qui a\ait présidé à la révolution accomplie récemment. Dans 
la plupart de» Loges, une adhésion formelle était donnée à 
celle révolution, et ceux des citoyens qui avaient survécu à 
ta lutte ou qui étaient morts les armes à la main, étaient 
l'objet de Iclicilai ions ou de cérémonies funèbres. 

« Le* gouvernements étrangers n'ignoraient pas toutes ces 
circonstances. Ils s'abstinrent, il est vrai, de renouveler les 
édit* qu’il* axaient rendus contre les francs-maeons, a raison 
de* doctrines anarchiques qui leur étaient attribuées; mais 
ils défendirent aux loges qui. existaient dans leur* Liais (le 
s'affilier et de correspondre a\ ec colles de la France. L'est ce 
qu'on voil notamment par un rescril du ministre de la police 
provienne, M. de llochow, en date du 21 octobre LS.*ÎS. » i |) 

Le général Lafayello était Souverain ( irand Inspecteur lîé- 
néral <*if X\ degré. Du ne se borna point à celte fêle en son 
honneur; b* I fi Octobre, le(i.-.(L*. réunit toutes les Loges 
à Pelle I d'arrêter les dispositions nécessaires pour saluer, so- 
lennellement, Pma nia \ a\ï:\i:mi:m’ m itoi Lous-Pmurn: 1\ 

La Maçonnerie avait, encore une fois, cherché sa force 
dans la Viam m;s 13n\.v.m:s L\di:tii;s. Après avoir glissé le 
F.*. Deca/es dans h*s conseil* du gouverne mon l, elle se fil 
une loi électorale qui rendait ses adeptes maîtres dans les 
collège* d'arrondissement. L'est ainsi qu'elle prépara l’in- 
MiiTcrliou de Fi quand celle insurrection eut éclaté, 

elle lil mm révolution, en trompant LharlesX sur le nombre 
ei la l'mve des insurgés, mais surtout w/r /es tUspodfhws dr 
r<irwt r. Tou* le* chefs de la révolution appartenaient h la 
Franc-Maçonnerie : Lo/<ujrUf\ Lajjïh \ Dujutn/ éle Pliure , 
Sclio/ffü 9 (jerard ,Mais(tn yMrri/hoN (Larbonaro), Trslr, Hrrard y 
Matttjttin, dr Pmjmri'au , Lahhotj dr Pampirrrs, A/r.r. dr 
I,a(jordr y hnjdm aitir, Plii/ipj/r Dit/dn, etc. 

La Franc-Maçonnerie voulut se couronner elle-même en 


' ! I • I . i lui: . o//. al., p. 103. 



245 


1830 

la personne du fils de Philippe-Egalité, Louis-Philippe d'Or- 
léans, qui était son répondant auprès de la Restauration, 
comme Philippe-Egalité avait autrefois été son répondant 
auprès de Louis XVI. La Franc-Maçonnerie, le proclama Ilot, 
niais Roi-Cil oq en , n'osant pas dire Roi-Maron, Elle croyait 
le tenir par ses serments et avoir un gouvernement maçon- 
nique présidé par un fantôme de Roi et dirigé parles Loges, 
rêve qu'elle a pleinement réalisé depuis les présidences do 
Tliicrs, Grévy et Carnot. Après 1830, le Roi-Cifoqen ou Maçon 
voulut être Roi. Et s'il nomma le carbonaro Mérilhou, prési- 
dent du Conseil d'Etat et ministre de l'instruction publique 
et des cultes, il éloigna les FF.*. Laffitte, Dupont 'de l'Eure), 
Üdilon Barrot, el tous les Maçons qui lui auraient rappelé 
ses engagements. La Franc-Maçonnerie ne fut pour Louis- 
Philippe, comme il n'avait été lui-même pour elle, qu’un 
moyen. Il affaiblit le F.*. Lafayetlc et refusa la Grande -Maî- 
trise pour son fils aîné. 

La deuxième édition du Mantirl Maçonnique, publiée à 
Paris, en 1830, nous apprend que la Maçonnerie (l'Adop- 
tion ne comprenait toujours que les cinq degrés ou grades 
que nous avons étudiés précédemment. 

La Lt/rr des Francs- Maçons ou Choir de Chanson v /tourel- 
les et anciennes, d'auteur* connus tels que Armand Con/fr, 
])esanyu rs, Jacquehn , Cou/tarl el autres , qui parut a la 
librairie maçonnique du F.*. Caillot, h Paris, rue Saint- 
André des Arts, n ,J 37, en 1830 nous fixe encore sur la mo- 
ralité des FF.*, et SS:-: qui chantaient ou écoutaionf ces 
polissonneries, pour ne pas dire plus. 

Veut-on savoir, par exemple, le Serre/ de* Francs-Maron^, 
Le Chevalier Coupé de Saint-Donat le révèle en six couplets, 
parmi lesquels nous choisissons celui-ci : 

Un Dieu nous donne des désirs, 

Un Dieu nous invite aux plaisirs ; 

L’architecte de la nature 
Dicta d’Epicure, 

La morale pure* 

Et les lois que nous observons : 

V’ia ï secret des francs-maçons, (p. 55) 

Albert Pikc, dont nous étudierons plus tard les infâmes 
instructions, n'avait-il pas eu un précurseur dans le F.*. 



1830 


21G 


Pessey? nous sommes bien tenté de radmcüre en lisant ce 
passage de son Cantique (P Adoption : 

Parcourant ces riants climats 
On peut voir le plus sage, 

Uuand les sites ont tant d'appas, 

S’égarer en voyage ; 

Sans crainte pourtant 
Pnisqu’en voyageant, 

Jeunesse se façonne 
Un maçon pourra 
Se former , s'il va 

De maçonne en maçonne, (p. 20G-207) 

Il nous faudrait encore critiquer: tes Epreuves (p. 37-33) ; 
lu Vie d'un maçon (p. 111-17) ; F Echelle ri' Adoption (p. 32-tlt) ; 
C <ju' c'csf f/u’ ri'r/r'eomp.' . p. l(i(i-l<>7) ; Apollon t'rane- Maçon 
[p. ;20S~2d!tj ; Don vin , bonne teuver (p. 2t2-2i3ï, les Cou- 
p/eh ri'Ariojt/ion, de la page 277, etc, etc. Nous ne pouvons 
pus abuser davantage delà bienveillance de nos lecteurs et 
nous attarder ainsi. 

1831 

La Heine d’Angleterre, Adélaïde, fut nommée, en 1831, 
patronne de l'école des tilles maçonnes. 

1838 

Le Hile de Memphis reprit ses travaux, à la vallée de Paris, 
le 21 mars 1838. Ses trois Conseils Suprêmes furent installés 
le 23 du même mois et la G.*. Loge d'thiris fut constituée 
Je 3 avril de la menu 1 année. 

« Dans f espoir rie donner plus rie relief à leur Ordre s menu; 
et ykxkhk, les Juifs Uédarride décidèrent la tenue d'une 
Grande Loge d'Adoption, qui eut lieu le 23 août. 

Getle logo ne fut constituée que dans un but de spécula- 
tion qui aurait, paraît-il , répugné aux sentiments des Suuirs 
qu'on y faisait fonctionner dans certaines occasions sur 
l'ordre des Uédarride. Les Grandes-Maîtresses furent succes- 
sivement les SS: • : (inhrielle Punie ! , Courtois , Druano.Ma.rhuu 
[du Thénlre Fronçais) et Plon/ rie lîerthirr, que nous retrou- 
verons bientôt. 

« Le rite de Misraïm, écrivait le K.*. L. T. Jcorc, Grand Ins- 
pecteur Général, 33“ degré, appelle si souvent ses prosélytes 
à des fêtes d’adoption, h des bals et à des banquets qu’il 
semble n’avoir été institué que pour réjouir les yeux de 



1838 


247 


l’homme, charmer ses oreilles, séduire ses sens, l’attirer par 
l’éclat des cérémonies etl’attrait si vif du plaisir, apparaissant 
au milieu de joyeux Philochoréites sous les auspices du vin, 
de la musique et de la femme. » (T) 

Ces fêtes d'adoption, bals et banquets dont il semblait 
faire un crime au Rite de Misraïm, le F.*. Juge les approu- 
vait, les encourageait et y prenait une très large part quand 
on les donnait chez les Ecossais !! Nos lecteurs vont on avoir 
immédiatement la preuve. 

« Le sixième jour de la lune de thebel, l'an do la vraie lu- 
mière 3838 (ère vulgaire, le 22 décembre 1838), la R.*. L.*. 
Chapitrale Aréopagitc de Saint-Jean , régulièrement consti- 
tuée, sous le titre distinctif de la Clémente Amitié y à l'O.*. 
de Paris, convoquée et fraternellement réunie sous la voûte 
étoilée du zénith, par les 48°'i0‘li*’ de latitude nord, dans 
un lieu très fort, très sur et très éclairé, où régnent le si- 
lence, la paix et la fraternité, midi plein. >> 

« Les travaux du premier grade symbolique sont ouverts et 
présidés à LO.-, par le F.*. L. Th. Juge, vénérable titulaire 
de la loge, Afhirsatha du Souverain Chapitre y annexé, 
33 e degré, député près le Grand-Orient de France de la Loge 
XIntimc Fraternité , O.*, de Tulle, du Chapitre Y Union jjar- 
failr, vallée de la Rochelle, et du conseil des Chevaliers Ka- 
docks de la Restauration de la Vérité , a la vallée de Mazaguès, 
île de Porto-Rico, aux Antilles espagnoles ; h l’occident par 
le f.\ Bourré, 18 e degré, dirigeant la colonne du Midi, et par 
le f.\ Pinchon, 18° degré, dirigeant celle du Nord. » 

« Le f.\ Desanlis, 33° degré, officier du G.*. O.*, de Franco, 
Yen.*, d’honneur de la L.*. la Clémente Amitié , O.*, de Paris* 
député près le G.*. O.*, de France des LL.*, la Clémente Ami- 
tié, O.*, de Paris, la Parfaite Union , ü.\ d’Aubagne, et la 
Constance éprouvée, O.*, de Rouen, est placé à la droite du 
Yen.*.. » 

« Les tables de la loi sont ouvertes devant le f.\ Raynaud* 
I8 f ‘ degré, Oral,*, de la L.*. et membre du G.*. 0.*. de France, 
et le livre d’architecture devant le f.*. Raymond, son secré- 
taire général. » 


(I) Le Globe , dirigé par le F/. L.-T. Juge, Août 18 10, p. 262; — Examen cri- 
tique du prétendu Rite Maçonnique Egyptien de Misraïm se disant aussi Rite 
Oriental . 



248 


1838 

« Le buste de la Sœur Impératrice Joséphine , couronné de 
lauriers, et placé sur un piédestal, s'élève au milieu du tem- 
ple, «ion t toutes les parties sont ornées avec autant de soin 
que de gonl. » 

y< Les tribunes supérieures, élégamment décorées de fes- 
tons et de guirlandes entrelacées à des draperies routes et 
blanches, rehaussées de crépines d'or et d'argent, sont pré- 
parées, celles du nord et du midi pour les FF.*, et SS:.: visi- 
teurs et celle de l'occident, pour une colonne d'harmonie 
composée de membres de la loge et de la société philhar- 
monique. Au-devant des cariatides qui les soutiennent sont 
placées en faisceaux de nombreuses bannières de loges, parmi 
lesquelles on remarque surtout celles de Henri 1\\ des Amis 
Fidèle. s, de Y Athénée franeai *, de la //ose du Parfait Silence* 
de Mar* et les Arts , des Disciples de Fénelon , de Y Union par- 
faite de la Perserérancc et des Admirateurs de Hrézin. Tout 
annonce la solennité du jour. » 

« Le Vén.*. fait savoir à l'atelier que tout a été préparé 
pour une fête d adoption, et que les trois récipiendaires sont 
arriéres ; puis il donne 1 une courte instruction sur le rite 
d'adoption, et ferme les travaux pour passer à ceux de la 
Maçonnerie blanche. •> 

« Le Grand-Maître des cérémonies annonce qu'un nombre 
immense de sieurs et de frères visiteurs se pressent, non- 
seulement dans les trois temples du premier étage, qui ont 
été préparés pour servir de salle d'attente, mais encore dans 
les escaliers, dans les corridors et jusque dans la rue; il 
annonce aussi les députations des loges dont les bannières 
décorent en ce moment le Temple et de plus, celle de notre 
bonne affiliée la loge des Xeuf-Sœurs, qui n'a point de ban- 
nière, puis enfin une députation nombreuse du G.*. O.*.. 
Four éviter de perdre un temps précieux, le Vén.*. invile 
trois Ibis neuf frères Zi se transporter dans les salles d'allenle, 
à y luiler tous les visiteurs en commençant par les dames, 
et il désigne un pareil nombre de maîtres des cérémonies 
adjoints pour les introduire au fur et à mesure que le tui- 
lage s'opère. » [\) 

« Aussitôt commence, aux sons mélodieux des inslru- 

(V ThîI;»iî«' : tmlt’r : Iit'cmiiMilri 1 ’*» IYnU‘ tirs nüowlwiix'iiK plit'. mt iii'ims 
nablrs W ih*s in«»ls si lu* 1*T.*. rl SS:-: jippîirlinim'nl liini d la Mnruiiii.*. et qurl 
il> pnss,> ( |i»ni. — Suit* tic l'auteur. 



249 


1838 

ments l’introduction des sœurs, puis celle des frères visi- 
teurs, de tous les grades, et des députations de loges ». 

« Le rythme change, et des fanfares militaires accompa- 
gnent lcntrée dans le temple des officiers du G.*. O.-, de 
France; puis revenant aussitôt à des airs moins sévères, la 
colonne d'harmonie annonce l’introduction de la Grande- 
Maîtresse, qui a lieu immédiatement après celle du Sénat 
maçonnique ». 

« La sœur de Martial vient prendre place à l'Asie, entre 
le Vénérable titulaire et le Vénérable d'honneur. » 

« Puis viennent se placer aussitôt, savoir : au climat 
d'Afrique, et près du 1 er surveillant, la sieur Honrré\ dési- 
gnée pour remplir les fonctions de grande inspectrice ; au 
climat d'Amérique, et près du 2" surveillant, la sœur José- 
phine lluf/o, faisant fonctions de sœur dépositaire. Auprès 
de l’orateur est la sœur Désirée Pacaalf , membre de l’Athé- 
née des arts, sciences et belles-lettres de Paris, de la société 
d'Enseigncment universel, de l'Académie des Sciences de 
Vienne et de celle des Lettres de Florence, faisant fonctions 
de sœur orateur, et devant laquelle s'ouvre le livre des 
droits et des devoirs; auprès du sociétaire, la sœur L...., 
chargée de retracer les faits généraux de la séance ; auprès 
du trésorier, la sœur Adam ; auprès de l'hospitalier, la sœur 
lira/f. Le jardin d'Eden, ainsi constitué, le Véu.*. fait an- 
noncer que les travaux du premier grade symbolique sont 
ouverts. » 

« A cet instant plus de neuf cents personnes sont réunies 
dans le Temple et dans les galeries supérieures. Les travaux 
sont ouverts. » 

Le Vénérable prononce une allocution, dont nous don- 
nons les passages les plus important^. 

« Vous allez assister à des initiations aux degrés symboliques, 
non d'après les rituels de la Maçonnerie dite d' Adoption, mais 
d'après celui de la Maçonnerie des hommes , quelque peu modifié , ou 
pour être plus vrai peut-être , approprié à sa nouvelle destination. 
Ainsi que vous l'ont appris nos planches de convocation, le rituel 
observé sera grave et sévère, et raisonné de manière à donner 
une juste idée delà Franc-Maçonnerie, tant aux récipiendaires 
qu’à vous, bonnes Sœurs. » 

« Trois néophytes vont paraître devant vous; elles vont répon- 
dre verbalement et par écrit aux questions de morale qui lui 



1833 


250 


seront posées, elles subiront les épreuves ordinaires de la Maçon- 
nerie des hommes, et d’avance, j’en ni la conviction intime, 
elles obtiendront vos suffrages et seront promues jusqu’à la 
maîtrise. » 


(Huileries. — L’orchcslrc cxécule l’air connu : Où peut-on 
être mîeu.r qu'au sein de su famille). 

« La sœur Désirée Pacaull remercie au nom de toutes scs 
compagnes; sa louchante improvisation produit un vif inté- 
rêt dans l'auditoire. » 

Congratulations échangées entre TAthirsatha Juge et la 
Grande-Mai tresse S:-: de Martial. 

« Le maître des cérémonies vient déposer sur l'autel les 
testaments des profanes, et il en est donné lecture par la 
S/rur Orateur. Ils sont ainsi conçus : 

« Madame Turban, née Adrienno-Clémcncc Meunier, âgée 
de Ironie-deux ans, née à Paris, le 2(> mars LSÛti, y demeu- 
rant a répondu aux questions suivantes (I) : 


Testament. 

« Je donne après ma mort tout ce que je possède à mon mari, 
« avec la conviction que quand môme je laisserais des enfants, 
« une part égale à chacun d’eux sera donnée pour les veuves et 
« orphelins. 

« Paris, 22 décembre 1838. 

« Advienne Clémence Turban , 

« née Meunier. » 

« Mademoiselle Mariette Sévère, âgée de dix-huit ans, née 
à Guéret, département de la Creuse, demeurant à Paris, a 
répondu aux mêmes questions ; savoir : 


Testament. 

« Je donne à mon père et à ma mère tout ce que j’ai, saut 
« 50 francs aux pauvres. 

« Paris, 22 décembre 1838. 

« Mariette Sévère . » 

il} Os questions posées par le Nénérahle étaient lilhograpliiées. Os îTripioudaire"» 
et les membres mêmes de la logo ne les emmurent qu'au moment ou les profanes 
furent placées ehneuue séparément dans un rahinet de réflexions. Nous avons reproduit 
mot pour mot les réponses, sans nous perinellre aucun autre changement que celui 
de quelques fautes échappées à la promptitude avec laquelle elles ont dû être faites. 



1838 


— 251 — 

« Madame Gallot, née Marie-Louise Bessièrc. âgée de 
vingt-sept ans, née à Paris, le 2i septembre 1811, y demeu- 
rant, a répondu aux mêmes questions, savoir : 


Testament. 

« Je n’ai point de fortune; je lègue le peu que j'ai à mes 
« enfants. Je désire pour eux une bonne éducation et de bons 
a exemples. 

«< Paris, 22 décembre 1838. 

« Femme Gallot. » 

Après trois tours de scrutin qui reviennent « purs et sans 
tache, le Ven.*, ordonne l'introduction des profanes ». 

« Des batteries irrégulières sont frappées, les portes s'ou- 
vrent, l’orgue expressif fait entendre de mâles accords, et 
les récipiendaires, qui ont toutes un épais bandeau sur les 
yeux font leur entrée aux sons d une musique religieuse. » 

« Au signal parti de l'Asie, l'harmonie cesse. Les FF.*, el 
SS:-: se lèvent, et tous étant debout, le Yen.*, prononce 
dune voix grave et sévère l'invocation (I) suivante : 

INVOCATION 

« O toi qui régis l’Univers, qu’adorent le saint, le sauvage et le 
philosophe, Jéhovah, Jupiter, Seigneur, Allah, noble cause première , 
si peu comprise, principe éternel , immuaô/e, qui as tout créé ; toi 
qui as borné nos connaissances à savoir combien tu es bon et 
combien nous sommes aveugles; qui nous as cependant permis 
dans ce séjour de ténèbres de discerner le bien et le mal, et qui, 
tout en asservissant la nature à des lois immuables, laissas libre 
la volonté humaine; ce que notre conscience nous dit de faire, 
apprends-nous à le chérir; ce qu'elle nous dit de ne point faire, 
apprends-nous à le fuir. Ne souffre pas que noire main débile 
ose lancer les foudres et frapper de réprobation ceux que nous 
croyons tes ennemis. Si nous marchons dans le sentier de la 
vérité, accorde-nous la grâce de n’en sortir jamais; si nous nous 
égarons, daigne nous monlrer une meilleure voie. » 

« Enseigne-nous à compatir aux maux de nos semblables, à 
voiler leurs fautes tout en nous inspirant assez de courage pour 
les leur faire sentir et pour les ramener au bien. Puis ensuite, et 
si nous avons su être indulgents pour les autres, aie pour nous, 
6 mon Dieu, une égale indulgence. » 


'1; Celle invocation, composée pour celle séance par le F.*. L.-Tli. Juge, est une 
imitation de la prière universelle de Pope. 



1838 


252 


« Ne permets pas que jamais nous fassions à personne ce que 
« nous serions fâchés qu’on nous fasse à nous-mêmes; mais 
« inspire-nous au contraire de faire le bien à tous, même à ceux 
« qui nous ont fait du mal. » 

« Daigne protéger les ouvriers de paix réunis dans ce temple, 
« échauffe leur zèle pour tes saintes lois, ne souffre pas que les 
« passions qui dégradent se fassent jour dans leurs cœurs; 
« exalte en nous le respect de nous-même, l’amour de la vertu 
« et celui de nos frères; daigne aussi plus particulièrement 
« veiller sur ces jeunes femmes qui désirent participer à nos 
« saints mystères; prèle-leur ta divine assistance, soutiens-Ies 
<‘ de ton bras puissant, dans les épreuves qu’elles vont subir; 
« fais qu’elles en sortent victorieuses, ô toi dont le trône est 
« l’immensité, dont l’autel s’étend du nord au midi, du levant 
« au couchant ! que tous les êtres célèbrent en chœur tes louan- 
« ges, que tout l’encens de la nature monte vers toi. » 

Est-ce assez grotesque ? 

La colonne d'harmonie exécute une mélodie pendant la- 
quelle les néophytes subissent les épreuves morales avec 
lellcmentde succès qu'elles sont dispensées des épreuves phy- 
siques, puis proclamées apprenties^ compagnonnes et enfin 
constituées maîtresses. Tous les Dieux invoqués par le F.\ 
.luge ont, sans nul doute, inspiré ces sieurs !!! 

Le Yen.*, polylhéisle traite ensuite de YOriyine <h> la 
Maçonnrrir. Nous n'insérons pas de semblables élucubra- 
tions ! 

Les travaux sont fermés successivement à la maîtrise H 
au compagnonnage, puis réouverts au premier degré symbo- 
lique. 

Le F.’. Raymond (Emile-Joseph \ 3 e degré, secrétaire gé- 
néral de la L.’. donne lecture de YElorjv dr la soa/r iwj/rra- 
frire JrwjduHr, qui a remporté le prix fondé par le Vén.\ . 
Let Eloge avait été envoyé sous l'épigraphe : 

ht ttflrrt'Sft, ta Itorni fort mut, rhitfs cjtts patina fait . 

Auteur de ce Ira va il, le F. \ Raymond, foulant aux pieds 
la vérité, nous peint Joséphine sous dos couleurs qui ne lui 
conviennent pas et lui trouve des vertus... maçonniques 
probablement, mais évidemment exagérées. Il reçoit les féli- 
citations du Yén.\ l'accolade de la S.-, dp Martial, qui lui 
round une médaille d'argent et lui place sur la tète une cou- 
ronne de laurier?*, au milieu d'un tohu-bohu général, accla- 
mations de lou'?. fanfares de la colonne d'harmonie, etc. 



1838 — 253 — 

La S:-: » Désirée Pacault récite son élégie : « La dernière 
heure du poète. » 

« Ecoutés avec un religieux silence, ces beaux vers font 
sur l'auditoire une vive impression, et sont couverts d'ap- 
plaudissements spontanés, <[ui pour être tout profanes, n'en 
sont pas moins vivement sentis. Le Vénérable fait applaudir 
nuiçonniquement h ce beau morceau d’architecture, cl prie 
son auteur, au nom de tous, de vouloir bien lui transmettre 
copie de cette élégie : la Smur Désirée Pueault en prend ren- 
gagement envers la loge. 

Le F.-. L . Th. Juge prononce un discours sur V Emancipa- 
tion des femmes, telle que la comprend la Franc-Maçonnerie. 

L Àthirsatlia passe en revue les femmes célèbres danslesarls, 
les lettres. les sciences, etc. Il conclut que «le temps est venu où 
la Maçonnerie ne doit plus faire de distinction entre les sexes 
quant aux épreuves morales qu’elle fait subir à ses récipien- 
daires. La Société s’avance à grands pas dans une ère nou- 
velle de liberté et de régénération morale. G est aux femmes 
à savoir comprendre le rôle quelles sont appelées à y jouer 
dans l'avenir. 

L'éducation de la femme est plus parfaite actuellement 
qu elle ne l a jamais été, aussi ne doit-on pas négliger son 
concours, mais attendre d'elle une active coopération à Fu*u- 
vre maçonnique. 

Geltc émancipation toute intellectuelle en raison de laquelle 
il faut chercher sans cesse à lui faire partager avec l'homme 
le bienfait d'une instruction plus solide, plus en rapport 
avec le rôle qui lui est destiné est la seule, semble-t-il au 
f.\ Juge, qu'elle doive ambitionner, la seule que l'amour 
jaloux des maçons puisse lui désirer. 

Après une brillante symphonie de la colonne d’harmonie 
et le chant d'un morceau à quatre voix, le Yen.*., rappor- 
teur de la Commission des récompenses, reprend la parole 
et annonce que la première médaille a été décernée au F.*. 
Marie-Auguste Desanlis, avocat h la Cour royale de Paris 
die a Blégnicouvt-sur-Saulx, Marne). La Grande Maîtresse 
place une couronne de laurier sur la tète de ce frère et lui 
remet la médaille. Desanlis ému, veut parler, un geste qu'il 
fait en sc levant ébranle l'autel, le llambleau à trois bran- 
ches tombe et scs lumières s’éteignent. En même temps 
Desanlis couronne le f.\ Juge!!! « aux applaudissements 



1838 


251 


trois fois renouvelés de l'assemblée qui se mêlent et sc con- 
fondent avec les sons délicieux de l'harmonie. » 

À la fin de la séance, le sac des propositions circule et 
revient à Pau tel avec cinq bulletins signés par plusieurs 
sieurs, qui témoignent à la Loge le plaisir que leur a fait 
éprouver celle séance et le désir qu'elles ont que la Clrmvntv 
A fintii* veuille bien renouveler fréquemment ces cérémonies. 

Le Yén.\ remercie les sieurs de leur assentiment. l/ordre 
du jour étant épuisé, la séance est fermée selon les mystè- 
res accoutumés (IL 

1839 

Le rite de Memphis publia ses staluls et règlements le II 
janvier 1830, et le F.*. .Iacquos-Fl tenue Marconis, fils, fui 
nommé G.*. Hiérophante, dépositaire des traditions et des 
archives générales de l'Ordre, etc. 

La Loge c lui pi traie (1rs Pliiladv/phvs, fondée par les FF.*. 
Audihcrt, docteur-médecin, professeur, membre de 
lilul, le baron de iNederlet et Deiaplane, fut installée, à la 
vallée de Paris, le 21 niai rite de Memphis'. 

I n discours fut prononcé h la Tenue d'adoption, du 20 
août, île la L.*. hes Ami s- VUINv *. 0.*. de Paris, par la Grande- 
Mai tresse « la bion-aimée S:.*., htat/v » et reproduit dans le 
dfofm i 1830, p. 300-310). 

La ( întm/r-Loffr <!' Anylvlvrrv alloua une renie nnnucllede 
5.750 fr. à Féc-ole des garçons ol 3,750 fr. à celle des filles. 
File avait précédemment consacré une somme de 80,500 fr. 
pour les garçons cl 88,325 IV. aux biles, placés en rente sur 
les consolidés. 

Trois adeptes du rite de Memphis: les FF.*. Viterbols, 
joaillier du roi des Pays-Bas, Glaudin, secrétaire de F Acadé- 
mie! et de Mesmakcir, banquier, fondèrent, h 10.*. de Bruxel- 
les, les LL.*, de la Finir rUlanro et des Satfvs <V II r lin poils. 
Files furent installées, la première, le 21 novembre 1830 <0 
la deuxième, le 20 lévrier LS 10. 

Lrs Inspirations et Porsirs de la S:*: / irsirre P avau h formè- 
rent un volume in-8 ü avec portrait, imprimé, iï Paris, chez 
Dcsrez. La S:-: en ollïil au Grand-Orient de France, un 
exemplaire catalogué sous le numéro 1210 (XXXI. Pièces en 
vers. Poèmes L 


(H Annales de la Clémente Amitié, p. Cl à ICC, 



255 


1839 

Des Marseillais, les FF.*. Roux, rentier, Dumas, secré- 
taire-général à la préfecture des Bouches-du-Rhône, et Dur- 
bec. armateur, fondèrent la L.*. des Cheral'irra ih* la Palestine 
(rite do Memphis), qui fut installée à FO.*, de Marseille, le 
30 décembre 1810. 



Lv S: : Désikée Pacaui.t. 

[Fac-Similé <!u portrait joint aux Inspirations et Poésies. 

1841 

Quelques mois après (25 février 181H le Préfet de Police 
invita les Maçons de l'Ordre de Memphis à cesser leurs tra- 
vaux. « Les deux frères Bédarridc, chefs du rite de*. Misraïm, 
les avaient signalés comme étant des hommes politiques. On 
aura peine à croire, dit le F.*. J. B. Marconis (1), que, dans 
une institution fraternelle, il se rencontre des iniquités sem- 
blables, qu’on y trouve des êtres capables d’employer le 
mensonge pour faire le mal. Quel est l’homme de cœur qui 
ne préférerait pas, à ce métier odieux, celui du chiffonnier, 
et n’aimerait mieux vivre dans la boue des rues que dans la 
fange de la diffamation ! » 

Les Bédarride comme tous leurs coreligionnaires apparte- 


(ij Hameau d'Eleusis, p. 4J8. 



230 


1841 

nuicut el appartiennent h la nation dont Judas fut l’un (les 
plus célèbres personnages ! 

Le 21 niai 1 Si I , le Grand-Hiérophante déclara le rite ma* 
çonnique de Memphis en sommeil. 

Le F/. UfKjnn (H so contente d’écrire, à la date du 9 juil- 
let LS II : « Très belle fête du mire par la loge Jacques Mo /ai, à 
Paris . » Nous sommes en mesure de compléter cette indica- 
tion trop sommaire. La tenue eut lieu dans rétablissement 
du F.*. Colonne! le. restaurateur, barrière des Trois-Oouron- 
nes. Elle fut présidée par le Yen.-. Billeltc el la Grande- 
Maîtresse, S: - : Tourelle; six jeunes personnes y reçurent la 
lumière: « Le jardin d'Eden offrait à cet instant l'aspect le 
plus agréable : l'élégante simplicité de la mise de nos chères 
sœurs, leur écharpe bleue tranchant sur la blancheur écla- 
tanle de leur voile, etc, » 

Le F.\ Billelte déclare que « le jour n'était pas éloigné où 
Ja Maçonnerie, se levant tout entière, viendrait solliciter la 
puissante et active corporation des femmes. » Toutes les SS: . : 
applaudirent . Il y eut banquet et bal. 

1842 

D'autres fêles d’adoption furent célébrées : le 22 septembre 
1812, parla L/. Les Amis Fidèles , O.*, de Paris, le 30 du 
même mois, à la L.\ la Clé mente- Amitié, dont les trois ateliers 
se réunirent pour celte circonstance. Le nombre des FF/, el 
SS:-: fui considérable. A l'issue de la soirée, la S:-: Lambert f 
maîtresse de pension à Saint-Mandé, voulant s'attacher un 
enfant par la reconnaissance, mit à la disposition de la L/. 
une place gratuite dans son établissement: et le 20 mars 
INL3, après enquête, la jeune in aïs Martin fut installée 2. 

L en trait du Procès-rerhal de ta Cérémonie funèbre rjni eut 
Heu dans le Temple des Arts-Ilcunis, <).*. de Rouen, en sa 
séance d’obligation du 13 novembre 1842, nous prouve que 
des Stmrs Maronnes y furent admises. Les LL/, la Vérité , ht 
Constance Epronrée, la Sincère- Amitié o! la Prrsécérance-Cou- 
ronnée % toutes les quatre, de l'O/. de Rouen, furent repré- 
sentées par des délégués spéciaux, ainsi que le souverain 
chapitre Je- Arts-Héanis. » 

« Chacun axant pris place, le Yen/. Le F/. Levavasseur} 

(1) O/i. ni.. i». W. 

(2) Le F nui c- Maron, année. 7 cl 11% raisons, octobre 1S50, p. 157. 



1842 


257 


prononce un discours dans lequel il retrace la vie maçonni- 
que et privée des FF.*.; puis après aroir fait introduit'** les 
dm nr\\ il accorde la parole au F.*. Pculevey, Orat.*.. » (P 


De nouvelles difficultés avaient surgi entre les LL.*, an- 
glaises et américaines de Y Ordre des Odd F idiotes. Ces der- 
nières n’admirent pas les FF.*, anglais a leurs travaux parce 
que l'atelier de Manchester se refusait à faire coïncider le 
mot de passe avec celui de la Grande Loge des Etats-Unis, 
ensuite parce qu’on se proposait d'apporter des changements 
aux rituels, sans entente préalable. La Grande Loge d'Amé- 
rique, voulait, en outre, qu'on supprimât les banquets dans 
les loges britanniques, cl qu'à son exemple aucune boisson 
ne fût permise dans les réunions. Un autre point de diffé- 
rence, et peut-être le plus important, fut que les FF.*, an- 
glais payaient moins que les américains et que ceux-ci se 
refusaient à les admettre au prix fixé en Angleterre. Ces dif- 
ficultés durèrent jusqu'en 18i2 et alors il s'ensuivit une rup- 
ture complète, de sorte qu’il n'existe plus de relations offi- 
cielles entre les autorités des deux pays. (2) 

1843 

« L’une des Loges d'adoption les plus récentes de l'époque, 
la Réunion Intime, 0.\ de Bcrnav, se réunit en 1813, à la 
L*. Symbolique pour célébrer une fête funèbre en l'honneur 
des victimes de la Guadeloupe. 

« Les travaux d’adoption furent ouverts par les SS: * : 
Pat 7, Grande-Maîtresse ; Rardin, Grande-Inspectrice et 0>- 
mottf, dépositaire. La S Julie dv la Rreto/tttière signa line 
adresse au G.-. 0 .\, en qualité de S: •: Secr:-:. 

Un double intérêt se rattacha à la cérémonie funèbre célé- 
brée, le 21 décembre 18i3, par la L.*. les Arts-Re'ttnis , à 
fO.-. de Rouen : « les Dames Sont rs-Maçon nés de Rotten et de 
Bernat/, répondant pour la seconde fois à l'appel de leurs Frè- 
res, vinrent, leur Grande-Maîtresse en tête, décorer l'enceinte 
du Temple... » 

« Aussitôt l'entrée du Temple donnée au cortège îiom- 

(1) La Fraternité, Honte Maçonnique, publiée par h* F.\ Théodore l.rlirdon. 
l rc année. I 1 2 ' li\ raison. Décembre 1#12, p. Lo-20. Italien, aux bureaux de la 

rue des Carmes, ji° où. 

(2) Bulletin des travaux du Sup. Cons.de Belgique, etc., u° 17, iS71, p. G’.)-7e. 


JUÇOXN. 


17 



1843 — S58 ~ 

breux et brillant des Dames invitées, le T.*. fi.*. F.*. Peu- 
lcvey, orateur des Arts-Hhmis prit la parole. Des sympho- 
nies et des chants se fi jhmi 1 entendre et quand ils cessèrent le 
F/. Lemaître, membre des Aitiis-liriinis prononça une allo- 
cution ; le F.*. Th™ Lcbrcton, de la Prrsrrrrrmrr Couronna* 
lut une petite pièce de vers, ayant pour titre Finir mueun- 
nifjiff. 

<- De Yen.*, annonça que la parole était donnée à la 
Grande-Maîtresse Maronne et la T.*. C.\ S:*: Gauthier- 
Lanioihc-Dcstrécs s’exprima comme suit : 

a TT.*. CG *. FF.-, et TT:*: CC:*: SS:*: , 

« La haute faveur dont nos Sœurs ont bien voulu m'honorer, 
celle d’être choisie pour porter la parole dans cette enceinte, est 
pour moi, je dois l’avouer, un titre bien flatteur; mais l’illustre 
assemblée et les vives lumières que je ne pouvais manquer d’v 
rencontrer, devaient me faire paraître cette tâche bien au-dessus 
do mes forces; et j’aurais redouté de l’entreprendre, si je ne m’étais 
souvenue qu’une fois déjà nous reçûmes de vous, dans ce Temple, 
la réception la plus bienveillante et la plus fraternelle ; aussi nous 
sommes-nous empressée de répondre à votre appel, heureuse 
d’avoir encore à vous exprimer les émotions que nous éprouvons 
et les senlimons que nous inspirent ce qui nous est donné de pou- 
voir contempler ici, nous à qui vous avez bien voulu laisser en- 
trevoir un rayon de votre vive clarté, en nous adoptant comme 
enfans delà grande famille, nous qui nous honorons de pouvoir 
concourir à votre œuvre pour notre part de travail et d’intelli- 
geneo. (1) 

« Mais qui nous amène encore aujourd’hui dans ce sanctuaire ? 
Ouels funèbres chants avons-nous entendus et quels lugubres ap- 
pareils ont frappé nos regards? Ilélas 1 c'est au culte des tombeaux 
que nous devons reporter en ce moment tous les élans do notre 
àmc ; c'est à la mémoire de nos Frères moissonnés par la mort que 
nous venons apporter nos larmes et nos regrets ; car les véritables 
Maçons ne connaissent que des Frères et des Sœurs, auxquels ils 
doivent aide et assistance dans la vie et des larmes et des regrets* 
à la mort 1 

« Oui, tels son G TT.*. OC.*. FF.*, et TT:-: GG:*: SS:*: qui dai- 
gnez i ; couter nos humbles paroles, tels sont les principes que 
nous avons compris et que nous avons juré de suivre en nous 
soumettant à l’adoption maçonnique. 


( I ) On ne saurait trop admirer la puissance des poumons de la S;.; Gauthier- 
Lfnnutlc-Dostnu'Si capable de dire une pareille phrase sans reprendre haleine ’!! 



1843 


259 


« Humanité! bienfaisance! là se résument tous ces principes, 
le bonheur pour tous et le bienfait qu'une main charitable peut 
laisser tomber sur la détresse et sur la souffrance. C'est là que 
nous aimons à espérer et ce que nous nous plaisons à solliciter. 

« Nous terminerons donc, chères Sœurs, vous qui êtes accou- 
rues en foule orner le sanctuaire en deuil de tout ce que la vie 
elle monde ont de plus séduisant, nous finirons en faisant un 
appel à votre bienfaisance, persuadée que nous serons entendue 
par des cœurs où se trouvent tant de nobles sentimens et tant do 
générosité. » 

Et c'est là l'expression de toutes les émotions éprouvées 
par la Grande-Maitresse et des sentiments que lui inspire 
ce qu’elle a pu contempler dans cette triste parodie du culte 
que le christianisme rend à nos chers défunts ! Nous n’en 
sommes pas étonné. 

« A la suite de ce « discours » (1) les Dames furent invi- 
tées à semer quelques fleurs aux pieds du mausolée, etc., 
etc. » (2). 

Le F.*. Henelly, lègue 7,500 francs au profit de Fécolc 
des orphelines Maçonnes, à Londres. La Grande Loge vote 
une adresse à la reine Victoria, h l'occasion de la mort de 
son oncle le Duc de Sussex, G.*. M.\. La reine répond et re- 
mercie gracieusement. 

1844 

« En février 18H, la L.*. de Saint-Raldrrd, à Bcrth-IIer- 
wick (Ecosse) donne un bal maçonnique, auquel assisteni 
plus de 200 ladies et gentlemen. 

« Le 18 de ce mois, liai maçonnique donné, salle Clarence, 
a l'hotel Impérial, par les Maçons de Cork ( Irlande). 

» Le 20, les Loges de Limeriek (Irlande) donnent un grand 
liai maçonnique. Cette fête à laquelle prennent part plus de 
500 personnes, est dune magnificence remarquable. » (3) 

La fête du 13 mai, organisée par les FF.*, de Londres, 
produit 20,000 fr. pour les orphelines Maçonnes. 

« Au mois de Décembre. Bal maçonnique dans la Loge 
la Jérusalem Ecossaise , O.*, de Paris. » (4) 

La L.*. des Arts réunis, U.*, de Rouen, a encore une céré- 


(1 Par euphémisme bien entendu. — Note de l'auteur. 

(2) La Fraternité , etc., 2» année, 1" livraison, Décembre 1813, p. 3i(S-32<>. 
(il Le K.\ Rakox, op. cit., p. 99-100. 

(1) Ibid ., id. 



monic funèbre. « Le maître des cérémonies annonce qu'une 
députation des dames Maçonnes de Rouen, présidée parla 
T:-: G:-: S:-: fiaa/lt/or-Lan/ollr, Grande-Maîtresse, demande 
la faveur de se joindre a leurs FF.*, alin de partager leur 
profonde et fraternelle a Miction. Les darnes ayant pris place 
à FO.*. Feutrée du Temple est accordée aux dames imitées 
;i semer quolques Heurs sur le cénotaphe. » 

Le programme modifié comprit : 1° discours de l'Orateur ; 
2° Maro/to fmv'brv o.rrra/oo dans la Lr . par /os FFr . et 
SS:.: ü! 3° discours du F.*. Lemaître ; i ü chants de circons- 
tance ; « y La Grande-Maîtresse, au milieu d'un profond re- 
cueillement lut un discours remarquable, digne en tout 
point des sentiments élevés que professe cette illustre S;.:. » 
Le spécimen de 18 W suflit pour fixer sur la valeur de celui 
de ISiî. On continua : (>° par Faudilion d'une pièce de 
vers ; *1° Improvisation du F.*. Deschamps ; 8° Le Grand- 
Maître des Cérémonies, le F.*, lloudard jeune lut chargé de 
parler aux SS:-:. t) ,J Quête par les SS:-: Gauthier-Lamoüe. 
Croizé et Cordier (11. 

L Whnanach do la Franc-Maçonnerie par le F.*. Bègue. 
Clwix (2 r année). 1811 etjusqucset y compris 1847, indi- 
que la S:-: ('uthriollo PornoL comme Grande-Maîtresse de la 
Loge d'Adoption Misraïmiie. 

1845 

« Dans le courant de février ISF). M. le maréchal SoulL 
duc de Dalmalie, ministre de la guerre, avait adressé à tous 
les chefs de corps une circulaire pour leur annoncer qu'il 
était défendu aux militaires de fréquenter les réunions des 
Loges maçonniques. Comme il est facile de le comprendre, 
celle interdiction avait jeté de l'inquiétude dans tous les 
Ateliers ; le Grand-Orient, pour faire revenir le ministre à 
d'autres idées Jui adressa, le 17 avril, une planche dans la- 
quelle, invoquant des souvenirs personnels comme Maçon, 
elle le priait de revenir sur celle décision : ce qui eut 
lieu. » <'2) 

Le 22 février, le Gomilé de la Caisse centrale de secours 
des Loges de Rouen donna une fêle suivie d'un haï au profit 


<î) La Fraternité, clc., :» p année, Janvier 1813, p. 17-21. lïoucn. 

(2) hî F.*. Tl edi Histoire des Trois Grandes Loycs de Francs-Mar ont, 
p. ÎOÜ-IIM. 



1845 


201 


de cette institution. (1) Les Arts Brunis* de ce môme Orient, 
eurent une cérémonie funèbre. Les SS:.: du Climat vinrent 
avec empressement semer des (leurs sur le catafalque des 
FF.*.. Des Daines profanes assistèrent à cotte tenue. La 
S:-: Uaufhier-Lamotte* fi randc-Mail rosse lut un discours. (2’. 

Une somme de vingt francs fut envoyée au Journal tir 
Bouen pour les victimes de Monville et de Mahumay, par 
lesSS:<: de l'Union Intime , O.*, de Bernay. AX) 

Le F.*. B\zor, fit paraître chez le F.*. Teissier [Brodeur, 
décors et librairie maçonniques, etc) rue de Grenelle-Saint- 
IJonoré. à Paris, ses Conte* Maçonniques dédié v ans Sœurs 
et aux Frères. La série dite des Sœurs contient do pièces de 
poésie. 

On projeta la création d'un Journal de chant maçonnique, 
sous la direction du F.*. Romagnesi et qui publierait des 
cantïoles pour 3° Les Tenues de Lr . d y Adoption, (4) 

Le F.*. Rac.on \op . cit., p. 100) fait mention du grand bal 
maçonnique de Londres, qui eut lieu, le 22 janvier 1843. 
Une somme de 1,230 fr. fut envoyée à Fécolc des filles ma- 
çonnes par la reine Victoria et la clnches^e tTInverness offrit 
a la Grande-Loge, le plat pesant 1,800 onces, présenté au 
duc dcSussow en 1838. 

Le Fremason's quaterleq revint' , de 1845, publia la lettre 
suivante, signée : Une femme de Francmaçon, où se trou- 
vaient ce^ lignes : 

« Feu lord Durham était d'avis qu'on ne pouvait sans injustice, 
exclure les femmes de la jouissance des privilèges maçonniques, 
et il y avait tout lieu d'espérer qu’il emploierait son influence pour 
faire cesser l'ostracisme dont elles sont frappées. Sa mort a anéanti 
toutes ces espérances, et, depuis, la question n'a plus été remise 
sur le tapis. En parlant de l’exclusion lancée contre les femmes, 
dans les temps anciens, iorcl Durham faisait remarquer à ses 
frères qu'il existait une grande différence dans la position relative 
des deux sexes à cette époque comparativement au siècle actuel. 
Il rappelait que les femmes devaient être nécessairement placées 
dans une condition inférieure, alors que la force physique ou 
l'habileté à manier l'épée su ffisai t seule pour assuier la préémi- 
nence d’un homme sur un autre; mais il se plaisait à reconnaître 

(J) le F.\ Rago.y, op . cit., p. 100. 

(â)£« Fraternité, etc., novembre lSiô, p. 2SG-287. 

(3) Ibid., p. ïlï. 

fl) Ibid., Décembre 1815. p. 338-330. 



1845 — 262 — 

qif aujourd’hui, los femmes possèdent au même degré que les 
hommes les qualités qui rendent digne d’être admis à la partici- 
pation des bienfaits maçonniques, c’est-à-dire la loyauté du carac- 
tère, l'aptitude à apprécier la science, sinon à la découvrir, la 
délicatesse de sentiments, le dévouement et la sincérité d'àme. 

« Un ancien historien de 1640 raconte qu'à dater de l’époque où 
Elias Ashmole, l’un des derniers Rose-Croix d’Angleterre, devint 
freamason, le caractère de. la maçonnerie s’est graduellement 
modifié, que les frères au lieu de se livrer à des opérations actives, 
se sont bornés à disserter sur certaines doctrines et certaines théo- 
ries abstraites. Dès lors, la nécessité d’exclure les femmes a cessé 
d'exister; les progrès de leur éducation et la position qu’elles ont 
conquise dans le monde moral, ne permettent plus de les consi- 
dérer comme des créatures inférieures. Depuis un siècle, la litté- 
rature de presque tous les peuples civilisés a surabondamment 
fourni des preuves de leur puissance intellectuelle, et aujourd'hui 
que l'on reconnaît généralement combien est utile et importante 
l’influence des mères sur le caractère de leurs fils, n'est-il pas 
certainement à désirer qu'elles puissent être admises dans le temple 
où ces mêmes fils reçoivent , dit-on, de précieuses instructions ? 

« On ne cesse de proclamer que la maçonnerie tend à purifier et à 
élever l'aine, que ses préceptes inculquent toutes les vertus; qu'un 
homme ne peut être bon maçon sans devenir , par cela même , meil- 
leur mari , meilleur père, meilleur ami , meilleur citoyen; puisque 
tels sont les fruits des doctrines qu'on leur enseigne , ne s'ensuit-il 
pas que , si on initiait les femmes à la connaissance de ces mêmes 
doctrines , elles deviendraient aussi , meilleures épouses, meilleures 
mores, meilleures amies pour leurs maris et meilleures institutrices 
pour les jeunes citoyens que leur devoir est de guider dans les sen- 
tiers de la loyauté et de la vérité. 

« Qu’on ne croie pas que cotte demande des femmes soit dictée 
par une vainc curiosité de pénétrer dans les mystères de la ma- 
çonnerie. Eh, mon Dieu 1 ces mystères, rien ne leur serait plus 
facile que de les connaître, sans avoir besoin d'être admises à 
entrer dans l’intérieur du sanctuaire; elles n'auraient pour cela 
qu’à user de l'ascendant qu’elles ont sur leurs maris, ou à profiter 
<îe leurs dispositions expansives au sortir des libations d’un 
dîner maçonnique. De deux choses l'une : ou l’on admet qu'elles 
sont instruites de ces mystères, et alors il faut reconnaître que, 
quoi qu’on en dise, les femmes sont capables de garder un secret, 
ou elles ne le connaissent pas, et, dans coca*, on doit leur rendre 
cette justice, qu’elles sont trop jalouses de l'honneur de leurs 
maris pour profiter des instants de faiblesse ou d’abandon, et les 
engager à violer un serment sacré. » 



1845 


263 


Le F.*. R-VfioN, qui reproduit aussi cct extrait, ajoute : 
Nous sommes de ravis de notre sœur d' Angleterre. » (1) 11 se 
livre ensuite à des commentaires qui trouveront leur place 
à l'année 1860, époque à laquelle ils ont été écrits et im- 
primés. 

1846 

Revenons en France. Le lo mai 18i0, le F.*. Durochcr, 
Yen.*, de la L.*. les A?nis triomphants , forma sous le titre 
de Société philanthropique des ateliers et des Maçons 
unis, une association ayant pour objet la construction 
dun temple maçonnique, etc. Le fonds social, en dehors 
des sommes versées par les fondateurs, souscripteurs et do- 
nateurs, s'alimenta du produit de droits prélevés sur les ad- 
missions, collectes spéciales aux banquets et réunions de 
ces ateliers, concerts, quêtes opérées, en dehors des loges 
par des FF.*, et des SS:-:, dons volontaires de toute nature. 
(Au l tv décembre 1816, le montant des sommes obtenues 
dépassait 2o,000 francs.) 

Cent cinquante frères et sœurs prirent part a la fête 
d’adoption delà L.-. V Harmonie, O.-, de Chenmitz (Allema- 
gne) sous la présidence du F.*. Egor. Discours, chants, musi- 
que, banquet, danse, rien n’v manqua. (2) 

1847 

Les Crèches Maçonniques, moins destinées aux enfants dos 
pauvres que créées pour le recrutement de la Maçonnerie fé- 
minine ou servir de prétexte avouable pour ses réunions 
clandestines, fonctionnèrent dans lemois de mai 1817, à H L*. 
de Rouen, faubourg Saint-Sever. Elles furent fondées par 
les soins et aux frais des Maçons appartenant aux cinq LL.*, 
rouennaiscs : la Par/ ait e-E f/ali té , 1rs Arfs-liénnis, la Persé- 
vérance Couronnée , la Constance Eprouvée et la Vérité . La 
S:*: Th. Lebrrton , la compagne de lun des élus de la Seine- 
Inférieure à FAsscmbléc Nationale, Rédacteur en chef de la 
Fraternité Maçonnique, etc, eut la direction « de ce petit pha- 
lanstère. » Cinq dames palronncsses surveillèrent la colonie 
naissante. (H) 

En Allemagne, la Maçonnerie progresse ; d anciennes loges 


(1) Op. cit p. 12-13. 

(2) Ibid., p. 1U0. 

(3) Le Franc-Maçon , l rc Iiv., juin 1818, p. 21-28 ; — Voir ici à l'auaéc 1805. 



1847 


— 264 — 

reprennent leurs travaux, tic nouveaux ateliers sont consti- 
tués : les fêtes (]'a<lopt ion se nmlti plient . 

L'Angleterre est toujours le pays de la publicité maçonni- 
que par excellence : les fêtes avec admission de profanes, la 
pose des premières pierres des édifices d'utilité publique, 
les processions maçonniques, sont des plus fréquentes. La 
collecte faite h une tenue de Londres, en faveur <lt's filles des 
FF.*, s'éleva à 30.000 frs. D'autre part le liront! Chapitre 
vota 2,300 fr. de renie au fonds de secours des veuves. 

La Maçonnerie s'est reconstituée secrètement en Espagne, 
sous l'autorité d'un IL*. O.*, au dessous duquel sont placées 
dans les provinces, les LL.*, métropolitaines. « On assure 
que l'infant don François de Paule, oncle de la reine Isa- 
belle IL appartient h la Société des Communcros. » (1) 

La L.*. Amitié et Constance , de l'Or.*, de lia le a trouvé le 
moyen d'inléressor les femmes aux travaux maçonniques. 
Elle invite de iemps a autre les ii lies et les femmes de ses 
membres à assister à des tenues d'adoption, mêlées de chant 
et de musique, pour reconnaître soi-disant, le soin et l'em- 
pressement qu'elles metlent a confectionner des vêtements 
et des objets de literie destinés aux indigents. 

La Lhine a vu constituer des atel.*.. 

Une nouvelle L.*. a élé fondée h Singapore. La Charité 
Cnirerse/le a été remise en activité à Madras et dans le 
même Or.*., la L.*. V Amitié Sneiah\ a fondé un journal 
mae.‘. et > occupait de la conslrmdion d'un temple. 

Aux Etals-Unis les liants grades étaient l'objet d'une pré- 
dilection qui, selon les vieilles barbes maçonniques, n'était 
pas sans danger pour l'avenir de l'Institution. (2 j 

* 

1848 

I nt; circulaire i'ul envoyée dans les premiers jours de 
janvier ISIS à Ions les Francs-Maçons, lanl de l(hv. do 

il) l.t IV. Il \ijo\, ftp, rit p. !N. 

(2, La b'raternitr, rtr., i'. e imuto, l« c li\. } .l.umcr 1*1*. p. a à T. 



1848 — 203 — 

Rouen que des Orients etrangers pour réclamer leur parti- 
cipation à la Fête exclusivement Maçonnique que les FF.*. 
Uouennais organisaient et qui consistait en un bal. Pour être 
admis à souscrire, il fallait être Maçon. Néanmoins les lils 
de Maçons, âgés de quinze à vingt ans, pouvaient y pren- 
dre pari... «Art. ;J. Un continue habille est de ri y unir pour 1rs 

FF.'. ; LES DAMES SONT INVITÉES (1 adopter dr PRÉFÉRENCE LA 

hobe blanche avec ceînture «LEi'E. » (Ornements de la Maçon- 
nerie d’Àdoption). 

Le F.*. Eckert (I) raconte que les chefs de la Révolution 
de 1818 étaient des Maîtres de loges parisiennes, qui recom- 
mencèrent contre Louis-Philippe ce qu'ils avaient fait con- 
tre Charles X et qui usèrent des memes mensonges pour le 
tromper. « Et. dit-il, quand le Maçon qui combattait dans 
la rue, vit F autorité entre les mains d'un de scs Frères, il 
recommença hardiment une nouvelle attaque et le ministre 
au nom du Roi, commanda aux troupes de cesser le combat. 
La où la force n'avait pas résisté, la faiblesse devait vaincre ! 
Voilà les fruits de la fidélité qu'Odilon Barrot, ministre 
Maçon, venait de jurer à la Maison régnante. » 

A la séance de la Chambre des Députés, du 22 février, le 
juif-maçon , Adolphe Isaac Crémicux, déposait déjà ce que 
M. de Salvandy appelait une pétition dr l'émeute. 

Dans la matinée du 21, Crémicux. en tenue d'ofiieier de 
la Garde Nationale, parcourut le quatrième arrondissement, 
rassurant, prétcndil-il ensuite, la population et donnant 
l'espoir que le ministère du F.*. Thiors, qui avait remplacé 
le ministère Molé, allait être changé dans un sens plus li- 
béral. 

Use rendit, à onze heures et demie, aux Tuileries, où il 
avait scs grandes entrées, et trouva Louis-Philippe, avec la 
famille royale, dans un salon du Pavillon de Flore, entourés 
encore de courtisans assez nombreux. Il donna au roi le 
conseil de nommer le F.*. Odilon Barrot, président du Ca- 
binet et un ministère pris dans les rangs de la gauche la plus 
pure, de retirer à Bugeaud le commandement de la force 
publique et de le confier au F.\ maréchal Gérard. Louis- 
Philippe prit des mesures conformes à l avis de Crémicux, 
qui se retira sous prétexte de continuer sa ronde. Au Palais- 


(i; La Franc-Maçonnerie dans sa véritable siynificaiion. T. U, p. 229-2:3). 



1848 


— 2f>f> — 

Royal, noire Juif apprit l'abdication du roi et retourna près 
de Sa Majesté, qui lui déclara que Madame la Duchesse d'Or- 
léans aurait la régence du Royaume. Oémicux quitta le pa- 
lais des Tuileries pour colporter bien vite celte nouvelle. 
Les insurgés s'emparèrent du poste du Palais-lloyal ; Crc- 
mieux rentra aux Tuileries pour en faire partir Louis-Phi- 
lippe et assister a ses premiers pas sur le chemin de l'exil. 
Il abandonna, brusquement. le Roi, la Reine et le duc de 
Montpensicr, vers la place de la Concorde, parce qu’il avait 
enlendu du bruit dans la direction de la Chambre des Dé- 
putés !! 

La Chambre, réunie à midi et demi, s'était déclarée en 
permanence. 

À une heure. Madame la Duchesse d'Orléans arriva, avec 
ses deux fils, le Comte de Paris, et le Duc de Chartres ; le 
Duc de Nemours les accompagnait, ainsi que quelques aides- 
dc-camp et des gardes nationaux. Un grand silence se fit 
dans l'assemblée. Le F.\ Dupin prit la parole et parla «le 
l'abdication de Louis-Philippe, en faveur du Comte de Pa- 
ris, avec la régence de la Duchesse d'Orléans. 

Le centre, en masse, cria aussitôt : « Vire le Itoi ! Vire 
le Comte de Paris ! Vire la liéf/enee ! » cl le F.-. Dupin, con- 
tinuant, demanda que la Chambre fasse inscrire au procès- 
verbal les acclamations qui viennent de saluer le Comte de 
Paris, comme Roi de France cl Madame la Duchesse d'Or- 
léans comme régente. 

A ce moment une troupe de gardes nationaux se préci- 
pita dans l'enceinte après avoir enfoncé les portes et re- 
poussé les huissiers. 

Mario et le F.*. Crémieux montèrent a la tribune cl récla- 
mèrent l'institution d'un gouvernement provisoire ; De 
Genoude, les FF.’. OdiJon JJarrot, La Rochejaquelein leur 
succédèrent. 

Des hommes armés firent irruption clans la salle avec un 
grand tumulte cL d'clfrayantes vociférations : tous les sabres 
étaient hors des fourreaux : tonies les mains s'agitaient ; 
le président, couché en joue, disparut de son siège». Sauve 
qui peut général. 

On se rendit aux Tuileries du Peuple . i l) Le lendemain le 


(i) 



1848 


267 


Gouvernement provisoire décréta la dissolution de la Cham- 
bre, lui interdit de se réunir et déclara que le Gouverne- 
ment de la France était le Gouvernement Républicain. 

Le rôle du F.\ Crémieux fut des pim louches et des pim 
maçonniques, pendant ces événements : 

Ainsi le 21, alors que Madame la Duchesse d'Orléans était 
à l'Assemblée, avec ses fils et son beau-frère, ce singulier 
personnage lui remit un petit discours qu'elle devait pro- 
noncer aussitôt et dont le Moniteur Universel donna le texte 
qui fut reproduit par Y Ami de la Religion , le samedi 1 1 avril 
1849, n° 476, p. 123. Voici ce document : 

« C'est de la volonté nationale que , mon fils et moi t nous roulons 
a tenir nos pouvoirs. Nous attendons avec confiance , moi la veuve 
« du duc d'Orléans , mon fils orphelin , la résolution quisera prise. Ce 
« qui est certain , c'est que f élèverai mon fils dans les sentiments les 
« plus vifs de V amour de la patrie et de la liberté . » 

Quelques minutes après, Crémieux changea d'avis et pré- 
tendit que, dans les circonstances présentes, il fallait un 
Gouvernement provisoire, pour consulter la Nation sur le 
régime définitif qu’il lui convenait d'adopter. On lit sortir 
la Duchesse, ses fils etles personnes qui les accompagnaient, 
par une porte donnant au-dessus du banc de l’extrême 
gauche. Les Francs-Maçons, Crémieux et leur bande, allè- 
rent a rilôtel-de-Ville et le tour fut joue ! 

Avec la Maçonnerie, la Juiverie arriva au pouvoir, l'une 
ne va jamais sans l'autre. 

Le 3 Mars, le National s’écriait : 

« Jérusalem venait plus brillante et plus belle ; la Répu- 
blique est proclamée , la curée des places a commencé , im- 
mense, ardente, haletante, insatiable; c'est pisquen 1830 ! » 
Juifs et Maçons triomphaient ; le succès avait dépassé leur 
attente. La Régence leur aurait à peu près livré la France 
et voilà qu’un coup d'Etat les en avait rendus maîtres ab- 
solus. 

Le 6 mars, une commission, choisie parmi les dignitaires 
du G.*. O.-., se rendit à FHôtel-de-Ville pour remettre une 
adresse au Gouvernement Provisoire. C'était la première dé- 
monstration politique publique et officielle de la secte. Le 
F.*. Fixdel la regrette et la qualifie de malheureuse. 

« Les FF.*. Crémieux, Garnier-Pagès, Marras l et Pa- 



1848 


— 2IÏ8 — 

guerre, revêtus do leurs oripeaux maçonniques, reçurent 
relie députation. « Hien que conformément à sex statuts , — 
était-il dans celle adresse, à laquelle répondit le F.\ Cré- 
mieux — . ht Confrérie des murons français reste étrangère à tout 
débat politique, fc'élait écrit pour la galerie) il est impossible 
qu'elle taise ses sgmpafh tes ardentes pour le grand mouvement 
national H social qui vient de se produire . De tous les temps 
les mots de « Liukkté, Kuauté, Fhatekxitk », ont brillé sur les 
bannières des francs-maçons, et aujourd'hui, qu'ils les retrou- 
vent sur les drapeaux de la nation française , ils saluent nx 
eux le tiuompiie i»e leu us imuxcii’Es et se félicitent de pouvoir 
dire que par eux la patrie tout entière a reçu la Coxséckatios 

M\Ç.nXXHJl'K, elc... » 

Veut-on savoir combien coula celte consécration maçon- 
nique elle triomphe des Frères Trois-Points ? 

Le rapport de la Commission chargée d’examiner les 
comptes du Gouvernement Provisoire déclara qu’un vérita- 
ble désordre régna dans la gestion des deniers de l’Etat. On 
dépensa, pendant deux mois : « deux cent trois millions, 
978,000 francs ! » Ce (pii, calculé pour l’année ferait un 
budget de (rois milliards !! Les Juifs Goudcliaux et Fould 
présidèrent à ces dilapidations. Ils ont trouvé de lidèles imi- 
tateurs, depuis quinze ans, dans les FF.-. Tirard, Houvier, 
Peylral, chargés du ministère des finances. 

La deuxième livraison du Franc-Maçon (juillet 5818, 
p. 33-30 ) sons ce titre : M . de Lamartine et la députation 
maçonnique , rendait compte de l'aclc d’adhésion à la Répu- 
blique fait six jours après par d’autres francs-maçons : 

« La députation maçonnique du 11 mars composée pres- 
que entièrement de Maç.*. de l’obédience du Suprême Con- 
seil, partit de la place de la Bourse, drapeau aux couleurs 
nationales en l (Me surmonté des attributs maç.-. et portant 
sur scs plis ces mots : Francs-Maçons. 300 FF.*, marchant 
deux par deux, attiraient tous les regards par leur gravité 
silencieuse. Arrivés h l'Ilotel-de-Ville, sept FF.*, revêtirent 
Je tablier d’app.*. c'était enlr'aulres, les FF.-. Vanderheyni, 
du Planly et Jules Barbier; ils pénétrèrent dans la salle 
ou les reçut M. de Lamartine, et Jules Barbier prononça 
avec émotion les paroles suivantes : 

<• Citoyens membres du gouvernement provisoire, une réunion 



1848 — 2G9 — 

de francs-maçons qui appartiennent indistinctement à tous les 
rites, vient se présenter devant vous avec le tablier pour insigne, 
c’est-à-dire avec le symbole de l'égalité et du travail... nous saluons 
des acclamations les plus vives le gouvernement républicain qui a 
inscrit sur la bannière de la France cette triple devise qui fut tou- 
jours celle de la Maçonnerie : Liberté, Egalité, Fraternité. Oui, 
citoyens, notre modeste bannière est celle de Funion, de la sym- 
pathie entre tous les Français comme entre tous les peuples. C’est 
à ce titre que nous venons l’offrir au gouvernement provisoire au 
cri de Vive la République! » 

31. de Lamartine a répondu : 

« Je n’ai pas l’honneur de savoir la langue particulière que vous 
parlez, je ne suis pas franc-maçon, je n’ai jamais eu dans ma vie 
l’occasion d’être affilié à une loge... Cependant j’en sais assez de 
l’histoire de la Franc-Maçonnerie pour être convaincu que c'est du 
fond de vos loges que sont émanés d'abord dans l'ombre , puis dans le 
demi-jour et enfin en pleine lumière , les sentiments qui ont fini par 
faire la sublime explosion dont nous avons été témoins en 1789, et 
dont le peuple de Paris vient de donner au monde la seconde et j'es- 
père la dernière représentation il y a peu de jours. » 

La Maçonnerie s'enorgueillit tellement de ees paroles du 
poëte que le F.*, Declievaux-Dumesnil les fit imprimer, en 
épigraphe, au-dessous du titre de son journal le Franc - 
J façon, (notamment sur les 1 e et 3° livraisons de la l rc an- 
née) à côté de celles du F.*. Oémieuxau F.*. Bertrand (Dé- 
putation du G mars) : 

« La République fera ce que fait la Maçonnerie, elle de- 
viendra le gage éclatant de Fanion des peuples sur tous les 
points du globe . » 

Les Misraïmites, conduits par les FF. \ jjédarride et 
Boubée se rendirent le 11, h rilôtcl-dc-Yille, pour adhérer 
aussi. Ils furent reçus par le F.\ Pagncrrc. 

« Avant les élections de l'Assemblée nationale, un Club 
Maçonnique fut fondé à Paris et fit une déclaration de prin- 
cipes avec F indication des garanties à exiger des candidats h 
la représentation nationale. Elle est rapportée en entier 
dans la Revue Maçonnique, de Lyon, II e année (1818), p. 108 
à 110. » 

Voir dans la même Revue , p. loi, la discussion dans la 
séance du 21 juillet 1818, du projet de loi sur les clubs , à 



1848 


— 27U — 

l'Assemblée nationale, pat lie relative à la Eranenuironnerie 
cl dans le journal le Franc-Maçon, 1"’ année, p. ti'i. » \ l J 
La révolution do LS LS permit à l'Ordre de Memphis de 
reprendre ses travaux à la Vallée de Paris, le o mars. La 
Lo^e chapitra Lo dos Sectateurs de Mo a os, fondée par les FF/. 
Renjamin Netter, artiste peintre ; J. Rousseau, capitaine, 
membre de la Lésion d’honneur, el le baron de Rraunecker, 
fut installée à la môme Vallée, le 21 mai. 

Ce fut aussi, en 1818, qu'un prêtre du midi de la France 
quitta le sacerdoce, pour épouser une enfant de seize ans. 
Après l'annulation de celle union, le malheureux s'adonna 
au satanisme et rédigea un exécrable rituel que les adeptes 
Incite viens observèrent jusqu’en 187 o, année de. sa mort. Les 
réunions devinrent alors plus rares ; mais les Palladistes les 
reconstituèrent à partir de 1881. Cet apostat, qui s'appelait 
Constant, publia, en outre, certains ouvrages lucifériens 
sons le nom judaïque d'Eliphas Lévi. Le plus célèbre eut 
pour titre : La C/of dos q ronds nu/slère<, Eliphas Lévi compta 
parmi ses disciples le F.*. PhiJéas 'NValdcr. dont nous par- 
lerons à noire heure. 

Le F/. limitée rapporte (dans ses Etudes historiques ef 
philosophiques sur la Franc-Maçon nerio } etc, et sur les 
Loq os d y Adoption, p. 272) que la S;-: llrcano , qui se rendait 
en Uavièiv pour être institutrice chez un prince, arriva, h 
Francforl-sur-le-Mein. au moment où une émeute venait 
d’y éclater. Initiée à la Maçonnerie, elle se sauva d’une mort 
presque certaine par les signes, paroles el attouchements 
appartenant à la Maçonnerie (l'Adoption. N est-ce pas le cas 
d'appliquer le proverbe : « Si non o roro , o houe trovato ! » 

Le Franr-Maroa, dans sa Petite Correspondance, insérée 
sur la deuxième page de la couverture du fascicule de juillet, 
adressait des remerciements a une dame Enijenie Nibot/ef, 
et publiait dans la livraison d'octobre, pages 1 tS et 1 Mb une 
noie d 'A Hue Lehenu sur le Duel. 

1849 

Ce même journal (8“ et SP livraisons : janvier et février 
181!). p. 2'b> et 2o(>), recommandait au G.*. U.*, d’organiser 
un concert maçonnique tous les mois et lui indiquait parmi 

(1) !.<• F.’. ItAiiox. liilitel de la Maçonnerie Forestière, etc. suivi d'une ana- 
lyse de II associations politiques secrètes, de.. p. 15. 



1849 - 271 - 

les artistes de mérite qui pourraient en faire partie, lu Sœur 
liourdeLCa genre (Val traction était fort à la mode pour amener 
petit à petit les femmes profanes à frayer avec les Maronnes 
et à entrer dans la secte. 

La nécrologie insérée aux livraisons 10 et 11, p. 317, an- 
nonce les décès des Sœurs Planchenot ; Charassin. do la 
Loge Henri IV et de la lowtonne Dandricuw 

Les livraisons d’aoiït-septembre renferment l’avis sui- 
vant : 

« Maunktisme. Mlle Euphrasip.\< rue Uochcclmuarl, 11, soin- 
« unnibulc très-lucide, a rendu la santé à un grand nombre do 
« malades. Consultations tous les soirs et entièrement gratuites 
« pour 1rs Francs-Maçons. » (p, 90., 

Une planche de la S:-: Hëmon (p. 9 2) rappelle aux FF.*, 
qu elle est veuve d’un 30 e , qui s’est toujours occupé do la 
confection des décors maçonniques, et se met à leur disposi- 
tion pour les commandes dont ils voudront bien Fhonorer. 
Une note, placée au-dessous, indique des prix exception- 
nels de bon marché. La S:-: Hëmon demeurait, rue du Fau- 
bourg Saint-Denis, II, à Paris. 

Le fondateur: de la première crèche maçonnique de Paris, 
le F.*. Framboisier, directeur de l'Institution de Sainte- 
Périne mourut victime du choléra. Ue F.*. Marbcau, prési- 
dent de la Société des Crèches prononça quelques paroles sur 
sa tombe. 


La Grande-Loge tV Angleterre vota une rente de 2,301) fr. 
au fonds des veuves maçonnes. Le Grand Chapitre affecta 
une rente de 873 l*r. pour le même objet. 

Le F.*. Scipion Pistrucci, secrétaire du F.*. Maz/ini écri- 
vait, le 2 avril 1819, au F.*. PaullUpari : « Nous sommes un 
grand parti de pourceaux ; cela peut se dire en famille. » 

Etait-ce aux rituels infâmes, aux obscénités maçonniques, 
aux profanations sacrilèges et sataniques, que Scipion 
Pistrucci faisait allusion ? Nos lecteurs apprécieront, d’après 
ce que nous leur avons déjà révélé et ce qu’ils apprendront 
encore. 

» Sous le maillet du F.*. ftugnoL le (U*. O.*, voulut, en 
vain, repousser la Maçonnerie d* Adoption ; le F.-. Boubée, 



1849 


272 


qui devinf, onze ans plus lard, Grand Conservateur ou Grand 
Maître. sV opposa et l'emporta. *> (I i 

1850 

UoiiImm*, n en de ph lise un.r Murons tpi } prétendent tfit'il y 
H pi t/s f/'fOt fletni-sirr/r tpte 1rs femmes tte sont plus ml mise* 
dan' leur seete 7 fui 1*al l Kl l» de ht renaissance de ht Maron- 
tarie tirs Dames cl l'inspirateur do la (etc d'adoption des 
LC.*. Les Anus Ilten faisants et httifafears d Osiris, O.*, de 
Paris ; Les Zélés Philanthropes , ().*. de Vaugirard ; La Rose 
Etoilée Régénérée, O.-. île Paris et les Amis de P Humanité . 
O.*, de Montrouge. Nous empruntons ec qui suit, au tracé de 
cette tenue : 

« Les ouvriers des quatre LL.', se sont assemblés, accompagnés 
de leurs Smurs et de quelques enfants, le 10 e jour du mois d’Ab, 
année de la lum.*. 5850 (19 juillet 1850, Ere V.*.) à l’Orient de 
Paris, dans un lieu connu des profanes, sous le nom de maison 
Tonnelier (barrière du Maine', pour y célébrer, par une fête d'Adop- 
lion, la Saint Jean (l’Eté. 

« Un avait fait, dans le jardin attenant à la salle du banquet, 
tous les préparatifs nécessaires a la réception des SS:-: et à l'ini- 
tiation de quelques lowlons, etc. » 

« A trois heures, tous les Mae.-. <o rendent dans le temple. 

« Le F.*. Lenillet, Vén.\ do la L. \ de Vaugirard, désigné par le 
sort pour présider la séance prend place à l'autel en qualité de 1 er 
maillet. 11 est assisté des FF.*. Bertrand, G.*, orateur; Grenet, 
G.’. S.*.; Lcriche, secret.*, sténographe. Le F.*. Itecluz, V.*. de la 
L.*. de Vaugirard, tient le 2 e maillet, et le F.*. Fourrié, Vén.\ des 
Amis /bienfaisants, le «T\ etc. 

« Les SS:-: sont introduites suivant leurs grades, au son de 
l'harmonie. 

« La S:-: Ringuet , Giv. Mail.*., appartenant à la L.-, de Mont- 
rouge, est conduite à la droite du président; La S:.: Rouget, des 
Amis /bienfaisants, prend place à coté du Gr.\ Orat.*.; La S>: 
Grenet , affiliée si cette même loge, tille du G.*. Seciv., s’assied 
auprès de son père; la S:*: Maréchal , de FU.-, de Vaugirard, rem- 
plit les fonctions de Giv. Insp.*.; La S:*: Resson , des Amis Bien- 
faisants, celles de Giv. Dépos.-.; Les SS;.: Duballen , de FO.', de 
Montrouge, et Genninet , affiliée, celles de Gr.\ llospit.v 

« Les autres SS;-: prennent séance sur les banquettes, à droite 
et à gauche de la G.*. Mailiv. . 


(!) Is Franc on, lu« hihiôi», \e* 1 ( *t r>. is):î } j>. inj. 



1850 


273 


« On fit entrer immédiatement après la députation du G.*. 0.*. ; 
elle avait à sa tête le F.*. Jobert aîné , assisté des FF.*. Bailleul, 
Razy, Dechevaux-Dumesnil, directeur et rédacteur du journal le 
Franc-Maçon , etPillot, chef du secrét.*. du G.*. O.*.. 

« Ces derniers sont suivis des memb/. des at.\ réunis et des 
visiteurs de tous rites, qui se mettent derrière tes SS:-: et forment 
au-dessus d'elles la voûte d'acier . 

« La séance est ouverte par Tallocution suivante que le G.*. 
Vén.\ adresse à la S:-: G.*. 31:*:, après lui avoir donné le baiser 
fraternel : 

« T:.: C:-: S:*: G:*: M: :, je suis heureux de vous recevoir parmi 
« nous; venez prendre la place qui vous est due et recevoir de 
« mes mains ce maillet qui est le symbole de la puissance rna- 
« çonnique. Je vous l’offre de la part de tous mes FF.*, et de 
« toutes mes SS:*:, comme à une des plus zélées, des plus ver- 
« tueuses. Et vous toutes mes sœurs, qui avez bien voulu venir 
« embellir notre fete, croyez à nos sympathies les plus vives. » 

« L’émotion de la G.*. M.\ lui permet à peine de faire parvenir 
jusqu’à l’auditoire la réponse suivante : 

« TT.\ CG.\ FF.-, et TT:-: CC SS:-:, vous auriez pu re- 
« mettre en des mains plus dignes ce maillet qui sert à la direc- 
« tion de vos travaux ; mais puisque vous avez décidé qu'il me serait 
« confié, je vous remercie mille fois , et vous prie tous , bons FF.-. 
« et bonnes SS: :, d'être indulgents pour moi , d'avoir égard à mon 
« inexpérience. » 

« Le Grand Orateur annonce que plusieurs dames et demoiselles , 
épouses, filles ou sœurs de Maç.*., sollicitent l'initiation au pre~ 
mier grade de la 31.*. d’Ad option. 

o La S:-: Gr:-: Mait: - : ordonne que les rapports soient recueillis 
et examinés. Ils sont reconnus favorables. Les Climats sont alors 
consultés et les prof.*, conduites dans le cabinet de réflexion. 

« Le Frère Grand Orateur, assisté des FF.*, initiateurs, rentre 
bientôt avec elles dans le jardin d’Edeti. 

« Leur grand nombre amène l’assemblée à décider qu’une seule 
subira les épreuves pour toutes les autres. 

« La récipiendaire Adèle Desban est désignée parla G:-: Malt: - : . 
Elle subit courageusement les épreuves physiques, et répond 
avec une grâce touchante et une intelligence, une sagacité remar- 
quable, à toutes les questions morales qui lui sont posées. 

« La lumière lui est donnée au nom de toutes les néophytes. 
La G:*: Maît: les consacre; les SS:*: G:*: Insp:- : etDépx les pro- 
clament et l’assemblée applaudit chaleureusement. 

« La S:-: Adèle Desban remercie avec effusion Fat.*, de la 
bienveillance qu’il vient de lui accorder, elle monte à l’autel et 

18 


MÀ<jON.V. 



1850 


274 


chante d'une voix timide, mais suave et ravissante, un cantique 
composé par un F.*, de la L.\ de Castres. 

On introduisit deux pauvres vieillards, le mari et la femme, l'un 
infirme et l’autre aveugle. 

« La S:-: G:*: M:*: leur dit : 

« Vous pouvez être assurés des sentiments favorables de cette 
réunion de FF.*, et de SS:-;, et pour vous en donner une preuve, 
nous vous offrons celte modique somme (elle leur remet une 
bourse). Puisse-t-elle vous faire passer quelques jours moins 
sombres. » 

Le vieillard remercia et le Ven. \ donna iordre de les reconduire. 

« On procéda sans délai à lu cérémonie du baptême ; mais une 
pluie subite et abondante força bientôt toute la société à se réfu- 
gier dans une des salles de la maison... L’exiguïté de la pièce 
provoqua quelques réclamations. Tous les FF.*, demandèrent que 
les travaux fussent repris dans le jardin dès que l'orage se serait 
dissipé ce qui eut lieu), /.a cérémonie du baptême y fut reprise 
au bout d’un quart d’heure... » 

La parole du Vén.\ frappa tellement l’un des enfants qu’il se mit 
à pleurer à chaudes larmes; son émotion se communiqua à tous 
les assistants. 

« L'une des lowtones , la jeune fille du F.\ Billot, récita des vers, 
composés parle F.*. David, de la L.*. Saint- Vinrent de Paul, etc.» 

Après le baptême on se rendit à la salle du banquet. Au moment 
des toasts le F.*. Jobert prononça ces paroles, en les accompagnant 
d'un geste énergique, dont le tracé ne peut donner l’idée : 

« Ma fille n épousera jamais qu'un Franc-Maçon , parce qu'un 
Franc-Maçon saura toujours accomplir ses devoirs . » 

(La salle retentit d’applaudissements.) Discours des FF.*. Ber- 
trand, Lcuilley, itecluz et Fourrié. 

Le (racé donne les noms des FF.*., SS:-: e( Lou ions qui 
ont assisté à la fêle, nous remarquons les suivants : 

&:•: Anigot; Aurian, une S:-: et un enfant; Alrique, père, une 
S:-: et un enfant; Bloch, son épouse et leur lowlon, Leon Mager, 
né à Grenelle, le 2o août 183U; Berlin père, une S Boussugc, 
Marie- Harbe Sivrard , son épouse; Besson, Antoinette-Stéphanie 
Plantt, son épouse ; Bougaud, Claire-Augustine Heure , son épouse ; 
Barbé, Monique- Louise Le franc, son épouse; Bailleul, son épouse 
et ses drue loir tonnes ; Berlin fils, une S:-:, Baudoin, une S- : ; 
Brou, une Sœur et deux lowtons ; Barrel, Emile, âgé de huit ans, 
né à Paris, fils du f.*. Barrel, de la Rose Etoilée et Régénérée, et sa 
mère; Broqué, Joséphine-Rose Polie , son épouse et Adélaïde - 
Ernestinc , leur fille; Boulillon, Anne-Clémentine, née en 1838; 
Barbon, une S:*: et un enfant ; Bac, une S :•: et un lowton, Edouard 



1850 — 275 — 

Bac : Beaudoin ( les deux SS:-:) ; Borin et une lowtonne ; Blondeau 
(la S :•:) ; Cornet et une S:*:; Camprié et une S ; Claret, Marie- 
Adèle Lebrun , son épouse, ses deux lowtons ; Chevalier, une S:-: 
et un lo\vt.\ ; Couillerand et une Caffin (la S Chanet 
elttWtfiS:-: ; CaurcJ, trois SS: : et un Iowt. ; Claude et deux SS: • : ; 
Dartenet, son épouse et sa mère ; Desban, André- François, Marie- 
Adèle Lefèvre , son épouse et Marie-Adèle Desban , leur fille; 
Décamp, Alexis, et son épouse; Dumont, Marie-Eléonore- André, 
son épouse et Marie-Octavie, leur fille; Durancl, Marie-V alentine 
Braux , son épouse, et leur fils Gaston, né en 1845. lowt.-. ; Dela- 
rueîleet uneS: : ; Désirât et une S:-: : D'IIaille, Auguste et uneS::; 
Davin et deux SS:-:; Dumond, Auguste, une S:-: et un lowt.*.; 
Duballen et ses deux filles ; Durosey, Marie Marin , son épouse ; 
Delabarre, une S:-: et deux lowt.*.; Desroques et trois SS:-:; 
Drouet et une S:-:; Deleau (la S:-:) et une autre S:-: ; Daubignard 
et une S:-: ; Dubléetiw^S: : ; Douce et une S:-: ; Dubuis, uneS:-: 
et un lowt.*. ; Estève et une S:-:; Fait et une S:-:; Fiot, Elisa 
Belledame, son épouse, une S:-: et un lowt.-.; François, deux 
SS:-: et un lowt.*.; Fagnau et une S>:; Gonnet et une S:-: ; 
Garnier, une S:-: et un enfant; Gérard, Louise-Sophie Gorce , son 
épouse ; Guichard , Thérèse Morceaux, son épouse; Gorce, Advienne; 
Gaudest (les deux SS:-:); Girois, Rose-Elisa-Céline Garnier, son 
épouse et un enfant; Grenet et sa fille ; Germinet et trois SS:*;; 
Garachous et une S ; Gasnier et une S:-: ; Graileaux et une S:-:; 
Goupy et une S:-:; Gérard et deux SS:-:; Grisse, son épouse et 
leurs enfants ; Guervais (la S:-: ;) ; Guillot(la S:-:); Guédras et une 
S: : ; Gelin, Julie-Rosalie Boulier , son épouse; Giraudel, Appoline 
Flogny , son épouse, et le lowv. Gustave ; Hanrion et deux SS:-: : 
llulinet et une S:*:; Iluart et une S:-:; Hilaire, uneS:-:et\ui 
lowt.-. ; lîamm et deux SS:-:; Iluart, Auguste et une lowtonne; 
llimbert et deux SS:-: ; Jobert, aîné, son épouse et sa fille ; Kiener, 
Marie- Joseph-Constance Delcourt , son épouse et Ma) %e- Joséphine- 
Jeanne-Louise , leur fille; Leffroy (les deux SS: -:)e tunlowt.*.; Levas- 
seur (les deux SS:-:); Legrand et son épouse ; Legrand d’Ourscamp 
et son épouse ; Lavaud et deur SS:-:; Leprevot et deux SS:-: : 
Lauzanne et une S:-: ; Lilzimberger et une S:-: : Louvier et deux 
SS:-: ; Leinanissier et trois SS:-: ; Legris (deux SS:-:) ; Loiseî,avec 
deux SS:-: et ses low.-. Alfred, âgé de 0 ans, Horlense, âgée de 
5 ans, et Charles, âgé de 2 ans i 2 ; Marchauxet deux SS:-: ; Maget, 
une S:-: et un low.*.; Marniet, avec une S:-:, Joséphine-Thérèse 
Jamain t son épouse et leurs lowt.*.; Michaud et une lowtonne ; 
Maréchal, et trois SS:-: ; Ménier, une S:-: et un enfant; MingauL 
et uneS:-: ; Maréchal, Victorine Preroteau f sonépousee t leurs low.*. ; 
Mazé, lowt.*. ; Merlin et une S:-: ; Meunier et une S:-: ; Massonnet 
et Reine-Charlotte Tachet, son épouse; Maréchal et deux SS :-: , 



1850 


276 


Namur, Virginie Carpentier,* on épouse: Pouget, Rosalie- Antoinette 
Monroy* son épouse; Pouget, Elisabeth-Eugénie , âgée do il ans; 
PerruchoL Anne Jennat . son épouse et leurs lowt.*. Anne, née à 
Tours en 1811, et Charles, ne à Paris, en 1841; Plouvier et un* 5;-: ; 
Plouvier, lowt.*. ; Pilot el Marie-Elisa , sa tille, âgée de 13 ans, née 
à Paris ; Perrot et une S Potel et deux SS:-: ; Putignier el une 
loictonne ; Petrot et deux SS:-:; Plouvier , hurfoutti, de 7 ans; 
Provot ( les deux Sœurs) ; Pinier et «mc S:-: ; Pichon et un lowt.’. ; 
Pihando et une S: • : ; (Jnatrcinèrc et une S: ■ : ; Régnier, wwc £:• : ef 
deux lowt.*.; Rioul, Eugénie- Françoise Duflos, son épouse et 
Charles-Adolphe, lowt.*.; ltaich et une 5:-:; Robert et une S:*:: 
Ringuet eUcw épouse ; Shwy, Adèle Vian, son épouse et leur lowt.*., 
Louis-Ctienne;SimonetetiO^ N:*: ; Toran eidenx SS:- : ; Thiébaut 
et u«r loictonne ; Tricot et une S:.: ; Toret et un lowt.*.; Torche 
(les deux SS:*:); Vaîlayer, Catherine Polanges , son épouse et leur 
lowt/. ; Vuillaumc et aar .V:-: ; Yillicrs, S:*: et (leux lowt.*. ; 
Vincent et une S::: Vassal et une S:-:. ([) 

Lu Loge clinpilrale et aréopagislc des Disciples tir Mem- 
phis . fondée [uir les FF.*. J. Et. Mareonis, homme do lettres ; 
fiay, rentier, chevalier de la Légion (F Honneur ; Tondeur, 
homme de lettres ; F. Moreau, capitaine d'état-major, mem- 
bre de la Légion dllonneur, el Maillard, avocat, fut installée, 
à la Vallée de Paris, le 27 juillet 1830, et, celle des Phi/a - 
delfthe s\ le 21 septembre. (2) 

l u chapitre consacré ail Tui/eur de la Maçonnerie rP Adop- 
tion a été écrit par le F.*. J. -lit. Mareonis dans son ouvrage: 
Le Sanrlnaire Je Memphis ou Jlernth , qu'il lit parai Ire, h 
Paris, en 1830. 

1851 

Le Conseil des Sublimes Mai/res du (irand-OEurre fut ins- 
tallé. le 13 avril 1831, à la Vallée de Paris (Rite de Memphis). 
Il était composé des FF.*. Morizol, professeur, 00 e degré ; 
lîuimier, chevalier de la Légion d'Honncur, 00“ ; F loquet, 
avocat, 00' ; De Rreloime, avoué, 00 e ; Fournier, chirurgien 
de marine, 00“ : baron (îuillemol, t)0 ü ; Patcrson, directeur 
de la Société d 'Assurances du haut commerce de France, 
03“ degré ; Deschovaux-Dumesnil, directeur du Fmnr-Maron, 
etc . 

L'muvrc des crèches maçonniques se développe. Le Franc - 
Maron recommande aux SS:*: de continuer à prendre Fini- 

(1) Le Franc-Maron, 2« nnn< f c, 7® et S'* liv., octobre iS30, p. 137 à 10 i. 

(2) Le Hameau d'or d'Eleusis, p. lia. 



277 


1851 

tiativc de cette institution. « C’est alors surtout que l’on 
dirait que dans leur belle mission elles ressemblent à ces 
anges de consolation et de bonté dont la Providence a pourvu 
la société pour essuyer les larmes du pauvre. Le concours 
des amis de l’humanité ne leur manquerait certes pas. » (1) 

Sur la liste des candidats à la présidence du G.*. O.-., in- 
sérée par ce même journal, on lit : 

« Napoléon Bonaparte , représentant du peuple. — Initié en 4848, 
aux Amis de la Patrie , par le F. Desanlis, dernier président du 
G.\0.\ — Portrait: Principes avancés: doué de qualités éner- 
giquesetaimantlamaç.'. àl’exemplede sou père leF. Jérome. » (2) 

À la dernière page du numéro que nous citons, on invitait 
les S* nurs à assister au Concert Fouché (A la Redoute) et on 
annonçait le bal maçonnique qui devait être donné, le 20 dé- 
cembre, salle du Casino Parjanini , 11, rue de la Cliaussée- 
d’Ànlin. 

Au moment où le Grand-IIiérophante mit le Rite de Mem- 
phis en sommeil, le 21 décembre 1831, cet ordre avait sous 
son obédience, cinq loges en activité à Paris ; une h Bru- 
xelles ; une h Londres ; une à Smyrno et une à Buenos- 
Àyres. 

Les Odd Fe/lows américains tinrent leur séance annuelle 
dans la Grande Loge nationale de Washington. Il résulta des 
rapports qui furent présentés que l’Association comptait aux 
Etats-Unis, en 1831, 28 grandes loges, 1700 loges inférieures 
et cent soixante mille membres environ. Le montant des 
recettes, pour l’année 1830, s'était élevé à 880,389 dollars, h 
peu près (cinq millions, 300,000 francs). Les Odd Foliotes 
décidèrent, le 20 septembre, que les femmes seraient doré- 
navant admises dans cet ordre, sous le titre de Rebecca . Les 
veuves furent reçues, pourvu que leurs maris n’aient point 
laissé de dette à la caisse et qu’elles soient revêtues du 
5 e grade. Elles ne sont soumises à aucun vote, ne payent au 
cune rétribution. Elles portent un ruban vert et rose. 

1852 

L’obédience de Misraïm eut, à Paris, le 26 Schebat 1831, 
(3 janvier 1832) une fête d 'Adoption suivie de bal. La céré- 


(1) 2 13 année, 9 e et 10e Hv., Mai-Juin 1851, p. 201. 

(2j 3 k année, et 2« liv., Septembre-Octobre 1851, p. 11. 



1852 


278 


monic fui dirigée par une» femme bien connue dans le monde 
littéraire, la Grande-Maîtresse S:*: Plocq de llerfhier, épouse 
du F.*. Comte Berlhier, colonel de l’Empire, parent du 
prince de NcufcluUcL 

Le Franc-Maron cite l(*s crèches maçonniques de Douai, 
Lille, Paris, Rouen, comme subventionnées par la Maçon- 
nerie parisienne. 

Quatre mille personnes prirent part au bal donné sous 
les auspices du G.\ U.*., le 31 janvier LS32, el qu'honora de 
sa présence le nouveau Grand-Maître de FOrdrc Maçonnique 
en France, le prince Lucien Murat. Au nombre des belles 
femmes qui en tirent l'ornement, figuraient Mme de Chassi- 
ron, née lAicien Mural et Mme Iliade/ /, née Cassabianca. 

Le prince Louis-Napoléon, président de la République 
avait fait remettre au G.-. M.\ b* montant de cinquante 
billets. 

Le 13 mars, les Loges réunies de Marseille célébrèrent 
Ja fondation dune Paisse centrale de secours et, après la céré- 
monie d un baptême maçonnique, il y eut bal d'adoption. 

Une magnifique fête d'adoption fui organisée par la L.\ 
fa Fraternité des Peuples , 0.\ de Paris. Elle eut lieu le 
10 juillet, au C luit eau-lion y e , chaussée de Clignancourt. Los 
travaux, commencés à doux heures, consistèrent en un bap- 
tême maçonnique, suivi de banquet cl de bal. Les condi- 
tions de la souscription étaient les suivantes. Pour un F.\ 
7 fr. : pour une S: • : o fr. ; J .oui on s et lowtonnes au-dessous 
de 12 ans, 3 fr. ; lowton de 12 à 18 ans, 3 fr. ; lowtonne 
au-dessus de 12 ans, l Ir. ; pour le bal seulement 1 lr. (1) 

« La loge les Amis de la Pair. O.*, de Paris, voulant célé- 
brer une fôte d'adoption, en demanda l'autorisation au G.*. 
O.’.. L'Orateur titulaire do la Chambre Symbolique, réclama 
FO u mu: ur jour : la Maçonnerie d'adoption n* étant pas de la 
Maçonnerie, n\tt/ant jamais été admise par le G. ■ . O. ■ . . Celle 
hérésie d'un orateur qui ignore ]'hisloirc du corps au nom 
duquel il parle, fut relevée, comme clic devait l'être, par des 
membres plus instruits, jaloux de l'honneur de l'Ordre. Us 
prouvèrent que celle fille adoptive du G.-. O.*., d'où vient 
son nom avait, depuis 70 années, rendu d'éminents services 
à l f institution maçonnique , en propageant d'une manière ef/i- 


(1) t.r Franc-Maçon, •>'* année C ( ‘J e Iî\. ; Auil-Mai-Juin 1*52, p. K». 



1852 


270 


rare ses principes . La Chambre symbolique, suffisamment 
éclairée, accorda l'autorisation et nomma, pour représenter 
l\ cette fête le G.*. 0.*.,les FF.*. Hubert, Tremblay et Voury, 
qui avaient si victorieusement combattu l'ordre du jour. » 
Ce n'est pas à an auteur profane que nous empruntons ces 
lignes si instructives, c'est encore au F, m . Rauon. (1) 

Le F.*. Boudée écrivait de son côté : « Ah ! si l'habitude et 
les préjugés nous empêchent d'associer les femmes aux tra- 
vaux politiques, ne les éloignons pas du moins du sanc- 
tuaire où elles peuvent, avec tant d'éclat, et bien mieux que 
nous se livrer à l’exercice de la bienfaisance et de la cordia- 
lité. C'est vers ce but que j ai dirigé nos études sur les LL.*. 
d'Àdoption et j’ai l’espoir que mes efforts ne seront pas 
vains. » (2) 

Le Grand-Maître de la Maçonnerie anglaise pose la pre- 
mière pierre de l'école des filles maçonnes, à Wandsworth- 
Commun, bâtie et installée la même année. 

Ap rès avoir rendu hommage, dans le numéro de décem- 
bre 1832 (3° année, 12° livraison, p. 2(11-2(52), au talent de 
« cette jeune et gracieuse personne, qui est l'àmc, le mou- 
vement, la vieet le charme des fêtes de la R.*. L.*. T Alliance, 
Mademoiselle Yirtorine Henon du Suprême Conseil » du rite 
Ecossais ancien et accepté, le Franc-Mar on (1 e année, l <r nu- 
méro. Janvier-Février 1833, p. 2 et 3) annonça « la publica- 
tion immédiate et suivie de deux ouvrages dûs au dévoue- 
ment maçonnique et au talent littéraire du savant et ill.*. 
F. w . Roubée, et d'une de nos femmes poètes les plus distin- 
guées, notre eh:-: S:*: G M: : Plocq de Berthier. « Sous le 
titre de Jeane et Marguerite ou Lettres d’une S:-: sur l’éduca- 
tion , la S:*: Plocq de Berthier développera dans une forme 
pleine d’attraits et d’incidents ingénieux, les conditions 
réelles d'une bonne éducation intellectuelle et morale.... 
Signé. Placide Couly. » 

« Ce n'est pas pour flatter de vaines espérances ni faire du 
prosélytisme par tout moyen que la Maçonnerie a institué 
des mystères et des fêtes d'un rite particulier, sous les aus- 
pices des dames Reconnaissant tout le haut prix qu'il 

convient d'attacher à de semblables travaux, la loge de 

(1) Op. cit., p. 100. 

(2) Le Franc-Maçon , 2 e annic. 12 e liv., Décembre 1832, p. 237. 



280 


1852 

Saint-Pim'f * Vrais-Ami*, résolut de célébrer la Saint- 

Jean «l'élé par une féle, au concours de laquelle seraient 
appelées les loges ses sueurs, et les maçons et leur famille... » 

1853 

« Le 3 août 1833, jour fixé pour la célébration, l'admira- 
ble jardin Mabillc, empruntant encore une nouvelle pompe 
au génie particulier de la maçonnerie, vit sa vaste enceinte 
se remplir d une foule de sœurs et de frères, accourus de 
toute part... Tous les détails ne peuvent trouver ici leur 
place. Quelques trailsprincipaiix seront seulement invoqués. » 
Ainsi s'expriment les FF.-.AUyre bureau, Vén.*. ; Lesobre, 
Oral.*. otM. DeJabaye, rapport.*, dans la planche que nous 
allons analyser encore pour n'en prendre que l'essentiel. 

Le F.*. A livre Bureau, Yen.-, de la L.\ Saint-Pierre des 
Vrais-Amis et le F.*. Bol lard, Vén.*. de la L.\ les Sept 
Ecossais Hennis présidèrent l'un la tenue d'adoption, l'autre 
les Ira vaux de table, conjointement et tour à tour avec 
la sceur Delahaye , grande-maîtresse, pour la quatrième fois. 
La S: : J lonef, Grande-Inspectrice des Sept Ecossais Hennis, 
et la S: - : Langlois, Grande-Dépositaire de la L.*. Saint- 
Pierre des Vrai s- Amis, aidées des FF.*. J lue et Mirimindc, 
premiers surveillants et des FF.*, Scnceal et Clt. Blanc, 
avaient sous leurs maillets Ja direction des climats d'Afrique 
et d'Amérique. Au climat d'Europe étaient placés les FF.-. 
Bénard et Lesobre, oral,-., à coté des sœurs remplissant les 
mêmes fonctions. « Près des deux Vénérables, se remar- 
quaient la sa* tic Hollard et plusieurs sœurs distinguées par 
les grâces de leur personne. » Les NS;.; Lcr y, Hn/fand, 
étaient maîtresses des cérémonies et la S:. : ltnbois , Grande- 
Experle. 

« Au signal donné par le vénérable, les maîtres et maî- 
tresses des cérémonies, et cinq officiers et officicres, se ren- 
dirent près de la Grande-Maîtresse, qui fut introduite aux 
sons de l'harmonie, maillets ballants, les frères et sœurs 
debout et à l'ordre, les frères formant la voûte d'acier. 
Après que la grande-maiiressc eut pris place à l'autel, la 
loge d'adoption fui ouverte au grade d'apprentie et différents 
travaux s’exécutèrent pour les préliminaires de la récep- 
tion. » 

Sept jeunes profanes furent reçues au premier degré : 



1853 


281 


Henriette Delahaye , Joséphine et Ernestine Guédras , Anloi- 
nette et Héloïse Godin , Sidoine Navet et Henriette Ray n al. 

Au banquet le F.*. Bollard, « voyant le silence et l’ordre 
régner sur les climats déclara la loge en récréation pour une 
mastication devenue généralement nécessaire . » On porta 
les sanies de Napoléon III, de l'Impératrice, de la famille 
impériale etc. ; le F.-. Vasseur récita des vers et chanta un 
cantique de sa composition, etc. Le bal s'ouvrit ensuite.... 
Les danses durèrent jusqu'au jour. (1) 

Au mois d’août ou de septembre la S Plocg de Berthier , 
Grande-Maîtresse des loges d 'Adoption du lîile de Misraïm, 
reçut, en témoignage de la haute bienveillance de l’Impéra- 
trice Eugénie, une médaille en argent portant l'effigie de Sa 
Majesté. « Un plus digne et plus honorable encouragement 
ne pouvait être accordé à un talent plus modeste et plus 
remarquable, écrivit le F.-, de Guéroust 90 e et dernier de- 
gré de l’Ordre de Misraïm, Grand-Maître ad vitam, et Fun 
des Grands Commandeurs des Chevaliers défenseurs de la 
Maçonnerie. (2) 

Le F.*. Placide Couly (3) rendit compte de la Grande Fêle 
de Loge (l’Adoption de l’Ordre de Misraïm du 29 octobre 
l8o3, dans le Franc-Maçon . « Les toilettes de l’essaim 
joyeux de nos Sœurs étaient ravissantes de fraîcheur; cha- 
cun était heureux, une aimable fraternité... régnait dans les 
jardins de l’Eden et la si digne, T: • : 111: - : et T:-: E:-: S:*: 
Ploct] de Berthier , Grande-Maîtresse de l’Ordre, a dû être 
ravie de présider une tenue qui laissera, dans le cœur de 
ceux qui y ont assisté, d’ineffaçables souvenirs. » 

La S:-: Maxime « dont les deux grandes scènes françaises 
ont révélé le talent, a rappelé, dans le Songe de Lucrèce, les 
succès qui Font placée aux premiers rangs des tragédiennes 

modernes Madame Grimcildi , S:-: Eloquente de l’Ordre, 

dont la voix si poétiquement dramatique est si souvent 
applaudie au Théâtre-Italien, brillait à coté de Mademoiselle 
Maxime dont elle est la sœur parles arts et par Misraïm. La 
grâce et l’élégance de la S:-: M:-: des cérémonies se faisaient, 

(J) Franc-Maron , 5® aunéc, n 09 i, 2, 3. — Janvier, Février, Mars 1851, p. 1M7. 

(2) Franc-Maron , 4 e année, n os G, 7 et 8. — Septembre 185‘î, p. 15s. La S:*: I)e 
Berthier publiait alors : tes Villes de France et leurs Gloires , vol. in-8° orné de 
20 gravures sur acier, 20 Iiv . à 75 centimes. F 11 e livraison par mois. 

03) Inspecteur du travail des enfants dans les manufactures. 



282 


1853 

remarquer près de la simplicité louchante et naïve de made- 
moiselle iJoure, suMir Secrétaire de la Loge d'Àdoplion... » 

« La T:*: F:*: < : M:.:, heurouse de l'accord qui n'a cessé 

de régner, en a témoigné toute sa vive satisfaction dans un 
plan parlait qu'une députation a été chargée de présenter, en 
son nom, au IV, G.*. C.*, et à la P. # . S.*. del'Ordrc, Ce plan 
parfait où chaque ligne retraçait, avec tant de précision et 
d'élégance, les sentiments de dévouement cl d'affection qui 
animent la T:-: 111:*: G:*: AI:*: pour la gloire de l'Ordre et le 
bonheur de tous les enfants de Alisraïm, a été reçu avec 
joie. » (I) 

Madame César Morvan fut nommée, le 12 novembre, 
(irande-Alaî tresse de la Maçonnerie d'Adoption par la loge 
du Grand-Orient, la Jérusalem des. Vallées Egyptiennes. 

La secte ne se contentait pas. d'attirer à elle les grandes 
personnes, elle recrutait déjà de futurs affiliés dans les 
établissements de lTniversilé d'Etat. Scs principes y péné- 
traient à l’aide du Lycée , prétendu journal de la jeunesse, qui 
paraissait sous la direction du R.*. K.’. Cannevas, pour 
lequel, les feuilles maçonniques faisaient, naturellement 
beaucoup de réclame. 

Un peu plus tard, le Franc-Maçon (2) insérait une lettre 
rectificative do la R:*: S:*: madame Millet , à l'en-tete delà 
Préfecture da Département de la Seine et par laquelle cette 
S:*: déclarait qu'au lieu d'ùlre depuis trois ans V organisatrice 
des salles d'asile , ainsi que ce journal l'avait écrit, d'une 
façon inexacte (3), elle avait été, en 1826 chargée d' organiser 
la première salle d’asile. Depuis ce temps, elle n'avait pas 
cessé d'elrc chargée de cette mission. La S:*: Millet se qua- 
lifiait : « Déléguée spéciale da Département de la Seine . » 

C'est en 1833 que le F.*. Raoon fit paraître Jun de ses plus 
importants ouvrages l’Orthodoxie Maçonnique , suivie de la 
Maçonnerie occulte . Ce travail eut comme les diverses pro- 
ductions de son auteur, un grand succès. La dernière édition 
est encore chez tous les libraires maçonniques. « Dévoilons 
tout ce qui est faux pour revenir à ce qui est vrai » voilà 
l'épigraphe choisie par le V.\ Haoon. 

Nous lisons à la page 3f>7 : 

(J) Le Franc-Maçon, 1** année, n° J 2, Décembre 1S53, p. 251-233. 

(2) V' auuéc, numéros 1 et 3, Avril-Mai 1833. 

(3) Ibul.j Décembre 1853, p. 2(>o. — Manuel <V Adoption, p. t 10- lui. 



1853 — 283 — 

« Il faut une âme libre de préjugés pour parvenir dans le 
sanctuaire du temple des Maîtres. La lettre G, qui signifie 
Géométrie et Génération, instruit le Compagnon que la 
science, aussi bien que la vertu, en est le chemin, et l'Etoile 
Flamboyante lui fait pressentir qu'une glorieuse récompense 
sera le fruit de ses travaux. Le Maître seul apprend des vé- 
rités llatleuses et affligeantes, que l'on ne peut déposer que 
dans un cœur discret, ferme et magnanime, vérités qui trou- 
bleraient les esprits d'un enfant et d'un jeune homme que 
l'infortune et la félicité n’ont point encore éprouvé. » 

L'Etoile Flamboyante, ou â cinq pointes, est l'emblème 
spécial de la Maçonnerie d’Adoption et du Palladisme Luci- 
férien, chez lesquels elle remplace le triangle de l’atelier 
masculin des autres Rites. Pike ne s’est pas gêné pour en- 
seigner ce qu’elle indique. Léo Taxil n'a fait qu’analyser ses 
instructions aux pages 1 12 et suivantes dT a-t-il des Femmes 
dans la Franc-Maçonnerie . 

Pour détourner notre esprit de ces infâmes symboles, ex- 
trayons de V Univers Maçonnique , ces vers du F.*. César Mo- 
reau, parus en 1853 : 

Divine adoption ! 6 charme inexprimable ! 

Toi par qui nous goûtons un bonheur véritable, 

Par qui tous nos instants sont parsemés de fleurs, 

Par qui nous connaissons la vie et ses douceurs; 

Adoption, c'est toi, c’est toi qui nous anime : 

C'est par toi que toujours noire art sera sublime. 

De cet art merveilleux la pure et sainte loi 
Existait, il est vrai, bien longtemps avant toi; 

Mais, dans nos ateliers, la Force et la Sagesse 
Devaient donner entrée à la vive Tendresse. 


Tous le savez, mes Sœurs, notre mystère auguste 

Consiste à rendre bon, doux, bienfaisant et juste 

Tels ces preux chevaliers, pleins d’ardeur et de zèle, 
Qui, brûlant dans le cœur d'une flamme éternelle, 
Qui, d’un courage mâle, et noble et généreux, 
Etaient les défenseurs de l’objet de leurs feux, 

De même est le Maçon et telle est sa maxime ; 
Jamais envers l’Amour il ne commit de crime. 


Le soin du Franc-Maçon, mes Sœurs, est de vous plaire, 



4853 


284 


11 est amant fidèle, époux tendre et bon père ; 
Remplissant ses devoirs, on le voit tour à tour 
Encenser l’amitié, la sagesse et l'amour, 

Chérir la vérité, que toujours il contemple ; 

Le Maçon est partout comme il est dans son temple : 
Ami constant, sincère, humain et généreux ; 

Auprès de vous surtout, tendre et respectueux, (i) 


Signalons, la fondation, en Amérique, de la Grande Lo<jv 
du Minnesota. 

1854 

Le H janvier 1854, les Loges de Saint-Germain et Rueil 
eurent leur fête d’ordre, suivie d'un bal brillant. Environ 
un mois plus tard (Ifi février) Le Temple de Memphis s'écrou- 
lait, sous les coups de bélier de M. Pasquier, président de 
la 7° chambre du Tribunal correctionnel de la Seine, à l'0.\ 
de Paris. Chose inouïe ! Lucien Mural, signa le 21 mars, 
aux Tuileries, comme Grand-Maître du G.*. O.-, au contrat 
de mariage de son fils le F.*. Joachim-Napoléon, avec 
Mlle Melcy de Rcrlhier, princesse dcNYagrani. Pendant l'hi- 
ver le G.*. M.\ avait donné de superbes bals où vingt FF.*, 
furent invités alternativement. Depuis 1852, Louis Napoléon 
Ronaparlc IIL Empereur, était Protecteur de l’Ordre M.*. 
et les FF,*., toujours prêts à faire la courbette devant les 
puissants du jour, avaient conçu la création d’n ne loge Bo- 
naparte, sous les auspices de l’Empereur, ayant pour mem- 
bres d’honneur : LL.*. AA.*. Imp.\, LL.\ TT.-. III.-. FF.-. 
Princes : Lucien Mural, 55'. G.*. M.*. de l’Ordre, Yen.*.; 
Jérome Bonaparte, 35V., P ,p G.\ surw. d’honn.*. ; Napo- 
léon Bonaparte, 18 e .*., 2° G.*, surv. d'honn.*. ; Pierre Bona- 
parte, 18°. ; Charles Bonaparte ; Louis Bonaparte ; Antoine 
Bonaparte ; Joachim-Napoléon Murat, M.*. ; baron de Chas- 
siron, 55 e ; Le Général Monlholon. 18V. ; Bacciochi, M.*.. 

11 semblait que la Maçonnerie allait atteindre son apogée: 
Napoléon l'encourageait. La reine Victoria faisaitdcs cadeaux 
à ses écoles, les Urienls de Paris, Londres, Berlin, Bruxelles. 
Constantinople, Stockholm et Haïti, etc., avaient des princes 
à leur UMe. 


(1) Ces vers sc trouvent aussi dans le Précis sur la Franc-Maçonnerie par h* 
F.*. Ci>aii Moiirac, 1*35, p. i:æ. 



1854 


285 


Le F.*. Bouiîée prétendait que les Loges d’Àdoption étaient 
dos écoles de perfectionnement ; « c/est là, écrivait-il, comme 
dans? la Maçon.*, primitive, qu’on vient oublier le monde et 
ses frivolités, pour respirer le parfum d une véritable indé- 
pendance. C'est dans les Loges <T Adoption que la femme 
s'approche le plus de la Divinité. » (1) Laquelle, celle de Cv- 
thère assurément. 

La loge Saint-Jean f/es Zélés Philanthropes, Or.-, de Yau- 
girard ayant créé dans son sein ane société de dames ma- 
ronnes , le F.\ Boubée adjura ses FF.*, des Vallées Egyp- 
tiennes de suivre cet exemple. « Hâtons-nous, leur disait-il, 
de replacer dans notre jardin cette belle tige du grand arbre 
sous lequel nous avons été abrités. Faisons-la cultiver par 
ces mains aimables. » (2\ 11 gagna son procès cl nous voici 
arrivé au <S juillet, date de la fête d’Adoption célébrée au 
G/. G.*, de France, par sa loge Jérusalem dos Vallées Egyp- 
tienne* ; 

« Un grand attrait était attaché à cette fete, plusieurs fois re- 
mise à cause d’un événement tragique et qui pouvait Pètre bien 
davantage. La Grande Maîtresse, madame César Al or eau, était 
atteinte, depuis six mois, d’une maladie dont les médecins étaient 
loin de soupçonner la cause ; à peine leurs soins parvenaient-ils 
à calmer ses souffrances, que le lendemain de nouvelles crises 
revenaient plus alarmantes, et Ton n’en prévoyait le terme que 
par un dénouement sinistre, lorsqu’il y a quinze jours, le hasard, 
a fait connaître que la cause de la maladie de madame Moreau 
était due à un poison lent qui devait bientôt la conduire à la 
mort. Une malheureuse qui avait toute sa confiance, et qui était 
rétribuée largement pour lui prodiguer les plus grands soins, 
l'empoisonnait chaque jour et chaque jour, et à chaque heure du 
jour elle souriait à sa victime. Prise en llagranl délit de vol, elle 
est allée se précipiter dans la Seine, où l’on a retrouvé son cada- 
vre. Un petit billet remis quelques heures avant ce suicide a tout 
fait comprendre. » 

« Quinze jours à peine se sont écoulés, et madame Moreau, 
l’épouse du U.*. F.*. César Moreau, l’un des hommes les plus ins- 
truits, les plus distingués, les plus aimables et les plus aimés, se 
trouva en état de présider avec le Nestor de la Maçonnerie, le 

\\ et U) Etudes historiques et philosophiques sur la Franc-Maçonnerie et sur 
les Loues f V Adoption , parle F.-. J.-S. C**n*KE, \éü.\ de la F.*. Jérusalem des 
Vallées Egyptiennes , à l’0.\ de Paris et ollirier du G.*. 0,*. de France, Paris 1854, 
p. 229-231». 



286 


4854 

F.*. Boubée, Vénérable de la R.*. L \ Jérusalem desVallées Egyp * 
tiennes, la fête maçonnique dont nous allons rendre compte. » 

« Parmi les nombreux visiteurs se distinguaient le T. II. F. 
Jobort, aîné, présid. de la ch. symbolique du G. O. de France; 
le T. G. F. Trembloy, orat. de celle du Suprême Conseil des 
Rites; les TT. Rit. FF. Cagnard de Saulcy, président de la nou- 
velle administration de la Maison de Secours, dont le R. F. Por- 
LalHer vient de se retirer, Rexès et Leblanc, officiers du G. -O., et 
membres, on se le rappelle, de la commission chargée de la révi- 
sion des cahiers des grades, dont le V. F. Boubée est le prési- 
dent. » 

« On remarquait encore parmi les FF, Visiteurs, un maçon de 
cœur, zélé, dévoué, intelligent, aimant beaucoup les livres 
maçonniques, en achetant beaucoup et les lisant tous, le T. C. F. 
Scnlurel, mandataire de la R. V L.\ la Fraternité des Peuples, le 
T. R. F. Réranger, T. S. du souverain chapitre du Parfait Silence , 
de FO. do Lyon, et plusieurs autres FF. non moins distingués de 
FO. de Paris et des dép. » 

« Apres l'introduction d'autres honor. FF. et SS. dont la pré- 
sence venait embellir cette fête parleur mérite personnel et la 
mise la plus élégante, on a annoncé la Grande-Maîtresse, au-de- 
vant de laquelle les cinq principale* lumières de la Loge ont été 
envoyées, portant chacune un flambeau. La Grande-Maîtresse a 
été introduite maillets battants; elle était escortée par les Sœurs 
Soulié , la première grande inspectrice, la seconde Sœur déposi- 
taire, et par les Sieurs Forget, dont l’une est Sœur d'éloquence, 
etFautre, madame de Bcanralon, grande maîtresse îles cérémonie*. 

« C’est au milieu de ces quatre Sœurs, et comme elles en 
cran de toilette, pleine de goût et de fraîcheur, et coiffée à 
l'égyptienne, que la Grande-Maîtresse a fait son entrée dans le 
Temple. Le V. F. Boubée est allé au-devant d’elle et l’a conduite 
à l’autel, pendant que les autres Sœurs allaient prendre chacune 
la place de son office, et il Fa installée en lui adressant ces vers 
où il a retracé et le danger qu’elle avait couru, et la manière 
miraculeuse dont elle y avait échappé: 

Oui, d’un mortel effroi nos cœurs furent remplis, 

(Juand on nous annonça que dans ses noirs replis 
Un serpent odieux, vous tenant enlacée, 

D'un horrible attentat nourrissait la pensée. 

Et que d’un noir poison flétrissant votre sein, 

Il aurait accompli son sinistre dessein, 

Si le Grand-Architecte, h nos désirs propice, 

X’eflt du monstre lui-même ordonné le supplice. 

« À l’intérêt vivement senti qui s'attachait à ce récit drainali- 



1854 - 287 — 

que a succédé l’enthousiasme, lorsque le T. C. F. Boubée, lui 
présentant le maillet, lui dit : 

Vous qui fûtes toujours aussi belle que bonne, 

Recevez ce maillet et régnez sur ce trône, 

Où vous voyant, chacun resiera convaincu 
Qu’&ujourd’hui l’amitié couronne la vertu. 

La T. 111. Grande-Maîtresse a répondu avec une émotion d’au- 
tant plus remarquable que sa voix se ressentaitde l'affaiblissement 
visible de ses organes. Elle a mis ensijite les travaux d’adoption 
en activité, et l'on a procédé à la réception de la gracieuse néo- 
phyte mademoiselle Anais Guéri » , qui a subi les épreuves et a ré- 
pondu aux diverses questions préliminaires avec intelligence. 

Parmi les épreuves, il en est une qui la vivement impression- 
née, ainsi que toute l’assemblée. Plusieurs cartons étaient disposés 
sur les tables des FF. Surveillants, du F.Orat. et du F. Secrét. On 
lui a dit de les ouvrir, et elle n'a retiré des deux premiers que des 
/leurs fanées, des rubans et des dentelles défraîchis, qui, déposés 
sur un bassin, y ont été instantanément consumé*, comme preuve 
du peu de durée de tous ces objets. 

Conduite devant le banc du F. Secrétaire, elle a retiré du carton 
un tablier, un cordon bleu et une paire de gants, allégories inaç.*. 
qui devaient lui être expliquées plus tard. 

Du carton placé devant le banc du F. Orateur, elle a sorti un joli 
panier renfermant des outils de travail en vermeil et orné de l'ins- 
cription suivante en lettres d’or : 

g. o. DE FR. 

JARDIN n’EDEN 

DE LA K. L LA JÉRUSALEM DES VALLÉES ÉGYPTIENNES. 

FLEUR 

OFFERTE A LA T. C S. A NAIS GUÉRIN. 

8 juillet 1854. 

Enfin, conduite devant l'autel, elle a découvert le carton qui y 
était placé, et soudain plusieurs oiseaux ont pris leur volée, pour 
justiüer cette parole du Vén.\ : 

« La liberté est un bien commun à tous les êtres; nul ne peut 
en être privé sans injustice. » 

Après avoir prêté son obligation, la récipiendaire a été conduite 
auprès de la Grande-Maîtresse, qui lui adonné les mots, signes et 
attouchements, Va revêtue du cordon et du tablier, lui a remis les 
gants et le panier, et lui a expliqué le sens de tous ces emblèmes. 

Le V. F. Boubée lui a fait envers une allocution pleine de science 
maçonnique, sur les devoirs d’une maçonne. 

Le F. Or., Mosser jeune, et la sœur d'Eloquence, la sœur Forget, 



1854 


288 


ont prononce un discours, le premier sur les avantages d'une as- 
sociation philanthropique, dirigée par tes sœurs cllos-nièmcs, et 
la seconde sur les droits et les devoirs d'une sœur maçonne. 

« Ces échelles maçonniques ont été écoulées avec intérêt et cou- 
vertes d'une triple batterie, à la suite de laquelle une société de 
bienfaisance a élé fondée dans la L. de Jérusalem des Vallée* 
éfjyplinntrs. 

« Aussitôt une voix douce et plaintive, sortie du climat de l'Eu- 
rope, se fait entendre ; c’est la jolie voix de notre chère sœur de 
lîeauvallon, récitant la prière d’un inaç. infortuné demandant des 
secours, dans un couplet finissant ainsi : 

Soulagez-nous sur cette terre, 

Dieu dans le ciel vous le rendra. 

« La Grande-Maîtresse ordonne la circulation du tronc de bien- 
faisance. Le F. Hospitalier conduit la récipiendaire, qui présente 
son aumùnière à chaque F. et à chaque S., pendant que la sœur 
d’Eloquence, répondant an cantique en faveur des malheureux, 
excite les KF. et SS. h goûter le doux plaisir de la bienfaisance, 
par des strophes terminées par cette suave pensée : 

Soulageons-les sur cette terre, 

Dieu dans le ciel nous le rendra. 

« Cette poésie, formant une espèce d’intermède dont le T. C. F. 
Houbéo avait arrangé les paroles sur un air de l’opéra de la Part 
du Diable, a élé chantée par lu S. d’Eloquence avec une expression 
délicieuse qui a profondément ému tous les cœurs et n'a pas peu 
contribué à remplir le tronc de bienfaisance de l’aimable quêteuse. 

« Le comité de bienfaisance qui venait d’étre voté a été immé- 
diatement organisé et la sœur Grande-Maîtresse en a été déclarée 
présidente. 

« Les travaux ont été suspendus pour passer dans le grand 
ternplc du G. -O., transformé en salle de banquet et orné avec art 
de guirlandes de Heurs et de drapeaux. 

* Lorsque le moment do célébrer les santés est arrivé, la Grande- 
Maîtresse, après avoir remis les travaux en activité, a invité les 
sœurs grande-inspectrice et dépositaire à faire charger et aligner 
les coupes sur l'un et l’autre climat. 

« Cet ordre ayant été exécuté, la Grande-Maîtresse a dit : 

« TT. CG. FF. et TT. CC. SS., debout et à l'ordre, glaive en main 
pour les santés d’obligation ! 

« TT. CC. FF. et TT. CC. SS., la santé que j’ai la faveur de vous 
proposer est celle de l’Empereur. Nous y joindrons celle de Sa 
Majesté l’Impératrice et de toute la famille impériale ; enfin nous 



1854 


280 


comprendrons dans cette santé les vœux que nous faisons pour la 
gloire et la prospérité de la France. » 

« La Grande-Maîtresse des cérémonies a répondu à cette santé, 
qui a été suivie de celle du G.-M. de la Maçonnerie française, le 
prince Lucien Murat, et du G. -O. de France. La Grande-Maîtresse 
a joint à cette santé la famille du G.-M. et y a compris également 
celle des GG. -MM. des 00. étrangers; elle a ajouté à ces santés 
des vœux pour la prospérité de la Mae. française. 

« Le T. II. F. Johert a répondu par une improvisation cha- 
leureuse. 

« On a porté ensuite la santé du Vénérable et celle de la Grande- 
Maîtresse, puis celle des honorables visiteurs, et celle de tous les 
maçons répandus sur la surface du globe, dans la prospérité ou le 
malheur. 

« L’heure de minuit étant arrivée, les travaux mystérieux ont 
été clos, et un orchestre harmonieux, dirigé par le F. Tolbeck, a 
donné le signal de la danse, qui était encore très animée lorsque 
nous l’avons quittée pour rédiger, à la hâte, l'esquisse d’une fête 
qui laissera de longs et de bons souvenirs dans le cœur de tous 
ceux qui ont eu le bonheur d’y participer. » (1) 

Le 2i Août 1831, V fui vers consacra les huit colonnes de 
son feuilleton h la fctc d'Adoption des loges Saint-Pierre des 
Vrais- A mis et Sept Ecossai* ce unis, qui avait eu lieu, au 
jardin Mabillc, le 3 août de Tannée précédente et dont nous 
avons reproduit une partie du compte-rendu (Voir ici p. 280 .11 
n‘avait pas fallu moins de temps à YUnh'crs pour se procu- 
rer le journal le Franc-Maçon. 

Eugène Yeuielot s'exprimait ainsi d’autre part: 

Assemblée maçonnique de chaiuté. 

« Nous trouvons dans un des derniers numéros du Franc-Maçon, re- 
vue mensuelle publiée par le frère Dechevaux-Dumesnil, le compte- 
rendu d'une fête d'adoption donnée en l'honneur des « sœurs ma- 
çonnes ». On ignore assez généralement l'existence de cette 
« Maçonnerie blanche ». Le tait est que les Sœurs maçonnes n'ont 
pas de loges constituées ; elles existent cependant, mais à la condi- 
tion de rester sous le gouvernement des Vénérables frères. Une 
autre organisation aurait, au jugement de certains esprits , des in- 
convénients possibles. Il paraît que l’organisation à laquelle on s’est 
arreté n’offre que des avantages. Tel est l'avis des frères , qui ou- 
blient peut-être en cette circonstance leurs principes sur les droits 

(!) Franc-Maron, .V onuée, îr* 1-5-0-7-S. — Airil-Mui-Juin-Juillct-Aoûl 1851, 
p. 55-61. 

i!> 


MAÇON N. 



1854 


290 


de la femme. Nous ne voulons pas nous poser en juges delà ques- 
tion, seulement nous sommes disposés à croire que les Sœurs 
maçonnes finiront par s'émanciper. 

« On apprendra parles premières phrases de ce compte-rendu 
qu’il n’y avait nécessairement au banquet que des natures délite : 
la Maçonnerie ne voulant admettre dans son sein que ceux qui 
s'avancent à la tête de la foule. Nous devons donner cet avertisse- 
ment, caron aurait pu ne pas se douter de la supériorité maçon- 
nique en voyant le style de l’élite des natures d'élite choisies par 
les frères pour annoncer ce nouvel exploit de la Maçonnerie. 

« II ne nous déplaît pas, du reste, de voir les Francs-Maçons se 
livrer il ces sortes d’ébats. Si nous regrettons quelque chose, c'est 
que la Maçonnerie ne soit pas partout aussi grotesque qu’elle l’est 
en France. Malheureusement elle a encore ailleurs le rôle et l'in- 
fluence politique qu'elle avait autrefois chez nous. On sait la part 
qu’elle prend aux événements qui s’accomplissent aujourd’hui 
même en Espagne, et son action révolutionnaire en Belgique et en 
Allemagne n’est pour personne un mystère. »> 

« Revenons à nos francs-maçons du jardin Mabille. En lisant le 
compte-rendu de leur fête, on remarquera qu’ils ont bu et dansé 
au profit de l'humanité. Le repas était abondant ; on a porté beau- 
coup de toasts; les danses ont duré toute la nuit, et les frères et les 
sœurs ont pu se livrer au gré de leurs désirs à ce plaisir si attrayant ; 
des rafraîchissements ont circulé pendant tout le temps des qua- 
drilles ; enfin, la réunion était très nombreuse. Il y a eu une quête 
pour les maçons nécessiteux , car, nous le répétons, il s’agissait 
d’une œuvre de charité. Celle quête a donné le total de 56 fr. 50 c. 
(< cinquante-six francs cinquante centimes ). Voilà comment la charité 
maçonnique répond à ses détracteurs î » 

La réplique du F.*. Dechevaux-Dumcsnil fut d’une insigne 
faiblesse. Le rédacteur-directeur du Franc-Maron reprocha à 
Eugène Yecillot de faire des plaisanteries sur le langage 
maçonnique, d'avoir souligné toutes les expressions du 
complc-rcndu qui lui paraissaient bizarres et prétendit que 
E. Ykuilï.ot devait savoir que les lofjes et fêtes d’ adoption ne 
pouvaient être que mes écoles ne sacesse. Dechevaux-Dutncs- 
nil poussa l'eUrontcrie jusqu'à dire que la Maçonnerie était 
étrangère à toutes les associations qui ont revêtu quelques- 
unes (le ses formes. Sa politique c'est la charité ; scs mystè- 
res, c'est le secret du bien qu'elle répand et que jamais elle, 
ne divulf/ue la première . Sa religion, c'est la morale /// ( L ) 

(1) Le Franc-Maçon. 5° année, n°» 1-5-G-7-S. — Avril-Mai-Juiu-Juillcl-Aoul 1851, 
p. G 1 et suiv. 



1854 


291 


Bref, E. Yeuii-lot aurait eu beau jeu s’il avait possédé alors 
tous les documents que nous avons déjà consignés jusqu’ici 
dans cet ouvrage, mais sur lesquels il était fort difficile que 
les profanes puissent mettre la main. D’autre part, Eugène 
Yeuillot se trompait absolument lorsqu’il parlait de cette 
influence politique et du rôle que la Maçonnerie avaient eus 
autrefois en France et représentait la secte comme simple- 
ment grotesque. Influence et rôle n’avaient pas diminué, bien 
loin de là et tout le monde sait aujourd’hui, au contraire, 
les résultats néfastes de la politique impériale, guidée par les 
FF.*, admis dans les Conseils de l’Etat ou du Souverain 
Maçon. Un seul exemple entre mille : n’est-ce pas à la Maçon- 
nerie que l'Italie est redevable de cette unité qui lui permet 
maintenant d’ètre l’alliée des Prussiens contre nous? Non 
elle n’était pas grotesque, la Maçonnerie Française de 1851. 
Quelques-unes de ses loges pratiquaient le luciférianisme le 
plus pur et les Sœurs Maçonnes s'émancipaient assez pour se 
livrer aux plus abominables sacrilèges. 

Le 22 janvier 1854 était née à Ilixheim, près Mulhouse, 
une enfant dont le nom, Barbe Bihjer , devait plus tard être 
porté par la Grande-Maîtresse de la Franc-Maçonnerie uni- 
verselle et satanique et des Ocld-F elloivs . 

Longfellow, qui s’intitulait : Grand-Prêtre du Nouveau 
Marjisme Evocateur et fixa définitivement à Hamilton (Canada) 
la résidence du chef suprême des Odd-Fellows , organisa, en 
1854, le rite luciférien, pour la2 r classe seule de cette asso- 
ciation et dont les membres s’intitulent Ré-Théurgistcs Opti- 
males de même que les Palladistes. Nous reparlerons longue- 
ment de ces Manichéens modernes. 

1855 

La S:-: César Moreau mourut, à Pau, dans le commence- 
ment de 1855 ; sa notice nécrologique est conservée dans la 
bibliothèque du G.*. O.*., sous le n° 1300 du catalogue, 
chapitre XXXIY, biographie et éloges funèbres. Les Grandes- 
Maîtresses Plocq de Berthier et Victorine Hénon conservaient 
leurs maillets et Dcchevaux-Dumesnil écrivait : 

« Nous aurons nos jours de fêles, nos agapes maçonniques. » 

qu’il osait comparer à ces autres agapes chrétiennes, où 
disait-il : « les hommes et les femmes de progrès et d’amour 
« sc pressaient les mains avec une effusion respectueuse, et 



1855 


2<J2 


« échangeaient au son des harpes et des cantiques, le baiser 
« frnlornol et le serment si pur et si iidèle de s'aimer tou- 
« jours. » 

li ajoutait : « Yno Fi:.m\ik dont la main pouvait tenir un 
« secplre el toucher à deux couronnes, sera, on l'espère, 

« grande-maîtresse d'une magnifique loge d'adoption qu’un 
« poète prépare déjà. Partout la Franc-Maçonnerie reprend 
« le plus grand et le plus libre essor ; presque partout elle a 
des crèches, des asiles, des maisons d'éducation, des col- 
lèges. » (I) 

La (irandc-Mailrcsse, S:.: Yieforine llènon prononça, à la 
Saint-Jean d’Iilé, de la L.*. YA//ianrr\ 0.*. de Paris, un 
discours dont la bibliothèque du G.*. O.*, possède un exem- 
plaire, in- F 1 , denii-reL, catalogué an Chapitre XXX, Discours. 
1710-1880, n" 1139. 

Nous ouvrons ici une parenthèse, a lin de publier les 
documents suivants qui ont leur importance historique : 

AD HESSE DU GHÀND-UH1ENT DE FHAXCE A J/EMPEREUH 
\ l’occasion m la naissance ne piunc.b impéjual. 

Grand-Orient de France 

Suprême-Conseil pour la France cl les possessions françaises. 

Adresse à Sa Majesté l'Empereur Napoléon J U, à V occasion de la 
naissance du prince Impérial . présentée au nom de la Maçonnerie 
française , par le Conseil du Grand-Maître* sous la présidence du 
Grand-Maître adjoint Ileullant , et approuvée par le Très Illustre 
Grand-Maître de l'Ordre, Son Altesse Royale le Prince Lucien 
Murat. 

Suie, 

Le Grand Architecte de F Univers a, dans sa bonté infinie, 
accordé à Votre Majesté une des plus grandes joies que puisse 
obtenir un souverain; il lui a donné un prince Impérial. 

Le< vœux ardents de la France, les nôtres bien sincères seront 
exaucés; ifcu douiez pas, Sire, ce fils sera digne de vous, digne 
du grand nom de Napoléon. 

Heureux élu de la nation, Votre Majesté reçoit ici-bas la récom- 
pense de ses bienfaits. Vos créations humanitaires qui consacrent 
le bonheur du peuple, votre courage toujours calme, votre pro- 

(L; Le Franc-Maron, (> c aiuu'e, n°' 1-2-a-Fà. — J:ui\i'*r-ré\ricr->lais i*ôr>, 
p. SD-DO. 



1855 


293 


fonde sagesse qui assureront le progrès de la civilisation et la paix 
du monde, ont mérité à Votre Majesté la protection du Très-Haut! 
Marchez toujours, Sire, dans cette voie sublime, votre gloire et 
votre félicité seront immortelles. 

Vive l’Empereur, Vive l'Impératrice, Vive le prince Impérial H. 

Suivaient les signatures : 

Kazy. Grand-Maître-Adjoint par intérim, Desanlis, Wentz, 
Kéxks et n* A ragon, grands officiers d'honneur de l’Ordre, Boubee, 
Bras-Laffïte, Bl'gnot, Doumet, Faultier, Gabon, rédacteur de 
l'Adresse; Gaithier-Lamotte, Gout-des-Martres, IIoitelet, Janin, 
Janvier, Jobert, Laluer, De Lezeret, Lourmand, Mongenot, Mou- 
ton, PoRTÀLLIER, CaIGNARD RE SaULCT, Ta.NQVEIŒL. 


Ücchevaux-Dumesnil fit suivre rinsertion de ceüc adresse 
par quel([ues lignes île lui et dont nous extrayons l’essentiel : 

« La Franc-Maçonnerie en France n’a jamais joui d'une plus 
grande faveur que sous les gouvernements des Napoléon. » 
Il énumérait, rapidement, les bienfaits de ces souverains 
et ajoutait : « Nos RR. FF. comprendront que nous devions 
intervertir l'ordre des matières maçonniques pour placer en 
tète de notre journal l'Adresse du Grand-Orient de France 
à l'Empereur, à l'occasion de la naissance du prince Impérial. 

C'était de la reconnaissance » 11 rappelait les dons de 

l'Impératrice à diverses loges et de l'Empereur à la Commis- 
sion des secours maçonniques de Rouen et concluait ainsi : 

« Les Francs-Maçons pauvres ont du alors, comme le 
Conseil du Grand-Maître le prince Lucien Murat, crier aussi 
de la voix et du cœur : Vive le prince Impérial, Vive l'Im- 
pératrice, Vive l'Empereur Napoléon !» (1) 


La Gazotto dp Trips/e publia une courte notice concernant 
la Maçonnerie en Turquie. Les FF.*, paraissaient déjà s'etre 
élevés au-dessus des préjugés de l'Islamisme. Les femmes 
assistaient, sans voile aux banquets des loges. 

Le Grand-Maître de la Maçonnerie turque était le F.*. 
Ripni Ismaël Zeholak Mchemct Saede ; ses rapports s’éten- 
daient aux loges de l’Arabie et de la Perse. Celles de la Tur- 


(î) Ibid.. aimée, n os ï>. — Mai-Juin i*5T>, p. 137-110. 



1855 


294 


quic étaient déjà nombreuses, Constantinople seul en comp- 
laît neuf. 

Le F.\ Lob. Morris inventa et établit un Lite Américain 
(l'Adoption, consistant en cinq degrés et appelé « L'Ordre 
de l' Etoile d' Orient ». 1 er degré, Fille de Jephté ou degré de 
la fille ; 2' , Ruth, ou degré de la veuve ; Esifier, ou degré 
de l’épouse ; V, Mar/ha, ou degré de la sueur ; 3\ Elecira , 
ou degré de la martyre chrétienne. 

Il y a aussi, aux Etats-Unis, une Maçonnerie androgyno 
(l'Adoption, dont le premier grade est celui de « La Femme 
du Maçon » ; le second, V Hé rouie de Jérirho » ; et le troi- 
sième « Le lion Samaritain . » [A Le.riron of Frvetnasonr y , etc., 
by Aunarr G. Muikey, M. D., Secretary-Général of the Su- 
prême Council, Thirty-Third Degree, for lhe Southern juvis- 
diction of the United States, etc., etc. Serenlh Edition , re- 
vised. Willi Appcndix, etc. compiicd by M. C. Peuÿ, P. M., 
P. Z., .*10", c(c., etc.. Provincial Grand Sccretary and Scribe 
E. of the north and east ridings of Yorkshire. — London : 
Charles GrifJin and C°,Exeler Street, Strand. — LS83. p. 378- 
379.) 

1856 

Loti.’. C.*. Michel Bédarride, du Rite de Misraïm, mou- 
rut le 9 février 1 Ho fi et, le 13 avril suivant, la sœur P/ocy 
de llerthier présida « une pompe funèbre, religieuse et gran- 
diose » en riionnenr du défunt. L’adjectif religieuse, malgré 
tout le respect que la mort puisse inspirer, est absolument 
impropre sous la plume de Dechevaux-Dumesnil et en cette 
circonstance. (1; 

Une tète d’adoption fut célébrée par la L.-. Jérusalem des 
J ’ allées Efj 1 /ptiennes, le juillet. 

L' Historique de la L.*. Les Trinosophes de lier et/, consti- 
tuée par le G.*. O.*., (2 e partie, 1832-1830, écrite, par le F.*. 
A. Foussicr en !8ü7 et page 33) enregistra le discours, si ap- 
plaudi, de la N.*.; Metzfjer à la fête d’été et au baptême ma- 
çonnique qui en fut le principal attrait. 

La L.*. la Si neére- Amitié, O.*, de Paris, eut des tenues 
semblables en I83fi et 1837, ainsi que rétablissent les deux 
fascicules in-8°. demi-reliure, inscritsau catalogue de la Bi- 
bliothèque du G.*. O.*, sous le numéro 7i2. 


[il Le Franc-Maeon , t>° année, n tt 12, Septembre 1S50. p. 211. 



1856 


295 


À la page 61 de sa Notice survies Principaux Convents , 
Congres Maçonnique * , etc., en France et en Allemagne , p. 61 
et publiée après l' institution, par les statuts généraux de 
1856, des Assemblées annuelles des Présidents de toutes les 
Loges, dans le local du G.’, O.*., le F.*. R v<»ox dit en note : 

« Nous recommandons aux lumières de ces dignes délégués 
« l’examen des motifs qui nous portaient à former le vœu que des 
« Sœurs Grandes-Maîtresses qui se distinguent par une excellente 
« directiori des travaux , par des allocutions et des discours où brillent 
« l'ardent désir du progrès , l’amovr de l’humanité et te bonheur , 
« puissent devenir sœurs d’éloquence adjointes n l'orateur et siéger 
« à son banc . » 

« Pénétrez-vous bien, TT.*. RR.*. FF.*., des bienfaits de celte 
« innovation, qui placera la maçonnerie hors ligne de toute corn- 
et paraison avec nulle autre institution ; qui fera disparaître l’hypo- 
« crisie des mœurs qui seront améliorées, et éloigneront de nos 
« temples des membres impuissants que remplacera Y élite des 
« notabilités , comme jadis. 

« Vous avez un précédent : M me Xainlraille, chef d’escadron, 
« aide-de-camp de son mari, fut reçue aux travaux d’hommes 
« dans la loge des Artistes . » 

L’absence de l’élite des notabilités était donc déjà la carac- 
téristique de la Maçonnerie d'Adoption. Que dirait le F.’. 
IUoon s’il pouvait connaître aujourd’hui les femmes qui ont 
succédé à ses contemporaines !! 

1857 

Nous avons eu plusieurs fois l'occasion de citer des Sœurs 
maçonnes relevant du G.*. U.*, et comme cette obédience 
prétend que les femmes lui sont demeurées étrangères, nous 
sommes heureux d'emprunter cette nouvelle preuve contra- 
dictoire au Franc-Maçon : 

« Le 13 janvier 1857, la Fr. a adopté et baptisé le Louv. Progrès 
Becker, né à Paris, le 29 août 1830, ayant pour parrain les Yén. 
F. Debbeld et Henning. Le père, un D. F. de l’atelier (Sincère 
Amitié , O.*, de Paris), a reçu pour son fils un présent de la Loge 
et des parrains un livret de 180 francs. 

« Dans cette fête complétée par un banquet, un bal, etc., des 
S:-: de Misraïm, entre autres la S:-: Pousse, des F. du S. C. étaient 
mêlés à des S:-: et des F.*, de l’Ob. du G.*. O.*., grâce au bon 



1857 


206 


sens et h l’esprit essentiellement progressif et maçonnique du 
Ven. de Fat.. le H. F. Senget. » (1) 

Ajoutons que les ((‘nues de la Sinrére-Amilié avaient, à 
celle époque, lieu le deuxième mardi de chaque mois, au 
( î . • . O.*, rue Cadet. 16. En CSH, cette loge avait voté une 
somme de dOO francs, à la veuve d'un F.*, pour parfaire son 
cautionnement de directrice des postes. Que se serait-il passé 
si la Maçonnerie eût prié Madame la Receveuse de lui com- 
muniquer ou inlercepter quelques lettres ? 

Le F.*. Xafaly Filleul, secrétaire delà L.\ Ecossaise les 
Vrais Amis de la Pair, écrivait le 16 mars CSo7, au F.*. Dc- 
chevaux-Dumesnil, pour lui annoncer que l'atelier avait 
« mis sur le lapis quelques mesures qui devaient amener 
de bons résultats. » 

« Nous nous proposons de donner tous les deux ans une fêle 
* d’été à laquelle seraient conviés les femmes et les enfants des 
t < membres de l' atelier. Nous recevrons des jeunes filles par Moçon- 
« ne rie blanche ... » 

« Ce sera un attrait; en mémo temps, la vue de nos action*, 
« de notre accord, n’excitera plus ces moments de cachotterie ou 
« de mauvaise humeur qui parfois arrivent dans les ménages, à 
« propos de nos réunions. » 

« Nos mystères n'on subiront aucune atteinte, et nous y gagne- 
« rons en considération. » (2) 

La ruse découverte par les Vrais Amis de la Paix fut ap- 
prouvée et adoptée rapidement par toute la Maçonnerie ; 
seulement ces réunions provoquées d’abord dans le but de 
faire passer les FF.*, pour de bons apôtres auprès de leurs 
épouses et enfants, servirent bientôt à exciter ces derniers 
au mépris de ce que la secte appelle des préjugés. Les dis- 
cours les plus perfides y furent prononcés ; nous ne tarde- 
rons pas à en avoir d'innombrables preuves. 

Examinons maintenant ce que firent les Maçons de la 
Loge la lié a ni o a des Amis choisis , 0.\ de Marseille à leur 
prétendue fête dédiée à la charité, du 17 mai 18o7. Parmi les 

(i ) Le Frane-Maçon, 7“ année, n* îl, uini J 85 7, p. 7‘.L 

Ibid.' 7« année, »" 2, a\i*il 1857, p. 17-1$. — Les FF.*. qui font initier leurs 
filles « maronnes dans toutes les règles » sont l'exception. Des dispenses d’épreuves 
s’accordent dans ce cas ; mais ces Ion tonnes privilégiées deviennent des maçonnes 
politiques. 



1857 — 297 — 

donatrices figuraient la Princesse Lucien Murat et Madame 
Honnorat , épouse du premier magistrat de la vieille cité 
phocéenne. L’aspect du local avait quelque chose de féerique, 
des nuits vénitiens porteurs d'oriflammes étaient plantés dans 
le jardin et le corps de la musique de la douane prêtait son 
concours, en versant des flots d’harmonie t qui se répandaient 
au dehors, ajoutant encore à l’animation de ce tableau éclairé 
par les rayons les plus purs du soleil méridional. 

En arrière des acacias fleuris, un immense vélum trans- 
formait la terrasse de rétablissement en un salon d’été, 
ouvrant sur le jardin et communiquant avec la salle des 
banquets par de larges portiques drapés de tentures écar- 
lates aux crépines d’or et surmontés d’écussons portant ces 
mots : À là Charité. 

De chaque côté de l’entrée principale et devant des tables 
élégamment décorées, étaient placées deux SS:-:, qui avec 
l’assistance des FF.*. Commissaires, offraient à tous les 
arrivants les billets de la tombola qui fut tirée à l’issue de la 
cérémonie d’adoption. 

« Trois heures sonnent, lu Fcte d’Adoption, ou la Fête 
des enfants va avoir lien. Chacun prend place, l’orgue fait 
entendre les accords les plus solennels.... » 

« Ce qui attirait surtout l'attention des demies , c’était 
l’autel préparé pour la cérémonie d’adoption, sur lequel 
étaient, près d’une aiguière d’argent, les fleurs aux brillantes 
pétales, des fruits aux vives couleurs, des épis de blé, le 
pain, le vin et le lait, le tout déposé sur des plats d’argent 
ou renfermé dans des vases étrusques. 

« Un coup de maillet frappé par le Vén.\ Baille, annonce 
le commencement de la cérémonie. 

« L’un des enfants étant Israélite, un autre appar- 

tenant à la religion catholique, le Yen.*, saisit cette circons- 
tance pour développer les principes qui font la base de la 
Maçonnerie, et lui font accepter les hommes de tous les 
cultes, repousser toutes les dissidences, conseiller et aimer 
la tolérance. » 

L’émotion arrive à son comble dit l’auteur du compte- 
rendu, le F.*. Alexandre Labitte, lorsque, rapprochant ces 
deux enfants et mettant la main de l’un dans celle de l’autre, 
il leur dit : 

« Enfants, il y a peu de siècles encore que vos pères s’anathémali- 



298 


1857 

saient et s’égorgeaient au nom de leur religion ; les enseignements 
de la Maçonnerie ont fait cesser ces guerres criminelles , et aujour- 
d’hui vous avez le bonheur de vous donner la main; faites plus, 
enfants du même Dieu, de Dieu seul et unique, père de tous les 
hommes, qif ils lisent la Bible, l’Evangile ou le Coran, buvez dans 
la même coupe et donnez-vous le baiser fraternel en signe de 
réconciliation et comme gage d'une indissoluble alliance. 

« A l’instant même le Yen.*. verse du vin dans la coupe 
qu’il présente aux lèvres de chaque enfant et les pousse dans 
les bras l’un de l’autre. » 

« L’assemblée entière, comme par un entrainement élec- 
trique, répand des larmes de bonheur et reste un moment 
sous une impression impossible à décrire. 

Au F.’. Baille, qui prétend que la Maçonnerie a fait cesser 
« les guerres criminelles » entre Chrétiens cl Juifs , nous 
disons : « Vois en ayez menti, voire Maçonnerie n’ejislait 

pas O LAND LES SOUVERAINS P ONT IKK S SE SONT 7 N TE H POSÉS ET ONT 
MIS FIN AUX PERSÉCUTIONS REP* N El T VllLËS, MAIS QUE LES J fl ES 
AVAIENT PROVOQUÉES EUX-MÊMES PAR LEUR PROPRE CONDUITE. » 

Laissons encore parler le F.*. A. Labitte : 

« Celle émotion calmée, le Yen.*., dans une allocution 
pleine d’onction et de simplicité, trace à ces enfants les 
devoirs qu'ils auront à remplir pendant toute leur vie pour 
être véritablement des hommes, c'est-à-dire, dignes, hon- 
nêtes et utiles à la société. 

« Deux choses surtout sont indispensables, dit-il : la 
Prière, le Travail. La Prière par V étude de la nature , Ce.ru- 
men, la contemplation des merveilles de la création .... » 

Los enfants reçoivent enfin la lumière maçonnique. Pen- 
dant la quête l’orgue exécute « un chant religieux » et la 
voix de la fille d’un F.*, se fait entendre. (I) 

Le 2fi Juillet, Y Alliance, de La Chapelle (près Paris), eut 
une fête du même genre, « oilïant le coup d’œil le plus 
enchanteur d’enfants, de sœurs, une fête enfin : Banquet et* 
bal bien ordonnés, chose rare : bonne musique, un seul 
discours: celui d’une belle jeune sœur, mademoiselle Hosenirald , 
et dont la Loge cédant au vieil de l’assemblée, a volé l’im- 
pression ; citons aussi, parmi les Dames, les noms de 


(1) Le Franc-Maron, 7® année, n" G. — Août 1857, p. 151-107 ; — Bibliothèque 
du G.*. 0.*.; Cal., Ch. XXI, r7Ti. 



1857 — 299 — 

madame Colins, de Londres et de mademoiselle Patrice, d'Ir- 
lande. » (1) 

1858 

Nous trouvons dans la Chaîne d'Union ((Faimée — n° J 33 ; 
("juin 1 870, p. 199, col. 2 et 3) et sous le litre: Histoire: 
La Franc maçonnerie à Besançon, ce qui suit : 

« Le o février 1838, une réunion des plus intéressantes 
et des plus solennelles a lieu, notre local très spacieux suf- 
fisait à peine pour donner place ans nombreuses Sœurs qui 
venaient ‘assister à l’adoption, par la loge (2), de 20 jeunes 
Logions; les FF.*. se groupaient dans les tribunes et les 
salles adjacentes. 

« La Col.*, d'harmonie exécute un magnifique morceau, 
tellement approprié à la circonstance qu’une vive émotion 
s'empare des mères de ces enfants, qui s’avancent d’un pas 
lent jusqu’à l’autel, où, dans un instant, ils recevront la 
consécration, c’est-à-dire leur adoption par la Loge. 

« Le F.*. Archimann, dans un morceau d’Arch.*. savam- 
ment tracé, adresse des félicitations aux Dames qui ornent 
notre Temple et traite de la Maç.*. sous le point de vue in- 
tellectuel ; il démontre qu’à l’imitation des profanes, sa 
marche doit toujours être progressive, afin de réaliser le 
plus de bien possible, et pouvoir dire, la Mac.*, ne restera 
jamais en arrière. 

« Un second Orateur, le F.*. Trelut, à son tour, après 
quelques paroles chaleureuses qu’il fait entendre à nos 
Sœurs, pour leur témoigner combien leur présence nous est 
chère, puisqu’elles nous mettent à môme de leur démontrer 
combien sont faux les préjugés répandus sur notre Institu- 
tion, préjugés à moitié vaincus, leur présence en est un sûr 
garant... 

« Ces deux discours sont accueillis avec la plus grande 
faveur ; la Col.*, d’harmonie contribue puissamment à 
l’embellissement de cette fête de famille. 

« Trois Sœurs accompagnées des FF.*. Maîtres des Céré- 
monies, parcourent tous les rangs en faveur des pauvres... » 
Neuf Lowtons reçurent le baptême maçonnique, le 1 1 avril, 


(1) Ibid., id>, p. U50-KH. 

(2) Chapilralc Sincérité, Parfaite Union et Constante Amitié réunies. 



1858 


300 


à la L.\ Saint- 1 incent-dc-Pauf O.*. do Constantinc, cc qui 
donna lion à une « brillante fêle d'Adoption. » (I) 

Autre fôte «l'Adoption, suivie de banquet et bal. à la L\ 
des Amis de i II amanite, pour célébrer le solstice d'été, le 
mercredi II* juillet 1838. « Le nombre des Sœurs égalant, 
par un heureux hasard, celui des Frères, lous onl pu sans 
interruption (cc qui n'est pas une fatigue pour les dames) y 

prendre part Lue fête est belle quand il s'y trouve des 

enfants cl des femmes Il y avait tout celaa Montrouge 

Los enfants ont leurs parrains, et les corbeilles des pains 
d'alliance, et les dragées d'allégresse et la coupe symbolique, 
et les ileurs emblématiques circulèrent parmi les enfanls. 
leurs mères, les FF.\ de l'AL, les affiliés et visiteurs. 

« Le Vén.*. Moqucl (2) sut trouver des paroles exquises de 

sentiment pour les enfants La salle du banquet offrit un 

coup d'œil admirable Ce n’était point une cohue L or- 

chestre se fait entendre, les quadrilles se forment; partout 
règne la gaieté la pins aimable et la plus franche. Kl cc qui 
donne toujours de l'éclat à un bal, des femmes belles de jeu- 
nesse, de parure cl de grâce se livrent avec ivresse aux 
charmes de la danse... » (3j 

Doux jours plus tard, les FF.-, et SS:-: (1rs Trinosophes de 
1 lorry luron l aussi en liesse. « Un bal termina la fêle et l'on 
peul dire que nos Sœurs s'associèrent de cœur h nos tra- 
vaux. » (i) 

Dresde trois cents maçons et quelques Sœurs : Mesdames 
St/ 1 i * es fi e , C h en y/ uéi * and , De eh e va ) i. /•- Dam es a i /, mesd en i o i se Iles 
Sf/fresfre et Descombes, assistèrent, le 20 juillet au service 
funèbre célébré h Notre-Dame de Paris, en l’honneur de 
Francs-Maçons de Flic Maurice. 

A celte occasion Decbevaux-Dumcsnil qualifiait les Maçons 
de « Sauveteurs da monde » et fit remarquer que les trinn- 
f/Iesde feu de la Grande Basilique étaient semblables a ceux 
des chapitres de Rosc-Groix !!!! Il prétendait que le temps 
des excommunications était passé, que Pie IX lui-niènie 
avait béni le « regretté F.*. Garon, vénérable de la Loge la 

(!) I.c IV. Iîagon, op. c/7., p. 101. 

'2) Voir à la (lato du 21 juillet 1K>N. 

(l\) Le Franc-Maron, S« année, n° 1. — Juillet 1858, p. 15*10. 

(1) Historique de la /«.*. L.\ les Trinosophes de Heraj , clc., 2 e partie, par le 
F.-. A. Focnsieii, p. 01. 



301 


1858 

PmeWrante Amitié !!! Il se plaignait enfin que, malgré la 
volonté du préfet de la Seine et de rEmpercur Napoléon III, 
on osai l encore insulter et méconnaître les Maçons!! (1) 

Après le baptême maçonnique, les FF.*., inspirés par Lu- 
cifer, le Singe de Dieu, ont poussé Je sacrilège jusqu'il pa- 
rodier le sacrement de l'eucharistie. Nous en trouvons une 
première preuve dans le récit, publié par le Franc-Maron do 
la fêle do la L.’. Bonaparte,, O.*, de Paris, du 21 juillet 1838. 

Le Yen.*. Lézeret « adressa une invocation au G.*. A.*. 
I>,\ L.*. U.*, et ordonna la purification du temple par le 
fou ; les flammes symboliques se répandirent dans toul l'Ate- 
lier. 

» Il sr fit ensuite apporter une coupe remplie de rin . et le 
pain mystique, et annonça qu'il allait être procédé à l’ayape 
vt ù la communion maçonnique. Alors fa coupe et te pain 
circulèrent de main en main , chaque Fr. trempa ses terres ù 
la coupe et prit sa part du pain , Selon le cérémonial, après 
avoir fait former la chaîne d'union et donner les trois bai- 
sers symboliques, le Yen.:, adressa une prière au G.*. A.*. 
IL*. L.*. U.*.. » (2) 

La Loge Bonaparte complaît, nous l’avons vu plus haut, 
tous les princes de la famille Impériale parmi ses membres 
d'honneur et Napoléon 111 lui-même !! 

La Maçonnerie Française évoluait, du reste, vers le Luci- 
férianisme, puisque le F.*. Mackcy, 33" Grand Secrétaire du 
Suprême Conseil des GG.\ JJ.*. GG.*, de Charlcston était 
choisi comme Garant d'amitié par le Grand-Orient de France, 
tandis que le F.*. Beugnot, 33". degré, membre de l'Institut 
dogmatique du G.*. O.*, de France, venait d'être admis en 
qualité de Garant d'amitié du Suprême Conseil de Charles- 
Ion. (Décret du C juin IS38.) 

* 

* » 

Nous complétons le récit du Franc-Maçon : 

Ce qu’il appelle « coupc » est un calice avec fausse coupe 
ri emblèmes maçonniques, dont les prix varient comme suit: 
13 francs en cuir ce aryenle ; 210 francs, tout en aryen/ (Caï \- 
ijm.i i: du F.\ Orcel, Or.*, de L von, rue Laincrie, 22. 1803- 
1800 .) 


(I) Le Franc-Maron . 8 e année, n° I. — Juillet l£>s, p. 8-1* 
(2; Ibid., id., p. 20-21. 



1858 — 302 — 

Le dernier prospectus du F.-. Teissier, 33 n degré, brodeur, 
fabricant de décors maçonn.*., 37, rue Jean- Jacques Rous- 
seau, Or.*, de Paris, n'indique, pour les Chapitres, que des 
calices a 13, 20 et 40 francs. 

À partir du grade de Rose-Croix, les FF.*, emploient des 
chasubles particulières, copiées sur celles des prêtres catho- 
liques (l). Le F.*. Orcel les vendait de 80 à 250 francs et 
faisait payer de 12 à 15 francs les tuniques en serge . Le F.*, 
Teissier recommande, aujourd'hui, des tuniques en laine , 
de 13, 20 et 23 francs. Son prospectus donne aussi la gravure 
d'une chasuble luciférienne , mais notre Souverain Grand 
Inspecteur Général a bien soin de ne pas en indiquer la 
destination ; c'est plus adroit. Afin de le forcer à découvrir 
sa marchandise sacrilège, nous avons prié un digne ecclé- 
siastique de nos amis de lui écrire et de lui demander son 
catalogue de vêlements sacerdotaux. 

Voici la copie exacte de la réponse : 

37, Uuk Rousse vu Paris , le 28 décembre 1893. 

TEISSIER 

Brodeur 

Cm FO II. MES, BvNMEREh ET DRAPEAUX 
A dm m istratiom, T h ni 1res 
Spécialité 

DES 

Décors et Lirraiiue Maçonniques 

Ji rôdeur du Ministère de la Guerre 
Fournisseur du Chemin de Fer du Nord 


PARIS 

Monsieur l'Abbé, 

Je ne fais pas du tout l'ornement cTEglise, voyez pour les vête- 
ments si vous voulez être bien servi la Maison de la Belle Jardi- 
nière ou pour les Chasubles la Maison Biais, Place Saint-Sulpice. 
Agréez, Monsieur l’Abbé, mes salutations empressées. 

Teissiicii. 


(1) Le F.*. R\<io.\ nous fournil, en outre, les renseignements suivants dans soo 
Ordre Chapitrai, Nouveau tirade de Rose-Croix : 

« Haiui.lkmknt. Le Récipiendaire porte une courte chasuble de soie fond blanc, bordée 
d’un ruban noir do ta largeur de deux doigts ; une croix d’un large ruban ponceau y 
ligure dans toute sa longueur et sa largeur. L’habillement des che\.\ est le même, 
mais on peut s’en dispenser, il suffit qu’ils soient vêtus de uoir. » p. 32. 

« Cène or BanüUkt mystique.... On doit donc faire la Cene après chaque tenue de 
R.*. (L*. dout elle est l;i clôture. Le pain et le vin y sont consacrés... » p. 87. 

Ces prescriptions sont rigoureusement observées. Toutes les plauches de convocation 
des Sou>\\ Chape, de /<.*. CV. indiquent que la Cène précédera la suspension des 
travaux. — \ote de l'auteur . 



1858 — 303 — 

Désormais le doute n'est plus possible. Quod erat démons - 
trandum . 

Le Bulletin du Grand-Orient > numéro de juillet 1838, con- 
signait les idées que le F.'. Riche-Gardon avait développées 
à l'inauguration de la L.\ du Travail de la Renaissance par 
les émules d’Iliram et qui allaient être bientôt mises en pra- 
tique : 

« Puissent nos épouses, nos filles et nos sœurs, puissent nos 
« enfants, nourris de la manne (maçonnique) sainte, dès le jeune 
« âge, baptisés dans les Temples (de la Maçonnerie), y venir 
« chaque semaine alimenter leurs âmes de tes sublimes révéla- 
it lions (de lTnitiation Maçonnique). » (Voir ici à l’année 1860). 

Des enfants, des mères, de « jeunes et charmantes sœurs », 
assistèrent à la Célébration de cinquantaine et baptême ma - 
eonnique delà L.\ les Admirateurs de V Univers, dirigée par 
les FF.*. Àlbaret, Vaffier, Demona, Forcstier-Demours et 
Dergé. 

Dans le Franc-Maçon (1), la Sœur Caroline Kœning , dé- 
fendit la Maçonnerie des Femmes ou Maçonnerie d'Àdoption. 
Elle invoquait l’autorité du F.*. Boubée et annonçait une 
série d’articles sur cette matière. Ses revendications ne con- 
cordaient point avec les réflexions du F.*. Dechevaux-Du- 
mcsnil, qui, parlant des travaux du Conseil des Kadoschs 
de la Bonne Foi , U.’, de Saint-Germain-en-Laye, disait: 

*t Nous ne croyons pas que l’Ordre puisse gagner à Finstitu- 
« tion d’un club ou d T une Académie de Maçonnes réunies 
« dans un but encore indéterminé. Nous préférons encore 
tt voir nos sœurs accompagnées de leurs enfants embellir 
k de leur présence, nos fêtes, nos bals, nos banquets, nos 
« Loges d’Adoption. » (2) 

A l'article nécrologique publié dans ce même numéro, le 
F.*. Dechevaux-Dumesnil annonce le décès de la R:-: S:-; 
Roger , morte lors de la catastrophe arrivée, le G septembre, 
à la gare du Yésinet, chemin de fer de Saint-Germain-en- 
Laye. (3) 

1859 

C est en janvier 1839 que le F.*. Albert Pike fut élevé à la 
dignité suprême de la Franc-Maçonnerie universelle et luci- 

fl) S* année, n° 3. — Septembre 185$, p. GS-70. 

(2) Ibid., id., p. 66. 

(3) Ibid., id., p. 82-83. 



1859 


304 


férionne, et qu'il devint le chef dogmatique do tous les Flv. 
appartenant aux 23 Sup.\ Conseils confédérés. (JH te Ecosse.) 

Deux fêles eurent 1 ieu les 3 et 7 février, la première h la 
loge l'Alfiejie'e français ; la seconde aux loges réunies Los 
Idscip/rs de Fénelon et J.e Temple des And s de T Honneur 
Français, O.*, de Paris. Rendant compte de celte dernière, 
le F.*. Deehevaux-Diunesnil’évoqiie le souvenir de « Tillm- 
« Ire s<ear Stéphanie Fraissinet , cette improvisatrice bien 
« autrement remarquable que le célèbre F.*. Eugène De 
Pradel. » (1) 

En non! 183!), Je F.*. R\nox achevait le manuscrit de son 
Manuel de la Maçonnerie (T Adoption et disait : 

« ijuhls sont mal inspirés ces écrivains dont les écrits blâment 
« la présence des dames aux réunions maçonniques ! Ont-ils oublié 
o (pie c est au rôle qu’a joué la femme en Furope que nous 
« devons noire civilisation malheureusement encore entravée par 
« l’orgueil de l'homme?» 

« L’Kloile flamboyante est-elle encore cet astre lumineux, ce 
« soleil resplendissant qui doit éclairer l’univers? Sa lumière 
« pâlie ne semble- 1- elle pas cire celle d’une lune présageant la 
« nuit disposée à couvrir de ses voiles la maçonnerie française ? 
« Sont-ce ccs isolateurs de la femme et leurs théories qui désobs- 
< curciront le firmament maçonnique, et rendront aux voûtes de 
« nos temples le scintillement affaibli de leurs nombreuses 
« étoiles? » 

« Ouand voudra-t-on comprendre que, pour rendre à l'ordre 
« son attrait irrésistible, et son antique splendeur; aux mœurs 
« publiques, leur pureté, leur vérité purgée d’hypocrisie; aux 
« progrès sociaux, leur avancement; à féducalion domestique, 
« pleine encore de préjugés, son rayonnement humanitaire, il 
« sagirn d’admettue aux tua va i x maçonniques les femmes gai, par 
« leurs productions utiles et par leurs vertus , honorent leur sexe 
'* et leur patrie . Leur présence rendra les séances plus intéressantes , 
« leurs discours exciteront l" émulation; les ateliers s' épureront comme 
« la nature printanière s'épure aux rayons vivifiants d'un soleil 
« nouveau. Les hommes instruits , les personnes de distinction ac - 
« courront comme jadis, et la maçonnerie redeviendra ce qu’elle 
« était avant l’intrusion malfaisante des hauts grades. » (2) 

Il n'y avait donc, parmi les contemporains du F.\ Uauon 

(1) Ibid., ‘ Se uuuéc, u" 7. — Avril-Mai L&V.Ç p. 175. 

(2) l*age 110-111. 



1859 


305 


que des maçons ignorants et des gens peu distingués / Prenons- 
en bonne note. Après lecture de ce manuscrit le F.*. Hubert 
ajouta : 

« Pensées bien justes, bien vraies, exposées dans un beau lan- 
« gage, mais simple comme la raison. Puissiez-vous, cher frère 
« Kagon, maçon par excellence, être entendu et compris, et vous 
« aurez créé à nouveau la francmaçonnerie, dont Péclipse chez 
« les peuples serait une calamité sociale, tant les conséquences 
« qui en découleraient, seraient fatales à tout progrès humani- 
« taire et à l’avancement de la civilisation. » 

Considérant la Maçonnerie comme une véritable calamité 
publique, nous ne pouvons que protester avec énergie contre 
les prétentions et les conclusions du F.*. Hubert. 

Le 1\\ Rauox. 33 e degré, s'indignait encore de ces hauts 
grades, comme s'il n'en possédait pas un lui-mème !! Enfin, 
renouvelant son vieu de 1836, il réclamait encore l’admission 
des femmes dans la Maçonnerie Masculine, se déclarant une 
fois de plus, partisan des loges mi.rtes. 



MAÇONK. 


20 




CHAPITRE VIII 


1860 

5 commençons l'étude de l'an- 
née 1860 par examiner l’événe- 
ment le plus important qui se 
produisit au point de vue maçon- 
nique et cet événement consiste 
dans la publication du Mancel oe 
la Maçonnerie d'Aüoptiun du F.*. 
Ragon, auquel nous avons déjà 
fait tant d’emprunts. 

La première édition de ce ma- 
nuel, sortie des presses de A. 

Moulin, h Saint-Denis, parut chez 
Collignon, libraire-éditeur, 31 rue Serpente, à Paris. 

« Avant de passer aux rituels, disait le F.*. Racon (p. i), 
nous croyons utile de reproduire le passage d'un manuscrit 
intitulé : Afïïle initiée , qui est relatif à la Maçonnerie adop- 
tive. » 

« — Mais excuseras-tu ma curiosité? Puis-je connaître 

le but d’un tel rendez-vous chez toi, avec tes amis ? Cependant 
si c’est un mystère, je veux l’ignorer. 

« — Presque tout sera mystère dans cette conférence; mais, 
comme je n’en ai point pour loi, je puis te dire le sujet de notre 
réunion. 

« — Je le devine : ce doit être la Francmaçonnerie ? 

« — Justement. Reçois mon compliment sur ta sagacité. 

« — Je suis maçonne, reconnais-moi et embrasse ta sœur ! 

« — Chère Adèle, ton adoption dans l’Ordre Maçonnique ne 
peut que fortifier et embellir l’amitié qui nous unit. Tu as, sans 
doute, été initiée à plusieurs grades? Qu’as-tu remarqué dans 
les différents symboles que l’on t’a présentés, et quelle est ton 
opinion sur cette institution? » 




1860 


308 


L'ai niable initiée analysa ainsi ses diverses réceptions : 

(f J'ai, reprit Adèle, en style allégorique, parcouru et étudié le 
globe : j’ai visité tous les climats ; j’ai voyage dans YEdcn ; je me 
suis assise à l'ombre de l 'arbre mystérieux ; j’ai goûté de son 
fruit et j’ai distingué le bien et le mal, en conservant toujours 
mon innocence et ma pureté : le travail et l’étude sont amis de 
la vertu. 

« Je me suis reposée sur le mont Arm ai. 

« J'ai salué l'arc-en-ciel, ce symbole d’union et de paix entre 
la terre et les deux, que rbominc ne comprit qu'après l’avoir 
soumis au prisme de la vérité. 

« J'ai vu Y Arche de Noé, le sacrifice d' Abraham, Y embrasement 
de Sodome , la femme de Loth , devenue borne ou statue de sel ; la 
citerne de Joseph ; le soleil, la lune et onze étoiles. 

« Je me suis élevée jusqu’au sommet de la tour de Babel, sym- 
bole de l’orgueil puni. 

« Je sais figurer Y échelle de Jacob et en pénétrer le sens. 

« Je me suis approchée du buisson ardent , emblème du Sabéisme. 

« J'ai été admise dans l’intérieur du tabernacle dressé par Moïse 
dans le désert. 

« J'ai vu les deux colonnes mystérieuses qui dirigeaient nuit et 
jour les Israélites. 

« Je me suis promenée dans la vallée de Béthulie. 

« J'ai brûlé des parfums sur Y autel (lu feu ou de la vérité, dont 
l’éclatante lumière a dessillé mes yeux. 

« Aidée de frères, j’ai rempli les fonctions qui m'ont été 
confiées. 

« Lnfin, mon ami, lu vois devant toi une Princesse de la Cou- 
ronne. 

k — Je rends plutôt hommage à les qualités et à tes connais- 
sance< qu'à ton titre pompeux, quoiqu’il soit la récompense de 
Ion mérite. Dorénavant, je causerai avec toi comme avec une 
initiée, nous y gagnerons tous deux. 

« — Mon frère, je n'aurai rien à t’apprendre sur nos mystères; 
mais, pour répondre à ce que tu m’as demandé, voici mon opi- 
nion sur l'institution : 

« Je crois que cette Sœur adoptive de votre Ordre, dont elle 
dilfère par ses allégories ostensibles plus que par le fond, et dont 
l’existence compte en France plus d’un siècle et quart, est un effet 
de la galanterie des maçons modernes, qui ont cru devoir admettre 
leurs épouses, leurs filles, ci leurs sœurs, à des plaisirs innocents, 
où devaient, avant tout, se rencontrer des mœurs, de l'instruction 
et des talents. 

« Peut-être aussi /' intention des Maçons a-t-ellr clé de donner le 



1860 — 309 — 

change à leurs épouses , à l'autorité et au monde profane , en initiant 
notre sexe à des mystères qui semblaient être les images des leurs , et 
d'acheter ainsi la tranquillité dans leurs ménages , troublés , quelque- 
fois , par la crainte des anathèmes ou des interdictions dont notre 
Ordre a été souvent menacé et frappé . 

« L'innocente décence et les plaisirs de famille qui régnent et 
devaient régner, surtout primitivement, dans les réunions adop- 
tives, pouvaient, en effet, tranquilliser l'autorité sur les prétendus 
mystères, dont s'occupaient les Francmaçons entre eux. Mais 
puisque vous ne vous occupez , comme nous devrions le faire noiis- 
mêmcs, que de Fètude de l'humanité , de celle de la nature et de la 
philosophie , afin de travailler à devenir meilleurs , pourquoi ne pas ad- 
mettre à vos travaux celles d'entre nous qui auraient mérité cet 
honneur ? 

« Il eût été simple et concevable d'établir cette sorte d'émulation 
quiaurait tourné au profit de la sagesse et des mœurs sociales, plutôt 
que de créer une Maçonnerie dérisoire, dont se moquent la plu- 
part des Maçons, et sans raison, puisqu'ils ne comprennent pas 
toujours le sens des emblèmes dont ils rient. 

« J’ai autrefois, chère sœur, répondu ainsi à la proposition 
dadmission dont tu parles: 

« Si nous admettions la beauté 
« A nos travaux, à nos mystères, 

« L’oubli de la fraternité 
« Désunirait bientôt les frères ; 

« Dans nos temples, sexe chéri, 

« L’amour entrant avec tes charmes, 

« Tous nos cœurs te seraient soumis 
« Et les noms de frères, d’amis, 

« Seraient pour nous de faibles armes W. » 

« — Ton objection, cher frère, est plus galante que sage ; ou bien 
tous avez tort de dire que vous vous réunisse/, pour vaincre vos 

PASSIONS, SOUMETTRE VOS VOLONTÉS ET FAIRE DE NOUVEAUX PROGRÈS 
DANS LA VERTU. 

« — Ta citation est une excursion dans nos domaines. 

« — Je connais mes livres et les vôtres, je te le prouverai. 

« — Quoi qu’il en soit, la Maçonnerie d’Adoption n’est qu’une 
imitation de ce que présente l'Iiistoire des anciens mystères, où 
l'on sait que les femmes furent admises parmi les mystes. (2) 

a Mais les mystères étaient célébrés pendant la nuit ; il en est 
résulté, plus tard, des abus scandaleux, funestes aux mystères 


(1) Ain : Daignez m'épargner le reste. (Des Yisitandlnes). 

(2) I)u grec mistès , initié aux petits mystères de Ccrcs. 



1860 


310 


môme. On n’ignore pas que du temps de Démoslhênes, on alla 
jusqu’à admettre dos courtisanes à l'initiation. La dépravation gagna 
le sanctuaire d’Eleusis. L’inviolabilité du secret favorisait la cor- 
ruption, et, pendant longtemps, en déroba la connaissance aux 
magistrats. » 

L'aimable frère raconte à la Sœur Adèle l'anecdote de 
Madame de Xaint railles, reçue maçonne au litre masculin et 
le F.*. Ru;n.\ ajoute*, en noie, que « dans une des loges de 
Toulouse, une comtesse de Grammont, curieuse de connaître 
l'institution, vint à bout, avant la première révolution, des- 
camoler l'initiation, à la faveur d'un déguisement d'homme.» 

Adèle continue : 

« Cette anecdote honore mon'sexe qui l’emporterait peut être 
sur le vôtre, en philosophie et en vertus, si nous recevions une 
éducation et une instruction dignes de nous et du rôle que nous devons 
remplir dans la société. Que les hommes, pour la plupart, seraient 
nuis ctbrutaux, s’ils ne recevaient que le peu de connaissances que 
Ton donne aux femmes, et que le monde serait plus heureux et 
mieux gouverné, si l'esprit des femmes n'était pas dépravé par des 
idées fausses, superstitieuses, qui répugnent à la conscience, à la rai- 
son; par d' absurdes préjugés ; par de raines terreurs , inculquées dès 
V enfance, enracinées avec Vâge et dont elles se servent pour diriger 
les hommes de toutes les conditions ! » 

Après cette incursion sur le terrain catholique, la Sœur 
Adèle .'ou le F.*. Raudx) nous donne un tableau fort exact 
«les ateliers féminins : 

« La Maçonnerie devrait chercher à tendre vers ce but estimable, 
digne d'une école de sagesse. Les maçons actuels , moralistes tour 
la forme, n'y songent guère. Une loge de femmes n'est pour eux gu'vx e 
occasion de plaisir et non ut i but d' instruction sociale , et la supersti- 
tion, cette religion sans dignité comme sans vertu, continue d’être 
la reine du monde. 

Voici la péroraison du F.*. : 

— « Je suis tout à fait de ton sentiment. Oui chère Sœur, les 
opinions erronées et les fausses doctrines ne cesseront de désoler la 
terre et de désunir ses malheureux habitants, que lorsque les femmes, 
mieux instruites, ne seront plus guidées que par des connaissances 
positives et des notions vraies sur toutes choses. » (p. 4-9) 

Tous ccs vœux de démoralisation de la femme et de la 



1860 — 311 — 

jeune fille ont reçu leur accomplissement par la création de 
ccs fameux collèges et lycées de filles, véritables succursales 
de la Maçonnerie, réclamés par les Maçons et votés par des 
Maçons, et qui fonctionnent depuis la promulgation de la loi 
satanique du 21 décembre 1880. 

Au chapitre intitulé Préliminaires, le F.-. Ragon, dit : 

« Nous indiquons à chaque grade la disposition et la décora- 
tion de la loge. Mais si l’on avait l'intention de donner de suite 
les 3 grades afin de rendre, pour les assistants l’instruction plus 
fructueuse, ainsi que le pratiquent quelques ateliers , un rideau 
diviserait la loge en deux parties inégales , celle de l'Asie où se 
font les travaux, et celle de l'Europe à l'entrée du Temple ; cette 
dernière qui est en étendue le 1/4 de la l r % sera coupée en deux 
par un rideau, pour le 2 8 et le 3® grade. 

« Comme parmi les Dames à recevoir, une seule subit les 
épreuves, pour donner plus de charme à la séance, une autre 
apprentie, passera aux épreuves du 2 e degré, et une autre com- 
pagnonne aux épreuves du 3 fl . 

« Observations. Ces loges qui ne sont jamais aussi fréquentes 
qu’elles devraient l'être, ne peuvent être convoquées que par les 
chefs de loge. Il faut posséder le grade de compagnon pour assister 
AUX TRAVAUX. (1) 

« Les belles allocutions du Yen.*, et de la G.-.-M 88 ®.*., les 

discours intéressants des FF.*, et des SS.\ orateurs, font plus de 
bien dans le monde, agissent plus utilement sur la morale publi- 
que (Le F.*. Ragon oublie de dire dans quel sens!) et sur la 


(I) On cache l'existence de la Maçonnerie d’Adoftion aux Maçons on ne sont 
point encore ÉPRouvÉ*. On dit à l'Apprenti : « Nous n* admettons point de femmes 
dans nos mystères { Rituel du Grade d* Apprenti, p. 50) ! » C'est le Vénérable 
qui parle ainsi à « l'initié. » Initié veut-il donc dire trompé , dupé, mystifié ? C’est 
eucorc le Vénérable qui dit au Compagnon : <« Vous avez cinq ans. La progression qui 
suit le grade indique les lumières et l’expérience que vous ôtes censé avoir acquises ; 
mais apprenez, mon Frère, que l'âge ne les donne réellement qu’à celui qui s'est 
associé aux hommes et aux choses. Cet âge vous rend apte à visiter les Loges 
d'Adoption où tout se compte par cinq (Rituel du Grade de Compagnon , 
p. 31,. » Le Compagnon n'a que cinq ans, l’Apprenti n’en a que trois, mais le Véné- 
rable qui est Mailre, s'il n'est pas d’un grade plus élevé, a sept ans et plus . 11 
devrait avoir plus de lumières et d’expérience et aussi de vertu que le Compagnon et 
l'Apprenti. Mais il a été plus longtemps qu’eux « associé aux hommes et aux 
choses de la Maçonnerie » ; et bien qu 'aidant tous les jours les So'urs dans 
leurs travaux, il ne craint pas de dire solennellement ; « Nous n'admettons point 
de femmes dans nos mystères ! » 

Le secret est inviolable dans ces modernes mystères comme dans ccs anciens 
mystères dont parlait tout à l’heure le F.*, qui dialoguait avec la Swur Adèle, et où 
« l'inviolabilité du secret favorisait la corruption et, pendant longtemps, en déroba la 
connaissance aux magistrats. » 



1860 — 312 — 

concorde générale que la plupart des travaux dans les ateliers 
d’hommes. 

« Nous n’avons pas jugé à propos d’apporter de plus grands 
changements aux symboles qui ont fait, jusqu'à présent, la base 
des grades; les interprétations que nous en avons tirées inspire- 
ront les Vénérables instruits et nous désirons que le goût plus 
répandu de ces travaux, modifie ou plutôt remplace, peu à peu, 
tous ces symboles persans ou bibliques qui ont fait leur temps. » 
(Le désir du F.*. iUr.ox a été satisfait, le F.\ Albert Pike s’est 
chargé de remplacer tous les symboles démodés par ses symboles 
lucifériens !) 

« Nous dirons plus, nous espérons que l’époque n’est pas éloi- 
gnée où des SS.\ dignitaires, qui se seront distinguées par de 
bonnes directions do travaux, par des lectures philosophiques, 
seront admises à nos séances, où, après 3 à b mois de tenues, elles 
deviendraient aptes à remplir des emplois comme adjointes aux 
dignitaires. Convenons que c’est alors que les travaux maçonni- 
ques deviendraient attrayants. . . La réunion des deux sexes sous le 

MAILLET DE L’ORDRE, GÉNÉRALISERAIT LA PRATIQUE DES VERTUS. La 

hideuse hypocrisie des mœurs succomberait sous l'égide de la 
raison universelle et du bon sens de tous... Supposons pour 
oratrice-adjointe d’une de nos loges, une so3ur comme madame 
Fmile de Girardin, comme madame la comtesse de llémusat, 
comme Fill.\ Itacbel ; ou une sreur comme madame la comtesse 
d’Argoust {Daniel Stent), comme madame Louis Collet ou madame 
George Sand, qui ne viendrait pas s’y affilier ou s*y faire initier 
pour entendre leurs discours qui seraient des objets d’émulation, 
de travail et d’étude pour nos jeunes maçons si lents à produire ? 
Vous verriez vos travaux embellis par la présence de savantes 
ladies dont l’instruction ne demande qu’à se répandre ; repoussées 
en Angleterre, de toute réunion intime d’hommes, quel bonheur 
n’éprouveraient-elle.s pas à demander dans vos temples un asile 
pour leurs mérites. Les dames étrangères, dont le savoir serait à 
la môme hauteur, solliciteraient la même faveur et deviendraient 
d’utiles membres correspondants ; les journaux maçonniques ne 
resteraient plus stériles. C'est dans nos loges épurées que se trou- 
verait l'élite de la France , qui, plus tard, serait, par l’influence 
féminine, imitée par les autres nations... » [Loges épurées, le 
F.*. Rauhn est vraiment... dur pour ses FF.-, et SS:«:!!ÎJ. 

« Initiés, voulez-vous bâter le progrès moral, mettre In nouvelle 
génération dans la voie des vertus et travailler avecplus d’efficacité 
à votre propre perfectionnement, initiez la femme, d'abord à des 
travaux d'Adoption, et bientôt après, aux travaux philosophiques, 
celles que vous en jugerez dignes ? Les fruits que la science so- 



1860 — 313 — 

ciale en retirera pour le bonheur de tous sera votre plus douce 
récompense. » 

Le F/. Ragon ajoute, en note : 

« Déjà ces vérités ont reçu la haute approbation du G.*. 0.\ de 
France qui, dans ce but éminemment civilisateur, vient de cons- 
tituer, à Paris, la resp.*. loge Le Temple des Familles, qui, sous 
l’habile et savante direction du zélé F.*. Riche-Gardon, secondé 
par des FF.*, de divers ateliers, appartenant même à différentes 
obédiences, aura chaque mois, à compter de novembre 1800, une 
tenue d’adoption, ayant pour objet de faire participer, plus régu- 
lièrement, les épouses, les mères, les sœurs des francs-maçons, à 
l’œuvre bienfaisante de l'initiation et à la vie morale, afin d’em- 
pêcher tout antagonisme dans les familles, et d’élaborer en com- 
mun le travail de l’éducation et les moyens de la pratiquer avec 
succès. » (p. 10-14.) 

On lit à la page 79 : 

« Le Rite d'Àdoption, celui qui comprend dix degrés, compose 
ainsi le Chapitre : 

« Maîtresse Parfaite , 4° degré, ci-dessus. (1) 

« Elue , 5 e degré. 

« Ecossaise , G 6 degré. 

« Sublime Ecossaise , 7 e degré, ci-dessus. 

« Chevalière de la Colombe , 8 e degré. 

k Rose-Croix , chevalière de la bienfaisance , 9° degré. 

« Et Princesse de la Couronne , 10 e et dernier degré. 

« Pour la satisfaction des FF.*. etdesSS.*., nous allons donner 
un extrait des cinq autres grades. 

ELUE. 

« Décoration de la Loge. Tenture blanche, trône rouge, 3 bou- 
gies, une étoile transparente à 8 pointes, le mot sacré au milieu. 

« Titres. Le G. *.-M° s’appelle Souverain G.-.-M c . La G\\-M a *% 
Souveraine-Grande- Maîtresse. 

«Signe. La main droite au cou du côté gauche; on penche 
la tête à droite et l’on se donne un coup du tranchant de la main, 
comme pour se couper la tête. 

« Attouchement. Les bras entrelacés, s’empoigner le dessus de 
l'épaule gauche avec la main gauche. 

« Mot sacré. Halzabeth (en hébr. , victima Dei), c’est le nom de 
la parjure qui doit être immolée. 


(t) Voir ici, p. 178. 



1860 


314 


« Mot de Passe. Victoire! 

« Hier. Silence ! 

« Batterie, Cinq coups égaux. 

« Heure tour ouvrir. Le signal es! donné, nous sommes prêts 
à exécuter vos ordres, 

« Heure rouit fermer. Celle où nos ennemis furent vaincus et 
où nous commençons à jouir du fruit de nos travaux pour un 
temps plus heureux. 

« Harillement. Les Frères sont en noir, les Sœurs sont en blanc. 
Le Souverain et la Souveraine portent, en camaiï, un large ruban 
noir, liseré d’argent, auquel pend le bijou de l’Ordre. » (1) 

« Bijou. Une étoile à huit pointes, le fond en nacre, le tour et 
les pointes en or; au milieu est le mot sacré. Il se porte sur le 
cœur attaché par une faveur noire. 

« Tarlieh. Blanc, doublé et bordé de noir; le bijou de l’Ordre 
est brodé au centre. 

« Sujet du grade. Il roule sur une sœur parjure, et condamnée à 
la mort . Il appartient à la classe des grades vengeurs oui déshono- 
rent l’écossisme. Il doit être rejeté du rite d'adoption où son 
admission est plus qu’une faute, > 

ECOSSAISE. 

« Décoration deçà Loge. Tenture jaune. Quatre lumières, une 
à chaque coin de la salle. 

Titres. Le maître s’appelle Très-Respectable; les deux surv.*., 
Très- Vénérables ; les FF.-, elles SS.-., Vénérables . 

« Signe. L'index droit sur le front. 

« Uép. Le même doigt sur le cœur, le poing fermé. 

« Ordre. Comme la réponse du signe. 

« Attouchement. Présenter la main droite verticalement tendue ; 
la sœur la prend de môme avec ses deux mains. 

« Marche. Le pied gauche à la pointe occidentale du carré tracé, 
le droit à celle du midi, le gauche au nord, et le droit à l’Orient 
(-4 pas, nombre des vœux du jésuite). 

« Batterie. Deux coups égaux. 

« Age d’une Écossaise. L’ilge raison. 

« Mot sacré. Jectifle (anagramme de Félicité). 

« Mot de Passe Mont Ararat (Malodictio tremoriæ). 

« Heure. Pour ouvrir, 2 heures. — Pour fermer, 4 heures. 

« Cordon. Jaune, porté en sautoir. 

« Bijou. Une éloiie en argent, pendue au cou par un ruban 
jaune. 


(I) Ou ne doit pas oublier que le blanc el le noir soat des couleurs lucifériennes. 
— Xote de l'auteur. 



1860 — 31$ — 

Tablier. Blanc, doublé et bordé de jaune. Sur la bavette, une 

étoile en argent, dans un carré. 

« Question d’Ordre. D. Êtes-vous parvenue à la dignité écossaise ? 

« H. J’ai été purifiée par les eaux du déluge. 

« D. Qu'avez-vous fait pour être reçue écossaise ? 

« R. Mes preuves, qui sont la fidélité, le zèle qu’on a reconnu 

en moi pour les lois de la Maçonnerie. 

« Tableau. 1° L’étoile d’Orient ; 

2° Le carré désignant la marche par les 4 chiffres 
rouges ; 

3° Les 4 flambeaux qui éclairent la loge ; 

4° Le mont Ararat (en Arménie); 

5° L’Arche de Noé; 

G° Noé et sa famille sortent de l’arche, conduits par 
l’Etoile au séjour de la félicité. » 

« Ce Grade, où domine le nombre 4, appartient au s} r stème 
jésuitique. » 

CHEVALIÈRE DE LA COLOMBE. 

« Décoration de la loge. Tenture rouge et verte ; éclairée de 
7 lumières; 3 à l’Or.*., 2 au midi et 2 à l’Occident; un trône 
élevé de 7 marches; au-dessus, une colombe en transparent. Il y 
a aussi une colombe vivante. Sur l’autel, couvert d’un tapis vert, 
sont 3 flambeaux garnis de bougies, un maillet, une branche d’o- 
livier et une Bible. 

«Titres. Le Maître se nomme Père Noé et signe ainsi. Le 
Grand-Inspecteur est le seul à qui Noé parle en particulier; et il 
le tutoie ; il se nomme Cher Fils Aîné , ainsi que le 2° surveillant. 
Les frères et sœurs, qui veulent parler à Noé, le tutoient ; il les 
appelle ses enfants , et ne répond qu’à un seul pour tous. 

« Signe. Faire loucher les deux pouces par les bouts, les mains 
ouvertes, le dedans tourné vers l’estomac, comme pour repré- 
senter deux ailes. 

« Attouchement. Se frapper mutuellement deux coups dans 
chaque main. 

« Mot sacré. God Malech ; il se donne à l’oreille par 3 syllabes. (1) 

« Mot de Passe. Ararat (malédiction de la crainte), montagne 
d'Arménie, sur laquelle s’arrêta l’arche, selon la légende. 

« Batterie. Sept coups, par 2 fois 3, plus un. 

Exclamation. Gloria in excelsis! 

« Travaux. Pour ouvrir : Les eaux sont basses. — Pour fermer: 
Le temps est calme et serein. 

« Tablier. Blanc, doublé et bordé de taffetas vert. Sur la bavette 


J) God est ici le synonyme de Phallus 1 — Xote de Vauteur . 



1860 — 310 — 

est une colombe tenant, clans son bec, une branche d’olivier. Au 
milieu du tablier est une montagne, baignée d’une eau verdûtre, 
où tlottentdes corps, des bras, des têtes, et sur la montagne, l’ar- 
che de Noé. 

« Décous du Père Noé. Un cordon rouge et vert, porté en sau- 
toir, auquel sont suspendus une truelle et le bijou. 

« Bijou. Une colombe d'argent, ayant dans son bec une bran- 
che d’olivier. 

« Questions d'ordre. D, Etes-vous Chevalière? 

« II. Je suis enchantée. 

« D. Pourquoi ? 

« 1t. Rien n'est plus beau que la grandeur. 

« J). Quelle marque m'en donnez-vous ? 

« U. Ma prudence. 

« D. En quoi consiste-t-elle? 

« II. A me faire connaître. 

« D. Pourquoi? 

« 11. Parce que je ne vous connais pas, 

« D. Que demandez-vous pour me reconnaître ? 

« R. Un signe (on le fait) en disant : J'ai envoyé une colombe qui 
m 9 a apporté une branche //’ olivier . 

« D. Que signifie la colombe ? 

« R. La douceur avec laquelle on doit écouter la vertu. 

« D. Où se trouve la vertu ? 

« R. Dans la Maçonnerie. 

« Tableau, L’arche de Noé sur la montagne; une colombe, ap- 
portant une branche d’olivier dans son bec, vole vers l'arche. Au 
bas de lu montagne, dans l’eau qui commence à verdir, on voit 
des têtes, des bras et des corps morts. 

« Ce Grade, fait dans l’esprit de l’adoption, n’a aucun rapport 
avec un grade détaché intitulé ; les Enfants de Noé ; il appartient 
à l’ordre des Chevaliers et Chevalières de la Colombe, fondé à 
Versailles, en 1784. 

ROSE-CROIX DES DAMES, CHEVALIÈRES 
DE LA BIENFAISANCE. 

« La réception est censée avoir lieu à Jérusalem, dans l’intérieur 
du temple des Chevaliers et Chevalières de la Bienfaisance, sous 
l’allégorie du Saint-Sépulcre de la Palestine. 

* Titres. Le président se nomme F.*. Commandeur ; la prési- 
dente, S.*. Commandatrice ; les FF.*, et SS.*., Chevaliers et Cheva- 
lières . 

« Signe. Lever le bras droit et l’index pour montrer qu’il n’y a 
qu’un Dieu. 



1860 


317 


« Rép. Mettre la main droite sur le cœur. 

« Attouchement. Se donner les deux mains croisées en formant 
une croix; le premier qui prend la main droite de l'autre dit : 
Ai me z- le bien . On répond : Fuyez le mal, en donnant Tautre main. 
Le premier donne le baiser de paix et dit : Pratiquez ta vertu . 
Réponse: Ainsi soit 4L 

« Ordre. Croiser les mains sur le cœur, en signe do bon Pasteur. 

« Jarretière des Chevalières. Ruban violet, entouré d’une tresse 
dor. On y brode les 3 lettres F.\ E.\ C.\ (foi, espérance , charité .) 
Klle se porte h la jambe gauche. 

« Bijou. Une croix en or, avec des rayons aux 4 angles, sus- 
pendue à un ruban vert, porté en sautoir. 

« Tablier. Taffetas violet, bordé d'un ruban de meme couleur. 
Au milieu, une petite poche rouge, fixée avec deux rosettes vertes. 

« Cordon. Yiolet, auquel est suspendu l’insigne (le Maillet, sym- 
bole du commandement.) 

« Echarpe. Les Sœurs officières portent en écharpe, de droite à 
gauche, un cordon noir liséré de rouge avec une roseüe ponceau. 

« Batterie. Neuf coups. 

« Il y a un F.\ servant et des SS. \ servantes. 

« Questions. D. Serez-vous toujours prête , ma Sœur , à sacrifier 
votre vie pour mourir sous la bannière sainte de la religion catho- 
lique, apostolique et romaine ? 

« R. Oui, je le promets. 

« D. Promettez-vous de procurer la paix et la concorde, de se- 
courir les malheureux opprimés, d'être religieuse observatrice des 
commandements de Dieu et de V Église, d'être irréprochable devant 
lui et irrépréhensible devant votre commandeur et devant vos FF.\ et 
SS de l'Ordre , soit pour paroles et effets, et de vous dévouer à 
la Bienfaisance? 

« 11. Oui, je le promets. 

« Le commandeur dit : « AJ es FF.’, et mes SS.\, invoquons , 
pour cet effet , l'Esprit saint î » 

« On s'agenouille pour chanter le Veni , Creator . 

« La postulante prononce et signe l'obligation suivante : 

<« Obligations . « Je promets à Dieu, à notre Sauveur Jésus-Christ 
et à fa bienheureuse Vierge Marie, d’observer religieusement, etc., 
etc. » 

« Le commandeur la constitue , en disant : « Je vous reçois, ma 
chère sœur, et vous crée Chevalière de la Bienfaisance du Saint 
Sépulcre de Notre Seigneur Jésus-Christ, an nom du Père , du Fils 
et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il ! » 



1860 


318 


« Ici, dirons-nous, avec Léo Taxil (1), comme au grade de 
Rose-Croix de la Maçonnerie masculine, nous sommes dans 
l'abominable jusqu'au cou ; ici, la secte se plonge et se com- 
plaît dans les sacrilèges les plus immondes. Aussi le grade 
de Chevalière de la Bienfaisance est-il appelé « Rose-Croü 
des Dames ». ün dit donc « Saint-Sépulcre » comme au troi- 
sième degré symbolique on dit « Chambre du Milieu . » Mais 
ce qui n'a pas clé expliqué aux Maîtres est expliqué avec com- 
nien I ai rcs aux Rose-Croix et par conséquent aux « C herald- 
res de la Bienfaisance. » C'est la Sœur qui donne le mot sa- 
cré en chuchotant à l’oreille : « Veni Creator . » 

Pour couvrir cette infecte marchandise d'une étiquette 
fausse, le F.\ R vaux eut l'aplomb de prétendre que « Ce 
(iit a de est re/iyiru.r et rat ho li que » et qu' « il appartient à 
Vunvini système jésuitique ». 

Princesse de la Couronne ou Souveraine Maçonne. 

« La loge représente la salle du conseil de Salomon. 

« Les travaux du conseil n’ont rapport qu’aux vertus de Salomon 
et à la visite de la reine de Saba. 

« Le cérémonial de réception représente celui qui eut lieu 
quand celte reine fut reçue par le roi Salomon. 

« Décoration de la Salle. Tenture rouge ornée de guirlandes de 
Heurs et de couronnes. Un trône magnilique élevé de 7 degrés, 
couvert d’un dais. À la droite du trône, est le riche fauteuil de la 
G de -M s *°; à gauche, une table sur laquelle sont 3 lumières, une 
coupe et un pain. Auprès est un autel orné, pour recevoir le ser- 
ment de la récipiendaire ; 21 lumières éclairent la salle. 

« Titres. Le G/.-M* représente Salomon ; la G,\-M s *% sa femme ; 
on les appelle lrès-Sage Roi , Très-Saye Reine; les FF.*, et les 
SS.*, inspecteurs sont les premiers du conseil ; on les nomme 
/«Virons, Favorites ; la récipiendaire représente la reine de Saba 
qui vient visiter Salomon ; on l’appelle Puissante Reine. File est 
décorée d’une riche écharpe et d’un bracelet formé d'un ruban 
fond bleu sur lequel est brodé en or une couronne antique avec 
ces mots : Sagesse et Candeur. 

« Décors des SS.*.. Une écharpe bleu de ciel, terminée par une 
frange en argent, et nouée sur l’épaule avec une rosette blanche 
et des glands d’or; au bout, s’attache le bijou du grade. 

« Toute Sœur, ainsi décorée, a le rang do Grande-MaUresse, et 
peut prendre place à l’Orient. (2) 

(1) Les Struys Maronnes , édition de ISSU, p. 173-171. 

(^) Dans (ons tes Ateliers Androtn/nes ou elles se présentent. Le F.-. Ramin 
a omis ce membre de phrase, qui a pourtant bien sa valeur. 



1860 — 3 19 — 

« Bijou. Un cercle en or renfermant un sceptre, une main de 
justice, et, au centre, une couronne antique qui sont les trois 
attributs de la royauté. Ce bijou s’attache au bout de l'écharpe au 
moyen d’une rosette rose. 

« Ce grade n’est nullement initiatique ; il est simplement hono- 
rifique ; sa création eut lieu en Saxe, en 1770. » (P. 80 87.) 

Passons au Chapitre qui a pour titre : 

STATUTS ET RÈGLEMENTS. 


« La plupart des grandes villes de France et dans nos colonies, 
sont souvent témoins, surtout dans la saison des bals, de réunion de 
dames sous les bannières de l’adoption... ; aussi les rites les plus 
sérieux ont-ils toujours considéré ces loges comme un des liens 
les plus forts des sociétés maçonniques ; les loges de la Stricte 
Observance et celles du Régime rectifié ont eu des tenues d’adop- 
tion en France et à l’étranger ; les illuminés en avaient aussi. II 
a existé, à. Narbonne, adhérent à la l ro loge du Rite primitif , un 
cercle de dames qui s’assemblaient sous des formes maçon.-, 
imitées de Tadoption. 

u II n’y eut guère que les Anglais qui se privèrent de ces loges, 
l’habitude des clubs, et sans doute leur manière bachique et peu 
galante de terminer ordinairement leur banquet, en est-elle la 
cause. 

Règlements. Art. 1 er . Nulle Maîtresse ne pourra tenir loge ou 
faire de réceptions, si elle n’est assistée par un Vénérable de loge 
en activité. (1) 

« Art. 2. — La loge, pour faire des réceptions, sera toujours 
composée (outre les dignitaires de l’atelier) d'une G.*.-M sse , de 
deux surveillantes, d’une orat.*., d’une secrétaire, d’une trésorière 
et d’une M S3tt de Cérémonies. 

« Art. 3. — Nulle ne sera admise, si elle n'a été proposée à la 
séance précédente, où la G.\-M sse priera les assistantes et les as- 
sistants de prendre des informations sur la profane et d’en rendre 
compte à la loge. 

« Art. 4. — Si les voix sont en faveur de la proposée, on la 
fera avertir du jour fixé pour sa réception, ainsi que de ce qu’elle 
aura à faire avant d’être reçue. 

« Art. 5. — La dernière Sœur reçue ira, la veille du jour de la 
réception, voir la proposée et lui demander si aucun des cas in- 


(1) Le F.*. Rago.n s’est évidemment inspiré des Règlements ou Statuts de 1817 
(\oir ici, p. 211) qu’il a quelque peu changés et augmentés. 



1860 — 320 — 

diqués art. 6, ne s'oppose à sa réception. Si Tan de ces cas a lieu 
elle en préviendra la G.\-M 9Bft . 

« Ain*. fi. — Nulle femme enceinte ou dans le temps critique ne 
pourra être admise aux épreuves de la réception. 

« Aht. 7. — Nulle ne pourra être reçue avant Page de 18 ans, 
<\ moins que toute la loge, d’un commun accord, donne dispense. 

« A ur. 8. — Les preuves de bonne vie et mœurs seront lues en 
loge par la Sœur Secrétaire. 

« Aht. t). — Quand une proposée aura été refusée, il est défendu 
d’en parler à qui que ce puisse être. Cette défense s’étend jus- 
qu’aux FF.*, et SS.*, de la loge qui ne se trouvent point à rassem- 
blée; la violation de cette défense doit mériter punition à son 
autour. 

« Aht. 10. — On pourra donner, dans la môme séance, les deux 
premiers grades; mais elle ne sera reçue maîtresse qu’aprôs avoir 
assisté à trois loges, sauf, pour un motif particulier, l’assentiment 
unanime de la loge. 

« A ht. H. — La S.*, d’éloquence prendra soin que les statuts 
soient observés. Elle s’informera exactement et secrètement si 
aucune des Sœurs y manque, et l’en avertira avec douceur, si la 
faute est légère; mais si elle est grave, elle en fera son rapport à 
la U.\-M* >e . 

« La S.\ secrétaire reçoit et enregistre toutes les patentes et les 
délibérations; elle les fait et les signe. 

« Aht. 12. — La trésorière tiendra un registre exact des re- 
cettes et dépenses et en rendra compte à chaque fete solsticiale, 
en présence de toute la loge. 

« Aht. 13. — On ne recevra personne à moins de francs, 
pour qu'il y ait un fonds toujours prêt à secourir les infortunés et 
à subvenir aux dépenses de la loge ; cette somme sera remise à la 
trésorière. 

« Aht. 1 — On ne se séparera jamais sans mettre une pièce de 

monnaie dans la boîte des secours. La trésorière en conservera le 
produit pour en faire la distribution aux infortunés désignés par 
la loge. On donnera la préférence à ceux qui se dérobent aux yeux 
du public. 

« Aht. 13. — Les amendes, pour fautes en loges, seront fixées à 
que l’on versera dans la boîte des secours. 

« Aht. I(î. — La (L\-M Me arbitrera les peines et les amendes. 
Si une Sœur ou un F.*, conclut à une peine plus forte, la loge ira 
aux voix, celle de la G.*.-M Wd comptera pour deux. 

« Aht. 17. — Il y aura des Sœurs servantes pour veiller à la 
sûreté de la loge et servir aux banquets. Elles seront reçues ap- 
prenties gratis; une discrétion éprouvée pourra leur faire mériter 
le 2 tv grade, mais jamais le 3*. 



321 


1860 

« Art. 18. — On ne recevra aucune Sœur servante au-dessous 
de l’àge de 30 ans, et sous la condition que la Sœur qui la présente 
répondra de sa discrétion et de sa moralité. 

« Art. 19. — Les Sœurs seront très circonspectes dans leurs 
discours; une seule parole pouvant porter atteinte à la réputation 
de leurs FF.*, et SS. auxquels elles doivent, en toute occasion 
chercher à rendre service. 

« Art. 20. — Les SS.*, fuiront très soigneusement la médisance 
et les calomnies, afin que rien ne puisse blesserdirectement ou in- 
directement l'honneur de FOrdre ni celui des FF.*, et SS.*. . 

« Art. 21. — Quand la G.*.-M sse apprendra que des SS/, sont 
en difficultés entre elles, elle emploiera sa médiation pour les ter- 
miner. S’il y a de l'entêtement, elle en référera à la loge qui ex- 
clura celle qui ne veut pas se soumettre à sa décision. 

« Art. 22. — Les FF.*, et SS/, qui se présenteront après l’ou- 
verture de la loge, entreront avec la décoration de leurs grades, 
mais ne salueront personne, si ce n'est la Gr/.-M* 8 * qui les fera 
placer. 

« Art. 23. — Les SS/, qui auront des propositions à faire pour 
le bien de l’Ordre ou de la loge, demanderont iaparole à leur sur- 
veillante qui la demandera à la G.*.-M sse . 11 est expressément dé- 
fendu aux assistants de s’interrompre réciproquement. 

« Art. 24. — Les Surveillantes auront seules le droit de faire 
faire silence et d’empêcher qu’on parle pendant les travaux, ainsi 
que de faire mettre chacun à l’ordre. La dé, once est particulière- 
ment recommandée. (1) 

« Art. 25. — Une Sœur qui s’absentera souvent de la loge sera 
punie, si elle ne donne pas de bonnes raisons de ses absences et 
de son peu d’exactitude. 

« Art. 26. — Aucune Sœur ne pourra sortir de la loge sans la 
permission de la G.*.-3I sse , et après avoir satisfait à la boite des 
secours. 

« Art. 27. Aucune personne en puissance d’autrui par la loi, 
ne sera admise que d’après le consentement de celui ou de celle 
de qui elle dépend civilement. Sont exemptes les personnes in- 
vesties de la puissance de gérer leurs biens, ceux de leurs maris 
ou de leurs enfants. 

« Art. 28. La manie des grades n’a pas épargné la Maçonnerie 
d’Adoption ; on y compte jusqu’à dix degrés dont le dernier au- 
rait le titre pompeux de Princesse de la Couronne , Le bon sens 
indique de s’en tenir aux trois premiers degrés, à l’imitation de la 
Vraie Maçonnerie qui ne dépasse pas le grade de Maître ; les autres 

(1) Voilà certes qui fait encore bien peu honneur à la vertu et à la bonne tenue 
<les Sœurs Maçonnes ! — Xote de V auteur . 


MAÇON N. 


21 



1860 — 322 — 

grades sont des superfétations qu’il faut rejeter dans la classe des 
grades détachés. 

« A ht. 21). Les présents Statuts et Règlements seront observés 
avec soin, et chaque récipiendaire ou affiliée, lors de son admis- 
sion, promettra, dans son obligation de s’y conformer. » (p. 102- 
105.) 


La contexture de l'article 28 démontre bien que le F.\ H.v* 
33 e cl ogre, n était pas conséquent avec lui-même et man- 
quait aussi de ce bon sens qu'il invoque au profit des mitres. 

Les Statuts et Règlements du F.-. ILuion ont inspiré ceux 
que le Grand Orient National d'Espagne donna le 23 mars 
1891. à la Maçonnerie féminine île la Péninsule. Nos lec- 
teurs s'en rendront compte lorsqu'ils seront parvenus à celle 
date. 

En même temps qu'il publiait son Manuel de la Maçonnerie 
d 9 Adoption , le F.*. Raoon faisait paraître, toujours chez 
l'éditeur Collignon, son liitnel de lieeonnaissance conjugale, 
parodie burlesque du sacrement de Mariage !! 


Obéissant maronniquenienl aux instructions émanant des 
conseils de la sede, le F.*. Eugène-Esprit Hubert, 33% direc- 
teur de la Chaîne d'Union, disait dans le numéro de cette 
feuille officieuse, en décembre 1878, (p. 318) : 

« A partir de i 860 , je ne crois pas qu'il se soit tenu des Loges 
(F Adoption, du moins a Pauls; elles ont été eu partie remplacées par 
les Tenues dites de Maçonnerie blanche. » 

Et il ajoutait — en note : 

« La Loge Jérusalem des Vallées Egyptiennes, dans celte pé- 
riode, avait une loge d'adoption qui a eu des tenues fort brillantes , 
fort $uirics y et il y eut même 'une Tenue , dans laquelle douze dames 
reçurent le grade de Maithessi>-Ma<;ov\es. » 

Ainsi le Manuel d' Adoption du F'.*. Raoox n aurait été ré- 
digé et approuvé que pour encombrer les Bibliothèques des 
Loges et celles des FF.-, bibliophiles !! A cette insigne four- 
berie du F.*. Hubert, nous répondons par le démenti le plus 
formel ; démenti que nos lecteurs vont bientôt apprécier à sa 
juste valeur, grâce aux documents nombreux sur lesquels 



1860 


323 


nous l’appuyons et que la Providence semble s’être complue 
à nous procurer. 

Le 7 mai 18C0, la L.*. Le Temple des Familles , à 10. \ de 
Paris» sous l'inspiration du F.\ Riche-Gardon, adressa au 
Grand-Maître Lucien Murat, en son conseil, une demande de 
Constitution» demande dans laquelle elle expliquait le but 
quelle se proposait d’ouvrir mensuellement des travaux, « dit 
d’enseignement philosophique et moral » auxquels les fa- 
milles seraient admises. 

(N’oublions pas que le G.*. 0.\ avait « condescendance 
envers le monde profane » refusé au F.*. Riche-Gardon de 
donner à son atelier le nom de Religion naturelle et univer- 
selle !!!) 

Le 2i septembre» le Grand-Maître, en son conseil, accorda 
les Constitutions de la L.*. le Temple des Familles , «approu- 
vant et régularisant les travaux faits par elle et de bonne foi 
jusqu a ce jour. » 

Une Commission composée des FF.*. Desanlis, Mouton et 
Lallier, 33 es , installa solennellement la loge, le 1 1 novembre, 
en présence des députations des divers ateliers et d’un im- 
mense concours do visiteurs. 

Le F.*. Desanlis manifesta ouvertement son espoir devoir 
se développer l’œuvre grande et régénératrice que le Temple 
des Familles ou mieux le F.* . Riche-Gardon, Pontife suprême 
de la religion nouvelle , entreprenait en étendant aux familles 
l’enseignement maçonnique. 

Le F.*. Pernct Yallier, 33 e , exprima sa confiance dans 
l’œuvre spéciale de la loge, et le I 7 .*. Jobert aîné, 33*. félicita 
l’Atelier ainsi que le Vénérable, pour le zèle et le dévoue- 
ment dont il faisait preuve dans la pensée de donner une 
impulsion nouvelle au progrès maçonnique. 

Le Vénérable répondit aux FF.*, en les remerciant de 
leurs encouragements et de leurs promesses de concours ju- 
dicieux, Il termina en disant : 

« Nous ajouterons au travail maçonnique ordinaire, la tâche 
bien délicate, complexe et difficile, déclarée par le titre même de 
fatelier, celle de faire bénéficier la famille entière des bienfaits 
de l’institution maçonnique par des tenues mensuelles consacrées 
aux familles de nos frères. Là, l'éducation, la morale universelle, 
les beaux-arts et la science positive se prêteront un mutuel con- 
cours pour aider la mère et le père à élever leurs enfants selon la 



1860 


324 


vraie lumièie physique, intellectuelle et morale, les enfants eux- 
mêmes y seront l’objet d’un enseignement spécial. 

« Là nos mères, nos épouses, nos sœurs, s’associant elles- 
mêmes à notre humble mais féconde tâche, reconnaîtront tout 
l’odieux des calomnies qu’on répand contre notre institution ; au 
lieu de céder aux suggestions qui les excitent à mépriser nos 
doctrines, à les considérer comme irréligieuses , elles se formeront 
à les apprécier, à les bénir, à en être les prêtresses dévouées ! 
Alors plus de divisions dans les familles au sujet des croyances, 
mais harmonie, union du père et de la mère, du frère et de la 
sœur en vue de perfectionner la pratique de la meme loi morale 
et religieuse. Alors l’enfant voyant aflirmer aussi nettement par 
sa mère que par son père les principes sur lesquels reposent les 
devoirs, sera confiant, respectueux envers les règles de vie qu’on 
lui prescrit : c’est ainsi que nous aurons pris l’initiative de ce qui 
doit faire cesser l’anarchie intellectuelle qui règne au sein des 
familles, faisant obstacle à tout bonheur et constituant un germe 
puissant de décadence sociale. » 

A partir de cette époque, le Temple (1rs Familles joignit 
régulièrement une tenue d'adoption par mois à scs tenues 
symboliques. Le F.\ Hiche-Chirdon répandit la corruption 
autour de lui, en appelant, pèle-môle, profanes, femmes, 
filles, enfants. 

Le nombre croissant des visiteurs et visiteuses qui rem- 
plirent le Temple n° 1 atteignit promptement le chiffre de 
mille. Aux travaux sur les sciences positives exposées, à leur 
manière par les FF.*., succédaient « les entretiens familiers 
des enfants de la Loge », etc. 

La /terne rétrospective, publiée par le F.*. Dechevaux- 
Dumesuil dans le numéro de septembre et octobre 18(10 du 
Franc-Maron , faisait l'éloge de Madame Plainehant dr Drcizr 
« esprit supérieur, Ame forte et distinguée, croyant à l'hon- 
« ncur et à Dieu, et qui, sans avoir peur du feu de l'enfer. 
« a daigné écrire une belle page de poésie religieuse dans 
« l'humble, modeste et damné Franc-Maçon . » q>. 202). 

Disons, pour mémoire, qu‘à cette même préiode du règne 
de Napoléon 111 , la rédaction du Catéchisme impérial des 
Ecoles primaires était confiée au F.*. Adolphe Iluard, Fauteur 
de 1 Histoire de la famille llonaparle , des Soirées impériales } 
de. (I; 


(1) Le Franc-Maron. i)« an uct, t <‘t 2. — Nov.-Décnnlire 1S60, p. 



1861 


325 


Un arliclc du F.*. Dcchevaux-Dumcsnil, publié dans le 
Franc-Maron de janvier-avril 1861 (p. 36-il) fait l'éloge le 
plus pompeux de la loge du Héros de T Humanité , 0.*. de 
Paris. « Cet atelier aux travaux sérieux, écrit-il, a des fêtes 
« consacrées au.r Dames , et des Loges cV Adoption rivalisant 
» avec celles dirigées par les r. f. Dupont, Albaret, Delaplan- 
» ehe, Allard et même Boubée, dont les travaux particuliers 
«( et ceux de sa loge, si importants, rempliront une partie 
« du prochain numéro. » (1) 

Pour punir le F.*. Riche-Gardon d'avoir rompu une ou 
plusieurs lances contre lui, le G.-. M.*. Lucien Murat, par 
décret maçonnique du 2 mai 186 J, suspendit provisoirement 
la Loge Saint-Jean , constituée à l'O.*. de Paris, sous le titre 
distinctif le Temple des Familles . 

A cette mesure les membres de l’atelier répondirent par 
une vigoureuse protestation (7 mai 1861). 

Le discours prononcé par le F.*. Vasselin, Orat.*. au ban- 
quet de la fôte solsticiale d’été de la L.\ la Triple Unité , 
Or.-, de Fécamp, mérite une analyse rapide. Tout d’abord 
le F.-. Vasselin se plaignit de la part restreinte accordée aux 
femmes dans les cérémonies maçonniques ; puis, passa en 
revue les femmes célèbres du monde et en fit une incroyable 
macédoine citant par exemple, Clotilde, femme de Clovis, 
Geneviève, Héloïse, Yalentine de Milan, Jeanne d’Arc, Jeanne 
Hachette et ajoutant : < Ne sont-ce pas de belles figures que 
celles d’Agnès Sorel, de Diane de Poitiers, d’Anne de Bre- 
tagne et de Marguerite de Valois ! Et Marie Stuart, la vic- 
time ? et Gabrielle, la charmante ? et madame de Longueville, 
la batailleuse ? et madame de Sévigné, l’illustre cancanière? 
et Ninon et Marion, les folles tètes, mais les cœurs d'or?... 
Certes madame de Pompadour n’apparaît pas comme une 
vestale dans les souvenirs que nous a laissés le XVIII e siècle ; 
mais à mon gré elle a rempli sa mission tout aussi bien que 
l’austère madame de Maintenon,tant vantée. tant célébrée... » 

Il cita ensuite mesdames Roland, C. Desmoulins, De Genlis, 


(i) Cet arliclc portail par erreur la signature du F.*. Charguéraud. Il était de 
Derhcvaux-Dumesnil qui s’exprime ainsi dans le Franc-Maçon , de 10° année, 
n” 4 e t 5 ? p. ho. « il nous a valu à nous-inômes assez de compliments de nos 
freres, de nos so»urs et de la U.*. L.*. du Héros de l'Humanité , qui mérite les 
éloges de tous les gens de bien, pour ne pas le répéter à qui voudra l’euteudre ; ce 
travail a été fait par nous, humble ouvrier. » Pas si humble que cela le Fr. H 



J 861 — 320 - 

De SUu : l, Récamicr, Tallien, De Lavalcltc, Cumpan, De Hé- 
muzat, Guizot, De Salm, Desbordes-Valmorc, de Girardin, 
George Sand. Voici sa conclusion : 

« Nous devons, au point de vue maçonnique, qui d’ailleurs 
« embrasse tout, nous faire un aide puissant en empruntant à la 
« femme les forces et les séductions qu’elle possède et que nous 
« n'avons pas... On marche donc de tous les cotés! Ce n’est pas 
« nous, Maçons, qui resterons en arrière; mais je le répète, il 
« nous faut pour cela l’aide de la femme. » 

Santé. 

1* r Feu . 

« A nos mères : Vénération, obéissance, tendresse. 

» .1 nos sœurs : Protection, conseils, aménité. 

2 c Feu . 

« A nos femmes : Confiance, fidélité, amour. 

« A nos amies : Franchise, loyauté, respect. 

Feu. 

« A nos filles et pupilles : Bon exemple, éducation solide, douce 
sévérité ; car leur giron est le fo} r er latent où s’échauffe l’a- 
venir. » (1) 

Dans la séance du 3 août 18bl de la L.\ Jérusalem des 
Vallées Egyptiennes* le F.*. Boubée poussa une charge à 
fond de train contre le F.*. Hiche-Gardon et la L.\ le Tem- 
ple des Familles. Le Bulletin du Grand-Orient s'en étant fait 
l'écho, les membres de ce dernier atelier protestèrent au- 
près de la Commission de rédaction de ce recueil. 

La coterie conduite par le F.*. Riche-Gardon pratiquait 
le dogme de la religion naturelle , cela ressortait évidemment 
des discours tenus dans le Temple des Familles et des arti- 
cles de son journal Y Initiation. D’après le catéchisme des 
innovateurs, a les religions alors existantes n’étaient que 
« V asservissement de la conscience ; leurs fondateurs avaient 
« la plupart du temps soumis les consciences pour les erploi - 
« ter.» (2) El, s'attaquant plus particulièrement au catho- 
licisme, « cette religion, disaient-ils, effaçait le sens moral 
« chez ceux gui demandaient le pouvoir temporel du Pape. (3) 

Apres quelques mois de sommeil, le G.*. M.\ Lucien Mu- 

<i) Le Monde Maçonnique , Janvier 1862, p. 550-571. 

(2) L'Initiation , Janvier 1800, p. 303. 

(Z) Ibid ., Mars et Avril 1860, p. 170. 



327 


1861 

rat, satisfait, autorisa le réveil du Temple dm Familles et le 
F.*. Riche-Gardon reprit son maillet. 

C'est en 1861 que parut le Hameau d'Or d'Eleusis, 
par le Fr. Jacques-Etienne Marconis. Nous avons déjà fait 
différents emprunts à cet ouvrage, mais il nous parait juste 
de remarquer, pour combattre la prétention fallacieuse du 
F.\ Hubert, qu’en 18(51, le F.*. Marconis consacrait trente- 
trois pages au.r banquets symboliques auxquels prennent part 
les FF.\ et les SS:*: et quatre pages au luilage des Sœurs 
Maçonnes des divers grades entrant en loge. (I) 

C'est aussi en 1861 que fut imprimé, en français, le der- 
nier Rituel de l'Ordre des Map ses, « le comble de l'or- 
dure ! » (2) 

Les journaux franemaçons des divers Etats composant 
TUnion américaine arrivèrent remplis des récits de funé- 
railles célébrées par les nombreuses loges des Odd-Fellows, 
en l’honneur de Thomas Wildcy, leur fondateur en Améri- 
que. Cet Ordre comptait 3,420 ateliers en 1861 !! (3). Les 
Lucifériens pouvaient déjà y recruter leurs troupes. 

1862 

Dès le mois de janvier 1862, le Monde Maçonnique recom- 
mandait le Manuel Général de la Maçonnerie , comprenant 
les sept grades du Rite Français, les trente trois degrés du 
Rite Ecossais et les trois grades de la Maçonnerie d’àdoptiox, 
suivi dun formulaire orné de planches, par le F.*. Tcissier. 
Un volume in-8°, 8 francs. 

On lisait dans le Journal des Initiés , du mois de juillet 
1862 : 

« La R.*. L.-. Jérusalem des Vallées Egyptiennes, Vén.*. le 
« f.*. Hubert, vient de célébrer sa fête solsticiale, par un 
« banquet d’adoption, auquel nos chères Sœurs assistèrent 
« en grand nombre. Plusieurs d’entre elles y ont fait enten- 
« dre des paroles d'une instruction pratique très appréciée. 

« Le F.\ Boubée, Vén.*. d’honneur a remercié les Sœurs, 

« etc.. » (p. 211). 

* * 

« La R.’. L.‘. le Globe, Or. de Vincennes vient d’être au- 

(1) Pages 96-129 : 304-398. 

(2) Voir r a-t-il des Femmes dans la Franc-Maçonnerie , p. 376. 

(3) Le Franc-Maçon , 10 J année, n° 2 ; — Juin-Juillet-Aoftt 1S62, p. 50. 



328 


1862 

torisce à mettre «mi activité l'institution île bienfaisance 
qu elle a constituée exclusivement par des Sœurs sous la 
direction de la L.*. » (p. 210). La bienfaisance r ouvrai/ râte- 
lier féminin ! 

* * 

Le Franc-Maçon I) parlait ainsi des Rituels Maçonnique* 
du l\*. Raison : 

« Depuis longtemps, les présidents d'ateliers demandaient un 
ensemble de Rituels qui apportassent, dans les différents travaux, 
soit pour les degrés communiqués analytiquement dans les cha- 
pitres et conseils, soit pour les grades solennellement conférés, 
d'abord une uniformité nécessaire pour le cérémonial et pour 
l’esprit régulateur de l'ensemble; ensuite, ils demandaient que 
ces Rituels continssent, outre l'instruction morale, l'instruction 
historique et scientifique, avec l’explication des symboles et la si- 
gnification de chaque grade. 

« Cette Riche a été accomplie par le savant Ragon, que cin- 
quante-huit années de travaux maçonniques ont suffisamment fait 
connaître. 

« Hélas! le f. Ragon est mort. Seul, presque seul, le L Hubert 
est demeuré fidèle et dévoué au vieil écrivain. Cet honneur a été 
partagé par l’ami de feu Clavel, M. Colîignon, qui a édité celte 
collection de Rituels maçonniques, et dont voici la nomenclature. 

A. Laihtte. 


5° cahier. Rituel d’adoption, de Lowtons, appelé improprement 


Baptême maçonnique 4 fr. 

(V » Rituel de reconnaissance conjugale, impropre- 
ment nommé Mariage maçonnique. Il est le 

premier qui paraît sur ce sujet 1 » 

8’ » Rituel de la Maçonnerie d’adoption, pou?’ les ré- 

ceptions par les Loges . Chapitres d'adoption. 
Bibliographie. Statuts et Règlements. ... 3 » 


13' » Manuel complet de la Maçon ne me des Dames, 

contenant les Rituels, des Notices sur les So- 
ciétés androgynes, sur les femmes célèbres, 
sur les fêtes d’adoption les plus remarqua- 
bles, une bibliographie d’adoption, les sta- 
tuts, etc A » 

40 e » Le Titleur Général ou le Manuel de l'Initié, 


(U 10* année, n a 2; Juui-Juillcl-Aoiil 1SG2, p. 



1862 


329 


Origine identique de FEcossisme et de Mis- 
raïm. Nomenclature des 75 Maçonneries, 

48 Rites, 30 Ordres dits maçonn.*.,2i Ordres 
Anirogynes , 6 Académies et plus de 1,400 
grades 5 

À la page 40, cc môme journal s’occupant du F/. Marco- 
nis, l'auteur du Rameau (V Or d'Eleusis, disait: 

« Justice pleine et entière lui a été rendue par le i\ f. 

« Hubert, vén . de la R. * .L. * Jérmulnn des 1 9 allées Egyptiennes, 

« lors de sa fête de famille du 8 août. Il y assistait. Le vén. 

« a su rendre cette tenue pleine d’attrait, de charme et de 
« bons souvenirs pour tout le monde. Le r. f. Hubert, la 
« jeune sœur, mademoiselle Plaid (la seule des SS. qui ait 
« pris la parole) et le vén. f. Boubée ont été lame de cette 
« fête. Le 3 septembre, cette loge célébrera une fête d’adop- 
u lion ; c'est dire que le temple sera comble et la tenue 
« splendide. » 

La L.*. Jérusalem des Vallées Egyptiennes méritait encore 
ces lignes, dansl a Franc-Maçon, de Septembre-Octobre 1802, 
après une tenue qualifiée de magnifique : 

« Et cela, grâce au vén., le r. f. Eugène Hubert, si habile 
« président, ... grâce encore à la spirituelle et r. s . Plate! , qat 
« a voulu avoir à son mariage , il g a quelques jours, le r. f. 
« Boubée, nonagénaire... ; grâce enfin à la r . s. Barra et à la 
« jeune et gracieuse chanteuse la r. s. MontarnaL » (p. 71, 72). 

Le compte-rendu fait à la tenue solennelle du Temple des 
Familles , le 8 octobre 1802 par le fondateur le F.*. Biche- 
Gardon. au nom des Officiers de l’Atelier indiquait encore 
bien clairement quel était le plan de ces gens-là. 

S’adressant aux FF.*, et aux SS:.: de tous les rites et de 
tous les Ateliers divers qui participaient aux travaux de ce 
temple, le F.*. Biche-Gardon, rendit hommage à la mémoire 
du F.\ Desanlis « passé de la vie humaine à un degré de vie 
supérieur » et fit exécuter en son honneur deux batteries, 
l une de deuil, l’autre d’allégresse. Il rappela les caractères 
de la tache entreprise par les fondateurs du temple. 

« La femme , à son insu, s'était trouvée entraînée dans ce tourbillon 
<i des prismes de l'imagination religieuse , s'éloignant de plus en plus 
« des fois de lu vie réelle. L’ombre se faisait dans les esprits. Les 
« familles des Grands Initiés subissaientelles-mêmes en partie cet 



1862 


330 


« entraînement. On disait dans le monde du progrès : les Francs- 
« Maçons sc réunissent dans des Loges pour disserter sur la phi- 
« losopbie supérieure,^ ifs envoient leurs enfants } accompagnés de 
«< leurs épouses , aux initiations les plus contraires à la leur ; ils li- 
« rrent ainsi l'éducation morale de leurs enfants aux ilocti ines qui 
« condamnent i institution maronnign e\ Us ont donc abdiqué la 
« mission iiluminatrice qui leur était échue » 

« La consécration de V enfance, dite aussi protectorat et baptême 
« initiatique , a pu avoir lieu dans les Temples d'autres Ateliers, 
« celte cérémonie s’y renouvelant fréquemment et à peu près dans 
<( les formes de l'instruction adoptées par le Temple des Familles. 

« L’Agape , communion cosmique ou universelle avec tous les êtres 
« préconçus dans le plan de la création , a lieu à chaque solstice, 
« selon le rituel inséré au Journal des Initiés , numéro d'avril 1862. 

« Lu consécration religieuse du mariage, pratiquée jusqu'ici avec 
« les rituels publiés par le vénéré Frère Ragon, de bonne mémoire, 
« n’a pu encore avoir lieu au Temple des Familles , parce qu'il ne 
« s’y est pas présenté de circonstance de cette nature . Un rituel 
« spécial à ce Temple sera publié pour cette consécration. 

« Il n'en a pas été de môme, regrettablement, pour la fonction fa- 
ut nèbre par laquelle on consacre la transformation qui , sous le nom 
« vulgaire et abusif de mort , fait passer nos urnes à un degré de vie su - 
« périeur , lorsqu’elles ont su le mériter par leurs œuvres. Au décès 
« dû cher Frère Gayla père, la cérémonie maçonnique religieuse 
« a été accomplie avec toute solennité à son domicile, avant la 
« levée du corps, parle concours de nos Frères et Sœurs. On a 
« suivi dans cette circonstance un rituel spécial au Temple des 
« Familes , et qui sera bientôt publié. 

« La dépouille mortelle du Frère Cavla a ainsi été transportée di- 
« rectement de son domicile au champ du repos des corps, où les 
« dernières paroles de consécration et de rappels des devoirs dont 
« sa vie peut être l'exemple ont été prononcées. 

« En procédant ainsi dans chaque circonstance analogue, ne ré- 
« duirait-on pas au silence ceux qui, pour discréditer les doctrines 
« des Initiés Francs-Maçons, prétendent que ces derniers ne savent 
« ni accomplir la naissance de leurs enfants ni passer à meilleure 
« vie sans invoquer le concours de ceux qui anathématisent leur 
« sainte institution ? » 

Le F.\ Ilichc-Gardon rappelle qu'aux oraisons funèbres 
des Fl ; /. Gayla, Desanlis, Àmcdéc Petit, docteur-médecin. 
Ven.*, fondateur de la L.*. Lu Ligne droite et Vén.*. hono- 
raire de la L.*. Samt-Yinrent-de-PauI, s’est ajoutée celle 
de l'honorable Grande Maîtresse fondatrice, la baronne Sœur 



1862 


331 


Vassal-Roger, décédée en son château de Crouzillc-en- 
Yonne. (1) 

Le Travail du Temple des Familles s’accomplissait par 
trois lâches et moyens spéciaux savoir : 

1° Travail des initiations symboliques et scientifiques des trois 
premiers degrés, en suivant et complétant les rituels officiels; 

2° Travail de l'initiation des Sœurs en Maçonnerie blanche ; 

3° Travail des tenues mensuelles, consacrées aux familles. 

On s’inspirait des ouvrages de Mesdames de Rémusat, de 
Uarcnholtz, Carpentier-Pape, disait-on !! 

Le F.\ Riche-Gardon cita, tout spécialement, les tra- 
vaux des Sœurs Grandes-Maîtresses, baronne Vassal-Roger, 
Ma-rime, veuve Amédée Petit , Riche-Gardon ; des Sœurs : 
Angélique Arnaud , de Marche f -Girard, Guerrier de Haupt , 
Sophie Cattiaiu', Guillermet , Hollendersli/, Secrelan , Pillon , 
Massé, etc. Il mentionna, en même temps, le Catéchisme des 
Aspirants à T initiation maçonnique , du F.-. Fauvety, mem- 
bre du Conseil de l’Ordre et auquel nous demanderonsbien- 
tôt de nous dire ce qu’il pense de la Maçonnerie féminine. (2) 
Le dépôt du Journal des Initiés était confié à la Librairie 
de la Vie. Morale et de la Renaissance , à Paris, 3, rue de la 
Banque, à droite dans le passage, au 2 e sur l’entresol. Dans 
celle même maison se trouvait la Papeterie de la Sœur 
Grande-Maîtresse, Veuve Amédée Petit , chargée de remettre, 
à bon escient, les exemplaires du Règlement d'un Orphelinat 
maçonnique , adopté par la commission d’examen, à l’Or.*, 
île Paris, dans sa séance du 30 octobre 1801 ; nous en possé- 
dons un, avec couverture bleue. 

Déjà en Italie, croyant, non sans de bonnes raisons, 
qu’enfin le moment attendu depuis tant de siècles était 
proche, on commençait à soulever le voile devant les 
Sœurs. Lorsque la Maçonne passait du troisième au qua- 
trième degré, le Grand-Maître lui disait, après l’avoir procla- 
mée Parfaite Maîtresse : 

« Ma chère, les erreurs, les superstitions et les préjugés que 
« vous conserviez peut-être encore dans quelque recoin de votre 
« cerveau se sont dissipés, maintenant que nous vous avons initiée 
« aux arcanes symboliques de la Maçonnerie, et que la Lumière de 

(1) Dép. de rYonne; arr. de Joigny; commune de Champignelles. 

(2) Journal des Initiés , Décembre 1862, passim. 



1862 


332 


« la vérité a rayonné sur vos pupilles. Une tâche ardue, mais su- 
« blime, vous est dorénavant imposée. La première de vos obli- 
« galions sera d’aigrir le peuple contre les Rois et les prêtres. 
« Au café, au théâtre, dans les soirées, partout, travaillez dans celte 
« intention sacro-sainte. 11 ne me reste plus qu’un secret à vous 
« révéler et nous en parlerons à voix basse, car l’heure n’est pas 
« encore venue de le manifester au monde profane. L’autorité 
« monarchique, dont nous affectons d'être enjoués, doit un jour 
« tomber sous nos coups et ce jour n'est pas éloigné. En atten- 
« dant, nous la caressons pour arriver sans entraves au complé- 
« ment final de notre mission sacrée, qui est l'anéantissement de 
■« toute monarchie. Levez-vous ! » (4) 

1863 

Au mois de février 18153, la princesse Marir-SfwlnlHihw 
Hoitaparlr épousa Urbain Raüazzi. NéeàAYatcrford (Irlande), 
vers 1831, elle» était fille de Laetitia Bonaparte, issue elle- 
même de Lucien et qui fut mariée à, Thomas Wysc, ancien 
ministre de la Grande-Bretagne en Grèce. Possédant les 
brevets d'institutrice des deux degrés, Marie-Studolminc cul- 
tivait déjà les lettres avec passion. Unie d'abord, en LS'50. 
à Frédéric de Solms, riche Alsacien, celui-ci la quitta, quatre 
ans plus tard, lorsque la princesse fut mise en demeure de 
sortir de France par le gouvernement de Napoléon III, (son 
cousin) que ses relations politiques indisposaient. Intime 
amie d'Eugène Sue et de Ronsard^ elle correspondait aussi 
avec Béranger et Lamennais. Elle résida, en Savoie, de 18;>1 
à 1800. Nous la vîmes, pour la première fois, à Aix-les-Bains, 
durant cette période. Entourée de beaux esprits, clic compo- 
sait des comédies de salon qu'elle jouait avec ses courtisans 
et, malgré la surdité qui l’affligeait déjà, Madame de Solms 
était charmante. 

Urbain Raltazzi, né le 29 juin 1808, à Alexandrie, appar- 
tenait à l'opposition, en 4818. 11 devint démocrate, après la 
bataille de Novarc (23 mars 1819); fut l'auteur des lois qui 
consommèrent clans le Piémont, la séparation de l’Eglise el 
de l'Etal, el présenta, en 1836, la loi pour l’abolition des 
couvents. La cession de Nice et de la Savoie à la France ren- 
contra en lui un irréconciliable adversaire, ce qui n’empêcha 

(i Mie allocution du fi.*. M.\ à la Parfaite Maîtresse a été publiée par la IVrff 
hnonn novrlla de Florence, cl reproduite par la Correspondance de Home. 
lN° 181. — 1 er février IK<>2). 



333 


1863 

yzs\esvéàd.ci\oTisàe\vLPresse , Y Opinion Nationale etleSièc/e de 
lui offrir un banquet, lorqu'il fut envoyé en mission à Paris, 
au mois de juillet KSül. 11 fut rappelé au ministère, dès le 
mois de mars suivant; sa présence y marquait J aspiration, 
vers Rome, des Italiens poussés par les Francs-Marons. 

Tels étaient les deux personnes qui s’unirent non-sculc- 



Maric Sludolminc Ronaparlc-Wyse, veuve do Solms, Rattaz/.i et de Rute. 
(D'après une photographie de J S 9.3) 


ment par les liens du mariage, mais encore et surtout, par ceux 
d’une haine implacable contre l'Eglise catholique. Devenu 
bientôt impopulaire, Urbain Rattazzi donna sadémission. Avec 
l'aide de sa compagne, (qui, si nos i*enseignements sont 
exacts, devint plus tard l’une des Souveraines Grandes Mai - 
tresses de la Maçonnerie d' Adoption), il prépara secrètement, 
les plans nécessaires pour pei'mettre à la secte de réaliser 



1863 


334 


son infernal projet, ourdi depuis longtemps, déjà mûri par 
le Comte de Cavour. et consistant dans la ruine totale du 
pouvoir temporel des Papes» couronnée par la prise sacrilège 
de Home, la captivité du Souverain-Pontife au Vatican et 
enfin, plus tard encore, par le transfert au Palais Borghèse 
du Suprême Directoire Dogmatique luciférien de Cliarleslon. 

Le 27 juillet 1803, la L.\ écossaise d'Os/m, dont le Yen. \ 
élail le PL*. Delongray, se réunit en tenue d'adoption àl'Ely- 
sée Ménilmonlant. Les travaux de celle soirée furent par- 
tagés en deux parties bien distinctes. Dans la première, 
présidée par la Sœar Billard , l'initiation fat donnât* , suivant 
le cérémonial en usage, à cinq jranes damas on dnnoisel/rs. (1) 

Au même temps, la L. du G.-. 0.*. avait pour Grande-Maî- 
tresse, la Sœur Est hcr Démonaz. {2) 

Le 17 tlîcbel fut posée, à Jersey, la première pierre d'un 
temple maçonnique. Le F.*. E. 1). Le Conteur dit aux dames 
qui assistaient à la cérémonie : 

« Au nom des membres du Comité de direction, comme leur 
« représentant, je suis chargé de vous offrir leurs sincères remer- 
« ciements de l'approbation et de l’intérêt dont votre présence 
« est le témoignage, ainsi que de l'empressement que vous avez 
« montré à honorer celte fête de vos gracieux sourires et de 
« l'encouragement qui découle naturellement de votre beauté et 
u de votre élégance. » (3) 

4864 

A la date du 8 août I8tii la Puissance Suprême, pour la 
France, de l'Ordre de Misraïm, après avoir exposé les di- 
verses péripéties par lesquelles était passé l'Ordre depuis la 
mort des FF.*. Bedarride, signalant le rôle important du F.*, 
llayère dans la défense cl le maintien de Misraïm, disait : 

« ... Continuant, dans la limite de ses forces l'œuvre de dévoue- 
« ment de son glorieux père pS.*. G.*. C.*. honoraire), notre 
« T.\ C.\ S.\ Emilie llayère a fait don à la G.*. Chancellerie des 
« dessins modèles des cordons pour chaque ordre, pour que nos 
« FF.*, puissent les consulter au besoin. » (p. 49.) 

« La fêle générale de l'Ordre, TTT.\ CCC.\ FFF.*., qui doit 
« prouver au monde maçonnique comme au monde profane, 


( 1) Le Monde Maçonnique, Novembre 1S03, p. 10s. 

(2, Le franc-Maron, JO* aimée, u &s <J et 7, 1S03, p. loi. 
(3) Ibid., a 0s S et a, 1SÜ3, p. 157. 



1864 — 335 — 

« combien est grande chez les misraïmites la reconnaissance et 
<■ la mémoire du cœur, ne tardera pas à être suivie d’une fête 
« d'adoption; de ces admirables et touchantes réunions où nos 
« TTT.\ CCC.\ et TTT.\ estimées SSS.\ viennent pz^endre le 
a rang qui leur est si bien du, et cimenter par une amitié aussi 
a touchante que pure, cette union fraternelle dont chaque jour 
« fait de plus en plus ressortir la puissance et le prix. » 

« Oui TTT.\ CCC.\ FFF.*., vous pouvez reporter cette assu- 
« rance et nos vœux à nos TTT.‘. CCG.\ SSS.\ ; dites-leur com- 
» bien est vive et sincère notre affection et notre mutuelle estime ; 
« soyez l’interprète de nos sentiments pour elles, et comme 
a preuve de la haute considération dont elles seront toujours 
a entourées parmi nous, veuillez leur annoncer que le S.\ G.’. 
« C.\ C.\ a cru ne pouvoir mieux terminer la première série de 
« ses travaux qu’en accomplissant un acte de très haute conve- 
« nance et de très fraternelle justice, c’est-à-dire^ en décernant, à 
« l'unanimité, à la T.*. 111/. et T.*. Eclairée S/. Marie Plocq de 
« Berthier , dont chacun a tant de fois admiré le talent et regretté 
« si vivement l'absence, le titre de S.\ G.’. Maîtresse honoraire 
« de l'Ordre, » (p. 21.) 

Au mois d’octobre 1801, le Monde Maçonnique {p. 33 i et 
suiv.), insérait une lettre du F.*. Léon Richcr, qui démas- 
quait entièrement les batteries maçonniques. On y lisait : 

« 11 y a trop longtemps que les femmes vivent séparées de nous, 
« que nous les tenons à l’écart du mouvement intellectuel qui 
« nous entoure. 

« La femme, personne humaine, a droit, comme l'homme, à 
« la connaissance des vérités morales et philosophiques, qui nous 
« affranchissent du préjugé religieux ... C’est l’afiranchissemenl de 
« la conscience, l’assainissement de son esprit que je demande, 
« en demandant son initiation. Qui donc voudrait me refuser ce 
« progrès, j’allais dire cette justice?... 

« Amener les femmes dans les LL.*, c’est les soustraire aux in* 
« fluences cléiucales, c'est les arracher à la domination des sectes , 
« c'est les mettre en face du rationalisme , c'est , en un mot , former 
« la mère qui demain formera l'enfant. Est-ce donc si peu de chose y 
« jp vous le demande ? » 

Non, cc n*est pas peu de chose que de livrer les femmes, 
les mères et les iilles à Satan, pour qu’elles lui donnent en- 
suite leurs enfants î! 

Vers la même époque, le F.*. Deschamps, maçon de 
haute marque, disait dans une loge d'Anvers : 



1864 


33G 


« 11 faut refaire l'enseignement dos femmes, il le faut refaire 
par la science . . . Fn enseignement scientifique, purement scien- 
tifique, mais largement compris, habituerait leur intelligence à 
la méthode qui ne procède que sur laits cl expériences. Elles se- 
raient ainsi conduites à écarter les hypothèses révélées et les rêves 

arbitraires des religions contraires à toute conception positive 

11 leur faudrait une forte organisation de renseignement secon- 
daire. . . Ainsi la femme n'aimera pas moins, mais elle aimera 
plus lumineusement. . . » 

Celte opinion n'est pas isolée. Nous la retrouverons expri- 
mée dans tous les documents où seront consignés les désirs 
et les pensées de la Secte. 

1865 

Le 2li mars 1863, la J..*. Mars et les Arts , U.*, de Paris, 
réunissail un grand nombre «h* FF.*, pour célébrer sa fêle 
solsticiale ; les dames y furent invitées par lettres spéciales. 
Le F.*. Léon Riclier, Vén.*. les remercia d'avoir accepté et 
leur exprima son espoir de les recevoir, un jour, « parla 
porte sacrée de l' initiation symbolique. » Nos FF.*., leur dit- 
il, savent, en effet que la L.*. Mars et les Arts est la première 
(je crois meme que c'esl la seule jusqu'à présent) qui ait dé- 
claré que la femme pouvait être admise au même litre que 
l'homme, lies discours furent prononcés par les FF.*. Ch. 
Fauvety, Eugène Pellehm (le père de Camille) et Jules Lnbbc. 
Madame ( labrielle Sydney, élève de Samson. lui deux poé- 
sies « charmantes. » (t) 

Signalons aussi IVnlerrcmenl civil de Madame Benjamine 
Boude/ , née Rose PajoL àArs, lie de Ré, membre de la Libre 
Pensée, celte bouture de la Franc-Maeonncric. Les cordons 
du poêle étaient tenus par quatre femmes. (2) 

Nous retrouvons, en juin 1863, une vieille connaissance, 
la sœur Lebrefon . à laquelle la Maçonnerie de Rouen offrit 
une fêle, pour lui donner, solennellement, une médaille de 
récompense et d'encouragement, comme directrice de la 
crèche Saint-Jean, créée en 1817. Un y rand nombre de dames 
y prirent part. Le Monde Maçonnique (3) citait aussi les 
FF.*. Desseaux, Dumas, Michel, le Maire de Rouen, le doc- 
teur À vend. Ajoutons que deux mois plus tard les loges 

(!) Le Monde Maçonnique, Avril isG3. p. 71 $-720. 

( 2 j Ihid.y id l«sr»3, p. 710. 

Ç)) Juillet 18Æ>, p. 1 73-1 71. 



337 


1865 

de cet Orient fondèrent une bibliothèque publique de circula- 
tion (1). Il est facile de se rendre compte du mal que peut 
faire une semblable création î 

Dans son allocution prononcée en consistoire secret, le 
23 septembre 1865, le Pape Pie IX rappela les actes de ses 
prédécesseurs contre la Maçonnerie, déplora l'aveuglement 
des princes qui les avaient dédaignés, constata que la secte 
se montrait partout avec impunité et levait le front plus au- 
dacieusement que jamais, dénonça encore le caractère impie 
et criminel de cette association qui fuit le jour et la lumière, 
établit la différence qui existait entre elles et les sociétés 
catholiques qui n'ont rien de caché, pas de secret, dont les 
règles sont sous les yeux de tous et dont tous peuvent voir 
les œuvres de charité pratiquées selon la doctrine de l’Evan- 
gile. Le Saint-Père exprima combien il éprouvait d amer- 
tume et de douleur en se voyant contraint de réprouver 
cette secte conformément aux Constitutions des Papes aux- 
quels il avait succédé, réprouva et condamna la Maçonnerie 
et les sociétés similaires, exhorta les fidèles égarés a revenir 
à récipisccnce et les autres à se tenir en garde contre les 
discours perfides des Maçons et invita la catholicité à la 
prière. 

La L.*. la Persévérance donna une fête d’Adoption dans la 
salle du G.*. 0.'. de Paris; elle tut dirigée par le F.*. Morin. 
Le Monde Maçonnique (2) prétendit qu’elle causa « une ex- 
cellente impression sur les Sœurs, en grand nombre , qui q 
prirent part. » Ce journal insinuait qu’a l’aide de solennités 
do ce genre la Maçonnerie finirait par se faire accepter dans 
toutes les familles, en dissipant les préventions absurbes que 
des gens intéressés cherchaient a répandre sur elle. 

La feuille maçonnique hebdomadaire de l’O.-. de Naples, 
Lumière et Concorde , disait en novembre ou décembre 1863 : 

« Nous apprenons par le Monde Maçonnique que la R.\ L.*. 
« Mars et tes Arts, 0.*. de Nantes, présidée par le F.*. Léon 
« Richer a décidé, à la majorité de 26 voix contre 18, qu’en 
« principe les femmes peuvent être admises à l’initiation maçon- 
« nique. Nous ne pouvons qu'applaudir à cette décision adoptée 
« déjà par nous depuis quelque temps et nous espérons que les 


(1) Ibid., Septembre 1865, p. 202. 

(2) Octobre 1805, p. 310-317. 


MAÇONN. 


22 



1865 


338 


« autres Loges, imitant cet exemple, chercheront, d'un commun 

accord, à détruire ce barbare et monstrueux préjugé, qui em- 
« pêche les femmes de participer aux fonctions sociales, et ce 
« serait là le commencement de cette émancipation morale, in- 
« tellecluelle et matérielle de la femme à laquelle est confiée la 
« plus haute mission pour le bien de l’humanité. » 

D'Italie, retournons à Jersey, où la L.\ Y Avenir donna 
une leled'Adoption (le 13 juillet). Deux Vénérables de Loges 
Anglaises et beaucoup de dames y prirent part (1). 

1866 

A la page 102 des Souvenirs Maçonniques du F.-. Boubée, 
qui furent édités en 1806, on lit que c'est à la Maçonnerie 
d'Àdoption que la Maçonnerie masculine devait alors son 
plus grand éclat. 

Au mois de Mai suivant, le Monde Maçonnique (p. 28 et 2(1 > 
disait : 

« Revendiquer les droits de la femme, la proclamer l’égale de 
« l'homme et la faire participer aux actes de la .bienfaisance ma- 
« çonnique, telle paraît être la préoccupation d’un certain nombre 
« de maçons en ce moment. » 

Ce journal citait les Loges et les FF. - . qui se distinguaient 
dans « ce mouvement en faveur de la femme » ; il citait le 
F.*. K. Pellclanel la L.\ le Val d' Amour, O.*, de Dole (Jura), 
rue des Tanneries, dans laquelle devait être initiée plus 
tard, le 28 octobre 1883, la S.*, fois Félicitas, chancclière 
Maîtresse des Dépêches du Chapitre secret la Rose du Parfait 
Silence, née à Lyon , en 1863. 

Le 7 juillet. laL.*. La Fraternité des Peuples célébra sa 
fête solsticiale. Le banquet de plus de deux cents couverts 
fut embelli par un nombre considérable de Sœurs. « Après 
les santés d’obligation, le F.*. Duhamel, orateur, porta cha- 
leureusement la santé de nos Sœurs, » lit-on dans le Monde 
Maçonnique (2). Ce F.*. Duhamel ne fut-il pas secrétaire de 
la Présidence de la République, sous Grévv et propriétaire 
d'un immeuble mal famé (/avec, ou sans jeu de mois) de la 
rue Tailbout, à Paris? 

Plus de soixante Sœurs assistèrent au banquet qui suivit, 

(1) Le Monde Maçonnique, Septembre 1SG5, i>. 252. 

(2) Août I8GG, p. 222. 



1866 


339 


le 13 juillet, l’inauguration du nouveau temple du Triangle 
Sacré, 0.\ de Corbeil (1). 

Environ cinq cents Maçons suivirent le convoi de la 
S:-: Eugénie Léger , femme du Vénérable des Indivisibles 
Ecossais , O.', de Paris et trois discours furent prononcés, 
sur la tombe de cette Sœur, par les FF.-. Poulet, Barbier et 
Charnel. (2) 

Le 23 septembre, fut inauguré le nouveau temple de la 
L.\ les Arts Réunis, 0.*. de Mâcon (Saùne-et-Loire). 

Cette fête eut un coté singulier : 

« Plusieurs dames de Mâcon se sont présentées à la porte 
« du Temple, au commencement de la Tenue et ont offert 
« une bannière « en témoignage de leurs vives sympathies 
« pour la Maçonnerie. » 

Dans son discours le Vén.\ de laL.\ de Dijon, indiqua en 
quelques mots « que la Francmaçonnerie, étant essentielle- 
« ment laïque, ne devait enseigner qu’une morale indépen- 
u danie àè tout dogme et de toute religion. » 

Apres les cérémonies symboliques, les dames furent ad- 
mises aux travaux d’une fête d’Adoption, dans laquelle le 
protectorat maçonnique fut accordé à sept enfants. 

Le F.*. Dubost, avocat lyonnais prononça une allocution 
on faveur des femmes et fut initié par le F.\ Charles Boysset, 
nvocal sans cause, à Chalon-sur-Saône. Le F.-. Martin, 
Vén.\ de la L .'.Les Arts Réunis, remercia les dames présentes 
à la fête d’Adoption, du don magnifique fait h l’Atelier et 
des sentiments de sympathie témoignés par elles pour l’œu- 
vre et les principes de la Francmaçonnerie (3). 

« Malgré l’espace restreint dont nous disposons, dit le 
Monde maçonnigue (i), nous ne pouvons résister au désir de 
reproduire dans son entier le discours prononcé par la Sœur 


1} Ibid. y id., p. 233 et suiv. 

\2) Ibid. y Septembre 1800, p. 327-328. 

(Z) Ch. Doysset, tribuu et représentant du peuple en 1818. Proscrit du 2 Décembre. 
Maire de Chalon-sur-SaOne eu 1870, aux appointements de 5UU francs par mois ; pré- 
sident du comité de défense avec le communard Caston Crémieux pour secrétaire, n’a 
pas encore, du moins à notre connaissance, rendu compte au Conseil Général de sa 
gestion et des douze cent mille francs qui lui furent confiés; dépulé, vice-président do 
la Chambre ; se signala par son acharnement contre le catholicisme auquel il a cepeu- 
ilantclù son rappel d'exil. — Martin, R. 1 . C.*. et avoué, devenu Maire de Mâcon et .ami 
du financier Mary Raynaud, a\cc lequel il passa, au nom de la \ille de Mâcon, un sin- 
gulier marché. Révoqué, croyons-nous, après la fuite de ce banquier. 

(1) Octobre 180(1, p. 358-300. 



1866 


340 


Nathalie Janvier (1), qui a demandé la parole après le Véné- 
rable cl qui s’est exprimée en ces termes : 

u Vénérables Messieurs, ou plutôt permetlez-moi dans ce sanc- 
« tuaire de la lïalernité, de vous dire, mes Frères. 

« Croyez bien que c’est moins par un motif de curiosité que 
« beaucoup de femmes sont venues aujourd’hui parmi vous, que 
« pour vous prêter leur appui moral en face des implacables en- 
« nemis qui vous observent et vous haïssent. 

« Aussi sommes-nous heureuses de pouvoir, en cette circons- 
« tance solennelle, nous associer de tout cœur à votre grande 
« œuvre civilisatrice qui, depuis des siècles, répand ses bicn- 
« faits sur le monde. 

« Nous acceptons donc, sans fausse modestie et avec la plus 
« vive reconnaissance, les compliments flatteurs ainsi que les 
« remerciements qui viennent de nous être si éloquemment adres- 
u sés par le très-cher Vénérable Martin. 

« Nous en sommes d'autant plus fières , Messieurs et Frères, gu à 
« cette époque où la Franc-Maçonnerie est traquée , menacée et per- 

« sécutêe , IL FAI T A LA FEMME UN CERTAIN COURAGE (ainsi que VOUS 
« venez de le dire, Vénérable), four oser braver les fourres qui 
« ont été lancées, u on seulement contre les Francs-Maçons , mais 
« contre tous ceux qui comme nous aiment et soutiennent l'histitu- 
« tion. 

a Nous pouvons donc vous déclarer hautement ici, sauf quelques 
rares et regrettables exceptions, que les dames de l'Orient tic 
Maçon , en offrant à la Loge une bannière, ont voulu prouver 
aux ennemis de la Franc-Maçonnerie , qu’elles ne sont pas tonies 
enrôlées sons /'étendard de l'ignorance et de la superstition (ap- 
plaudissements), et qu’il en est encore, qui savent aimer et 
apprécier cette belle Institution, qui embrasse à elle seule, dans 
une naïve et touchante simplicité, tous les préceptes de la morale 
évangélique : elles ont voulu prouver que tonie sagesse , toute 
perfection , toute vertu et toute philosophie , sont contenues dans 
les principes de haute morale qui s’enseignent dans vos temples : 
égalité, fraternité, charité, humanité, tolérance, et enfin celte 
maxime sublime qui les résume toutes : 

« Aimez-vous les uns les autres! » 

« (les paroles, conclut le Monde Maçonnique, expriment 
« des son liment s que les dames professent trop rarement, et 
« auxquels nous voudrions avoir l’occasion d’applaudir eha- 
« que jour; il était difficile de mieux les exprimer. » 


(1) Surnommée la Crassouse !!! 



1866 — 341 — 

La fctc fut terminée par un banquet Je 100 couverts et un 
bal magnifique. 

C’est le F.*. Charles Fauvety, vénérable delà L. # . la He- 
naissance par les Emules d'Hiram , qui va répondre, en notre 
lieu et place, à la Sœur Nathalie Janvier. Tandis que cette 
créature dévoyée exaltait les vertus maçonniques , le F.*. Ch. 
Fauvety, pris d’un accès de pudeur , écrivait ces lignes, déjà 
citées par plusieurs auteurs, mais qui sont toujours bonnes 
h reproduire : 

« Le Temple de notre chère Maçonnerie Française rappelle assez 
« exactement ces temples de la Babylone antique, consacrés à 
« Vénus Mylitta, dont l’enceinte était encombrée de femmes 
« faisant aux étrangers l’hommage de leurs charmes... La Ma- 
« çonnerie et la Prostitution travaillent ainsi de compagnie et 
« comme deux forçats rivés à la même chaîne (1). » 

« Qu’il me soit permis de reproduire ici le tableau que trace 
« Hérodote des mœurs antiques dont je parle. Le rapprochement 
« est curieux; carily a entre ce quisepassait à Babylone et ce qui 
« se passe à Paris des points de ressemblance vraiment frappants : 

« Toute femme, née dans le pays, rapporte Hérodote, est obligée 
« de se rendre, une fois dans sa vie, au temple de Vénus pour s’y 
« livrer à un étranger. Plusieurs d’entre elles se font porter devant 
« le temple dans des chars. Là, elles se tiennent assises, ayant der- 
« rière elles les domestiques qui les ont accompagnées; mais la 
« plupart s’asseoient dans la pièce dépendant du temple de Vénus, 
« avec une couronne de ficelle autour de la tète. Les unes ar- 
« rivent, les autres se retirent. On voit eu tous sens des 
« allées séparées par des cordages tendus ; les étrangers se pro- 
« mènent dans ces allées et choisissent les femmes qui leur 
« plaisent le plus. Quand une femme a pris place en ce lieu, elle 
« ne peut retourner chez elle sans que quelque étranger lui ait 
a jeté de Varient sur les genoux et ait eu commerce avec elle 
« hors du lieu sacré. Il faut que l’étranger lui dise : J’invoque la 
« déesse Mylitta. Quelque modique que soit la somme, il ne peut 
« éprouver aucun refus. » (Glio, livre P T , paragraphe 199.) 

« Le culte de la Vénus Mylitta, dit Léo Taxil, est chaste et pu- 
« dique auprès de celui du Grand Architecte ! Les babyloniennes 
« n’étaient obligées à se livrer qu’une fois dans leur vie; c’est à 
« toute heure, c’est sans cesse, sans répit, sans merci, ni grâce, 


(i) Le Grand Orient de France devant la Maçonnerie Universelle. — Docu- 
ments maçonniques y p. 25’3. 



1866 


342 


« c'esl toujours et toujours que le vice des Frères Maçons étreint 
c< et brise ses victimes, les Sœurs Maçonnes! » (i) 

II paraît qu'à celle protestation du F.'. Ch. Fauvcty, le 
Grand-Orient de France, représenté par Tune de ses plus 
illustres lumières le F.\ François Favre, répondit en trai- 
tant le F.*. Fauve ly de « transfuge du rite de Misraïm, passé 
depuis trop peu de temps au Grand-Orient pour avoir pu 
étudier la question », etc. 

Ce F.-, avait cependant une certaine notoriété maçonni- 
que puisque c’est chez lui que fut déposé, en 1861, le texte 
original delà Lettre du Prince Jérome Napoléon, aux Véné- 
rables du Grand-Orient de Paris, par laquelle, ce membre 
de la famille impériale, désireux peut-être de jouer les « Phi- 
lippe-Egalité », annonçait qu’il accepterait les suffrages des 
Vénérables, s'ils se portaient sur lui pour l'élection à la 
Grande-Maîtrise, en remplacement de Lucien Murat. (2) Le 
F.*. Fauvcty faisait partie des Vénérables qui avaient écrit 
une lettre collective au Prince Napoléon. 

Un autre témoignage indéniable est celui du F.-. RehoJd, 
ex-Grand Officier de la Grande Loge Nationale, qui daube ses 
frères parce qu'ils qualifient l'ilotel du Grand-Orient, situé 
rue Cadet, à Paris, de « lieu très éclairé, très-régulier, où 
régnent le silence et la paix » cl dit : 

« Nous voulons bien admettre le « lieu très éclairé » à cause du 
« gaz et des bougies; mais pour « le lieu très régulier où régnent 
« le silence, la paix et l’équité qu’il nous soit permis de contes- 
« ter la justesse de cette description ; car nous n’aurions qu’à 
« mentionner certains faits, qu'à mentionner certains faits , quà 
« mentionner l'existence d'un certain temple consacré à Vénus dans 
« les murs mêmes de celui des francs-maçons , pour démontrer que 
« ces expressions sont au moins déplacées dans la bouche des 
« Maçons de Paris. » (3) 

Une communication du F.\ Goron (de ]'().*. de Nantes), au 
Monda Maçonnique (t) établissait que ce dernier cherchait 
a organiser une loge «le femmes et qu'il semblait compter 
sur des Sœurs Misruïmitcs pour réaliser son désir. Il esli- 

(1) Y a-t-il des Femmes dans la Franc-Maeonnerie ? p. i f . 

(2) Le Franc-Maeon. i) 0 année, n os 7 à 12 ; — Juin-Août 1X01, p. 130, 137, 112, 

1 13 et suiv. 

(3) Histoire du Grand-Orient de France , p. 2KU. 

(4) Octobre 1800, p. 3 IX et sui\. 



1866 


343 


niait que des fondations de ce genre « seraient des pas de 
géant faits dans la voie du progrès humanitaire. » 

1867 

Le 12 janvier 1867, au banquet d’Ordre de la L.*. la Rose 
du Parfait Silence et le 9 mars de la môme année, à la fôte 
solsticiale de la L.-. la Fraternité des Peuples , en présence de 
Sœurs Maçonnes, fut chanté pour la première et la seconde 
fois le « cantique » Les F ranemacons excommuniés à leurs 
dames , du F.’. Pierre Lachambaudie : 

Àh ! je me sens pousser des cornes 
En vérité je vous le dis, 

A sa douceur mettant des bornes, 

Le Saint-Père nous a maudits. 

Mes Sœurs fuyez, fuyez, fuyez : 

Nous sommes excommuniés. 

On nous expulse de l’Eglise ; 

De nos erreurs voilà les fruits. 

Que Loyala nous exorcise, 

Ou pour toujours nous sommes cuits. 

Mes Sœurs, priez, priez, priez : 

Nous sommes excommuniés. 

La vérité, sainte victime, 

Craindrait-elle encore Escobard ? 

Serpent, souviens-toi de la lime ; 

Pape, ta foudre est un pétard. 

Mes sœurs, riez, riez, riez : 

Nous sommes excommuniés. 

Que voulons-nous ? voir sur la terre 
La liberté, Légalité, 

Voir régner, au lieu de la guerre, 

La paix et la fraternité. 

Mes sœurs criez, criez, criez : 

Vivent les excommuniés. (1) 

Nous devons mentionner l’apparition d’une feuille maçon- 
nique, la Morale Indépendante, rédigée par le F.*. MassoL 
administrée et gérée par le F.*. Caubet, qui déclarait dans le 
Monde Maçonnique y de janvier 1867 (p. 631 et 632), que l’heure 
était venue pour la Maçonnerie de « rejeter les lampes dont 
les nécessités d f un autre temps Pavaient enveloppée », l’heure 

(1) Ibid., 0« annic, p. 504. 



344 


1867 

était venue de « se dépouiller des derniers voiles d’un vague 
Mysticisme . » Ce F.\ Caubel n’a-t-il pas été chef de la police 
municipale et de la police secrète politique, depuis que la 
République Maçonnique a remplacé la dynastie des Bona- 
parte on France ? 

À litre documentaire, nous donnons la pièce suivante : 



LA FRANC-MAÇONNE 

Hommage h elT.\ C.\ S.*. Esther Demonaz , Grande- 

Mai tresse et présidant la tète du 18 mai 5867, aux Disciples de 
Memphis, ii l'O.*. de Paris. (1) 

Salut à vous, Notre Grande-Maîtresse, 

Vous, dont Pespril peut égaler le cœur; 

Vous, dont la voix charme, attire, caresse 
Quand dans les yeux brille un feu créateur 
Illuminés du reflet de ses ilamines 
Retenons bien ses sublimes leçons. 

Ah ! chantons tous, enfants, hommes et femmes, 
ha Franc-Maçonne, Honneur des Francs-Maçons. 

Amour à vous, Notre Grande-Maîtresse 
Vous, dont les mains soutiennent nos autels, 
l)'un culte saint Vous êtes la Prêtresse ; 

Fl Votre Dieu, Dieu de tous les mortels : 

Par Vous, Il dit : Oppose a Fanathème 
Le mot sacré du Christ ou ses leçons... 

Ah 1 chaulons tous Celle qui veut qu'on aime, 

La Franc-Maçonne, Honneur des Francs-Maçons 

Deehevaux-Dumcsnil, 

Rédacteur en chef du Frime-Maçon. 


(1) Cotte loge changea peu de temps après son nom en celui Des Disciples du 
Propres. — Sote de l'auteur. 



345 


1867 

La L.\ L'Abri du Penseur , 0.*. de la Tour du Pin (Isère) 
donna, le 27 octobre 1867, une fête d’Adoption au sujet de 
laquelle le secrétaire de cet atelier, le F.*. Bargère, écrivait à 
la Chaîne d’ Union (1), à la date du 9 novembre, que l'on 
conserverait longtemps le souvenir de cette tenue. « Aussi 
« le camp clérical était-il en émoi ; on allait enfin ouvrir les 
« portes de cette redoutable enceinte que les partisans de 
« l'obscurantisme se plaisent à montrer , à quelques âmes timo- 
« rées, comme une succursale de V en fer, 

« Malgré les menées cléricales , notre temple a été trop petit 
« pour g recueillir soixante-dir dames environ {ce qui est 
« beaucoup pour cette petite ville J... Les dames sont entrées 
« accompagnées par le F.-. M.\ des Cérémonies. Tous les 
« FF.-, étaient debout, maillets et glaives en main... Le 
« Vén.\ a complimenté les dames... Le protectorat maçon- 
« nique a été ensuite accordé à une jeune fille et à trois gar- 
« çons (selon le Rituel de Ragox). » Quête par la fille du 
deuxième surveillant, accompagnée du F.-. M.\ des Céré- 
monies, qui offrit un bouquet à chacune des dames pi'ésen- 
tes. Rafraîchissements. « Les dames sont parties « très sa- 
tisfaites , elles ont pu se convaincre que malgré les brochu- 
res qu’on ne cesse de répandre dans notre petite ville, les 
Maçons ne sont pas aussi noirs que les couleurs sous les- 
quelles les a peint Mgr de Ségur. » 

Mgr de Ségur venait de publier, en effet, un ouvrage contre 
la secte. Il parait que les coups portèrent, puisque dans son 
Histoire de la Franc-Mctçonnerie en Normandie (1739-1875), 
imprimée à Dieppe, chez le F.-. Emile Delcvav, en 1875, 
le F.-, de Loucelle, Orat*. de la Bonne-Foi, U.-, de Saint- 
Germain, et membre de Y Aménité, O.*, du Ilàvre, pris d'un 
véritable accès de rage, bavait ainsi contre le vénéré 
prélat : 

« Dans un pamphlet qu'il publia en 1867, M. m Sékuh, 
évêque, s'attaqua aux Loges de femmes dans un style d’une 
immoralité telle que « la mère n’en saurait permettre la lec- 
ture à sa fille. » Ce vieux libertin insinue que les Temples 
étaient transformés en lieux de débauche et de prostitution : 
il parle de la porte « par où s'échappait la vertu , si elle n’é- 
tait déjà partie, » de « Vile de la Félicité » où la néophite sc 


(I) Décembre 1867, p. 563-561. 



3 16 


1867 

trouvait en présence des idoles de Vent/ s et de Ci /pi don, aux- 
quels « elles offraient un pur encens. » 

« Il faut lire sa brochure de la page 80 à 01 pour se faire 
une idée vraie du degré de perversité de l'auteur. II aurait 
pu la donner en prime aux abonnés du Fi/jaro . 

« Nous sommes habitués aux élucubrations de l'épiscopat ; 
ces messieurs les évêques écrivent périodiquement contre 
nous et s’engraissent saintement avec le produit de leurs 
sottises. Et nous sommes assez naïfs pour ajouter un petit 
verre à leur /florin en achetant leurs livres. 

« Je respecte trop mes lecteurs pour leur imposer la lec- 
ture de la moindre citation de l'œuvre de M. di^Skoi k ; je no 
mentionne son existence que pour mémoire et j'entre en 
matière. » 

Le Monde Mt/eonnir/ue de Décembre 18t>7 (p. i!)9) men- 
tionne les enterrements civils de : V Madame Tihlier , à Saint- 
Etienne (auquel assistent le député Dorian, futur héros du 
l Septembre 1870, les adjoints el presque tous les conseil- 
lers municipaux) ; — 2" de Madame Emilie Reboul, à Court 
ges ; — 3" de Mademoiselle Marie Thirifoeq (probablcmen- 
îillc du F.*. Thirifoeq, premier surveillant du Temple des 
Familles , O.*, de Paris.) 

★ 

* * 

Sur la demande de la S:*: Julie Curacrio/o , Comtesse Ci gai a, 
le F.*. C. Caribaldi envoya à la L.\ les Défenseur * de T Fuite 
Maçonnique, une lettre pour la féliciter de l'ouverture de cet 
atelier et de la nomination, comme Vén.*., dtiF.\ Dominique 
Sampieri fl). 

Revenu au pouvoir, Urbain Ratlazzi lulla contre les diffi- 
cultés occasionnées par la vente des biens ecclésiastiques et 
laissa le F.*. G. Garibaldi et scs bandits traverser les lignes 
piémontaises pour envahir le territoire Pontifical. 

L'opposition l'en récompensa et le choisit pour l'un de ses 
chefs. (Il mourut en 1873.) 

1868 

Le 18 janvier 18G8, une fête d'adoption fut donnée par la 
L.*. Les T ri itoso plie s de Rern/ , avec le concours des sœurs 
loges affiliées YAfhénée Français et les Disciple; de Fénelon , 
sous la présidence du F.*. Foussier, réélu Vénérable. 

(i) Le Monde Maçonnique, octobre 18(57, p. *W. 



347 


1868 

Le F.\ De Saint-Jean, Président du Conseil de l'Ordre, s’a- 
dressant aux Sœurs et ans cfam/»$,leur dit que la triple épreuve 
des trois voiles, enlevés de la tôtc des enfants adoptés, sym- 
bolisait admirablement l'œuvre maçonnique qui ne pouvait 
parvenir à son but, l'émancipation des idées, qu'en protégeant 
ln> enfants contre l'ignorance, le fanatisme et la misère . Au 
banquet, le F.*. Sauvestre, de Y Opinion Nationale , porta un 
toast à l'éducation. Bal jusqu'à six heures du matin (1). 

Le 26 juin, le même Yen.-. Foussicr insista sur la nécessite 
d'arracher les enfants aux congrégations religieuses , surtout 
pour l'instruction primaire , car , dit-il, les premières imprég- 
nons étant ineffaçables , il importe que ces impressions soient 
s unes et conformes a ut idées modernes . Il rendit ensuite 
compte des efforts faits pour la propagation de l'instruction 
par la Maçonnerie (2). 

1869 

Le Bulletin du Gr. Or. de Fr. (3* Série, Février 1869* 
— N° 12, pages 639 et 660) nous fournit une nouvelle preuve 
de l'existence de Sœurs maçonnes dans celte Obédience, et 
malgré les dénégations constantes des FF.*, du Rite Fran- 
çais. Nous lisons : 

« Travaux du Conseil de l'Ordre du Grand Orient de France. 

Séance du 25 janvier 1869; Présidence du F.*. De Saint-Jean; — 
sont présents les FF.*. Drouet (vice-président), Aronssohn, Bé- 
court, Cammas, Galibcrt, Grain, Opperl, Renaud, Saint-Ange 
Laplanche et Tordeux. Les FF.*. Massol, empêché; Cauchois et 
Portallier, indisposés, écrivent pour s'excuser. Le pinceau est 
tenu par le F.*. Thévenot, chef du Secrétariat. 

Le F.*. Oppert, au nom de la Commission du contentieux, 
donne lecture du rapport suivant : 

« Le 12 octobre 1868, le F.*. Dupératfut traduit devant la Loge 
Saint-Pierre des Vrais Amis, Or. de Paris, four insultes faites 
aux FF.*, et Soeurs de l'Atelier auquel il appartient. L’accusé fut 
acquitté par la Loge. C'est contre ce renvoi des fins de la plainte 
que s'est élevé un groupe de FF.*, parmi lesquels se trouvent le 
1 er Surv.\, l’Orateur même et l’Hospitalier. Ils reprochent au 
Vénérable des irrégularités en faveur de l’accusé, et disent que 


[1) Histoire delà B. m . Lr. f.es Trinosuphcs de Bercy, etc., 4° parlic, parle F.\ 
Alfred Desrces, p. 13-1 L 

(2) Ibid v id., p. 1 î- 15. 



1869 - 348 — 

le défenseur n'a pus couvert le Temple pendant que le scrutin 
circulait. 

« Il tombe sous le sens qu’une protestation quelconque devra 
être impuissante contre un jugement rendu, qui ne peut être at- 
taqué <[ue par la voie d'appel. Même en cas d'acquittement, l’ar- 
ticle 280 des Statuts généraux de l'Ordre donne à l'Orateur le droit 
d'interjeter appel, en cas d’infraction aux règlements. Or, l'Ora- 
teur de la Loge se trouve parmi les signataires de la protestation, 
et néanmoins le gardien de la loi n'a pas jugé convenable d'user 
du droit que lui confère la disposition légale précitée. 

« Quelque regrettable que puisse être la conduite du F.*. Ûu- 
pérat, il est couvert par le vote de la Loge. Aucune prévention ne 
pèse plus sur lui; les articles de la loi sont muets sur la révision 
d'un arrêt d'acquittement. La régi o' non bis in idem étant absolue, 
aucune nouvelle instruction pour les mêmes faits ne pourrait être 
permise. 

« En conséquence, au nom de la Commission, je viens proposer 
au Conseil de l’Ordre de passer à Tordre du jour sur la demande 
des FF.*, de la Loge Saint-Pierre des Vrais Amis , attendu surtout 
que les faits dont il s'agit paraissent constituer de simples infrac- 
tions à la discipline intérieure dont l’Atelier connaît souveraine- 
ment et sans appel. » 

« Ces conclusions sont adoptées . » 

Les trois Loges V Athénée F ranrais ,\e$I)isei pies de Fénelon et 
les Trinosophes de Uercij, se réunirent, Je 21 février 1809, au 
(irand-Oricnt, pour célébrer en commun leur fête solsticiale 
d'hiver. Après les symagrées d'usage, le Yen.*. F.*. Dcca- 
mus, fit observer que les batteries connues des Mac.*, de- 
vaient être supprimées en présence des Chères Son/rs qui n'al- 
laient pas lardera pénétrer dans le temple et invita les FF.*, 
à n'employer que la batterie d'acclamation. Puis une dépu- 
tation, composée de trois FF.*, fut chargée de se rendre au- 
près des dames. Files firent leur entrée pendant que les FF.*, 
se tenaient debout et que les maillets retentissaient de l'Orient 
à l'Occident et du Sud au Nord. Les Chères Sœurs prirent 
place a l’endroit qui leur était réservé et la série des discours 
commença. Le Yen.*. Dccamus prononça une allocution 
plus particulièrement à l'adresse des Sœurs : 

« Amenez-nous vos enfants, TT,*, CC.\ SS.*., nous leur don- 
« nerons le baptême maçonnique; et, plus tard, quand ils seront 
« en âge de comprendre la haute signification de notre institu- 
ée lion, ils nous aideront à remplir notre mission. » 



349 


Le F.-. Pugeault (Yen.*, des Trinosophes de Bercy) se 
leva et fit remarquer que la dénomination de Baptême maç.*. 
a été remplacée par celle de Fête d’ Adoption, expression 
plus en harmonie avec le caractère dont sont revêtus les 
irav.\ d’adoption. 

« Oui, TT.*. GG.*. SS.\, poursuivit le F.*. Pugeault, parl’adop- 
« tion vos enfants deviennent les nôtres, ceux de la Francmaç.*., 
« en attendant qu'ils puissent nous aider dans l'accomplissement 
« de la grande œuvre que nous avons entreprise. « 

On passa aux trav.‘. du banquet, à la fin duquel le F . * . 
Pugeault porta la santé des aimables Sœurs qui sont venues 
embellir cette fête. Le F.*. Eugène Pelletan prit la parole. 
A peine avait-il terminé « qu'une enfant de cinq ans, vêtue 
de blanc, la fille du F.- . Penez , se présenta à l’Orient et lui 
offrit un magnifique bouquet renfermant un papier blanc 
avec cette inscription : 

« lê innocence à la vertu civique 9 
« La vertu au talent . » 

Le F.\ Pelletan se releva, lut tout haut ces deux lignes, 
remercia, prit l'enfant dans ses bras et lui donna « le baiser 
fraternel ». i^eF.\ Penez vint chercher sa fille, embrassa à 
son tour le F.*. E. Pelletan pendant que l’assemblée, surex- 
citée par celte comédie convenue d’avance, fit entendre une 
triple salve d’applaudissements. 

LcF.*. Demay, Yen.*, de Y Union philanthropique , de FO.*, 
de Saint-Denis (Seine) annonça que son atelier avait fondé, 
à Saint-Denis, une école libre et laïque et invita les FF.*, à 
l’inauguration. 

Le F.*. Lalande, 18 e , Orateur de Y Athénée Français , remer- 
cia les FF.*, et les SS.-, de leur empressement. 

« Nous sommes à une époque où le progrès marche à pas de 
« géant; il dévore l'espace et répand sur son passage la fécondité 
« intellectuelle. 

« Tout veut concourir à effacer de la terre ces fléaux destruc- 
« tours que Ton appelle : 

« Barbarie, ignorance, superstition. 

« Mais pour hâter le résultat, nous devons combattre ; car Ton 
« n arrive pas à détruire des préjugés, sans s'armer de patience, 
« sans redoubler d’énergie et de courage î 

« Aussi, ce noble but, nous l'atteindrons avant peu; et je suis 



1869 — 350 — 

« persuadé, très chères Sœurs, que vous nous aiderez dans toute 
« la mesure de vos forces. 


« Avant de Unir, je vous propose de porter une santé au sou- 
« venir des Frères et Sœurs que nous avons eu le malheur de 
« perdre, pendant l'année qui vient de s’écouler. » 

A onze heures du soir le bal a été ouvert et s'est prolongé 
jusqu’il six heures. 

Il est utile de faire observer que la quête en faveur des 
PF.*, malheureux, dont deux Sœurs furent chargées ne pro- 
duisit que.... (i3 francs; nous disons une pierre plate du 
poids de 03 francs, qui fut remise par tiers aux hospitaliers 
des trois loges affiliées î! (I) 

Nous lisons dans Y Action Maçonnique (2) au sujet d'une 
iùtc androgyne présidée par le procureur Poulie (3), le 
1 1 avril : 

CHAPITRE LA RÉNOVATION 
Vallée d’Amiens. 

« Le temple était admirablement et richement orné; un beau 
tapis brodé d'or avait été posé dans le milieu et reposait agréa- 
blement la vue ; à l’orient, brillait le bel étendard que le Très- 
Sage du Chapitre, le F.*. Poulie, avait donné à scs FF.*. — Les 
Dames, nos Sieurs, étaient nombreuses h cette fête; parmi elles 

se trouvaient trois dames israéliles Le F.*. Poulie avait rédigé 

pour la circonstance un rituel d'adoption. 

« La fête commence : 

« Le i' v Sunw — T.*. C.\ président, nous avons parcouru le 
« Temple et nous n’v avons trouvé que des FF.*, et des Sœurs 
« dignes d'assister à nos travaux. — Mais nos Sœurs paraissent 
« frappées d’étonnement. 

Le Présid.*. — Frère 2 e S.*., quelle est, suivant vous, la cause 
de cet étonnement ? 

Le 2* Sun /. — T.*. C.\ Président, tout étonne nos Sœurs, 
mais ce qui paraît surtout les frapper, ce sont nos appellations, 
nos emblèmes, celle croix, ces initiales I. N. R. I. Elles paraissent 
sc demander si nos travaux de Rose-Croix sont religieux, et ont 

(1 ) Pmvs-Yerbal de la Loge les Trhwsophes de liercjj ; — Ch ni ne d’ Union, 13 juin 
\S(>0, p. il- II. 

(2) Juillet \m, p. 272-271. 

(Il) {Loue- Auguste-César;. Aujourd'hui, .* ï c degré ; Chevalier de la Légion d'hon- 
neur, Olllcier d' Académie, Vice-Président du Conseil de l’Ordre du C.\ O.*, de V.*. 
pour lW.MSPi. — Crnud Commandeur du Craint College des Hiles. — Président de 
Chambre à la Cour d'Appcl de Poitiers. 



1869 


351 


pour mission de préconiser la religion chrétienne. T.\C.\ Prési- 
de»!, que dois-je répondre à leurs muettes interrogations ? 

Le Présid.\ — Je vais donnerles explications nécessaires, tant 
à nos Sœurs qu’à nos FF.*, qui ne possèdent pas le grade de II.*. 
C.‘. » 

Le F.*. Poulie explique à ses charmantes auditrices que les 
quatre lettres I. N. li. 1. ne signifient pas Jésus Nazaremts , Bex 
Judœonnn , mais bien Igné Naîuru Itenovahtr Integra (la nature est 
rénovée intégralement par le feu). 

Dans son Cours philosophique et interprétatif des Initiations 
anciennes et modernes (p. 289 à 323, passim) le F.*. Rago.n dit : 

« Quatre lettres composent la parole sacrée du grade (de Rose- 
Croix ;) on les exprime vulgairement par l’inscription placée au 
haut de la Croix : Jésus Nazarenus Rex Judœorum\ mais elle n’ont 
pas toujours été prises pour cet emblème. Leur assemblage for- 
mait un sens mystérieux longtemps avant le Christianisme, et les 
Sages de l’Antiquité y avaient attaché un des plus grands secrets 
de la Nature, celui de la Régénération universelle ; ils les interpré- 
taient ainsi : Igné Natura Renovatur Integra , ou ainsi : Ignetn 
Kttlura Regenerando Intégrât ; d’autres par Igné Nitrum Roris 
hvenitur .... etc. 

« Telles sont, mes Frères, une grande partie des lumières que 
Ion peut recueillir de ce haut grade. Il a, en effet, pour but spécial 
de célébrer la Nature dans les deux grandes opérations qui la 
renouvellent dans la destruction et ht régénération... » 

Enfin, le F.*. R w;ux inventa encore une quatrième inter- 
prétation pour satisfaire la haine des Maçons contre le 
Christ. En note du Rituel du nouveau grade de Rose-Croix, 
p. 70, il dit : 

u Si Pou substitue à ces quatre lettres leurs correspondantes 
hébraïques, on trouve dans cette langue, les initiales des quatre 
éléments : 

« Immim (maria, ou l’élément eau). 

Naour (ignis, le feu). 

« Iiaouah (ventus, le vent, l'air). 

« lchcschah (arida, la terre). 

Nous ne pouvons nous attarder davantage sur le grade de 
Rose-Croix qui appartient à la Maçonnerie Masculine, ni sur 
lobscène symbole représenté par la Croix et la Rose. 

À la fête funèbre célébrée par le Chapitre Jérusalem des 
Vallées Egyptiennes, O.*, de Paris, le 2 août 18G9, sous la 
direction des Chcw. Alexandre Roy, Très-Sage; Platel, 



355 


1869 

premier Or.*. Surv.*.; Cartelier, deuxième Gr.\ Surw ; 
Frécourt, Oral.*. ; Y ting, Secret.*. ; Dcscors, Pleutrct, Offic.*. 
Digv.ete., etc. furent évoqués les noms des Chevaliers du 
Chapitre décédés et des SS.*. De Crocs cl Meyer. 

Le* T.*. S.*. Hoy leur consacra une partie de son discours: 

« Madame Meyer était l’épouse adorée de notre F.*. Meyer 
« Femme d'une grande élévation de caractère, d’un esprit droit 
« et loyal, elle a été une des Grandes Maîtresses de la loge d’Àdop- 
« (ion Jérusalem des Vallées égyptiennes. A ce titre, elle en a rcm- 
« pli les fonctions avec ce tact, ce dévouement et cette persistance 
« qui en font un des membres les plus utiles à nos institutions 
« maçonniques et que nous avons le plus à regretter. Femme 
« distinguée et pleine d’affection pour nous tous, qu’elle reçoive 
« en ce moment l’expression de nos plus tendres hommages que 
« nous olïrons h sa mémoire qui nous reste chère. 

« Madame de Croës est aussi une des victimes de la mort que 
« nous avons le plus à déplorer. Que vous dirais-je de celle bonne 
« et digne So ur que vous ne connaissiez vous-mème. » (ij 

Le plus piquant encore c’est que le signataire et auteur du 
compte-rendu de cctlc cérémonie n'est autre que le F.*. 
Eugène-Esprit Hubert, qui soutenait que depuis 1860, il n'y 
avait plus de femmes dans la Maçonnerie !! 

« Tout le Paris-Maçon qui fut libre ce jour là, grand 
nombre de Maçons des environs, les familles des enfants- 
élèves, un essaim sympathique de dames, » assistèrent, le 
56 Septembre, à la distribution des prix aux élèves de 
l’Ecole libre de Saint-Denis, fondée par les LL.*. Yl'nion 
Philanthropique , 0.*. de Saint-Denis; YEspéranee Frater- 
nelle d’Argentouil ; Y Athénée Français et Isis-Monfyon . 0.*. 
de Paris. Cette école devait être « le rayonnement de la 
pensée libre et civique, qui était le développement vrai delà 
morale s'éclairant d’une conscience indépendante et ayant 
brisé avec tous les préjugés! » (2) 

Le 6 octobre, la L.\ des An ns de l'humanité* de Montrouge 
inaugurait son nouveau temple, rue de Vanvcs, 69, sous la 
présidence du F.*. Clermont, fils. L'aflluence des femmes et 
des Maçons y fut considérable. Il y eut banque! et bal. (3) 

Lors de ta lele solsticiale de la L.\ Thémis , 0.\ de Caen, 

(1) Chaîne d'Vnion, 1 er uo\cmbrc 1800 ; lldtlacteur eu Chef, Hubert : p. 87. 

(2) Ibid., 15 octobre 1800, p. 78. 

(3) Ibid., id p- 78, col. 2 et 3. 



353 


1869 

le 22 décembre, les Ira vaux furent ouverts par le F.'. Boissée. 
Après l’installation des nouveaux dignitaires, le F.*. Teftc, 
Vénérable récemment élu, exprima les regrets causés par 
la retraite du F.*. Boissée. Sous son impulsion et sous celle 
de sa femme « mciçonnr de cœur et d'actes » la L.*. Thémis 
créa beaucoup d'institutions utiles, parait-il. 

Le 2i décembre, la L.\ Etoile de V Espérance , O.*, de 
Beauvais, eut une fête androgyne dans laquelle brillèrent les 
FF.*. Marcel et Sorcl « ainsi que leurs dames. » Deux Sœurs 
de l’At.\ firent circuler le tronc de bienfaisance cL rappor- 
tèrent 118 francs, 30 centimes. (1) 

Nous avons, à dessein, inséré plus haut quelques lignes 
relatives à l’influence de la Franc-AIaeonncric sur la femme 
en Italie (Voir ici, p. 331 et 332) afin de pouvoir mieux faire 
apprécier la juste valeur de la circulaire du Grand-Orient de 

ce pays qui déclarait solennellement, le 23 mars 1809, : 

y Que malgré le désir plus grand que jamais, devoir la 
condition de la femme s'élever et son éducation se perfec- 
tionner, le Grand-Orient d’Italie ne reconnaît pour le moment, 
ni Sœurs, ni filles d’Àdoption. » 

C’était signé : Le T.-. I.*. G.-. AL*. adj,\ /. Frapolli ; le 
G.*. Chancelier, J/. Mar ch i ; le Giv. Àrchiv.*., Vio Aduc- 
ci . (2) 

Le Grand-Orient Italien prétendait ne reconnaître, pour 
le moment, ni Sœurs, ni filles d’Adoption; mais avait, au 
moins, (a pudeur de ne pas nier leur existence. 

Il y était aussi dit que le Grand-Orient Italien réélu dans 
la dernière assemblée Constituante de Naples, tenue les 
21, 22 et 23 juin 1867, résiderait dans la Capitale du 
Royaume, Florence, « tant que Rome ne serait j>as rendue 
à son possesseur naturel, la nation italienne. » 

1870 

« La Maçonnerie devient en France athée et révolution- 
naire » disait, au commencement de l’année 1870, le Frec~ 
Mason, journal important, édité à Londres parle F.*. George 
Kcnning. Et son homonyme français, toujours dirigé par 
Dechevaux-Dumesnil, reconnaissait sans trop mauvaise 
grâce, l'exactitude de cette remarque et constatait qu’en effet 


(iï Jbid.f 15 janvier 1870, p. 125, col. 2 et 3. 
(2) Chaîne d'Union , 15 juin 1860, p. 12-13. 


màçonn. 


23 



3o4 


1870 

les vieux Maçons étaient contraint, de céder à la poussée des 
FF.*, libres-penseurs et de leurs disciples. Les Santés ma- 
çonniques n’étaient plus toutes portées; on en éludait par 
haine de toute autorité, ou bien « ils portaient la première 
santé pour llattcr le peuple qu'ils appelaient leur souverain ; 
leur souverain au roseau pour appui ; le peuple dont toujours 
ils se sont moqués, dont aujourd'hui ils se servent et qu'ils 
abandonneront Je lendemain, après l’avoir couronné la veille.» 

« Jusqu'aux pares et charmantes Loges d'adoption, disait-il 
encore, qui semblent aussi sabir Vinfluence des libres-penseur ^ 
Hbrcs-prrrhrnrs.»LrFranc-Maçon françaisblamait ces discours, 
ces motions, ces noms renouvelés des lotos de l 'Elrc-Suprème 
de Robespierre, ces noms donnés à des enfants doux et naïfs, 
ces conseils aux filles, aux mères de 11 e plus écouter //•* 
hommes noirs, etc. 11 adjurait la nouvelle couche maçonnique 
de ne pas faire des Loges d'adoption des clubs de libres-pen- 
seuses ! / 1) 

Dechevaux paraissait redouter la création d'une Ligue 
Maçonnique el se livrait aux commentaires suivants : 

« Qui donc ou sera le chef? Si c elait le 11.*. F.*. Jean Macé, 

« rien ne serait perdu : Son aide est toute puissante.,.. Mais 
« Jean Macé tient moins it la Franc-Maçonnerie que la Franc- 
« Maçonnerie h Jean Macé. Le chef de la future ligue maçonnique 
« ne sera pas l'homme de Beblenheim, de la France, de l'Egypte 
« el du Monde, Jean Macé, le fondateur de la Ligue de l'Enseigne - 
« ment, ne sera jamais le chef de la Ligue Maçonnique. » 

La Ligue de l'Enseignement ! l'auxiliaire de la Franc-Ma- 
connerie auprès de la jeunesse des Ecoles, a été conçue par 
M. Duruy, ministre de l’instruction publique, approuvée 
par le gouvernement impérial et fort habilement conduite 
par Jean Macé, Ses progrès, nous le déclarons hautement 
ont été proportionnés aux ravages qu elle a déjà exercés 
parmi la génération actuelle. 

Le pessimisme du F.*. Dechevaux n'était pas partagé par 
la L.*. Les Qrurs Unis, ().\ de Paris, puisqu'il sa tenue du 

janvier, le F.* . Dalsace, en prenant le maillet de Vénérable 
disait : « Le< temps sont proches où la puissance de la 


(1) Le Franc-Maeon, 17 e année, u«» 1-12 ; — 1870, p. U>0 cl suiv. 



1870 


3oo 


Maçonnerie se manifestera jusque dans le monde profane. » (J) 

Une brillante solennité d'adoption eut lieu dans la L.*. les 
Amis Bien faisant s et Initiateurs d'Osiris, 0.*. de Paris ; il en 
fut de même pour la L,-. Isis-Montyon, le 28 janvier. 

A son tour, la L.-. Union Parfaite de la Persévérance, eut 
une tenue d’Adoption, le 10 février. Arracher la femme h la 
domination cléricale, tel fut le sujet du discours du F.*. 
Th. Brisson. Banquet, concert et enfin bal « qui fit le bonheur 
des nombreuses Sœurs. » (2) 

Le samedi 3 mars, les LL.*. Jérusalem des Vallées Egyp- 
tiennes, O.*, de Paris et Y Etoile Polaire, O.*, des Batignolles, 
se réunirent dans les temples du Grand-Orient, rue Cadet, 
pour leur fête solsticiale. Après les diverses formalités d'usage 
les trav.*. maç.*. furent fermés sous le commandement du 
F.\ Platel et réouverts en Maçonnerie d'Adoption. 

« L’entrée du temple fut donnée aux Sœurs, accompagnées par 
« les FF.*., Maîtres des Cérémonies et, en quelques instants, nos 
« SS:-: par leurs brillantes cl riches toilettes, semblèrent avoir 
« transformé le Temple de la Maçonnerie en un parterre des plus 
« belles fleurs animées. L’orgue, sous la main habile du F.*. 
« Yeyze (Simon), fit entendre des sons des plus harmonieux. » 

« Le F.*. Deraay, s’adressant aux Dames, exposa, dans une 
« courte improvisation combien les Maç.*. étaient heureux de 
« voir les Dames prendre part h leurs travaux. » 

Mademoiselle Demay prit place à l’Orgue « et en lit sortir les 
« sons les plus doux et pénétrants en jouant un morceau ana- 
« logue à la circonstance. » Ceci ouvrit le protectorat. 

« On frappe à la porte du temple; le 1 er Surveillant annonce 
que ce sont de jeunes enfants des deux sexes, pour lesquels on 
sollicite la faveur d'ètre reçus enfants adoptifs. 

Le Président : « FF.*. Parrains de ces jeunes enfants, il va être 
fait droit à la demande que vous nous avez adressée; vos proté- 
gés seront bieritol admis au protectorat que vous avez sollicité 
pour eux... 

« Mais avant, promettez-vous sur votre dignité de Francmaçons, 
que si ces enfants venaient à avoir besoin de notre aide, que vous 
vous empresseriez de nous en informer et de nous donner un 
concours sans limite et dans toute la mesure de vos forces ? » 

Les FF.*, répondent aflirmativcmcnt. 

« Parents de ces jeunes enfants : 

(1) Chaîne d' Union t 1 er mars 1870, p. ilG, col. 2. 

(2) Ibid., id., p. 118. 



3o6 


1870 

« Los Francmaçons no l'ail liront pas dans loui* lâche, ils seront 
solidaires, garants de la protection que vous demandez pour ces 
chers pci ils êtres. Ce qu'un seul ne peut faire, un grand nombre 
peut toujours le faire; \oilà encore un des secrets de noire force, 
et laissoz-mni le dire, un des secrets de nos succès. Vous voyez 
autour de vous des hommes inconnus, vous venez partager leurs 
travaux, sans qu’il y ait dans vos âmes l’ombre d'une défiance; 
merci, encore une fois, et laissez-nous espérer qu'avant la lin de 
celte journée, vous applaudirez h nos idées, et que vous trouve- 
rez chez nous respect, affection , reconnaissance. Vous protesterez, 
j'en suis sûr, quand vous entendrez nos ennemis affirmer que la 
Francmaçonnerie est hostile h la Famille et la Société entière ! 

« Chers Enfants qui nous écoutez étonnés, vous aurez aussi des 
devoirs à remplir; ils sont nombreux, mais avant de vous les 
enseigner, habituez-vous à chérir vos parents et à vous aimer les 
uns les autres. » 

Après avoir provoqué les observations sur le Protectorat, les 
Enfants sont admis sous l'invocation suivante : 

« En vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés par les deux LL.*, 
affiliées, la L.\ Jérusalem des Vallées Egyptiennes et l'Etoile 
Polaire, je déclare ces jeunes enfants adoptés : 

«Au nom de la L.-.Jétw des Vall.\ Eyypt.'. .-Jeanne-Emilie 
Ru ff y ; — Au nom de la L.*. VEtr. Pair. : Georges Mirault; Jules 
Bélhoin; Jeanne-Virginie PhUery ; Eugénie Pelot ; Mathilde Lusse- 
reau : Marie Valette ; Leone Collin. » 

Le baiser est donné à chacun d'eux et le F.\ Demay ajoute : 
« Mes chers enfants, espoir de vos parents et de la grande famille 
maçonnique, vous prendrez désormais rang parmi nous et vous 
pourrez compter sur notre protection. Votre enfance estdéjà entou- 
rée de tout ce qui peut et doit faire des êtres utiles ; vous trouve- 
rez dans vos familles les exemples qui produisent les dévoue- 
ments les plus généreux. Vous y cueillez déjà les fruits de l’ordre 
et de la probité, notre tâche sera donc facile à remplir. 11 nous 
reste à vous donner, chers enfants, vos noms maçonniques : Pour 
toi Georges Mirault, ce nom sera Loyauté. — La Loyauté veut, 
ordonne que les heureux soient les plus sages entre les plus 
vertueux. Manquer à un devoir, c’est faire acte contre la Loyauté! 
Aimer, travailler, sont des devoirs impérieux; faiblir devant le 
travail, défaillir devant l'amitié, c’est céder à des penchants détes- 
tables : on devient alors un homme inutile et on provoque le mé- 
pris sur soi-méme. Sois un travailleur franc et loyal. Nous serons 
fiers de loi, tous et surtout ton père, qui se rend garant de la 
bonne volonté : il voudrait l'affirmer, plus encore pour répondre 
dignement à la confiance de ta nouvelle famille, il voudrait déjà 
la voir satisfaite en te voyant un bon et loyal Franc-Maçon.» 



1870 


357 


« A toi, Jeanne-Virginie Philery , ton nom sera Aménité. Trouve 
dans ce mot qui résume les plus délicats privilèges de ton sexe, 
une garantie de bonheur que nous souhaitons à toutes nos sœurs, 
surtout à tous ces jeunes enfants. Te rendant digne de ce nom, 
tu seras la plus digne protégée du plus digne, du plus loyal et 
dévoué Francmaçon. A Eugénie Petot , nous donnerons le nom 
Bonté . A Mathilde Lussereau, nous offrons le nom de Douceur, 
et ce nom sera bien porté par elle! aussi nous sommes certains 
que ses parents sauront lui conserver justement son nom maçon- 
nique. A Marie Valette , nous donnons le nom de Candeur. A Leone 
Colin nous avons pensé donner justement le nom de Charité . 

« A Jules Berthoin le nom qui lui convient le mieux, par le fait 
delà première adoption par notre F.*., sera Dévouement . Disons- 
lui, que pour porter noblement ce nom, il lui suffira d’imiter 
notre F.*. Berthoin, son père adoptif. 

« A toi chère Jeanne-Emilie Ruffy , que j’ai placée la dernière en 
raison du nom qui t’est réservé : Sagesse . Il semble, en effet, que 
ce nom est tout un résumé de choses louables : Prudence , Circon- 
spection, Bonne Conduite , Modération , Retenue, Modestie, Pudeur , 
Chasteté , Connaissance des choses soit naturelles soit acquises, 
Lumière de P esprit et maître de ses passions. 11 te sera facile, chère 
enfant, de conserver noblement ce nom ; vois tes chers parents, 
imite , écoute . » 

Après l’allocution à chacun des néophytes , une médaille com- 
mémorative est donnée à chaque enfant; cette médaille porte leur 
nom de famille et celui maçonnique. 

«Je devrais, chersParents,terminercette adoption, par quelques 
détails sur les avantages, les conséquences de ce Protectorat, je 
laisse ce soin à des FF.*, plus autorisés que bientôt vous en- 
tendrez. » 

LeVén.*. Platel donne la parole au F.*. Roy, Orat.*. de Jèr.\ 
des Valr. Egypt.\ ; ce F.*, s’exprime en ces termes : 

« TT.-. CC.\ SS.*, et Vous Tous, CC.*. FF.*. : 

« En voyant réunis autour de nous dans ce Jardin d’Eden, ces 
mères de familles et ces jeunes enfants qui viennent assister tous 
les ans à la célébration de la fête du Protectorat, je ne puis m'em- 
pêcher de ressentir, comme Vous, une bien douce et bien légitime 
satisfaction. Si notre mission maçonnique est de répandre et de 
propager les vertus philanthropiques parmi nos semblables, le 
protectorat est, en lui-même, une de nos institutions les plus hu- 
manitaires et qui doivent tendre au développement fraternel de 
nos institutions. 

« Oui, mes SS.*., votre présence est ici non-seulement un orne- 
ment de nos fêtes et de nos réunions, mais encore Papprobation 



1870 — 358 — 

la plus sympathique, qui puisse être donnée à nos doctrines 
humanitaires. — Permettez-moi de vous exprimer avec mes sen- 
timents de reconnaissance, le bonheur que j’éprouve de vous voir 
nous entourer et d’être, dans cette enceinte de Légalité, ce que 
sont les guirlandes de Heurs dans nos temples populaires. 

« Oui, mes jeunes enfants, vous partagez encore avec vos Mères 
et avec vos Sœurs, l'honneur d’être aussi le plus bel ornement de 
notre réunion. 

Vous avez l'avenir pour vous ; cet avenir qui doit par vos soins, 
votre foi et votre dévouement, agrandir encore le domaine de nos 
institutions maçonniques. Adoptés par notre protectorat, vous 
êtes les fils des œuvres de vos pères ; vous n’oublierez point qu’à ce 
titre, vous devez marcher sur leurs traces. — Si le progrès doit se 
réaliser dans riiumanilé, c’est à condition que les générations qui 
succèdent aux générations seront composées d'hommes qui veulent 
marcher en avant. — En attendant d'être initiés, vous serez, chers 
enfants, cette avant-garde qui marchera vers les conquêtes do 
l’égalité, de la fraternité et de la liberté. 

Le F.*. Bourbon, Orat.\ de YEt.\ Pol.'., a la parole et dit : 

<« MM.*. C C.\ SS.*., au nom de notre loge YFt.\ Pol .\ je viens 
vous remercier d’avoir bien voulu compléter et embellir notre 
fête... Nous venons encore vous demander votre influence au nom 
de tout ce qui est maçonnique... La Maçonnerie, j'allais dire fran- 
çaise, mais, elle n’a pas plus de nationalité que de religion... se 
croit sûre de sa valeur pour se placera un niveau supérieur... 
Nous venons, MM.*. SS.*., réclamer votre influence, parce qu'en 
effet, par vous et avec vous nous marcherons rapidement à notre 
but... » 

Le F.*. Plalel parla en faveur du développement de l'Orphelinat 
Général Maçonnique, puis les travaux de protectorat furent fermés 
et l’on passa a la salle du banquet. 

Les FF.*. Platel, Dcmay, Yiénol, de FO.*, de Rouen, Colfavru y 
prirent la parole. 

On procéda à une distribution de récompenses maçonniques. 

Deux cents personnes participèrent au travail de la mastica- 
tion. A dix heures, eurent lieu des intermèdes de musique et de 
chant dans le temple n° 2; pendant ce temps, l'orchestre s'orga- 
nisa. A onze heures et demie plus de 500 personnes se livrèrent aux 
plaisirs de la danse ; h 3 heures J '2 ambigu pour les Sœurs, en- 
suite pour les FF.*., etc. 

Jusqu’à six heures du malin, la salle resta comble (1). 


(J) Chaîne tV Union, 1 er mai 1870, p. 1S2-1S1. 



1870 - :m — 

Signe des temps! Le 16 mars la L.\ Bonaparte voulut changer 
de nom; 13 votants ne le permirent pas à 24 autres. 

Le 2 avril, les deux LL.*, affiliées, les Cœurs Unis et les Phila- 
delphes , O.*, de Paris, étaient réunies pour célébrer leur fête 
solsticiale. 

Parmi les hauts dignitaires sc trouvaient h* juif Adolphe Cré- 
mieux, devenu Grand Commandeur du Rite Ecossais et qui s’était 
fait accompagner des FF.*, de la Jonquiero, Ur.\ Chancelier, et 
Malapert, Giv. Orateur du Suprême Conseil. 

Les travaux au premier degré symbolique furent fermés en la 
manière accoutumée et sur l'annonce du F.*. Couvreur que les 
Sœurs et les Dames demandaient Feutrée du Temple, celle-ci leur 
fut immédiatement accordée. Tandis que Sœurs et Dames péné- 
traient dans le Temple, les FF.*, se tinrent debout et à l’ordre. 
Files furent complimentées par le F.*. Dalsace, Yén.\, qui s’ex- 
prima ainsi : 

« Chères Sœurs, Mesdames, 

« Vous venez d’entendre les applaudissements enthousiastes 
qui ont salué votre entrée dans ce temple. Ces applaudissements 
sont bien naturels, tous nous regrettons l’isolement dans lequel 
nos serments et nos traditions nous obligent h travailler pendant 
toute l’année et lors qu’enfin arrive ce jour tant désiré, où il nous 
est permis de jouir de votre intelligente et charmante collabora- 
tion, nos cœurs s’ouvrent à toutes les joies et ce sont les élans 
de cette joie qui viennent de vous acclamer. 

« Quant à moi, mes chères Sœurs, s'il est un jour que je puisse 
considérer comme une date heureuse dans ma vie maçonnique, 
c’est certainement celui où par les fonctions honorables dont j’ai 
été investi, je possède le privilège envié de vous souhaiter la 
bienvenue dans notre hôtel du Gr.*.Or.\ de Finance. La Maçon- 
nerie entière se réjouira avec nous lorsqu'elle apprendra que vous 
êtes venues en si grand nombre, charmantes et parées comme 
pour une de vos meilleures fêtes, vous associer à nos travaux et 
témoigner par votre chère présence que vous nous pardonnez de 
vous enlever quelquefois vos maris, vos pères, vos frères et 
vos fils. 

« Et laissez-moi vous le dire, mes chères Sœurs, ces séparations 
de quelques heures loin d'être nuisibles aux saintes traditions, 
aux sentiments tendres qui régnent dans vos familles, ajoutent 
encore, s’il est possible, aux effets si salutaires de votre douce et 
légitime influence, car ceux qui vous quittent à regret puisent des 
principes de nature à les fortifier dans les sentiments qui font 
d’eux de bons citoyens, de bons pères de famille et dos hommes 
de bonne compagnie. 



1870 


300 


« El vous, mes Sœurs, séparées ce soir et pour quelques ins- 
lanls >eulemenl (le ceux qui vous sont chers et qui n’ont pu pé- 
nélivr flans ce tic enceinte, dilcs-leur que nous ne sommes point 
de noirs conspirai ours, comme le prétendent si souvent nos clé - 
Iraoleurs et nos ennemis, que nous ne conspirons que pour le 
bien cl le bonheur de l'humanité, que nous sommes la grande 
famille qui sert de lien et de Irait d'union cuire toutes les fa- 
milles, cngagcz-les à venir sc joindre a nous, cela vous sera 
facile, et s'il vous faut un exemple, qu’il me soit permis une fois 
encore de dire ici (pic c'esl grâce à une intervention de cette na- 
ture, intervention bien chère, que je dois l'honneur et le bonheur 
de m'entretenir avec vous ce soir. » 

ho F.'. Dalsace poussa l'hypocrisie jusqu’à dire : 

« J‘ai dit, mais je ne terminerai pas cette petite causerie sans 
vous récompenser de votre empressement à venir nous visiter, en 
vous confiant le secret de nos travaux. C’est une confidence 
grave, mais c’est une tache bien facile, car vous portez ce secret 
en vous-mêmes. Consultez vos emurs , vous y trouverez la foi en 
Dieu, l'amour de vos semblables et le respect de vous-mêmes. Ce sont 
là nos principes et ce sont ces principes que vous allez ce soir tout 
à la fois entendre , professer et récompenser. » 

La séance continua par la célébration de la cinquantaine maçon- 
nique du V.\ Cauchois. 

Un morceau exécute par la colonne d'harmonie donna le signal 
du banquet, dont les travaux furent interrompus afin que le 
F.\ Crémieux , forcé de se retirer, pût adresser la parole aux 
dames ainsi qu’il en avait manifesté le désir. 

« 11 ne voulut parler qu’aux dames, pour leur dire combien 
leur présence ajoutait aux charmes et aux splendeurs do cette 
fête, combien il se trouvait heureux d’avoir pu passer quelque 
temps au milieu d'elles et qu’aussi ce n’éLail qu’à elles qu’il vou- 
lait parler. 

« Puis, dans un discours plein de chaleur et de grâce, il retraça 
comment la femme avait été créée, non-seulement pour être la 
compagne, mais pour être le complément de l'homme ; comment 
elle était la source de tous nos plaisirs et de tous nos bonheurs; 
Comment, après avoir été créées de l’homme, elles devenaient à 
leurs tours les créatrices du genre humain , physiquement d'abord et 
moralement ensuite; car ce sont les femmes , dit il, qui déposent par 
l'éducation qu'elles font de notre première enfance les germes d'amour 
du bien et de la justice qui doit animer notre esprit plus tard. 

« Il est donc réservé dans nos sociétés modernes , et en France 



1870 


30! 


surtout , un grand rôle à la femme puisqu'il l'avenir chaque citoyen 
par son vote exerce son influence sur les destinées de son pays. 

« C’est donc à la femme de former ces citoyens, leurs enfants , dans 
l’amour du droit , de la justice et de la raison . 

t C’est par elles aussi, par leurs sages enseignements que nous 
verrons disparaître la guerre, cette barbarie d'un autre âge. i 

Ces paroles sont couvertes de vifs applaudissements et le T.*. 
II!.*. F.*. Crémicux, Souverain Grand Commandeur du Rite Ecos- 
sais, se retire au milieu des applaudissements qui éclatent de 
toutes parts. 

Après le départ du F.*. Crémieux, les travaux du banquet sont 
repris. 

Les FF.*, qui portèrent les santés et y répondirent furent les 
FF.*. Cauchois, Hirscb, Malapert, de Saint-Jean; Lefrançois, 
1 er surveill.*., et Dalsace. 

Après les santés, il est fait une quête au profit des Maçons mal- 
heureux et de FOrphelinat maçonnique par les filles de nos FF: . 
Cauchois , Dalsace , de Croès et par la jeune sœur Alice Mayer et la 
recette prouve que la bienfaisance est le plus doux plaisir que les 
Maçons puissent éprouver au milieu d’une fête 

Fn concert attrayant, par le concours de chacun, précéda le 
bal. Ouvert à minuit, il se prolongea jusqu’à six heures du 
matin f I). 

A la même date la L.\ Des Artistes Réunis, O.*, de Li- 
moges, avait une fête d'Adoplion, qui attira quatre cents 
personnes environ et plus de 80 dames. Les grands rôles 
étaient distribués aux FF.*. Duchâtelet, Vén.*.. Beaubiat et 
Dubouché. (2) 

On imagina encore autre chose à Paris, des conférences 
en Maçonnerie blanche. C'est ainsi que furent inscrits à la 
L.\ l'Ecole mutuelle , et pour la date du 23 avril, le F.*. 
Jules Claretie qui devait y faire une élude sur Camille Des- 
moulin, et le F.*. Delorme désireux de pérorer sur la Révo- 
cation de l'Edit de Nantes. (3) 

Réclamer V instruction primaire gratuite et obligatoire , l'é- 
mancipation de la femme , telles sont toujours les questions 
que la Maçonnerie* inscrit à son ordre du jour ; aussi ne 
voyons-nous pas seulement les loges des grandes villes 
s'occuper de ces réformes, mais même de petits ateliers 


(1) Chaîne d' Union, 13 mai 1870, p. 100-102. 

(2; le Monde Maçonnique , mai 1870, p. 22-23. 
(3 ; Ch a 'me d' Union, 1 er mai 1870, p. 181, col. 2. 



4870 


362 


comme celui de Pontarlior. A l'installation de la L.\ Sincère 
, /*/ Parfaite Aaiifir, de cet Orient, le Vén.*. Lobot 11 e dit-il 
pas cuir autres choses : 

« Fl puis, mes FF.*., une conquête morale immense qu’aujour- 
« d’hui nous devons développer, c’e«t l'élévation du niveau moral 
o et intellectuel de la femme. Depuis trop longtemps ci contraire - 
« ment au droit naturel , elle a été considérée par l'homme comme 
« l'instrument Je ses passions et de ses- caprices. » 

Remplaçons l'homme par le Franc-Maçon et ce langage 
n aura rien de déplacé. 

Un chef d’œuvre du môme genre est certainement le rap- 
port du F.*. Scverano de llérédia, à la loge Y Etoile Polaire 
et dont celle-ci vota la publication en brochure. Cet individu 
qui devait devenir Ministre de la République Maçonnique, 
mais alors encore assez franchement arrivé de la llavanne, 
y disait : 

« Jusqu’ici quelle a été l'instruction donnée généralement à ces 
jeunes filles? (de la bourgeoisie et du commerce). 

« Vous le savez tous, cette instruction tronquée, dérisoire est 
surtout religieuse et mondaine . 

« Dans les pensionnats se sont perpétuées des traditions détes- 
tables. On remplit l’esprit de nos filles de billevesées sans utilité, 
de légendes religieuses qu'on leur fait accepter sans discussion et de 
futilités qui ne leur serviront jamais à rien , et souvent peuvent les 
perdre. Le catéchisme , le piano, un peu d'histoire de France et un 
peu de couture résument, je crois, toute l'instruction supérieure 
donnée dans la plupart des institutions. 

« NVst-ce pas tout simplement déplorable? De quoi peuvent 
être capables à leur sortie de pension, des jeunes filles élevées de 
la sorte ? » (t ) 

On ne relève pas des insanités pareilles ; il suffit de les 
signaler ! 

Le Monde Maçonnique (2) nous apprend que les questions 
proposées au Congrès Maçonnique des loges de l'Ouest, qui se 
tint, à Poitiers, le 22 mai, étaient : 

1° De l'influence de la confession sur les femmes . 

2° Le fanatisme religieux et le fanatisme politique sont les deux 
principaux pourvoyeurs des asiles d’aliénés, 

(1) Chaîne iV Union, 1 er juin 1870, p. 200, col. 2 cl 3. 

(2) Mai 1870, p. 



1870 


363 


Le journal l'Avenir Maçonnique rendit compte d’une bril- 
lante le te d'adoption qui eut le 10 juillet, à la L.*. /es Ami * 
réunis, O.*, de Bordeaux. Six fils et deux filles de Maçons 
y furent adoptés. Les Orateurs de cette solennité furent les 
FF.* Laterrade, Vén.\ ; Delboy, Bertin, Bussièrc, Orat.*. 
deJaL.*. Française Elue Ecossaise ; Hermifte. Membre du 
Cons.\ de l’Ordre. ( l) 

Le 21 juillet, la Fidèle Amitié, 0.\ de Perl huis (Vaucluse) 
eut sa ietc d’Adoption. Du discours prononcé par le F.-. Al- 
fred Maille, Vén.v et adressé aux dames, nous ne détachons 
que les passages suivants : 

t La Franc-Maçonnerie a compris comme font compris toutes 
les religions, toutes les sectes et tous les partis, de quelle influence 
étaient, dans la vie de l'Homme, les premières impressions reçues 
dans l’enfance. Elle sait combien sont difficiles à extirper les 
fausses idées, suite d’une éducation fausse ou mal dirigée. 

« Là, mes Frères, gît le problème, là est le nœud de ces ques- 
tions sociales, dont l’enfantement encore incomplet donne depuis 
un siècle des convulsions à la France. Ce n’est qu’avec l’aide des 
générations à venir que l’on tranchera ces difficultés. Cherchons 
donc à élever le niveau intellectuel de ces générations, à graver 
dans leur cœur une saine morale et dans leur ûme les qualités 
qui font les grands citoyens. Pour atteindre ce résultat, le pre- 
mier de tous les moyens, c'est de transformer d'une manière pleine , 
entière et radicale l'éducation des jeunes filles . Devenues mères de 
famille, elles exercent sur les sentiments, les croyances et le 
caractère de leurs enfants, une influence dont on n’apprécie pas 
assez la portée. Comment pourraient-elles contribuer à former ces 
générations d’hommes instruits, de citoyens honnêtes, d’àmes 
énergiques, si leur enfance s’est écoulée au milieu d'occupations 
futiles ou superficielles ne pouvant être d’aucune utilité pratique. 

« C’est dans la vie de famille que l’homme affermit ses résolu- 
tions, retrempe son courage; il faut donc que la femme puisse 
être réellement sa compagne, c’est-à-dire capable de le com- 
prendre, de le seconder dans l’accomplissement de ses devoirs, de 
le fortifier dans ses moments de défaillance. L’éducation des 
jeunes filles d’après le système que l’on a toujours suivi ne 
répond ni aux besoins, ni aux aspirations des Sociétés modernes. 
Appellerez-vous science, ces notions, vagues, fugitives et incom- 
plètes, qui sont au véritable savoir ce que la silhouette est à 
1 homme? Appellerez-vous étude religieuse, ces pratiques innombrables 


(1) Chaîne dt Union . 15 août 1870, p. 235. 



1870 


304 


et min ni irises de dévotion qui aboutissent à /a bigoterie et an fana - 
tisnir? Appellerez-vous étude morale, cette ignorance des dangers 
et des embûches de ta rie , dans laquelle on laisse les jeunes fille*, 
au lieu d’élever assez haut le sentiment de leur propre dignité 
pour rendre toute chute impossible. Qu’y a-t-il d’étonnant après 
tout cela, que fa volonté du prêtre , substituée à la loi de Dieu, 
vienne s'imposer jusqu’au sein du foyer domestique? L’impor- 
tance de la question est telle, que depuis plusieurs années déjà, 
elle préoccupe les esprits sérieux et éclairés. 

w Lu Francmaçonnerie en cela, comme en tout ce qui concourt 
au progrès, au bonheur elau perfectionnement du genre humain, 
a devancé l'opinion publique. De tout temps les femmes oxt été 
admises a participera ses travaux, et dans beaucoup de villes, 
des écoles ont été fondées qui fonctionnent sous son patro- 
nage. » (1) 

Alfred Maille et de Hérédia sont dignes l’un de Fautrc. 


Les événements se sonl précipités, l'Empire s'csl effondré 
loul-à-conp, au milieu d'une révolution accomplie eu pré- 
sence de l'ennemi. Sur onze membres du Gouvernement 
dit de la Défense Nationale ou du i Septembre, installé 
alors à Paris, dix sont Francmacons : les FF.*. Ara go, Gré- 
mieux, Jules Favre, J. Ferry, Gambetta, Garnier-Pagès, 
Glais-Hizoin, E. Picard, Pollclan, Henri Rochcforl e| 
l'omniprésent J. Simon. Nous avons trop souci de la vérité 
pour nous dispenser de faire remarquer que J. Ferry fut seu- 
lement initié, le 8 juillet 1873, en même temps que Littré 
et Henri Ghavée, à La Loge la C/rntm/e-Amifie, ().*. de Pa- 
ris. Si donc fen le Tonkinois n'était pas maçon de fait à celte 
époque, il appartenait déjà de cœur et d’actes à la secte. (2; 


On lisait dans 1 et Monde Maçonnique : 

« La Francmaçonnerie et ses principes, sous ce titre la Frater- 


(1) Chaîne dTnion, 15 «oût 1S70, p. 

(2) La Maçonnerie cosmopolite, croyant le lorrain tout préparé pour l'éclosion de scs 
principes et leur triomphe en France, nous envoya les FF,'. Garïbaldi, Riholi, Fmpolli, 
Rorrfonc. Ce dernier à sa qualité d’escroc ef do mouchard joignit, dans les dernières 
années de sa vie, celle de Uraud-Maîlrc du triangle luciférien St tint Jactjucs : fondions 
exercées maintenant par le F/. Larocque. 



1870 


365 


nidad publie plusieurs discours prononcés lors de l'installation 
du comte Paraty, comme Grand-Maître du G.*. 0.\ Lusitanien. 

« ... Si la majorité des peuples était composée de Maçons, la 
« propagande jésuitique ne ferait pas tant de prosélytes; certaine 
« partie du clergé n’abuserait pas de sa mission de paix et d’amour 
« envers le prochain pour fanatiser les masses; les filles ne seraient 
« pas arrachées à leurs pères , et le foyer domestique, l'abri des 
« joies douces et intimes de la famille, ne serait pas converti en 
« un lieu de tristesses et de douleurs... Déchirons le voile de 
« l’obscurantisme... Enseignons V enfance . Moralisons la jeunesse . 

« Nous arriverons ainsi au desideratum. » (Mai 1870, p. 41, 42), 

ÉTATS-UNIS 

« La Masonic Trouve! de Springfteld contient un article d’une 
<i dame qui signe « JF. A/., matrone du chapitre de Misraim. » 
n Cet article constate avec satisfaction la popularité croissante 
« dont jouit TOrdre de l’Étoile d'ürient (Eastern Star). Cet ordre 
possède des signes, des mots de passe et des moyens de recon- 
« naissance connus seulement des initiés. On y admet les per- 
« sonnes des deux sexes qui en sont reconnues dignes... » 

Dans son adresse mensuelle, le Grand-Maître de la Grande Loge 
del’Ohio disait : « J’ai été informé de la tendance des Frères de 
quelques parties de l’Etat à conférer un ou plusieurs grades 
« aux veuves et aux filles des Maçons, leur donnant à entendre 
« qu’elles font partie de la Maçonnerie. Ces Frères s’excusent sur 
« ce qu'ils voudraient assurer aux récipiendaires les bienfaits de 
« la sympathie maçonnique. Dans la longue série d’années que 
« nous retrace notre histoire maçonnique nous n’avons trouvé 
« trace d’aucun pouvoir, d'aucune autorité pour conférer aux 
« femmes un seul grade maçonnique... Je recommande à la 
* Grande Loge qu'outre la présente défense, elle interdise de per- 
« vertir à de tels usages les locaux qui ont été solennellement 
< f dédiés à la Maçonnerie. > (Id M p. 44-45). 

Il s’agissait dans l’espèce de grades masculins et non d'en- 
traver la Maçonnerie d’Adoplion. 

Une belle réception fut offerte au duc d'Edimbourg, se- 
cond fils de la Reine Victoria, par les Maçons de File Mau- 
rice. La L. * . la Triple Espérance avait été ornée avec 
goût. Dans la varangue, 0 jeunes filles décorées de l’écharpe 
verte tendaient aux arrivants des aumonières en cristal. Le 
Prince fit son entrée a neuf heures précises et fut reçu par 
le Docteur Poupinel de Valence, Vén.\ ayant h sa droite 
le F.’. Vigoureux de Kermorvant, 33 p , Officier d’IIonneur 



1870 — 30fi — 

du G.*. O.-, do France, le F. \ Bourdin, ex-Vén.*. etc., de. 
Après V exécution du Goil savr (lu* Qttem, le Prince fut pré- 
senté aux trois dames (P Honneur, mesdames llonrdin y Ca- 
uoiu'if/r rf Jourdain . Le premier quadrille fut formé. S. A. IL 
dansa avec Madame Canonvil/c, vis h vis de S. E. le Gouver- 
neur avec Madame Jourdain, Les danses se succèdent rapide- 
ment. A onze heures banquet. Toasts, à la Reine Victoria, 
au Prince et à la Princesse de Galles, à Napoléon III, Grand 
Protecteur de la Franc-Maçonnerie, etc., au Gouverneur et 
à Lady Uarfdfj, etc. Après le banquet, les danses recommen- 
cent parun lîeel(l) et continuent jusqu a trois heures du matin. 
Le numéro du Pror/rr's Colonial , contenant le récit de cette 
soirée fui communiqué à la Chatnr d'Union (2) par le F,*. 
Descombes, alors trésorier du Sénat et représentant en 
France de la Maçonnerie Mauritienne. 



(« La rose fut aussi l'emblème de la femme, et comme la 
croix ou le triple phallus symbolisait la virilité ou le soleil 
dans toute sa force, l'assemblage de ces deux emblèmes 
ollVe un sens de plus et exprime Fanion des deux sexes, 
symbole de la régénération universelle. » Le F.*. Bacon, 
Ordre Chapitrai Nouveau Grade de llosc-Groix, etc., p. 2{).) 

(1 , Seofch-rert, <ia»se écossaise. — Note de V auteur. 

(2) 15 août LS70, \k SW-âW. 



CHAPITRE IX 


1871 


e fut un « Chevalier Kadosch 
ou ‘10° du Rite Ecossais » 
c’est à dire un maçon con- 
naissant tous les grands se- 
crets de la secte, le secret 
infernal compris, le F.*. Adol- 
phe Thiers, qui devint, en 
1871, Président de la troi- 
sième République Française. 
Aucun de nos chefs d'Etat 
précédentsn avait eu ungrade 
aussi élevé dans la Maçonnerie que ce bourgeois riche qui, 
craignant pour sa fortune le socialisme et la confiscation, 
détestant le christianisme, fut toujours du Parti de la Ri ; * o- 
lulion . (1) 

Pendant la guerre franco-allemande et l'occupation étran- 
gère la plupart des ateliers maçonniques continuèrent leurs 
travaux, quelques-uns réservèrent même le plus fraternel 
accueil aux FF.*. Prussiens. Nous citerons, par exemple, la 
L*. L 'Union Fraternelle , O.*, de Troyes). 

Sous prétexte de patriotisme, mais tout simplement en 
vue de constituer un puissant moyen de propagande maçon- 
nique, le G.*. O.*, de France ouvrit, dès le 25 novembre des 
COURS GRATUITS de Langue Allemande, dont fut chargé 
M. Koch, professeur de FUniversité d'Etat. Augmentés 

(A) L’aigle noir à deux tètes, portant une couronne» ayant un poignard dans les 
serres, sert de bijou aux Chevaliers Kadoshs. 

(ii Voir la Revue Catholique de Coutances, 20 e année, n° 39, 23 juin 1893 r 
p. 51G-520. 




1871 


aos — 


depuis, ces Cours sont fréquentés annuellement par plus de 
mille jeunes gens des deux sexes. Xous savons de source 
absolument certaine que nombre d'élèves qui les suivent 
appartiennent aux sociétés fondées parles Frères des Ecoles 
chrétiennes. Ne rencontrant pas l'équivalent chez les catho- 
liques, ils n'hésitent poinl à franchir le seuil de l’iiotel de ht 
rue Cadet, perdent insensiblement leurs bons principes et 
sauf de rares exceptions, cèdent aux sollicitations de la secte, 
en grossissent plus tard les rangs. 

Le 2G novembre 1871, pour rehausser la cérémonie de son 
installation, la L.-. Ecossaise V Etoile Limousine (O.*. de Li- 
moges) adopta trois petites tilles : 

Herthe liou/a, née le IG mai LSGL ; Jeanne Marchais, née 
le 31 mai 1802 et Marie lîoarnissoa, née le 2 août (NON. Elles 
reçurent les vocables suivants : Yit/i/antc, Espérante et Cons- 
tance. La Chaîne d’ Union (I) laisse supposer qu'il n'v eut pas 
de femmes à celte tenue. 

1872 

La L.-. /es Enfants de Uen/ni'ie y (J.*, de Clermont-Ferrand, 
eut, le II janvier LS72, une tenue de Maçonnerie blanche 
consacrée à l'adoption d'enfants. Après avoir remercié les 
Dames de leur gracieux concours, rappelé « leurs devoirs vis 
h vis des enfants », on préconisa la bonté f/ai met en anmnani- 
« ration /es i tiens et /es ntaa.r et f/ai est partant, da soleil à /a 
« terre , la (Irnnde Médiatrice des Et res,.. ». (2) 

L’Ecole laïque de jeunes filles de la rue .lean-Lanlier.n 0 17, 
fut inaugurée le 2 avril. Immédiatement après l'ouverture 
delà séance parle Vén.*. de la L.-. L 'Avenir, le F.-. X. Tré- 
bois, président du Conseil d'administration de cet établisse- 
ment, « la Directrice est venue expliquer le programme 
qu’elle entendait suivre, pour développer l'intelligence des 
enfants qui lui seraient confiées. Ce programme, très netel 
très précis, valut à l’oratrice l’approbation générale. » Le 
F.*. Colfavru, Membre du Conseil de l'Ordre et Vén *. de la 
L.*. le Traçai/ « démontra la nécessité de donner une ins- 
truction sérieuse aux jeunes tilles, si on voulait qu’un jour, 
devenues mères, elles élèvent dignement leurs iils. » (3) 11 


(1) Février 1 «75, p. Il 2. 

(2) Monde Maçonnique, mars et avril 1872, p. 5VC>-5%. 
py Monde Maçonnique, mars cl avril 1872, p. 5'J3-5‘.M. 



4872 — 3C>9 - 

est facile de deviner en quoi consiste cette instruction, sur- 
tout si, en dehors de ce que nous savons déjà, nous lisons 
attentivement les fragments suivants du discours prononcé 
à la Fidèle Maçonne , loge androgyne de Cherbourg, ayant 
pour sujet : Des Ecoles laïques et prononcé, pendant le pre- 
mier semestre de 1872, par le F.-. Daumain, capitaine d’in- 
fanterie de marine : 

« A quel sexe donnerons-nous rinslruction ? Nous n'avons pas 
& hésité à donner la préférence à l'éducation des filles. D’abord 
« parce que les Ecoles communales laïques de garçons sont assez 
« nombreuses pour que le pore de famille ait le choix entre l’ins- 
« lihiteur laïque et les congréganistes. Par contre pas une seule 
« école laïque de filles n’existe. Cette raison seule serait péremp- 
« toire. Une autre considération cependant vous frappera comme 
« nous. C’est le rùle important delà femme dans la famille, dans 
« la société, nous n'hésitons pas à le déclarer, la priorité des 
« rôles sociaux est à la femme et les trois quarts de notre exis- 
« tence subit son influence, car l’épouse reprend toujours pour 
« l'homme viril la tache interrompue par la mère. Qui oserait 
« donc nier l'influence de la femme ? Cette influence se fait hélas! 

» sentir jusque dans ce temple, nous lui devons la démission de 
« plusieurs frères et l'indifférence de quelques autres . Cette influence 
« qui éclaircit jusqu’aux rangs maçonniques, sera le seul obstacle 
« sérieux de notre œuvre, La faiblesse de la femme fait sa force, 

« et je ne connais qu’un seul moyen, qu'une seule arme pour 
« échapper à sa domination : c’est le raisonnement logique qui lui 

c« fait palper la fausseté des principes quelle veut nous imposer » 

«Tous le savez, mes FF.\,h? jeune homme , d’une nature d’ailleurs 
« moins impressionnable, auquel on accorde volontiers certaine 
« liberté d’action, de laisser-aller, digère assez difficilement les 
« bourdes cléricales . A peine sorti de V école, une existence nouvelle 
« commence pour lui : le bureau, l’atelier ont remplacé la classe; 

de larges horizons s’ouvrent devant ce papillon sorti de sa 
« larve, il prend son vol , et laisse de coté tout bagage religieux . * 
u Jusqu'à son union il échappe donc aux influences cléricales ; il 
a lu et voyagé, la vérité s'est dégagée pour lui du contact des 
hommes et des choses, il croit son indépendance religieuse assu- 
rée , mais il compte sans les congréganistes qui lui ont façonné 
l’épouse qui doit le faire rentrer dans le giron de F Eglise. Le jour 
du mariage, le rùle de la femme recommence donc, et si grâce 
iila fermeté de ses convictions, l'indépendance de l'homme ne 
fait pas naufrage, s'il s'échappe à l’ascendant de l’épouse, les en- 
fants n’échappent jamais à celui de la mère...» 


MAÇONS. 


24 



4872 


370 


« L'ignorance de la femme , secondée par son influence, est donc 
le point de départ de notre société; les Jésuites le savent, aussi 
n’onl-ils garde de laisser échapper de leurs filets leur unique 
moyen de domination. » 

« Ils savent parfaitement que la jeune fille est la sensitive de 
l'humanité; que sa nature impressionnable, nerveuse, garde fidè- 
lement les empreintes profondes d'une éducation mystique que 
son existence régulière et plastique n'effacera jamais. Cette intel- 
ligence vierge est donc pétrie, dénaturée et drossée pour le rôle 
social que Ton attend d’elle. Tout sentiment du vrai, du possible, 
est soigneusement effacé de son esprit. Enfin, après le couronne- 
ment de l’édifice, après la communion, quand ils n’en foui pas une 
recrue, ils rendent h la famille, à la société, une intelligence faus- 
sée, connaissant les insanités souvent immorales de l'histoire 
sainte et sachant par cœur le catéchisme , défi gigantesque jeté par 
l'ignorance à la face des siècles , mais ignorant parfaitement quels 
devoirs sociaux elle aura à remplir. L’enfant est donc rentrée au 
foyer domestique, et l’épouse, dont la fille continuera plus tard le 
rôle, compte une auxiliaire de plus contre Tin dépendance reli- 
gieuse du père. 

« Mais avant de lâcher sa proie, l'Eglise a donné h l’enfant un 
directeur ou plutôt un maître qui, au nom de ces principes, diri- 
gera plus lard l’épouse et la mère de famille. 

« 11 sera par elle, le directeur et le confident du ménage, il étu- 
diera avec elle le défaut do cuirasse du chef de famille ; d'après 
sos conseils elle emploiera pour vaincre ses convictions tout 
l'arsenal dont la femme dispose : les caresses , les larmes, les obses- 
sions constantes , tout est mis en jeu sous l'influence du prêtre. C'est 
par cette influence que s'éclaircissent Je s rang de nos FF.\ ; cela 
est triste à dire, mais cela est. La défection d'un Maçon est une 
grande victoire pour les fils de Loyola , car ils ne peuvent l'obtenir 
que par la femme. Qae de drames intimes dont le point de départ 
est le Confessionnal ? Voilà mes FF.*, les influences qu’il faut 
combattre, en face, par l’éducation laïque de la femme, en reti- 
rant contre les apôtres de l’ignorance leurs propres auxiliaires. »(i) 

L’auteur d’un pareil discours, au lieu de servir dans une 
armée humaine, méritait réellement l’emploi de capitaine 
des gardes de Lucifer. Avec quel fiel et quelle perfidie ne dis- 
lille-t-il pas son venin? Comme c'est bien l’un des dignes 
précurseurs des PalJadistes Ré-Théurgisics Optimales. 

Une pompe funèbre fut célébrée, le 20 novembre 1872, par 
la L.-. la Clémente Amitié Cosmopolite, ().*. de Paris, en nié- 

(1) Chaîne éC Union, juillet 1872, p. 381-387. 



371 


1872 

moire de ceux de ses membres qu’elle avait perdus depuis... 
1860!! 

Après l’ouverture des travaux, le F.*. Lebourgeois, Yen.*, 
dit aux Sœurs : 

« Depuis longtemps déjà TT.*. CC,\ SS.*, la Maçonnerie vous 
« admet à ses fêtes, elle multiplie ainsi ses satisfactions en vous 
« invitant à les partager. 

« Celles de vous, TT.*. CC.\ SS.*, que nous avons eu le bon- 
heur de posséder à l'une de nos fêtes, doivent se rappeler qu’au 
lieu de ces tristes tentures, nos décorations étaient splendides, 
partout, tapis, lleurs et glaces, tapis moelleux pour reposer vos 
pieds, lleurs charmantes pour égayer vos regards, glaces pour 
refléter et multiplier vos belles images... » 

« La Loge a pensé, dis-je, qu’il n’y avait aucun inconvénient 
et tout avantage à créer un lien de plus entre nous » 

VAgnusDei (de Mozart), le St abat Mater, de Rossini, l 'Ave 
Yerum de Batiaille et une marche funèbre furent exécutés. 

Chose stupéfiante ! Le F.*. Duhamel, Membre du Conseil de 
FOrdre, exprima aux Sœurs participantes à la pompe funè- 
bre, les sentiments de reconnaissance, d’estime et de respect 
de rassemblée. (1) 

C’est aussi vers 1872 qu’une certaine Madame Sezzi, ou 
S: •: Sezzi, allait de loge en loge pour donner des conférences. 
Le Bulletin du G.\ O.*, de Fr. mentionne celle qu’il fit à 
la L.\ la Sincérité, O.*, de Reims. 

1873 

Le 13 avril 1873, une fête d’adoption fut donnée par la L.*. 
Les Hospitaliers, de Saint-Ouen. Le F.*. Lecocquierre profita 
de Foccasion pour dévoiler une fois de plus les plans de la 
secte : 

« Nous croyons pouvoir affirmer, dit-il, que l'instruction doit 
être exclusivement laïque. Au nom de la liberté de conscience , nous 
croyons que les exercices religieux doivent être bannis rigoureuse- 
ment de V école Une des questions sociales qui se rattache di- 
rectement à celle de l’instruction et de l’éducation et qui nous 
préoccupe le plus vivement, cest Y émancipation de la femme . » (2) 

« La femme exerce une influence considérable dans la société 
et dans la famille ; elle est appelée à remplir le plus grand et le 
plus noble de tous les devoirs, car c’est à elle qu’est confiée la 

(1) Ibid., janvier- février 1873, p. 54 à 57. 

(2) Sos lecteurs doit eut lire: c’est la corruption de la femme! 



1873 


372 


terrible responsabilité de l'éducation première de l'enfance. C'est 
elle qui porte en nous les premières lueurs de la raison, c’est elle 
qui doit nous préparer vaillamment h la lutte du bien contre le 
mal. Donc le meilleur moyen de bien élever les hommes, c‘est 
de bien élever les femmes. 

« Pour arriver à ce beau résultat, nous devons redoubler d'ef- 
lbrls, travailler avec ardeur à la propagation des écoles laïques 
de jeunes filles . » (1) 

Disons que la jeune Loicfonne Trucht/. ù laquelle on avait 
parfaitement appris sa leçon d’avance, exprima au nom de 
ses compagnes toute sa reconnaissance envers les Orateurs. 
Une collecte fut faite par les SS:*: Mouynon cl Nédonr/iel/e. 

La L.\ Les Traeailleurs, O.*, de Lcvallois-Perret, eut aussi 
une fête d'adoption qui commença par l’introduclion des 
Sieurs et des Dames. Le Yen. F.-. ColJange Jour adressa cha- 
reusemen! la bienvenue. « Le discours de la S:.: Hardouin 
fut couvert par trois salves d’applaudisscincnts. Il excita un 
véritable enthousiasme. » 

« Lu S:-: Ellis (En maçon.’. S:-: Douceur) rappela son ini- 
tiation, qui datait déjà de plusieurs années et raconta les im- 
pressions qu'elle avait éprouvées. « Nous étions quatre à la 
« dernière réception de Sœurs, dil-elle encore : Une d'elles 
« la S:*: Yalayon n'est plus... Une nuire la S:-: Daijieu.r a 
« quille avec son mari noire ville... » 

« Ou’il me soi l permis maintenant d'adresser au Vénérable 
« et à la (irandr-Muifrcsse des remerciements sincères pour 
« notre réception cl de me réjouir de voir une aussi char- 
« manie société répondre à notre appel. » (2) 

On lisait dans la Chaîne d'Union, d’aoùt-scplcmbre 1873. 
p. ;itï : 

Sai.\t-Pi;ms. — Maçonnerie des Dames. 

« Le jeudi, 18 courant, la Société (1rs Dames humanitaire* de 
l'Eve nouvelle , O.*, de Saint-Denis, a ou une séance des plus in- 
téressai! les. 

« Los Sœurs patronnesses rendirent d'abord compte des œu- 
vres de bienfaisance accomplies par elles dans le courant du 
mois qui vient de s’écouler, puis il s'agit d'initier une jeune per- 
sonne gui avait demandé la faveur d’entrer dans la Société. 

« Cette initiation , faite ù J’aide d’un Rituel composé par notre 

(1) Chaîne tV Union, Juin 1K73, p. 302-303. 

(2) Jhid.y juillet 1873, p. 302-305. 



373 


1873 

5.*. Moreaux , Grande-Maîtresse , « été du plus vif intérêt \ la jeune 
néophyte a répondu fort sensément aux diverses questions qui 
lui ont été posées et prouvé que les personnes de son sexe peu- 
vent aborder aussi facilement que les hommes les idées philoso- 
phiques. 

« Nous avons vu avec plaisir que notre S.-. Moreaux a renoncé 
au Kituel antique de la Mae.*. d’Àdoplion, dont les formes suran- 
nées et puériles ne pouvaient que donner une piètre idée de no- 
tre belle Institution. 

« Nous applaudissons des deux mains à l'introduction des 
femmes dans la Maç.\ ; on parle pompeusement d'émancipation, 
eh bien î VÀt.\ Maç.\ est le véritable laboratoire de celte émanci- 
pation... » 

La L.\ écossaise Union et Bienfaisance, 0.*. de Gcntilly, 
organisa des cours d'enseignements élémentaires auxquels 
furent admis non seulement les Maç.\ mais encore leurs 
femmes et leurs enfants. (1) 

La Loge des Amis réunis, 0.*. de Bordeaux, célébra le 29 
novembre 1873, une fête d’Adoption. Près de 400 personnes, 
parmi lesquelles plus de 130 dames, occupaient le local des- 
tiné à la cérémonie. Les enfants au nombi'e de dix, dont trois 
jeunes filles, ont été placés en face de l’autel. Un concert a 
succédé, puis un banquet auquel ont assisté près de 200 
convives, parmi lesquels on comptait environ GO dames. (2) 

Les Ateliers de Perpignan, de l’obédience du Suprême 
Conseil, consacrèrent de nombreuses séances h des travaux 
de philosophie, etc. Non contents d’avoir ouvert leurs tem- 
ples à des conférences Maçonn.*. ils donnèrent des bals et 
des concerts. (3) 

La Chaîne (l'Union publiait la note suivante, dans sa li- 
vraison de décembre 1873, p. 31. 

« Suisse. La Vérité. Le numéro du 7 novembre a un premier 
article qui élève quelques doutes sur le bon effet que peut pro- 
duire dans l'esprit et le cœur des femmes, leur participation à 
des réunions de Maçonnerie d'Adoption. L'auteur y voit plus d'in- 
convénients que d'avantages. 

« Je ne suis pas de son avis. Je parle par expérience ; comme 
Président de Loge, j’ai tenu à honneur et à devoir, dans maintes 

(1) Bulletin des Travaux du Suprèine Conseil de Belgique , n° 17, 1873-1874, 
r. 10*. 

(2) Ibid., id., p. 108-109; — Chaîne d'Union, février 1874, p. 121. 

{3) Bull, des Trav. du Sup . Cons. de Belgique, id. p. 108. 



374 


1873 

circonslanccs, d'organiser et de présider des séances d'Adoption, 
et les effets on furent toujours salutaires et conquirent à l'Insti- 
tution les cœurs do toutes les assistantes ; seulement il y a Ma- 
çonnerie et Maçonnerie d'adoption. Dans ces genres de travaux, 
il faut un grand sens et un grand tact . » 

Il paraît que ce grand sens et ce grand talent étaient mo- 
nopolisés parle F.-. Eugène-Esprit Hubert, directeur de la 
Chaîna d’Union et auteur do ces réflexions!! Au mois de 
février 1874, le F.*. Hubert revint sur ce sujet et écrivit : 

« Allemagne. — Der Zirkel de Vienne (Autriche), n° 21, du 
13 décembre 1873, traite dans un article sommaire la question 
suivante : Les femmes pourront-elles prendre part aux mystères de 
la Franc-Maçonnerie ? L'auteur répond dans un sens négatif. 

« Ainsi qu’on l'a vu, faisait remarquer le F.*. Hubert, en note, 
« le journal la Vérité de Lausanne, examine cette meme question. 
« Le débat peut offrir de l'intérêt ailleurs que dans la famille 
« maçonnique française, où la question a été favorablement réso- 
« lue. Nous admettons nos femmes et nos enfants à participer 
« dans une certaine mesure à des travaux maçonniques mitigés 
« et l’expérience a grandement démontré que c’était une bonne et 
« excellente pratique. H.\ » (p. 139.) 

Veuve d'Urbain Rallazzi, Marie-Sludolmine Bonaparte 
Wf/se convole, en Iroisièmes noces, avec AL DcRute, député 
aux Cortès Espagnoles. 

Résolu a faire cesser tout bruit concernant la Alaçonnerie 
féminine, le F.*. Besançon l’un des grands Lucifériens hel- 
vé tiens, concilia dans la Vérité, organe maçonnique de la 
Suisse Romande, que la femme n’est réellement femme 
qu’à Ja condition de rester dans l’ombre, de ne pas s’exposer 
aux regards, qui sont déjà un outrage à sa pudeur. Sa place 
est au logis, près de ses entants, dont elle forme l'esprit 
et qu elle prépare aux combats de la vie. Tout le charme de 
la femme s’évanouit lorsqu’elle parle du haut d’une chaire et 
qu elle fait la leçon à l’humanité. » ( Chaîne d’Union , même 
livraison, p . 112). 

Notre sentiment intime est que le F.*. Besançon voulait 
donner le change. D’une pari, le public profane pouvait croire 
que les Suissesses étaient rigoureusement écartées de la Ma- 
çonnerie ; de l’autre, en effet, le F.*. Besançon semblait 
fermer les ateliers aux proches parentes de ses frères et les 



1873 — 375 — 

leur fermait peut-être effectivement, sauf exceptions bien 
entendu. Mais il n’en ouvrait pas moins toutes grandes les 
portes à d'autres créatures perdues et vicieuses, prêtresses 
de l'amour libre, dansl’union libre, par exemple. Conclusion, 
il n osait pas initier à ses mystères toutes les femmes et les 
lilles de ses frères. Et certes ce n’était point par respect pour 
elles, mais uniquement le résultat d une tactique habile et 
satanique. 

Le Bulletin de la Maçonnerie Symbolique du G,\ Or. 
d’Espagne, du 15 décembre 1873, annonçait que le 18 no- 
vembre précédent quatre lowtons avaient reçu le baptême 
maçonnique dans la L.*. Capitulaire Loyauté , 0.*. de Bar- 
celone et cela en présence d'un grand nombre de dames. (1) 
Cette Loge était placée sous l'obédience du G.’. 0.’. Uni 
Portugais. 

Le Monde Maçonnique (2) enregistrait un événement qui 
avait aussi son importance. Il disait : 

« L 'Ordre de F Etoile Orientale , dont nous avons constaté, dans 
« un de nos derniers numéros, le rapide accroissement aux 
« Etats-Unis, vient de faire son apparition dans la Grande-Bre- 
« tagne. C’est à Glascow, que le F.*. Schild, muni de pleins pou- 
« voirs du Grand Chapitre de New-York, vient de fonder le prê- 
te mier chapitre de cette pseudo-maçonnerie, sous le titre distinc- 
te tiî de Chapitre Victoria , en l’honneur de la reine, qui est fille 
« et mère de maçons. Grâce à celte innovation la Grande-Bretagne 
« a dépassé même les Etats-Unis en institutions exlramaçon- 
<t niques. » 

C’est probablement pour ne pas se laisser distancer par 
l’Angleterre qu’une nouvelle Francmaçonnerie fut créée aux 
Etats-Unis, cette même année 1873. Le Freamason , de Saint- 
Louis (Missouri) en parlait ainsi : 

« Cette Société se composera de membres qui sont les produc- 
« teurs de la substance alimentaire, Pâme vitale de la nation. 

« Nous voulons parler de la paysannerie. Cette Société sera 
« secrète. Hommes et femmes y seront admis à tous les privilèges 
« des Granges . 

« Les membres admis au premier degré seront connus respec- 
te tivement comme garçon et fille de ferme . — Deuxième degré, 

« cultivateur et bergère . — Troisième degré, moissonneur et gla- 

(!) Bull, des Trai\ du Supr. Cons. de Belgique , id., p. 10 o* 

(2) -Novembre 1871. 



37G 


1873 

« neuse. — Quatrième degré, paysan et matrone . Le cinquième 
« degré sera conféré seulement dans les Granges-Mères , compo- 
« sées de Maîtres et Maîtres Passés des Granges subordonneés, 
« ainsi que leurs femmes, qui sont matrones . Ceux admis à ce 
« grade s’appelleront Membres de Pomone ou de la Grange de 
« l'Espoir . L’emblème de ce degré est Flore (Charité). Le septième 
« degré et le plus élevé, est conféré seulement aux membres du 
« Séant National , qui comprend les membres du Conseil attachés 
« depuis un an à ce corps. Les membres de cette catégorie sont 
« chargés du travail secret de la Société et constituent une 
« Chambre d 1 2 Appel de toutes les affaires de la Grange Nationale . 

« Les officiers des Granges subordonnées sont élus pour un an; 
« ceux des Granges communales pour deux ans; ceux des Granges 
« National* s pour trois ans. 

« Les Granges subordonnées doivent se réunir au moins une fois 
« par mois, les deux autres une fois au moins par an. 

a Le mot Grange équivaut à nos Loges et dérive du mot latin 
« granum (grain). 

« Lu Anglais, Grange, signifie une ferme, comprenant tous ses 
« ustensiles. » (1) 

Le rapport du F.*. Kappus(2), membre delà Grand** Loge 
Eclectique de Franc fort-s-M., dont il fut donné lecture au 
cercle maçonnique, sous le litre de Les Clairières de la Foret 
Noire , fondé à Seckingen, sous la direction de la Loge cons- 
tituée à Frey bourg, reconnaissait qu'en 1873, dans le Mary- 
land sud, le Comité d’Inslruction des Odd Fellotcs exerçait 
sa surveillance sur 2,1 H pauvres enfants !! Autant de re- 
crues pour grossir plus tard les rangs des Lucifériens ! 

Au Brésil, la L.*. Greniio Pliilantropico eut une fête su- 
perbe à laquelle furent admises les familles des Maçons. (3) 

1874 

La S:.\ Moceau.r, Grande-Maîtresse des Dames humani- 
taires à la l 'aller de Saint-Denis, assista, le 9 février 1871, à 
la fête d’adoption de la L.*. les Zélés Philanthropes , de Gre- 
nclle-Vaugirard, rue Croix-Xivert, n° loi. (l)Melz, poésie du 
F.*. Sicbeckcr y fut dite par la lowtonne Blanche Joaard et 


(1) Chaîne d'Union, amïl-scplcmbro 187.5, p. 501-5(52. 

(2) Bull, des Trttr . du Sup. (Ions, de UeUfique , id,, p. 71. 
(a) Chaîne tC Union , dércmfore 1*7:), p. 50. 

(1) Ibid., mars 1871 p. 10*. 



1874 


377 


Les Vertus ou la Loi de la Maçonnerie, poésie du F.-. Chu- 
zet, fut récitée par la lowtonne Céline Turpin . (1) 

Le 1 er Mars, la L.*. les Amis Philanthropes et discrets 
réunis, 0.\ de Versailles, sous la présidence du F.*. Albert 
Joly, Vén.\ célébra sa fête solsticiale. Les dames fu- 
rent admises au banquet qui suivit la tenue régulière. (2) 
C’est le F.*. Albert Joly, qui, au mois de juillet 1871 con- 
seilla à Henri Rochefort, décrira au F.-. Gambetta cette 
lettre où il lui demanda d’intervenir en sa faveur et où on 
lisait textuellement ce passage : « Vous devez avoir , mon 
« cher ami , une influence très sérieuse sur M. T hiers , omjgis 
« qu’il est de compter avec vous plus qu’avec personne. » 
Le F.\ Gambetta fit immédiatement, auprès de C.-. K.-. 
Tliiers, la démarche qui lui était demandée et le F.-. Thiers, 
docile, pesa de toute son influence sur la commission des 
grâces pour sauver la tête de Rochefort, avec lequel, comme 
avec le F.*. Gambetta et autres « il était en partie liée. » 

Le 19 mars, la L.*. des Amis Bienfaisants et Imitateurs 
d’Osiris réunie, pour sa fête solsticiale, eut un banquet, pré- 
cédé d'une adoption maçonnique de douze lowtons et low- 
tonnes. Voici les noms de ces dernières : Jeanne- Alesan- 
drine Cornet ; — Blanche-Julie Pierron ; — Julietle-Léonie 
Pierron ; — Blanche Raulin ; — Alice Lussan; — Léontine 
Lussan ; — Marie Lussan. 

Parmi les Sœurs présentes, la Chaîne d’Union (3) cite : 
les SS: : Blanchon , femme du Yén.\ des Amis Bienfaisants 
et sa fille ; — Marie Delmont ; — Louis Blanc ; — Talan- 
dier et sa fille ; — Gachard ; Lussan. 

Le 29, les LL.*, les Amis de l 9 Humanité f O.*, de Montrouge, 
les Cœurs Indivisibles, O.*, de Bagneux, la Solidarité, O.*. 
d’Issy et les Zélés Philanthropes, O.*. de Vaugirard, eurent 
une tenue de Maçonnerie blanche, au local maçonnique, 
rue de Vanves, 69. Nous extrayons du Programme les nu- 
méros suivants : 

2. Pourquoi tant d'hommes sur la terre, chanté par la lowtonne 
Léonie Berger. 


(1) Monde Maçonnique , février 1874, p. 465-4t>6. 

(2) Ibid . » id., p. 46ü. 

(3) Avril 1874, p. 233 et suiv. 



1874 — 378 — 

G. Une poésie de Victor Hugo , par la lowlonne Blanche Jouard, 


10. Le petit Ramoneur , récité par la lowlonne Archimbault . 

13. Le Maçon voyageur , par la lowlonne Céline Turpin. 

14. Mes chers Petits , chanté par la lowlonne Léonie Berger . 

« Depuis quelque temps, disait Monde Maçonnique (!) 
les tenues de Maçonnerie blanche se multiplient dans la 
banlieue de Paris. Elles ont rimmense avantage de rappro- 
cher les Maçons cnlre eux, etc.» Femmes et enfants, étran- 
gers présentés par des FF.*, et étrangères y prirent part. 

Voici un fragment du discours du F.*. Notelle, Orat. de 
la L.\ Le Travail et Persévérante Amitié , prononcé en fô te 
d'ordre et d'adoption, le 1 ï avril : 

« Chères Sœurs, vous aussi Mesdames qui êtes, mais qui, nous 
« l’espérons, ne serez pas toujours étrangères à la Maçonnerie, 
« vous ne déclinerez, pas ce litre de Sœurs... (2). 

« Vous êtes nos coopératrices obligées dans l'œuvre maçonnique 
« de progrès et de moralisation. En effet, la première condi- 
« tion de tout progrès sérieux et durable, est que la régénération 
« nouvelle y soit préparée par une bonne éducation, et la mcil- 
« leure éducation a pour fondement celle que l’enfant reçoit avec 
« les soins de sa mère, celle qu’il commence à sucer avec le lait 
« maternel. » 

La distinction subtile que le F.-. Notelle établit entre les 
Sœurs Maçonnes et les Dames profanes ne constitue-t-elle 
pas un argument indéniable en faveur de notre (hèse ? Enfin 
la Maçonnerie marche avec plus de cruauté encore sur les 
traces des religions païennes. Chez les Carthaginois, on 
offrait des sacrifices à Moloch. De malheureux enfants étaient 
jetés vivants dans un brasier ardent, ou enfermés dans une 
statue de Saturne qui était enflammée. Leurs cris étaient 
étouffés par le bruit des tambours et des trompettes. Les 
mères se faisaient un point d'honneur d’assister à cet hor- 
rible spectacle l'œil sec et sans pousser aucune plainte. 
Elles allaient jusqu'à caresser leurs enfants pour apaiser 
leurs cris, dans la crainte qu'une victime offerte de mau- 
vaise grâce aux dieux ne leur déplut. La Francmaçonnerie 

(1) Avril 1871, p. oOU cl suiv. 

(2) Chaîne d' Union , juin 1871, j.. 350 cl suiv. 



379 


1874 

exige davantage, elle qui s’en prend à Taine même des 
femmes et des enfants, elle veut obtenir que les mères de- 
viennent infâmes, qu’elles donnent en même temps que le 
lait destiné à soutenir la vie physique, le poison lent et fatal 
qui occasionnera la mort éternelle de lame. 

* Un grand nombre de Dames et de Sœurs étaient pré- 
sentes, le 9 mai, à la tenue et au banquet de la L.*. Chapitrale 
Saint Pierre des Vrais-Amis et Jérusalem des Vallées Egyp- 
tienne s, au Grand-Grient. » Le F.'. Alexandre Roy s’exprima 
ainsi : 

« Mes Sœurs, 

« Au nom de la Maçonnerie, mes Sœurs, nous vous saluons en 
cette fête des fleurs : Que la Rose soit avec nous î Mais il n’y a pas 
que la Rose pour être belle entre toutes les fleurs et les femmes. 
Nous vous saluons toutes, mes Sœurs, dans le langage du prin- 
temps qui nous réunit tous les ans à la table fleurie du Grand- 
Orient de France. 

« Vos écharpes sont déjà un langage qui parle à nos idées et à 
« nos sentiments, et leurs couleurs blanches et bleues, s’ac- 
« cordent avec nos gants, aussi bien dans la langue profane que 
« dans la langue sacrées » (I). 

Le 21 juin, les LL.*. Amis de V Humanité ; Cœurs Indivi- 
sibles; Solidarité et Zélés Philanthropes se réunirent en un 
banquet et le F.*. Auvert, Vénérable, dit spécialement aux 
Sœurs : 

« Une ligue s’est formée pour propager l’enseignement, fonder 
« des bibliothèques, établir des cours et conférence. Qui est la 
« tête de cette Ligue de ï Enseignements ,Un franc-maçon, Jean 
« Macél 

« Les dames se sont piquées d’émulation; elles ont fondé des 
« écoles professionnelles, d'où l>s jeunes j Ules ne sortent point 
« comme des couvents , ignorantes des choses de la rte, mais où elles 
« apprennent une profession qui leur permette de vivre honora- 
is hlement. Je suis même chargé de solliciter une demi-bourse à 
« l’une de ces écoles pour la jeune fille d’un de nos FF.*, atteint 
« d’une maladie incurable, et au cas où nous ne pourrions l'obte- 
« nir, douze FF.*, se sont proposés pour payer la demi-pension. 
« Et ces dames directrices des écoles professionnelles, présidées 
« par M m ' Jules Simon , qui sont-elles ? La plupart des femmes de 
« Francmaçons ». (2) 

(1) Chaîne d' Union , juillet 1874, p. 123 et suiv. 

(2J Ibid. j août-septembre 1871, p. 543. 



380 


1874 

Nos lccleurs n’ont pas oublié avec quel manque de tact 
Madame Jules Simon, après le i Septembre 1870, atïectait 
de faire scs courses dans des voitures provenant des équi- 
pages de l'Empereur ou de l’Impératrice et dont on n avait 
pas enlevé les armes. La femme de (Jflti jouait aux prin- 
cesses !! et semblait prendre à cœur de rééditer un mot 
célèbre. 

À la fêle solsticiale de la L.-. n" 1 17, Héros de V Humanité , 
le 18 juillet, à PElysée-Ménilmontant, 4 lowtons furent 
adoptés, ainsi qu’une petite fille, Jeanne-Marie Steimetz , 
qui fut décorée du nom de Candeur. Nous lui souhaitons 
d'en rester toujours digne. La Colonne d’Harmonie fut tenue 
par deux autres lowtonncs, filles du F.\ et de la S: . : Letellœr. 
Une Odeau.r Sœurs fut dite parle F.*. Toupillicr, Yén.\ de 
la L.\ Les Elus d’Hiram (aloi's en sommeil) : 

Mes Sœurs, en vous voyant, souriantes, parées. 

Consacrer l'union des Frères, des Maçons, 

Je vois, dans l'avenir, les aurores dorées, 

Vous ôles près de nous, nous nous réjouissons, etc. (1) 

C'est assez faible ! 

Nous regrettons très vivement de n’avoir pas encore pu 
découvrir qu'elles étaient les fautes passibles des amendes 
que la N:-: Créju/-I>irnaimé inlligcait a ses FF.*, du Mont- 
Laonnois , O.*, de Laon, pendant les amusements androgynes 
et plus ou moins mystérieux de cet atelier, notamment à la 
tenue du 20 juillet ? (2). À celle Maçonne comme à la Sœur 
LefeUier, nous disons au revoir et non pas adieu ! 

Le <> septembre, autre fête d’Àdoption, célébrée par la L.\ 
n° 99, Jérusalem Ecossaise , O.-, de Paris, dans le Grand 
Temple de la rue Jean-Jacques Iiousscau. 

Les travaux furent ouverts à deux heures, puis on intro- 
duisit, avec le cérémonial d’usage, les Sœurs el les enfants. 

Le F.*. Toupillcur (dont la loge dormais toujours), traita 
un sujet assez scabreux, du moins à notre humble avis : Ce 
tfue sont les Maçons, ce qu’ils veulent ! 

Il adjura les Sœurs d’aider leurs FF.', à faire des enfants, 
des hommes, des citoyens, d’aider les Maçons dans leur Julie 
contre l’obscurantisme et l’iynorance . Adoption de lowtons. 

{i) Ibid., id.. p. 527 et suiv. 

(2) Ibid. y id., p. 5G0. 



381 


1874 

Le F.*. Godineux, Secret, lut T Ode à nos Sœurs, du F.*. Tou- 
pillcur probablement. Chant de lowtonnes et banquet. (1) 

Le même jour, la L.*. 1rs Cœurs Indivisibles, de Bagneux, 
donna une tenue d’adoption à laquelle assistèrent un as- 
sez respectable nombre de Sœurs. La conférence sur Mo- 
lière, par le F.*. Blanpain fut trouvée trop longue. La Chaîne 
( TUnion qui n'était ni une Précieuse ridicule , ni une Puri- 
taine exagérée , ne craignit pas de le blâmer sévèrement en 
raison de son manque de tact et de tenue. 

« Son travail, dit-elle, n'aurait que gagné h être condensé 
et diminué de certains détails qu il vaut mieux passer sous 
silence devant des dames et des jeunes filles . » (2) 

Il parait que les Sœurs avaient rougi plus d'une fois!! 
Après cela il devait faire chaud dans la salle . 

Le F.*. Godefroy, Yen.*, de la L.*. de Rcuil, s'attacha à 
combattre les préjugés répandus par certains prêtres et adop- 
tés par les femmes à P égard de la Francmaçonnerie . Comme 
bien l'on pense, les Sœurs furent tout oreilles. 

À FO.*, de Lyon, les LL.*. Chevaliers du Temple , Etoile 
et Campa s\ Parfait Silence toutes trois du Rite Français, 
G.*. 0.-. de France) et la Sincère Amitié (de l’obédience de 
la Grande Loge Symbolique, Ecossais dissidents), célébrèrent 
en collaboration, le. lo novembre, une fèlc d'adoption. 

À leur entrée, toutes les dames reçurent des Heurs. Le 
Yen.*. Yachcron les remercia d’ùlre venues en aussi grand 
nombre, quand dans le monde, il existe encore tant de pré- 
jugés contre la Maçonnerie. 

Les cérémonies grotesques de l’adoption se déroulèrent 
devant elles; l'Orat.*. les expliqua en langue vulgaire, tâche 
difficile et dit aux dames : 

k Je comprends le vrai motif de votre présence parmi nous; 

« nous vous avions demandé de nous confier ces enfants, 
« et dans votre sollicitude vous les avez suivis, vous nous 
« demandez avec une certaine anxiété, qu'en voulez-vous 
« faire ? » (3) 

Celle anxiété est bien légitime ! 

Les pauvres enfants furent décorés d'un ruban aux cou- 
leurs de l'Ecole Maçonnique dans laquelle ils allèrent désor- 

(1) Ibid., novembre 1871, p. 751-751. 

(2) Ibid., novembre 1874, p. 755. 

(3) Pmi., décembre 1874, p. 35-37. 



1874 — 382 — 

mais apprendre et étudier le programme arrêté par les 
Loges ; ils furent ceints du tablier de peau qui résume à lui 
lout seul renseignement maçonnique, car prétendent les 
FF.*., il est l'emblème du travail. Comme si le travail était 
le monopole exclusif des Maçons ! 

Nous devons faire observer que les FF.-, ont soin de n'in- 
viter certaines dames profanes, déjà sur la pente extrême- 
ment glissante qui conduit dans leurs antres, qu'à des fêtes 
déterminées, où elles ne voient rien et ne peuvent rien 
connaître des fameux mystères. Le Vénérable lyonnais le 
constatait implicitement quand il disait à ces femmes : 
« Mesdames ou plutôt )nes chères Sœurs, nous vous remercions 
du fond du cœur de votre empressement à vous rendre à 
notre invitation , à venir assister à la seule des Cérémonies ù 
laquelle il nous soit permis de vous admettre . » 

Le 28 novembre, la L.*. Les Disciples du P roqrès adopta 
aussi des enfants. Le F.-. Demonaz, Vén.*. fut excel- 
lent, paraît-il, dans son allocution à rassemblée et aux 
dames. Il fut charmant pendant le baptême des jeunes 
lowtons et lowtonncs présentés à la Loge. 

Les danses ne se terminèrent qu’à sept heures du matin. 
La Chaîne d* Union disait : « Aux noms de nos FF.-, nous 
« voudrions ajouter quelques-uns des noms des Sœurs char- 
« mantes et gracieuses, présentes à la lete, mais il faudrait 
« les citer toutes. » (1) Et manquer à la Consigne, cher F.-. 
Hubert ! 

La ternie de Maçonnerie blanche, du 20 décembre, qui 
eut lieu rue Lecomte, 61, maison BurneL avec l’autorisation 
du G.*. O.*, de France, le concours des Loges la Solidarité, 
de l’U.-. d'Issy et les LL.*, affiliées des Amis dp P Huma - 
ni lé, des Cœurs Indivisibles et des Zélés Philanthropes , res- 
sembla singulièrement à une tenue de Maçonnerie symbo- 
lique. 

À deux heures, après un coup de maillet du Yen. le F.*. 
Maire, celui-ci et les 1 er et2 ü surveillants prononcèrent 17//*- 
tmetion Maçonnique... Le Vén.\ dit ensuite : 

« — Vous venez de l'entendre, mes Sœurs et mes Frères. 

« voici nos articles de foi à nous... 

u Debout mes FF.-, et mes Sœurs. 


( 1 ) Ibid id., p. 22 - 23 . 



1874 


383 


« Au nom du G.*. O.-, de France, en vertu des pouvoirs 
« qui m'ont été conférés par les quatre Ateliers de la banlieue 
« méridionale de Paris, je déclare ouverts les travaux de 
« cetle fête de famille, et je vous invite à applaudir par la 
« batterie et l’acclamation de quatre. 

« A moi mes FF.*, et mes Sœurs. » 

On tira la batterie, etc. 

Et la Chaîne d’Union observait sentencieusement : « Si 
nos quatre LL.*, de banlieue subsistent, se relèvent et pros- 
pèrent, c’est grâce à ces tenues de Maçonnerie blanche. » (1) 
Cette revue annonçait aussi la mort de la Sœur Antide 
Martin, décédée le 27 décembre. (2) 

Huysmans rapporte qu'en 1874, des femmes furent em- 
bauchées pour pratiquer le commerce sacrilège d’hosties 
consacrées. Elles étaient payées aux pièces, ce qui explique 
pourquoi elles se présentaient chaque jour, dans des églises 
différentes, à la Sainte Table. » 

Léo Taxil rappelle, à ce propos, que pendant vingt-cinq 
ans, il exista à Agen une association satanique, du genre 
du Palladisme importé de Charleston, laquelle pollua et 
meurtrit trois mille cent vingt hosties. Ces deux auteurs 
sont donc bien d’accord quant à l'existence de Sociétés 
pareilles. À notre tour nous remarquons que le trafic des 
Saintes-Espèces, dénoncé par Huysmans, dont les feuilletons 
paraissaient cependant au Gil Bios , semble coïncider avec 
une poussée formidable de V ordre des Odd Fellows . 

Si nous jetons, par exemple, les yeux sur la Maçonnerie 
Allemande, nous voyons qu’à la tenue du 10 septembre 1874 
de la Grande Loge des Trois Globes, O.*, de Berlin, le F.’. 
Von Etzel, après discussion, soumit à l’assemblée la motion 
suivante qui fut adoptée : 

« Les Odd Fellows n’étant pas considérés anime formant des 
Sociétés secrètes, et ne poursuivant qu’un but humanitaire (tou- 
jours le même masque), les Loges n'ont provisoirement pas de 
motif pour agir envers eux d’une manière hostile et pour ne pas 
admettre leurs visiteurs. » 

« Par la même raison on ne peut défendre à aucun F.*. Maç.*. 
d’assister à leurs réunions ; mais il n’y a pas lieu d’entrer avec 
eux en relations officielles. » (3) 

(1) Janvier 4 875, p. 107-110. 

(2) Février 1875, p. 100. 

(3) Bull, des Trav. du Snp . Cons . de Belgique, u° 18, I e * sept. 1874 au 1 er no- 
vembre 1875, p. 81, 



1874 


384 


(L'année précédente, la Grande Loge de Hambourg , à la 
suite d'une demande de la loge Provinciale de Rostock, avait 
décidé que les Alel.*. de son obédience seraient invités à ne 
pas admettre h leurs travaux des membres de loges à'Odd 
Fellotrs.) 

A Brunswick, où il existait une loge d 'Odd Felloics depuis 
1873. les membres de cette société se virent refuser rentrée 
des A tel. ’ . du pays qu’ils voulaient visiter. 

Berlin comptait deux loges assez nombreuses de ce rite 
satanique. Il en était de même a Stuttgard et à Dresde. 

Au mois de juin, les Odd Felloms firent une demande 
pour introduire leur ordre h Francfort sur le Mcin. 

Les travaux des Odd Fe/loics , disait alors le F.*. Kappus, 
ont lieu apories fermées et ils ont, comme signes de recon- 
naissance un attouchement et un mot de passe. Il y a aussi 
une cérémonie d'admission, des bijoux, des ornements, qui 
sont presque les mômes que ceux des maçons. 

La loge le Temple de V Amitié, à l'O.*. de Bingen prit la 
défense des Odd Fel/oirs auprès de la Grande Loge de V Union , 
à l'O.*. de Darmstadt; celle de Louis au.r 7 Vois Etoiles , à 
FO.*, de Fricdbergagit de môme. Le F.\ Rcdlich, àBayreuth, 
proposa : 1° « d'accueillir les Odd Fellmes et leurs loges 
sans éviter ni rechercher de contact direct avec eux ; 2°d'ad- 
mellre ouvertement les FF.-, allemands dans les atel.*. d 'Odd 
Fr/lotes cl vice-versa, sans préférance pour d’autres postu- 
lants. La L.-. Charles et Charlotte à fa Fidélité , à l’O.-. d’Uiïen- 
bach, se rallia a ces conclusions. 

On ne saurait mieux comparer les Odd Fellmes qu’aux 
Manichéens, qui avaient les Auditeurs, auxquels on ne 
faisait connaître qu’une partie de renseignement et aux- 
quels on voilait l’infamie du système, en alïéctant un grand 
zèle de continence et de pauvreté : et les Elus, qui possé- 
daient seuls le secret théurgique et qui participaient aux 
turpitudes de la secte. 

De môme, aujourd'hui, les Odd ludloxes de la 2 P classe sont 
seuls les vrais Odd Fe/loies y les parfaits initiés, seuls ils sont 
en correspondance directe avec Je Suprême directoire Dog- 
matique de Charleslon; seuls, ils ont leurs libres entrées 
dans toutes les autres sociétés lucifériennes. 

Les Odd Fellmes sont innombrables aux Flals-Fnis et 
surtout au Canada où est leur chef suprême (à Hamillon). 



1874 


385 


Le chef qui, dans cette secte, a joué le rôle d’organisateur, 
comme Albert Pike dans le Palladisme, sc nommait Long- 
fellow, il s’intitulait : « Grand Prêtre du nouveau AI âgisme 
Evocateur ». 

Les Odd Felloies s’intitulent : Ré-lhéurgistes Optimales , de 
meme que les Palladistes ; mais, ce qui les distingue, c'est 
que ceux-ci (sauf uniquement en Italie), n'invoquent leur 
prétendu Dieu que sous le nom de Lucifer, tandis que les 
Odd Fe Hoirs disent indifféremment Lucifer ou Satan. 

Les Odd Felloies et les Palladistes, comme du reste toutes 
les sociétés de ce genre célèbrent chaque année, à dix heures 
du matin, le jour de notre Fête-Dieu, une messe démonia- 
que dite : « Messe Adonaïcide! » La liturgie de cette messe 
abominable, varie suivant les sociétés, mais chez toutes, la 
principale cérémonie consiste dans la profanât ion des saintes 
espèces. 

Beaucoup de catholiques, surtout aux Etats-Unis, au Ca- 
nada et en Espagne, se laissent entraîner et demeurent le 
plus souvent jusqu'à la mort, membres d’une société d'Odd 
Foliotes , sans sc douter, jamais, qu’ils appartiennent à une 

SECTE MAÇONNIQUE DANS SA CLASSE SUPÉRIEURE. 

Les Odd Foliotes s'efforcent surtout d’attirer à eux les 
catholiques non affiliés à la maçonnerie ordinaire, parfois 
des protestants également non-maçons. 

En Europe, les Odd Foliotes ont eu, pendant longtemps, 
des ramifications en France, en Italie, Suisse, Allemagne, 
Russie, Autriche, Belgique, Espagne, Angleterre et Turquie. 
Aujourd'hui beaucoup de leurs adeptes Européens ont 
passé au Palladisme, c’est-à-dire ceux de leurs adeptes qui 
avaient la véritable initiation satanique ; mais ils sont encore 
très bien organisés en Belgique, en Angleterre et surtout en 
Espagne. 

La doctrine secrète des Odd Foliotes et des Palladistes est 
la môme : système manichéen de la divinité double, le Dieu 
des chrétiens [ Ad on ai : étant le Dieu mauvais, qu’il faut com- 
battre et dont le règne finira à l’avènement de P Ante-Christ. 

Dans leurs prétendus oracles, les Odd Foliotes ont eu, 
comme les Palladistes, la révélation que l’ Ante-Christ des- 
cendra, par trois générations successives de filles-mères, 
d’une fille née en Alsace (Napoléon III, empereur, étant sur 
le trône).... 


MAÇONS. 


25 



m 


1874 

... Un moment ils ont cru avoir leur affaire, et une alsa- 
cienne, née et ravie comme il est dit dans la soi-disant pro- 
phétie, a été élevée en véritable luciférienne ; mais cette 
malheureuse apres avoir joué un certain rOlc dans la maçon- 
nerie occulte a fait faux-bond aux sectaires diaboliques et 
s'est convertie au catholicisme. (1) 

Cette mésaventure a mis les Odd Frllows dans un état d’in- 
fériorité vis à vis des Palladistes qui, eux, se disent sûrs de 
leur Sophie Waldcr. 

Le 21 mars 1871 eut lieu l'initiation du prince Arthur, 
troisième fils de la reine Victoria. La réception fut faite 
par le prince de Galles, en sa qualité de Yén.\ de la L.\ 
n°2'ifi de Londres. 

Un Hongrie, la L.*. Galifco, à l'O.-. de Buda, résolut d ad- 
mettre gratuitement les maîtres d'école distingués par leur 
instruction. 


L’ancien roi d’Espagne, le prince Àmédée de Savoie, 
accepta le titre de membre d'honneur de la loge Dante Ali - 
(//lie ri , h l'O.*. de Turin. Les acacias de son frère Humbert, 
‘,13“ degré, l’empêchaient donc de dormir ? 

L’assemblée constituante de 18T i refusa de se prononcer 
au pied levé sur la proposition d'admettre les femmes à 
prendre pari aux Travaux maçonniques. Elle se borna, 
après une longue discussion à renvoyer la question h l’étude 
du Conseil de l’Ordre, qui toutefois ne devait pas s'écarter 
des dispositions édictées par les statuts des divers rites 
reconnus en Italie. (2) Depuis, le Palladisme semble avoir 
résolu la question puisque ses triangles sont androgynes. 

Le 20 décembre 1871, la L.-. 1/ Espérance, O.*. de Berne, cé- 
lébra une tenue de deuil en l'honneur de ses membres ho- 
noraires... Les Sœurs furent invitées à cette cérémonie. À 
celle occasion, dit VAlpina, nous avons de nouveau pu nous 
convaincre de la favorable impression que font sur elles ces 
travaux (3) 


(1) Il sagil ici de la Sœur barbe Bîlyer, donl nous nous occuperons dans Je der- 
nier chapitre. 

(2) Monde Maçonnique , août 1875, p. I01-1G2. 

(:y Ibid., février-mars J 875, p. 115. 



387 


1874 

La Chain? cVUnion (1) recevait de New- York les détails sui- 
vants sur r Ordre du M y Stic Star. 

Cet ordre, unissant sa lumière avec celle du Blazing Star 
(Etoile flamboyante) de la Maçonnerie, était composé d un 
temple et d’organisations subordonnées appelées Cours du 
Temple. La beauté du rituel du MysticStar paraissait attirer 
l'attention des membres les plus intelligents de la confra- 
ternité maçonnique. Les degrés mystiques étaient destinés 
à l’initiation des épouses, filles, sœurs et veuves des Maîtres- 
Maçons seulement. Le degré de l’initiation était l’œuvre la 
plus originale qui ait jamais été introduite dans le Itite 
d’Adoption. Le rituel était universel par ses tendances. 

Nous lisons dans le compte-rendu officiel de la Grande 
Loge de Missouri, du mois d’octobre 1 87 i, adressé par le 
Grand Secrétaire de la Grande Loge le F.-. Gouley, éditeur 
du Freemason , de Saint-Louis : 

« iV os maçons modernes sont devenus efféminés et délicats. 
On fabrique tant de maçons aux Etats-Unis qu’il n’est pas 
surprenant que tous ne soient pas d’un « métal aussi pur » 
que le désireraient le F.-. Anderson, et, avec lui, tous les 
amis de notre institution. » 

Le F.*. Gouley écrivait plus loin : 

« Il ny aura bientôt plus que les femmes et les enfants qui 
seront en dehors de la Maçonnerie ... Et encore les femmes peuvent- 

elles CHOISIR ENTRE LES DEUX ORDRES ÀNDROGYNES QUI EXISTENT At’X 

Etats-Unis. » (2) 

Au Brésil, la séance d’installation des grands dignitaires 
de l’Ordre avait donné lieu à une fête magnifique, à laquelle 
assistèrent deux mille maçons et un grand nombre de dames. 
Le G.-. M.*. Saldanha Marinho prononça un discours sur la 
liberté de conscience . (3) 

Le Bulletin officiel du Cercle du Lavradio (janvier à juin 
1871, n os 1 a fi) indiquait une Loge d’Adoption dans la pro- 
vince de Minas Geracs. Le conflit entre la Maçonn.*. et l’épis- 
copat brésilien avait pris des proportions considérables. Les 
évêques d’Olinda, de Para, de Rio de Janeiro, de Diaman- 
tina et de Marianna avaient confirmé le bref de Pie IX, qui 

(1) Juillet 1874, p. 480. 

(2) Le Monde Maçonnique , janvier 1875, p. 397-398. 

(3) Ibid., id . 



1874 


388 


approuvait la conduite de révoque de Pcrnambouc. Les tri- 
bunaux son mêlèrent, le P. Vital, évêque de d'Olinda, fut 
incarcéré et condamné à quatre ans de travaux forcés que le 
F.*. Dom Pedro, Empereur du Brésil, commua en quatre an- 
nées de prison. L'archevêque de Baliia, primat du Brésil pro- 
testa contre le Tribunal Suprême de Justice et déclara qu'on 
devait intenter un procès h tout l'épiscopat. 

De quels remords ne dut pas être bourrelée lVmic du vieux 
souverain, lorsqu après s'en être emparé par surprise, les 
Francmaçons l'enlevèrent de son palais, mal gardé, dePelro- 
polis et l'embarquèrent avec sa famille sur un paquebot en 
partance pour l'Europe, terre d'exil, où il devait expirer ? 

Au moment où la persécution maçonnique prenait contre 
le catholicisme celle acuité qui aurait du faire ouvrir les yeux 
de l'Empereur, la ft/pru/rttphie Paul Dupont, à Clir/tt/, im- 
primait lu dernier tirs quatre ro/ttntes de la Bihliotuèolj: Mai.u.%- 
niole tnt I>sTiti<:no.\ Complète i>e Fkanc-Mauix* outrer dédiée 
ttu.r Orients Lusitanien et Urésilien, pae un Chevaliku Uosi:- 
Cnoix. 

Ce volume acheva la série commencée et publiée, à Paris, 
chez V' S.-P. Aillaudy Gu illard et C io , libraires de Leurs Ma- 
jestés l'Empereur du Brésil et le Boi du Portugal, rue Saint 
André des ArLs, 17. 

La partie consacrée à la Maçonnerie (l'Adoption comprend 
les pages 210 a 322. 11 nous eût été facile d'en offrir la tra- 
duction à nos lecteurs, mais ce n'est qu'une compilation, cl 
même souvent une copie mot à mot, des divers rituels fran- 
çais que nous avons reproduits ici. Les Statuts sont à peu 
près les mêmes, les dignités identiques. Ses degrés sont au 
nombre de cinq : Apprentie y Compaq nonne, Mai tresse. Par- 
faite Maronne, Elue Ecossaise, 

Pour dédommager nos lecteurs, nous leur donnerons le texte 
des Pèq tentent s et Statuts de laMaeotmerie d f Adoption, approu- 
vés par le (L*. O.*. National d'Espagne, le 23 mars 1891. 
Etant donné la difficulté de se procurer les documents de 
cette nature, l'insertion de celui-ci sera presque une pri 
meur. 

Achevons promptement l'examen de ce qui concerne en- 
core l'année 187 i. 

Le 21 août, eut lieu, h Rio-de-Janciro, la prestation de 
serment à la nouvelle Constitution Maçonnique, la cérémo- 



1874 


3S9 


nie fut suivie d’un banquet. « Les épouses, filles, et les pro- 
ches parentes des souscripteurs furent invitées h cette fête,, 
que le Monde Maçonnique déclara fort brillante. » (t) 

L'Acacia, organe maçonn.* . duGiw Or.*, et Sup.*. Cons.*, 
rie rUruguay, à Montevidéo, prétendait que l'Ecole primaire 
gratuite fondée et entretenue par les Mac.*, de la Capitale 
donnait les résultats les plus satisfaisants. L’établissement 
était assez vaste pour contenir 300 élèves. Pendant la der- 
nière année, ceux-ci se décomposaient seulement, en 192 
Orientaux, li Argentins, 20 Espagnols, 12 Italiens, 3 Fran- 
çais et un Paraguayen. 

1875 

Nous apprenons par la Chaîne d'Union (2), les décès des 
SS:-: Aulikev (3 janvier 1875) et Machureaux (11 janvier). 

Le 2 4 janvier fut un jour de fête pour la L.*. les Fidèles 
d' Hiram , à Rueil. Rien n'y manqua, au point de vue maçon- 
nique: Inauguration d'un nouveau Temple ; affiliation à la 
L.*. Alsace-Lorraine ; double initiation ; baptême maçonn.*. ; 
banquet et bal. 

En présence des dames, dix enfants furent proclamés 
lowtons et lou'tonnes , puis placés sous le protectorat de la 
Maçonnerie Universelle. A cet effet, il leur fut délivré un 
diplôme, indiquant leurs noms Maçonn.*. On les gratifia 
aussi d’un décor selon leur sexe. 

Une jeune lovtonne « fille d'un F.*, de l'0.\ de Marseille 
et alors présente à Rueil, ayant demandé à prendre part à 
notre fête, fut invitée parle Vén.*. (Le F.*. Godefroid) à venir 
prendre sa place à côté des enfants de la Loge. Cette jeune 
et charmante enfant, décorée d'un petit ruban bleu en sau- 
toir, se fit surtout remarquer par la distinction de sa tour- 
nure, etc. » (3) 

Nous recommandons la lecture dos extraits ci-dessous du 
discours prononcé, à la tenue du 4 février, à la L.*. Ecossaise, 
n° 146, la Prévoyance, par le F.*. Xicolet, ex-major fédéral 
en Suisse, nouvellement initié à cet atelier. Traitant, à sa 
façon, des devoirs de la femme dans une démocratie , il donna 
comme idéal les institutions civiles et politiques de l’Hel- 
vétie. 

fl) Janvier 1875, p. 393-391. 

(2) Février 1875, p. ICO. 

(3) Chaîne d! Union, mars 1875, p. 219-220. 



1875 


390 


«... A mesure que l'enfant grandira et que son cerveau de- 
viendra apte à recevoir de sérieux enseignements, sa mère a pour 
devoir de lui enseigner la religion telle qu'elle doit être pratiquée 
dans cne famille dépublicaine ; elle ne lui apprendra à croire qu'à 
ce qui peut se démontrer et se résoudre, comme un problème de 
géométrie ; elle l’aidera à élever dans son cœur un autel , à tout ce 
qui est beau, juste et bon , en un mot, aux vertus républicaines « 
File insistera sur ceci c’est que Dieu, n'est que la raison éternelle, 
s'exerçant par des lois immuables de l'ordre universel , et la justice 
suprême , rendant des arrêts , par la logique des choses. Que l'immor- 
talité de l'homme est : 

1° Dans la vie qu'il a reçue de ses parents et qu’il donne à son 
tour, pour obéir aux lois de la nature; il revit dans ses enfants; 

2° Que cette môme immortalité est dans Je souvenir que nous 
laissons de nos vertus, de nos actions et de nos œuvres... 

« Elle lui fera connaître l’histoire des bienfaiteurs de l'humanité, 
et des grands hommes utiles à la Patrie, qui ont voué leur vie en- 
tière au culte de la Raison et de la Liberté, et qui ont préféré 
mourir, plutôt que de vivre dans l'esclavage. 

« Eh bien ! mes FF.*., si la mère remplit consciencieusement 
les devoirs que je viens d’énumérer, ne croyez-vous pas avec moi 
que F enfant arrivé à V âge de dix-huit ans , ayant reçu , au sein de la 
famille , l'enseignement d'une mère adorée , adorée par le titre et 
l’autorité que lui confère la nature, et surtout par le bon exem- 
ple qu’elle ne cesse de donner, aura gravé pour toujours , en 
traits ineffaçables, dans le cœur et dans le cerveau, les immortels 
principes républicains , et les études libérales y venant mettre le 
sceau final, la Patrie, aura acquis , grâce à l'accomplissement des 
devoirs de la femme , un bon et utile citoyen . (1) 

Qu’un individu de cette espèce soit excellent maçon, nous 
n’en doutons pas un seul instant, mais bon et utile citoyen, 
c’est autre chose ! Car il ne faut pas toujours confondre l’un 
avec l’autre. 

Ce fut par une tenue d’adoption, un banquet de 2o(i cou- 
verts, concert et bal que les LL.*. Jérusalem des Vallées 
Egyptiennes et les Cœurs Unis célébrèrent, en commun, leur 
fêle d’ordre, le 20 février. Après la cérémonie d’adoption, 
en présence de la plupart des membres du Conseil de l’Ordre 
résidant à PO.*, de Paris, des diplômes d’honneur et des 
récompenses furent distribués à plusieurs frères, notam- 


(1) Ibid id., p. 201-200. 



391 


1875 

ment aux FF.*. Barré, Cammas, Dalsacc, Ferdeuil, Floquct, 
Foussier, Grain, Hubert, Roy, Schaffer, etc. 

Le bal fut donné dans la grande salle du G.*. 0.*., ornée 
de fleurs, de glaces étincelantes de mille lumières. Com- 
mencé à 1 heure du matin, il se prolongea jusqu a 
fl heures. (1) 

La L.\ Isis Mont y on eut une fête d’adoption, le 27 février. 
Et la Chain? (/’ Union en rendit ainsi compte : 

«... La présence des Dames est signalée. Elles sont conduites 
dans le Temple au son d’une musique des plus harmonieuses. « 
Elles entendirent ensuite un discours dont voici le commencement: 

« Mesdames, Très-Chères Sœurs, vous venez aujourd’hui nous 
aider à célébrer la fête de l’Ordre Maçonnique, et vous l’avez par- 
faitement compris; une société sans dames est un printemps sans 
fleurs; nous vous y avons conviées, et c’est avec joie et bonheur 
que nous vous accueillons, vous nos épouses, nos Sœurs et nos 
enfants, notre espoir, dans ce Temple de la Sagesse, dédié à la 
vertu ; de même que vous prenez une large part à nos douleurs, 
prenez aussi par* à nos honnêtes et pacifiques plaisirs , prenez 
donc place parmi nous, vous que nous aimons! quoique vous 
nous fassiez un peu enrager. (1) 

« Et vous, mes chers enfants, associez-vous aussi à l’allégresse 
commune et prenez place à côté de vos mères et de vos sœurs 
bien-aimées. » 

(i) Je ne me permettrai pas de modifier ce texte, quoique cer- 
tainement bien de nos sœurs auraient le droit de protester (Note 
de la Chaîne (T Union). 

Le F.*. Tirard, représentant à FAssemblée Nationale, prit 
la parole après le banquet. « Le bal suivit splendide et 
enivrant. (2) 

Nous trouvons dans le Précis historique sur la Lr . Ecossaise 
n° 150, sous le titre distinctif d’Osiris, à l’Or . cle Paris , 
publiée en 1875 et à la page 10, cette phrase bien significa- 
tive : 

« La loge Osiris s’est signalée, dès les premières années de sa 
transformation par de brillantes fêtes, qui... en réunissant de 
Resp.\ Sœurs , avides de se connaître et d'entrevoir un coin de nos 
prétendus mystères , lui ont facilité les moyens de faire le bien , etc . » 


(1) Le Monde Maçonnique , mars 1875, p. 434-444. 

(2) Mars 1875, p. Î99. 



392 


1875 

À la foie solsticiale et à la tenue d’adoption de la L.*. 
Yl nion Maçonnique, le F.\ Escando, Yén.\ fit usage du 
Rituel du F.*. Lambert, Ven.*, de la L.*. le Triany/e Sarn\ 
0.*. de Corbcil. 

f 4 e F.*. JJarrict, Secret ex-Vén.\, prononça le discours 
suivant : 

« Mesdames, soyez les bienvenues, vous toutes qui avez cru à 
l’amitié plutôt qu'aux calomnies répandues contre notre Institution... 

« Pouvons-nous, Mesdames, vous associer à ce dur labeur (la 
guerre à mort contre l'intolérance), à cette lutte de tous les jours ? 
Non évidemment, d'autres soins vous réclament. 

« Mais aujourd’hui qu'il s’agit d’une fête d’adoption, qu’il s’agit 
d’enfanls, nous avons compris qu’il était impossible de procéder 
à cette cérémonie sans vous et qu’en adoptant ces enfants dont 
nous voulions faire des hommes, c’est-à-dire des citoyens pour 
la République, notre tâche ne serait qu’à moitié remplie si vous 
n’en preniez pas votre part comme mère, comme épouse, comme 
sœur. 

« Faire des hommes utiles, faire des patriotes, faire des ci- 
toyens, voilà Mesdames la tâche à laquelle vous êtes conviées. 

« Mais comment atteindre ce but? Mesdames, il n’y a pas deux 
moyens, il n’y en a qu’un seul : par l’éducation, qui a pour moyen 
principal l’instruction. 

« Que sera cette éducation ? Laïque ou cléricale ?... Pour nous, 
Francmaçons, la question est tranchée depuis longtemps. 

« L'éducation sera laïque , parce que , pour nous , la liberté morale 
est aussi sacrée que la liberté civile et que la liberté de conscience 
ne peut exister que dans les écoles on l'étude du dogme n'est pas in- 
troduite et JE TROUVERAIS XMQCJE d’ûBLIGER LES PARENTS D’ENVOYER LES 
ENFANTS DANS LES ÉCOLES OU l/0N ENSEIGNERAIT DES DOCTRINES Qu’lLS 
REPOUSSENT. » (1) 

u Qu’enseigne-t-on dans ces écoles laïques?... La morale uni- 
verselle , que tout homme et toute femme apporte en ce inonde, 
et qui basée sur la raison, s’impose comme telle à tout ce qui 
pense et raisonne. » 

« C'est à la jeune fille que l'on donnera de préférence cet ensei- 
gnement RÉPUBLICAIN. » 

a II importe que la femme soit avec nous, car sans vous, Mes- 
dames, nous ne pouvons rien 

« A l’œuvre donc, Mesdames, soyez avec nous ; développons 


(il C’csl précisément là où la Maçonnerie veut amener les parcnls chrétiens qu’elle 
pourchasse pour qu'ils cn\oient leurs enfants dans les écoles laïques, primaires ou se- 
condaires. 



393 


1875 

ensemble la conscience de l’enfant; apprenez-lui de bonne heure 
qu'en dehors du dogme , en dehors de la révélation , en dehors du 
catéchisme, il a au dedans de lui tout ce gu y il faut pour se bien 
conduire dans la vie (1). Il faudra lui inculquer le sentiment de la 
dignité personnelle, le culte de la famille, l’amour de la liberté, 
le dévouement à la chose publique. 

« Gel enseignement vous sera facile, Mesdames; n’ avez-vous pas 
pour réussir les séductions de la femme et l'éloquence irrésistible 
de la mère ? 

« Aidez-nous, le succès est assuré... » 

« Nos Sœurs exprimèrent par des vifs applaudissements combien 
elles avaient eu plaisir à entendre de si bons enseignements. » 

À la fin du banquet, après les santés, inter pocula, le F.-. 
Colombe, Orat.-. crut nécessaire de profiter de la situation 
des esprits pour surenchérir sur le F.-. Bardot. 

« La mère, dit-il, n’apporte-t-elle pas tous ses soins au déve- 
loppement physique de son enfant? Comment ne voudrait-elle pas 
contribuer à son développement moral, alors que les influences 
funestes lui sont signalées ? Ne lui appartient-il pas déjà de lui 
donner les notions du bien et du mal ? Alors pourquoi cette mère 
si pleine de tendresse et de sollicitude , fie voudrait-elle pas compléter 
ce premier enseignement en préparant le cerveau de V enfant à rece- 
voir la libre-pensée ? Son amour sera sa science philosophique, et 
son cœur de mère fera le reste, mais pour cela il faut que, comme 
nous et surtout avec nous, elle veuille l’instruction laïque, absolument 
laïque, obligatoire pour tous et enfin gratuite , etc... 

« Àimez-la donc cette Maçonnerie... aimez-la pour vos maris, 
pour vos FF.\, aimez-la surtout encore pour vos enfants que 
vous venez de lui confier et qu’elle s’efforcera de rendre dignes de 
vous. » (2) 

Concert et bal. 

La L.\ les Admirateurs de V Univers eut, le samedi 6 mars, 
une fête suivie de banquet, concert et bal. Voici quelques 
fragments de Fallocution du F.*, docteur Barré, par laquelle 
la séance débuta. 

« C’est un chef d’œuvre, prétend la Chaîne d 9 Union (3) : 
nos nombreuses lectrices, après Lavoir lu, penseront comme 
nous. » 

(J) Quelle présomption et quel orgueil ! Comme tout cela est bien inspiré par l’ange 
rebelle î! 

(2) A\ril 1875, p. 303-305. 

(3) Ibid., mars 1875, p. 101-196. 



1875 


394 


« Vous êtes mères avant tout ; mais ce titre oblige ; à 

cote de ia vie matérielle vous devez à vos enfouis de leur former 
le cœur, de ne pas y laisser l'ivraie, de ne pas laisser la superstition 
élottffer la raison . 

« Je me suis souvent demandé comment la femme si fière, si 
ardente pour ce qui est grand et noble, comment cet être qui est 
tout cœur pouvait accepter ,< sans murmurer les paroles dites révé- 
lées ?... nous vous demandons seulement de ne rien croire avant de 
V avoir passé au crible de votre liaison, de vous affirmer , de montrer 
votre génie et de ne plus le laisser s'engourdir... » 

Trois cents personnes des deux sexes assistèrent à la fête 
d'adoption de la L.\ Les Amis Bienfaisants et Initiateurs 
d'Osiris , le 13 mars 1873. 

Le futur chéquard , le F.-. Charles Floquct, parla du rôle de 
la Maçonnerie et dit qu elle est « un sanctuaire, où les prin- 
cipes de la liberté, d'égalité et de fraternité, qui ont servi 
de base à celte institution et qui doivent guider nos actes 
dans la pratique de la vie, sont conservés dans toute leur 
pureté. Au dehors , les mages, les relations, les nécessités de la 
rie commune amènent souvent les hommes à transiger arec 
leurs principes et avec les règles qui doivent servir de 
guide à leur conduite ( 1). Dans ces compromis V idéal s obscur- 
cit y la conscience s/> trouble et l'humanité perdrait sa voir s'il 
n g avait pas quelque part dans le monde des centres intellec- 
tuels et moraux, où les principes sont pieusement con- 
servés intacts, où les hommes de bonne volonté peuvent 
venir se retremper et purifier leur esprit et leur cœur des souil- 
lures que le monde extérieur a pu y imprimer. Ces centres 
sont lesLoges Maçonniques où les jeunesgénérations viennent 
se former à la pratique sérieuse de la vie, où les hommes 
faits viennent réparer leurs forces et se faire une nouvelle 
jeunesse » (2) 

Le F.*. Charles Floquct fut longuement applaudi. Dans sa 
bouche, et depuis les hontes du Panama, ce langage ne 
manque pas d’intérêt. Quels saltimbanques !! 

Un hal « charmant» s’est prolongé jusqu’au jour. 

« Le G.\ O.*, de France et le Sup.-. Cons,-. de France 

(1) C'est ce qui est arrivé pour le F.\ FloquelU! 

(2) Expulsé de la vie politique, depuis le 3 septembre 1893, le F.-. Floquet aurait 
désormais bien le temps d'aller se retremper dans les sanctuaires maçonniques, si le 
sufl'ragc restreint ne venait pas de lui ouvrir les portes du Séuat. 



1875 — 395 — 

voient, avec satisfaction les réunions de Maçonna. Blanche » 
disait la Chaîne (l'Union du mois d'avril 1875, p. 283, en 
note. 

Dans le texte, le F.*. Hubert insérait cette lettre, qui lui 
avait été adressée de la Pointe à Pitre, Guadeloupe, le 
li avril : 

« Quoi de plus propre , en effet , pour combattre les préjugés reli- 
gieux dont les femmes sont atteintes dans notre état social cctuel , 
et le fanatisme dont elles sont malheureusement , et à leur insu, 
peut-être, les plus fermes soutiens, quoi de plus efficace que de 
les mettre h même de comprendre le rôle... de la Maçonnerie. 

« Qui il a , en effet , été pénétré de V infériorité qu engendre chez 
la femme , la direction absolument cléricale , à laquelle elles sont 
fatalement livrées, faute d’une éducation libérale I 

« Aux colonies surtout.... nous n 9 avons cependant obtenu quel- 
que succès de persuasion , une justice relative de la part de nos 
femmes , que lorsqu'elles ont consenti à assister quelque fois à une cé- 
rémonie funèbre dans nos Temples, bravant ainsi les refus de sacre- 
ment imposés comme pénitence. 

« Ne serait-il donc pas désirable, nécessaire même, de multi- 
plier les occasions de contact entre nos femmes et nous dans nos 
LL.‘. ? 

« Vous le voyez donc, cette entreprise d’attirer les femmes 
dans nos LL.*, quand ce ne serait que par le mobile de la curio- 
sité... loin d’être entravé" devrait être, au contraire, essayée sur 
une large échelle ; que de véritable force n’en obtiendrions-nous 
pas au foyer de la famille contre les efforts de l’intolérance, qui 
ne craint pas de s’attaquer à l’autorité du père, entièrement dé- 
sarmé par la mère ! Que d’autorité n’aurions-nous pas, désor- 
mais, si nous parvenions ainsi h conquérir la raison dévoyée de 
nos femmes, pour la mûrir, la développer... 

« Essayons de la mise en scène de nos LL.*., de l’apparat de 
nos cérémonies Maç.*. sur ces imaginations vives, associons-les 
à notre œuvre..» donnons-leur roccasion de briller et de faire va- 
loir leurs talents. On sait combien elles sont sensibles aux hom- 
mages, prodiguons-les dans des réunions, dans des fêtes dont la 
charité sera la cause, le mobile et le but. 11 y a des Loges de 
Femmes, des Loges bleues (1) mais, par une sorte de défiance 
elles ne sont initiées que partiellemént à la Maçonnerie. Pour- 
quoi cette restriction blessante, en quoi se justifie-t-elle ? La 
femme est légère, indiscrète, disent certains Maç.'., elle ne sait 


(1) Ainsi désignées parce que le cordon de Maître est bleu ; elles n’ont aueuu rapport 
avec les loges bleues ou androgynes des Etats-Unis. — Noie de fauteur. 



1875 


396 


point garder un secret. Kst-cc vrai, d'abord, cl ensuite quels 
sont donc 1ns secrcls dont la violation pourrai! compromettre 
l'Inst il ut ion ? Vous savez déjà mon opinion sur nos mystères, je 
n'y reviendrai pas. 

« Notre légende Maçonn.*. séduirai! les femmes et attirerai!, par 
le seul attrait do la curiosité, les imaginations vives et poétiques. 
Kn les séduisant, on se les rattacherait infailliblement, et nous en 
ramènerions un grand nombre par cos moyens. 

« Kl puis, dans un sioclo ou l'émancipation de la femme se 
drosse comme un problème social, appartient-il vraiment à la 
Maçonnerie do récarier, de la déshériter en quelque sorte de 
notre mission... On ne la jugerait pas digne de concourir a notre 
(ouvre ! Il y a là contradiction, pour ne pas dire plus. J’espère 
qu'au reviendra sur cel ostracisme. » 

« J.-F. Guilliod, II. \ C.\. >» 

A rôle d'une rouerie facile à constater, et qui mon Ire 
bien que tous les moyens sont bons aux Maçons pour cor- 
rompre la femme et même leurs propres épouses, lilles ou 
sœurs, le F.*. Guillod fait preuve d'une naïveté vraiment 
enfantine. La violation des secrets maçonniques ne compro- 
mettrait pas l'Institution î À cette manière de voir nous 
répondons par un emprunt au Sttprnnr Canari! tir France, 
signalant, en 1873, au Suprrnir Canari! dr Urlrjif/nr, qucLv 
nivru; \tion dks mystères dk la maçonnerie avait été en partie 
cause de sa DÉCADENCE, et déclarant qu'il était nécessaire 
d’introduire a cet éuard des réformes efficaces. (I) 

Enfin pour ne pas commettre d'indiscrétion, le E.\ Hu- 
bert lit suivre cette lettre d’une note ainsi conçue : 

« Pour mieux démontrer sa thèse, le F.*. Guilliod exagère un 
peu. La Maçonnerie française n’a pas prononcé et ne pratique pas 
d'ostracisme contre les Femmes. 

« Depuis quelque temps même, il est à noter que les Tenues 
d’Adoption, c'est-à-dire celles oïi les Dames sont admises, se mul- 
tiplient. » 

La Chaînr d'Union mentionna la Loge de Femmes fondée 
à l'O,-. de Saint-Denis, par la S:*: Moreau./:, et ajouta : 

« Au Brésil, ainsi que nos lecteurs ont pu le lire, le G.’. 0.*. de 


(2) Huit. des Trav.\ du Sup.\ Consr. de Belgique, u° 17, 1*73-1871, p. lu. 



1875 — 397 — 

Lavradio a accordé des constitutions à deux loges de Dames. » (1) 

Voilà qui est précis, parce qu’il ne s'agit pas de la Maçon- 
nerie française ! 

Six garçons et deux petites filles Juliette- Augustine Le veau 
'qui s'appela désormais Modeste) et Laure- Augustine Régnier 
î Travail ) fuirent adoptés, le 27 avril 1873, par la L.\ Le Tra- 
vail. 

Du discours du F.-. Notelle, sur la Femme Epouse et Mère 
nous ne retiendrons que ce passage : 

« Ch.*. SS;* Certes, nous ne demandons pas à Ja vertu des 

« traits repoussants qui affectent de faire la grimace aux lois de 
« l’humanité. Nous la voulons gracieuse, attrayante : elle n^t 
« que plus efficace. L’auteur des choses a eu raison en répandant 
« à profusion sur votre sexe la beauté souvent, la grâce tou- 
« jours. Nous ne fen blâmons pas, comme certains ont l’outrecui- 
« dence de le faire, nous l'en remercions. . , Nous obéissons, avec 
« bonheur, sans faux scrupules, au charme qui nous attire vers 
« vous. . . » (2) 

La fête solsticiale d'été de la L.\ La Parfaite Egalité, qui 
eut lieu à Montreuil-sous-Bois, le 22 mai, fut « ornée de la 
présence des Sœurs et des Lowtons . » Au banquet de 130 con- 
vives, dans les salons de M. Jaffeux, prirent place les FF.*. 
Muzarelli, Dalsace, Floquet, Hubert, Tiersot, Germain Casse, 
Bibal, Garnier (du Globe) etc. 

Le F.*. Minot « fit bonne justice, devant les femmes ... des 
insinuations et attaques ridicules dirigées par P ignorance ou 
la malveillance contre la Maçonnerie. » 11 rappela particuliè- 
rement que la Francmaçonnerie se proposait, en définitive, 
la moralisation de V homme . 

Le F.*. Floquet commenta la devise de l'Institution : 
Liberté , Egalité, Fraternité . 

Bal. « Les pâles rayons du premier soleil, avec leur im- 
portunité matinale sont venus contraindre les danseurs et 
danseuses à se retirer aux accords mourants d’un orchestre 
épuisé. » (3) 

Un grand nombre de dames assistèrent au concert qui sui- 
vit les travaux de la L.\ Clémente Amitié, O.*, de Paris, le 8 

([) Chaîne (C Union, avril 1875, p. 285-286. 

(2) Ibid, mai 1875, p. 398. 

{3; Ibid., id p. 450. 



1875 


398 


juillet 1873 et au cours desquels furent initiés Emile Liüré , 
Jules Ferry et Henry Chavee, professeur de linguistique. 
Avant que la musique ait commencé le F.*. Léon Richer 
donna lecture d'une étude sur le Rôle de la Femme dans la 
Société moderne . Voici le fragment qui nous intéresse : 

« L’heure me paraît venue d’abaisser enfin les barrières dressées 
« contre vous par les mœurs, les préventions, les aveugles préju- 
« gés d'une autre époque. » 

« xMesdames, il va de soi que mes critiques s’adressent à la masse ; 
« je doute fort qu’aucune de vous pense en être atteinte. Toute 
« femme qui pénètre ici , même dans les conditions spéciales oit vous 
« y êtes reçues, est nécessairement affranchie d'une bonne partie des 
« préjugés qui pèsent d’un poids si lourd sur la conscience du plus 
« grand nombre.,. Franchir notre seuil , c'est faire acte d'intrépi- 
« ditiy et , par cola seul, vous témoignez d'une indépendance d'esprit 
« dont je voudrais voir se multiplier les exemples. » 

« Oui, Mesdames, je fais des vœux pour qu’on vous appelle plus 
« souvent parmi nous et je désire que toutes les portes vous soient 
« ouvertes. » 

o 11 y a là pour nous, j’y insiste, une question de justice, en 
« même temps que d’intérêt. « 

Edouard Sicbecker prétendit que la réception de Littré 
pouvait s’appeler: La réponse « de la Société laïque à la dé- 
claration de guerre de l'ultramontanisme. » Soit, la Maçon- 
nerie gagna cette manche, mais l'autre? ne fut-ce pas l'ul- 
tramon lanterne qui triompha en dernier lieu puisque 
Littré revenu à résipiscence mourut en chrétien ? Une 
intelligence et une unie comme les siennes devaient tôt 
ou tard être éclairées par la vérité et par la lumière de la 
grâce. Jules Ferry surpris par la mort, au moment où il 
semblait qu'il allait ressaisir le pouvoir, expira sans avoir pu 
imiter son cx-Frere. Détail que peu de personnes ont, sans 
doute, remarqué : huit jours avant son décès presque subit, 
Jules Ferry, élu Président du Sénat, était représenté comme 
Notre Seigneur, ressuscitant et sortant glorieusement du 
sépulcre, gardé par des évêques, Drumonl, Gassngnac, Clé- 
monceau, Rochefort, etc. Cette parodie sacrilège du Grelot 
(3 mars 1893) ne lui a point porté bonheur puisque, une 
semaine plus lard on le couchait, et, cette fois pour tou- 
jours, ici-bas, dans une tombe qui ne s'ouvrira qu'au juge- 
ment dernier î 



399 


1875 

Plus de 300 dames se pressaient, le 29 août, dans l'im- 
mense salon choisi pour la tenue d’ Adoption de la L.\ La 
Solidarité, O.*. d'Issy, avec le concours des trois ateliers af- 
filiés, 1rs Amis de V Humanité, Droit et Justice et les Zélés Phi- 
lanthropes. 

Le Monde Maçonnique dit que le F.* . Àuvert, répondit « vi- 
« goureusement aux attaques dirigées contre l’Institution; 
« et nos mères, nos femmes, nos sœurs et nos filles souri- 
u ront longtemps de la lecture qu'il a faite de la définition 
« de la Maçonnerie et des Maçons, telle qu’on la fait dans 
« certaines écoles cléricales. « (1) 

La Chaîne cV Union (2) citait la Sœur Barbier, de Rouen, 
pour son dévouement à l’œuvre maçonn.\. 

« De nombreuses dames assistèrent aux concert, confé- 
rence et agape d’été de la L.\ La Clémentr-Amifié, le 16 sep- 
tembre (3). 

Nos lecteurs n’ont pas dù oublier qu’au mois de septembre 
1873, la Maçonnerie eut, à Lausanne, un Congrès extrême- 
ment important. L’article premier de la Déclaration de 
Principes du 22 de ce mois proclama l'existence d’un 
principe Créateur sous le nom de Grand Architecte de l'Uni- 
rers. Or, dans ses Instructions, en date du 11 juillet 1889, 
Albert Pikc eut soin d'expliquer que ce fut uniquement pour 
attirer à l’Ordre l'adhésion des croyants libéraux et faire 
preuve de tolérance envers tous les cultes. « Les athées, 
disait-il, nous sont bons comme auxiliaires. Mais n'agissez 
qu'avec la plus grande prudence vis-à-vis d’eux ; ils sont plus 
difficiles à convaincre que les hommes qui croyant à la divi- 
nité en ont une fausse idée. L’idée de ceux-ci peut à la lon- 
gue se rectifier (c'est-à-dire être convertie au Luciférianismo ) ; 
l’athée, au contraire s'obstine dans sa négation. {Il ne croit 
ni à Dieu, ni au Diable). Ne vous servez donc des athées que 
pour les œuvres politiques, et ne leur confiez jamais le soin 
de faire en loge des conférences sur les questions philoso- 
phiques. » 

Nous confessons que les deux parenthèses ci-dessus sont 
de nous et non de Pike. Cuique Suum. Elles rendent plus 
clair le texte du Grand Pontife de Satan. 

(1) Septembre-octobre 1875, p. 242-244, 

(2) Août 1*75, P- 618. 

(3) Monde Maçonnique , septembre-octobre 1875, p. 221. 



400 


1875 

Le (L*. Ora leur du Congres fut 1111-". F.-. Ruchonnet (qui 
devint, plus tard, Vice-Président de la Confédération Helvé- 
tique). A la première séance de L’Assemblée luciférienne, le 
:> septembre, il prononça un discours dont voici quelques 
passades : 

« TTT.\ 111. \ Iteprés.*. des SS.*. CC.\ confédérés, et vous tous 
Mac.*, du 33 e Degré, nous vous souhaitons la bienvenue. En vous 
voyant accourir des diverses parties du globe pour cette frater- 
nelle réunion, nous sentons vivement qu’au-dessus des bornes de 
chaque Etat, au travers des guerres qui les ensanglantent et 
malgré les haines que sèment l’ambition et le fanatisme, la grande 
idée de l'humanité vit 

« La Maç.\ a pris pour tâche d’écîairer l'humanité. Que de- 
mandez-vous pour ce néophyte? dit-elle. La lumière. Oui, la lu- 
mière pour dissiper les ténèbres que répandent sur le globe des 
hommes qui ont fait de la religion , de la religion surtout , un instru- 
ment pour diviser les humains , et pour peser sur les consciences . 
Lève- toi donc aujourd'hui, antique Maçonnerie; ne vois- tu pas 
là-bas s'ouvrir ces écoles nouvelles qui vont s’emparer de la gé- 
nération future et lui vendre au prix de sa conscience un savoir de 
convention qui sait vivre sans la liberté ! 

« Combattons l’ignorance Nos ennemis sont l’igno- 

rance.. .. » (1) 

Nous nous plaisons à croire que le Courrier fie Genève n’avait 
pas connaissance de ce document, quand il a publié, en 1893, 
après La mort du F.*. Louis Ruchonnet, Felogieuse nécrologie 
que plusieurs journaux catholiques, induits en erreur, ont 
reproduite, comme donnant la note exacte. 

Le fh/IL fin G.\ Or. de Ft anee (Novembre 1873. p. !(>!)) 
mentionne qu’à sa séance du 13 novembre, le Conseil de 
l'Ordre reçut, de la S:.: Adam (du Havre), un album conte- 
nant les Emblèmes et Décorations du t e, ‘ au 33 e degré. 

Lors de la fètod’Adoption donnée, le ;> décembre, par la L.*. 
n° 1 20, 1rs Amis des Hommes, O.*, de Lyon, <c le Temple, 
embelli par plus de 200 Dames et Sœurs, elc., les porches et 
les tribunes envahies parles FF.*, de tous les rites, repré- 
senta une des letes des Mille et une Nuits. Des Ilots de lu- 
mière partis de différents endroits du Temple venaient étin- 
celer sur les charmants visages des Sœurs, sur leur toilette 


y I) Chaîne d' Un ton, septembre et première partie du numéro doePd.re 1$7 j, 
p. 7ü',)-71I. 



401 


1875 

et sur Jes habits du grade ornés de mille attributs de tons 
les FF.*. » 

Avant l'adoption le F.*. Rcgnior dit : 

« À vous d'abord, mères de ces enfants, soyez les bienvenues; 
vous avez été assez fortes pour vaincre les préjugés , vous ne vous 
êtes pas arrêtées aux calomnies que les méchants déversent contre 
notre Institution, vous avez foi dans la Maçonn.*., nous vous en 
remercions; puissiez-vous trouver en échange dans cet asile de 
paix ; Joie ! Prospérité ! Bonheur l » 

Après le baptême, le F.*. Cahcn Isaac s'adressa aux dames. 

« Beaucoup d'entre vous, dit-il, redoutent et s'effraient du nom 
de Francmaçon. 

« Pourquoi ? Parce qn 9 une fausse instruction (1) a jeté dans leur 
âme, douce et naïve, des semences de crainte et d'horreur envers la 
Maçonnerie ... 

« Ce que le Francmaçon redoute pour l’avenir de vos enfants, 
ce qui fait l’objet constant de sa lutte, ce sont ces maximes, ce 
sont ces principes de fanatisme et de superstition. 

« Ce sont ces fausses doctrines qui avilissent et dégradent, qui 
sèment la discorde, la haine, qui divisent les familles, enseignent 
l'intolérance, etc. » 

« Le F.*. Perin dit aux Sœurs mères : 

« Apportez tous vos soins à l’éducation de vos lilles, consa- 
crez-y tout votre temps, car les erreurs de l’éducation ne sont 
pas réparables, elles portent coup. » (Madame Campan : De l’Edu- 
cation, t. 1.) (2) 

Le 19 décembre la L.*. La Vertu. O.*, de Dunkerque, cul 
line tenue solennelle de Maçonnerie blanche, baptême, agape 
fraternelle, etc. Tenue solennelle d'inspeciion. réception d'un 
délégué du G.-. O.’. Banquet, etc. 

Le F.*. IV**, de LO.*, de Lille, s'exprima ainsi : 

« MM.*. SS:-:, Mesdames 

« Il est malheureusement regrettable de voir encore s’étaler 
au grand jour certaines plaies sociales que nous nommons : Fana- 
tisme ! Ignorance ! engendrés par Y Obscur autisme!... Malgré nus 
efforts constants, pour combattre ces génies malfaisants, surtout 
pour lutter contre leurs désastreux e flots, leur hideux résultat se 
fait chaque jour sentir, protégé par une secte sans cesse mena- 
çante. » (3) 

(1) A propos d'instruction, le juif Cahen fsaac eu manquait le premier, puisqu’il 
commettait la faute de français qui se trouve à la phrase précédente! 

(2 1 Chaîne (Union, février 1876. p. 57 et sui\. 

(3) J bid décembre 1875 et janvier 1870. p. 25 et sui\. 


maçon x. 


26 



40 -2 


1875 

Mois Fondants, vieux clichés, tout cela vide de sens. 

Le clou de lu Tenue fut, saus contredit, [allocution adres- 
sée [dus spécialement aux dames par le F.*. Duhamel et vi- 
sant ta dipnité de la conduite et la pureté irréprochable des 
montes !! 

Fl c'est Duhamel, inspecteur de la Maçonnerie, que Ton 
disait être propriétaire de l'immeuble de la rue Tailboul, 
dont les Pensionnaires n'ont précisément ni dujnité de con- 
duite, ni mœurs, qui se pose en défenseur de la vertu 111 

Cette même année, le G.\ O.-, de France créa trois nou- 
veaux Cours Gratuits : deux de langue an plaise, qui furent 
conliés h MM. Scott et Mac-Enery et un Cours de Géographie, 
dont se chargea M. Gauthiot (Membre du Comité central (b* 
la Société de Géographie ; depuis, Secrétaire-Général do 
cette Compagnie). Nous remarquons que ces professeurs 
échangèrent bientôt leurs qualités de Messieurs contre celle 
de FF.-.. 

Un lisait dans la Déclaration Officielle du Suprême Conseil 
de Ilelffifjue, du h mai IST.'i : 

« Le Suprême Conseil s'applaudit de ce que, pour la première 
« fois, peut-être, dans noire pays des Khancs-Maçoxs aient la 

o CENSÉE DE FA liUC ADMKTTDE LEVES FILLES DANS MIT H K CHANCE InSTD 
<* 1*1 TïoN . )> 

« Us ont compris (pie pour arracher la femme aux influences de 
« l'erreur et de la supnsiition, il fallait parler de bonne heure à 
« son imagination, pour l'attacher plus tard à la grande cause 
a du Progrès. » (1) 

« Le 21) juillet 187o, la Loge Burdett Coutfs , U.*, de Lon- 
dres, se réunissait en tenue spéciale pour recevoir de la ba- 
ronne Burdett Coutfs trois magnifiques fauteuils que cette 
dame o (Irait à la Loge pour les trois premières lumières. 
Déjà il y a six ans, lors de la consécration de la loge qui 
porte son nom Jadp Burdett Coutts avait faitcadcamlTmesplen- 
dide liible au jeune Atelier. À cette occasion le Grand-Maître 
de l'Ordre avait autorisé, par exceplion, celle Loge à ouvrir 
ses portes aux femmes de ses membres. Après un échange 
de compliments dans lequel la donatrice a montré toutes les 
grâces de son esprit, les travaux ont été suspendus et la soi- 


(1) Bull . (tu Su/). Cons. i le Belgique , 1S, j». 27. 



403 


1875 

rée s’est terminée par un banquet qui a laissé l'impression 
la plus agréable à tous les convives. » 

« La présence de femmes dans une loge, où il n’y a guère 
eu rie Maçonnique que le costume, ne laissa pas de paraître 
aux journaux Maçonniques d'outre-Manche une grave inno- 
vation dans les usages de la Maçonnerie. Néanmoins, le 
Freemason approuva cette dérogation. 

« Nous avons souvent demandé, dit-il. pourquoi les femmes 
sont si rigoureusement exclues de nus fêtes. Nous devons dire 
que nous n’avons pas encore reçu de réponse satisfaisante. Ces 
réunions seraient plus agréables si nos Sœurs y étaient ad- 
mises. » 

Puis le Freemason sc livra à un éloge pompeux delà femme, 
de ses vertus, de rinlluencc bienfaisante qù 'exercerait sa pré- 
sence dans les banquets. 

« Nous pensons, ajouta-t-il, que l’exclusion absolue des dames 
a duré trop longtemps et qu’il est du véritable intérêt de changer. 
Mais qu’on ne sc méprenne point sur notre pensée. Nous approu- 
vons entièrement la tendance nouvelle à admettre nos sœurs, 
toujours belles et brillantes comme les anges, dans les circons- 
tances spéciales et aux grands anniversaires. Mais nous ne sau- 
rions approuver que 110 s travaux ordinaires eussent lieu en 
même temps. Cela n’est pas désirable et cest impossible. » (1 ) 

Le F.-. Ascher (Moscou), rédacteur de la Mis fri a (Revue 
Maçonn.*. de Roumanie) et sa fille Sœur Ascher, vinrent en 
France. Le F.*. Hubert en parla, dans sa Chaîne dVnion. 
« Nous eûmes, dit-il, la satisfaction de faire connaître à no- 
ie tre F.*. Ascher et h notre Sœur Ascher, la Maçonnerie Pa~ 
« risienne. Aussi ne doutons-nous pas que notre F.*. Ascher 
« et sa charmante file aient emporté et gardé bonne im- 
« pression des Francs-Maçons français et des Sœurs fran- 
çaises. » (2) 

Le Grand-Orient Uni et Suprême Conseil du Brésil, Vallée 
drs Uénédiefinos , admit les femmes dans ses séances solennel- 
les et autorisa la création de loges spécialement affectées aux 
travaux des dames , suivant les statuts de la Maron ne rie An- 
droggne. (3). 

f|) Monde Maçonnique, août 1S75. p. ISIMGo. 

(2 iKTombrc 1875 et janvier 1870. p. U. 

CI Chaîne d'Union. id., p. 43. 



1876 


404 


On/o enfants furent adoptés par laL.\ la Cbhncntr- Amitié, 
le 22 janvier l<S7l>. Cette cérémonie, présidée par le F.-. Teis- 
sier, avait attiré une fouir dr femmes. 

« Dès Fouverlurc des travaux, le Yen.*. les remercia du 
concours qu'elles voulaient bien prêter à cette soirée. » 

« Mesdames ou plutôt mes très-chères Sœurs, dit le F.-. Teis- 
« sier, au nom de tous les Maçons qui m’ont confié l'honneur de 
« présider cette fête de famille, je vous remercie d'avoir si gra- 
« ciuusonicnt répondu h notre invitation. A notre époque il faut 
« un certain courage pour venir s'asseoir au banquet de la Fra - 
« te mité , avec des hommes que Ion vous a tant dp fois représentés 
« comme des cœurs rides d'affection et de vertu , ne pouvant battre 
« que pour de méchantes entreprises , ou comme des dépravés , 

« n ayant de l'homme que la forme matérielle , Payant assurément 

« UES AFFINITÉS AVEC LE DÉMON, ET I»AR CONSÉQUENT LE PLUS PERVERTI 
« DES ESPRITS lUAROLtQUKS. » 

« Vous avez bravé les foudres de nos détracteurs pour vous 
associer a notre bonne œuvre, vous avez dédaigné les menaces 
de nos ennemis, merci de votre démarche et de votre courage. 
Votre présence donne à notre fète un véritable caractère de gran- 
deur et de beauté dont nous vous sommes particulièrement re- 
connaissants. » 

Après l'adoption, le F.*. Teissicr adressa encore quelques 
paroles aux daines : 

« baissez-moi espérer, dit-il, que désormais vous deviendrez 
nos auxiliaires les plus puissants, vous qui êtes appelées à diri- 
ger les consciences un début de la vie Vous ne permettrez pas 

que ces jeunes êtres dont l'éducation vous est confiée , soient exposés 
aux dangers d'un enseignement qui pervertirait leur cœur et leur 
intelligence. Vous ne permettrez pas non plus qu'aucun de ces chers 
petits enfants soient retenus dans l’ignorance par ceux qui ie.rploi - 
tenta leur profit. Vous nous aiderez h les élever, à les instruire, h 
faire de> uns d’honnêtes citoyens et des autres d’honnêtes femmes 
et de lionnes mères de famille. Nous comptons sur vous et lors- 
que l'éducation et l'instruction auront projeté la vraie lumière 
sur tous les hommes, voire souvenir associé au souvenir de réou- 
vre à laquelle vous aurez participé sera à jamais béni. » (1) 

Hanqucl, concert et bal. 

tl o>l facile do s apercevoir que le F.*. Teissicr, en ce qui 
concerne le satanisme des principes maçonniques cherchait 

Monde Maçonnique, mars 1S70, p. 15'»- 151. 



405 


4876 

déjà à donner le change. Les instructions de Pike, que nous 
publierons sous la date du li juillet 1889, seront pour nous 
la meilleure arme dont nous puissions nous servir pour dé- 
montrer victorieusement la fourberie des FF.'.. 

La L.\ les Admirateurs de l’Univers, 0.*. de Paris, présidée 
par le F.*, docteur Barré, membre du Conseil de l'Ordre, 
donna, le 12 février, « une fête d'adoption particulièrement 
brillante et à laquelle assistaient un nombre considérable 
d’invités, de dames et de visiteurs. » 

Le F.*. Barré ouvrit, en ces termes, la séance : 

« Mesdames, Messieurs, mes Frères. — Au débuf décollé fêle 
« j’ai le devoir de vous souhaiter la bienvenue et de vous pré- 
« son ter les Maçons que j’ai l’honneur de présider ; je dois vous 
« dire, au milieu de ces temps tourmentés, ce que nous sommes, 
« ce que nous voulons. 

« Je m'adresse surtout à vous, Mesdames, qui venez avec une 
« grâce charmante, vous mêler à nos joies, malgré les foudres 
« qui grondent sur nos têtes , et qui les bravez ce soir. » 

Le Ven.-, s’en prit violemment à l’Episcopat et au clergé 
catholique. 

« Abandonnés, continua-t-il, par beaucoup d'hommes que le 
« travail et l’expérience éclairent peu à peu, ils se sont rejetés sur 
a vous, Mesdames, accrochés à vous] mais là encore leurs espé- 
« rances seront déçues , l’instruction de la femme se perfectionne 

« DE JOUR EN JOUR, ET A MESURE QUE LA LUMIÈRE SE FERA DANS SON 
« ESPRIT, ELLE CÜERCUERA A PÉNÉTRER PLUS AVANT DANS CE OUI n'EST 
« ENCORE OU’ UN MYSTÈRE POUR ELLE ET SE DÉTACHERA AINSI DES CROYANCES 

« inculquées a ses PREMIÈRES années. Il faut avouer cependant que 
« pour le moment vous leur êtes en grande partie soumises : dans 
« chaque ville, dans chaque bourgade , ils ont organisé désassorta- 
is tions , des réunions de dames, des réunions de jeunes filles, en- 
« tretiennent dans vos cœurs ce mysticisme qui y germe depuis 
« votre enfance et qui n’est pas sans attrait pour ceux que l'amour 
« de la vérité ne pousse pas à des études sérieuses ; par vous, 

« Mesdames, pardon , par celles de vous qui ne savent leur résister , 

« ils auront a*os enfants, leur direction fera le reste , et ceux-là 
« seuls gui ont reçu cette première éducation savent combien U est 
« difficile de s y en défaire . » 

« Poussant encore plus loin l’habileté, quelques-uns, sans nous 
« dire où ils avaient pu acquérir tant d’expérience, ont cm de- 
« voir faire un tableau de F honnête femme ou plutôt de la femme 
« comme ils la désirent , comme elle peut leur être utile. Ils ont ainsi 



406 


1876 

« dépeint une femme (unie mystique, toujours en exlnse, s'adu- 
« ranl elle-même, a force d'adoration perpétuelle ou entièrement 
« soumis* à l’Eglise ou à son représentant, cc qui est la mémo 
« chose ; charmante petite créature qui se détache dos choses do 
u ce inonde ot déserte sans cesse le foyer conjugal. En porfoc- 
« tionnant encore un pouce polit modèle, ils auront rendu le 
« mariage impossible, l'homme craindra d'associer sa vie à un 
« être qui no saurait être ni femme, ni mère. Voilà les chois 
« dàruwe do ces messieurs qui so croient ou plutôt qui so di- 
« seul les Sauveurs de Ici Société. Heureusement que ce sublime 
« perfeclionnemenl n'a pas tout le succès qu’ils en attendent et 
« la plupart des mères continuent à élever leurs lilles pour en 
« faire (les compagnes aimées, des mères pleines do tendresse et 
« de soins pour leurs enfants. Dans leur tableau, ils ont défiguré 
« l'honnête femme et celle qui, fouillant avec soin sa conscience 
« peut se dircqu'tdle a élédévouéocl respectueuse vis à vis de ses 
« parents, qu’elle a toujours fait son devoir de femme, do mère. 
« de sieur et même ( ramie , code femme dis-je, faisant peu de 
u cas de l'opinion de ces messieurs, peut lever le front haut ot 
« se dire honnête femme.» 

« Je dois vous parler encore de l’organisation de la charité, 

« dont ils s’arrogent le monopole; c’est là que pleins d’onction. 

« ils savent le mieux vous prendre ; qui donc, en effet, ose refuser 
« In main blanche et mignonne qui quête, le regard si doux et si 
« suppliant qui demande pour le pauvre ? ici, vous serez clames 
« patronnasse , là présidente de quelque association, un jour 
« vous tiendrez une petite boutique à quelque vente de charité, 

« distractions charmantes et bien innocentes, occasions de mon- 
« trer une toilette des meilleurs faiseurs, puis chacune de ces 
« choses rapporte beaucoup d’indulgences et l’on a tant de petits 
« péchés mignons à se faire pardonner. » 

Le docteur Darré fit Historique succinct de la Maçonnerie, 
puis il 1er mina ainsi ; 

« J’ai été bien long, Mesdames, mais je compte sur l'amabilité 
« et la galanterie de tous les maçons présents pour vous dédom* 

<< mager pendant cette soirée, afin que vous me pardonniez à la 
« lin. (IJ 

Suspension de la séance. Banquet de 200 couverts. Con- 
cert dans le Temple n ü 2. Bal. 

Un s<* rend bien compte de la composition d'un auditoire 

(î) Le Mande Maçonnique, mars INTli, p. 43!- PU. — Le t’.\ Item*» parait au»ir 
appris le français â la même école que le I*V. Cahcn Isaac, rite p. 101. — A vie de 
fauteur. 



407 


1876 

féminin capable d'applaudir à pareil langage, devant lequel 
il est possible, par haine de la femme catholique, daller 
jusqua prétendre que « l'amie » concubine ou maîtresse a 
le droit de lever le front haut et de se dire honnête femme. 

Barré essaie de faire le procès de la charité catholique, 
parce qu’il sait bien ce que vaut celle de la Maçonnerie. Il 
raille les quêteuses comme si les Sœurs Maçonnes, — plus 
ou moins dévêtues, elles — , ne tendaient pas à leurs FF.*, 
le fameux tronc de la Veuve : comme si elles n’avaient pas 
aussi leurs ventes dites de bienfaisance 1 II flagorne la toi- 
lette assez maladroitement ; que deviendraient, en cllet, le 
commerce, l’industrie et les ouvriers si les personnes fortu- 
nées ne s’entouraient jamais de luxe et de superiJu. Tout 
cela ne résiste point à l'examen le plus sommaire. Au reste, 
nous rencontrerons d'autres diatribes du même genre. 

A Bordeaux, le F.*. Godin, Yén.\ de la L.*. VEtoile du 
Progrès, président de la Sonner d'ouverture des Crèches Ma- 
çonniques , adressa une allocution aux Dames, exposa le but 
de la réunion et donna la parole à la Swur Colügnon , prési- 
dente du Comité des Dames. Le F.* . Dumoulin parla ensuite. (1 ) 

Le LS mars, les LL.*, les Amis Die)} faisants et V Ecole eu- 
rent. une fête d’adoption. « A quatre heures, l’entrée du 
Temple fut accordée à un grand nombre de dames , dont la 
plupart franchissaient pour la première fois le seuil d’un lo- 
cal maçonnique. Aussi parurent-elles étonnées et charmées 
des paroles de bienvenue que leur adressa le F.*. Blanchon 
(Yen.*, des Amis Bienfaisants.) 

« Les jeunes enfants des deux loges, pour l'adoption des- 
quels avait lieu cette ravissante fête de famille, se présentè- 
rent ensuite, au nombre de sept garçons et six jeunes filles. 

« L’ainée des jeunes filles, Mlle Eugénie Tourna fol, avait 
la tête couverte de trois voiles, sur lesquels étaient écrits en 
grosses lettres d’or le mot Misère ; sur le second, le mot 
Superstition , et sur le troisième Ignorance. » (2) 

Les voiles lui furent enlevés successivement pendant le 
baptême. 

Le Docteur Barré aurait pu et dû s’élever contre le luxe 
des Maçonnes, car nous lisons dans le Monde Maçonnique 
(avril, 1870, p. 301,302) : 

(1) Chaîne d' Union, mars IS76, p. 1 10 cl $ui\. 

(:ij Ibid.. a\ril 1S70, p. 19N-2U0. 



1876 


408 


« Le banquet a été servi à sept heures et demie Les 

« dames étaient en grand nombre, les toilettes généralement 
« élégantes, plus rlé (juntes (ju *ell es ne le sont iV habitude clans 
« nos fêtes égalitaires . Parmi nos dames, plusieurs étaient 
« remarquables par leur beauté et leur distinction... Nous 
« n avons pas besoin d'ajouter que le bal, cette dernière 
« partie de la lèle, a été particulièrement animé et qu’il 
« s'est, comme d’usage prolongé jusqu’au jour. » 

Voici une partie de la lettre adressée de Bucliarest, le 
20 mars 1870, au F.*. F. F. Hubert, directeur de la Chaîne 
d* Union par la $<rur Lou'tonne Mélanie-Aschrr, âgée de 
1 f ans , h la suite de son voyage en France : 

« L'accueil sympathique qui nous a été fait par le ürand- 
« Orient de France, l'empressement que vous avez mis à nous 
« procurer des journées et des soirées agréables et surtout la 
« journée du 5 septembre, ù Saint-Mandé, à la Cérémonie AJa- 
« çonnique d’Àdoption, au banquet et au bal qui l’ont suivie ne 
« s’effaceront jamais de ma mémoire. Les paroles adressées par 
« les honorables FF... Ponçot, Delattre, Bibal et Toîain aux Low- 
« tons et à la nombreuse assemblée de dames, etc... » (1). 

La Chaîne (f Union, du 1 er avril 1870, p. 110 et suiv., in- 
sérait, en premier article : 

« Nous applaudissons bien volontiers au sentiment qui depuis 
« quelque temps pousse les Loges h célébrer les fêtes solsticiales 
« par des solennités d’adoption, dans lesquelles sont admises 
« non-seulement les femmes, les sœurs, les enfants de nos FF/. 
« mais des profanes honorables. » 

« C’est un moyen puissant de propagande. Faire aimer la Franc - 
« maçonnerie par la femme , la faire désirer et rechercher par les 
« profanes en soulevant quelque peu le voile pour laisser entrevoir 
« le but de nos réunions; nous attacher l’entant, en plaçant dans 
« ses mains un titre de sympathie et de protection en quelque sorte 
« paternelle ; c’est l’oeuvre la plus utile et la plus honorable que 

« DES FRANCSMAÇONS PUISSENT FAIRE. » 

« Nous ne serions pas étonné que l'on dût en bonne partie , à 
« cette participation dans nos solennités Francmaçonnigues de nos 
« familles et de profanes , le réveil Francmaçonnique qui se remar- 

« .QUE DEPUIS QUELQUE TEMPS. » 

Une « imposante solennité » réunissait, le 0 juin, dans 


(J) Chaîne d’Union, ni ni JS7(>. p. 21R-214. 



1876 — 409 — 

son Temple de Levallois-Perret, la L.\ les Travailleurs et 
une foule de FF.*. Visiteurs. « Plusieurs orateurs, les FF. # . 
Schneitz, père ; Collange ; Ellis père; Wanschooten ; Th. 
« Ellis prononcèrent les oraisons funèbres des SS:*: et dos 
« FF.*, visiteurs que nous pleurons. » (1) 

Au concert de la L.\ les Amis de Sully , 0.*. de Brest, le 
1 er juillet 1876, le F.*. T.*. Normand, 1 er surveillant. Yen.*, 
intérimaire, dit aux dames : 

« En vous rendant à cette invitation, vous nous prouvez , Mes- 
« dames , et nous vous en remercions bien sincèrement, que toutes 
« les accusations que l envie et l'ignorance répandent sur l œuvre de 
« la Francmaçonnr . n’ont pas trouvé créance auprès de vous. » (2) 

Le 27 juillet eut lieu, la distribution des prix aux élèves 
des Cours gratuits fondés parle G.*. O.*, de F.*., en l'Hôtel 
de la rue Cadet. 

Cette fête fut présidée par le F.*, de Saint-Jean, Président 
du Conseil de l'Ordre, assisté des FF.*. Armand, Caubet, 
Moreaux, André Roussel, membres du Conseil ; des FF.*. 
Garnier (de Paris), Léon Richer, Présidents de Loges, et du 
F.*. Thévenot, chef du Secrétariat du G.*. O.*.. MAL Koch, 
Mae-Enery, Scott et Gauthiot, professeurs, avaient pris 
place sur l’estrade. 

Plus de mille élèves étaient présents et l'assistance comp- 
tait environ 1800 personnes. 

Le F.*, de Saint-Jean ouvrit la séance par une allocution 
dans laquelle il montra, en se basant sur les résultats ob- 
tenus, combien le G.*. O.*, avait été heureusement inspiré en 
fondant ces cours. Il fit l'éloge de AI. Gauthiot. chargé de 
l’enseignement de la géographie et s’empressa d’emprunter 
quelques citations au F.*. Littré que, depuis l'an dernier, 

« la Franc-AIaçonnerie s’honorait de compter dans son sein ! » 
(Bientôt désabusé, Littré abandonna la secte el racheta ses 
erreurs par une mort chrétienne). Il engagea les élèves des 
cours à témoigner leur reconnaissance envers la Maçonnerie 
en s’affiliant à la secte ; puis termina par l’éloge des profes- 
seurs. 

Un élève de 3 e année, AI. Pinloche, prononça un discours 


(1) Ibid.., mars 1877, p. 127. 

(2) Ibid.y juillet 1870, p. 278-280. 



410 


4876 

en allemand dans lequel il déclara que le G.\ O.*, do F.*, 
s'était acquis des droits incontestables à la reconnaissance 
des « cœurs patriotiques, dos amis de l'humanité et de ses 
élèves ! gratitude que ceux-ci ne sauraient lui exprimer assez 
ni assez souvent ! » 

Inutile de dire que ce discours fut accueilli par de nom- 
breux applaudissements. 

RL Koch prit ensuite et longuement la parole et prétendit 
que la Maçonnerie travaillait au relèvement de la France, à 
la liberté do tous, à la civilisation par l'instruction, tandis 
que d’autres, aveugles par éducation ou par intérêt pen- 
saient qu’il est bon d’entretenir l'ignorance, cl pour ainsi 
dire, de l'ériger en système, d’en faire l’objet d'un ensei- 
gnemcnl méthodique ! 

El il ne s'est pas trouvé dans l'auditoire un homme qui 
ail osé lui répondre : « Vous en avez menti ! » parce que 
ceux qui l’écoulaient avaient déjà trop approché Jours lèvres 
de la coupe maçonnique !’. le poison avait agi ! 

Dans les numéros du programme nous signalerons : 

PREMIÈRE l'AHTIK 


2. Le 'Tourbillon, valse, exécutée par M ra ‘ Eugène Labanr. île 
Strasbourg... 7. Les Oiseaux voyageurs (Abschiedslied der Zug- 
vogei ), duo chaule en allemand par M ma A. Gaudillière et M lic 
L. liougier ... 40. Rondo Capricioso, mi-majeur, up. 14, exécuté 
par Miss K.-M. Eiven... 

Deuxième vaktie 


10. Caprice sur la Fille du Régiment , exécuté par M mc E. La- 
barre. 

Voici la liste des élèves récompensées : 

Coins d’allemand. l rc année : M Ues IJlanchetean. Laure liougier. 
Messager et Dizambourg. — 2 e année : M mc G audit lier e. 

Cours d'anglais. i re année : M mc Santini ; M lles Osmont , Giuier 
Ronrge, Maria Piot et Aline Châtelain. — 2 e année : M lles Annette 
Desartre , Marie Guillauman, Joséphine Vuutielcke , Maugar cl 
Agne liant. 

Cours de liÉOGRAHiiE : M lles Ginier et lliagge. 

Abonnement au journal YExploratenr (prix offert par le Pro- 
fesseur) : M JJe Ponllain. 

Mentions uonorables : M n ** Messier, Marie, Tafforcau, Rurrettn , 



1876 — 411 — 

Hénaut , Dizambourg et Desor . (Bulletin du G.\ 0.*. de F.\* juil- 
let 1876, p. 152 à 168.) 


Ln Cours de Sténo y rapide fui organisé et AL Labonne, 
« 1 apôtre de la Sténographie et le propagateur delà méthode 
Deiaunay », en eut la direction. 


Nous empruntons ce qui suit au compte-rendu fait par le 
F.*. Lhopital, Secrétaire-Adjoint de la L r./rs Amis de fïlu- 
manité , à la suite de la tenue donnée par cet atelier Mont- 
rouge. 0.*. de Paris), le 3 septembre 1876 : 

« En présence du succès croissant d'une <euvre de véritable propa - 
« gande Maçr. les loges de la banlieue méridionale de Paris s'ef- 
« forcent de rendre ces fêtes chaque fois plus intéressantes et 
« plus instructives ; elles pensent avec raison que c’est là un des 
« meilleurs moyens de ramener à nos convictions les mères de 

« FAMILLE ET LEURS ENFANTS... 

« Ces ateliers travaillent dans une limite restreinte, il est vrai, 
« mais qui pourrait s’élargir. Si tous les Ateliers de Paris et de la 
« France voulaient les imiter, nous corrigerais vite dans les enfants 
« les funestes effets d’une mauvaise éducation; nous relèverions 
« peu à peu les femmes de l'abaissement intellectuel et 
« moral où on les a tenues jusqu’à présent ; nous contribuerions à 
« faire sortir la discorde de la famille et à y faire entrer la paix 
« et r union . Enfin, nous enlèverions à nos adversaires, aux hom - 
« mes du passé , ceux et celles dont ils se font , un peu par noire 
« faute, les meilleurs auxiliaires contre nous , les femmes et les 

« ENFANTS. » 

La fête solsticiale de la L.*. Ecossaise, n° HT, Le Héros dr 
l’Humanité comportait : protectorat maçonnique, tenue solen- 
nelle de maçonnerie blanche, banquet, concert et bal. Elle 
fut donnée dans les salons et jardins de l'Elysée Ménilmon- 
tant, 8, rue Julien-Lacroix, chez Trousseau. 

Dans une lettre d'invitation du li juin, cette L.*. annon- 
çait la solennité pour le 1 er juillet. Elle devait avoir lieu, di- 
sait la pi.*., avec le concours des FF.*. Spuller, Gatineau et 
Nadaud, députés h l'Assemblée Nationale. (Spuller a nié qu'il 
fut maçon, mais n'a rien répondu quand nos amis ont in- 
voqué ce document authentique). 

Le programme de la fête portait, en Ire autres choses : 



1876 — 412 — 

« Distribution de bonbonnières et d’aiguilleltes aux Sœur*. 

« Introduction de nos Sœurs avec le cérémonial accoutumé, 

« Symphonie à quatre mains pour piano, par les jeunes Sœurs 
Letcllier et Billard . » 

Les Sœurs furent introduites avec un cérémonial « fort 
courtois » et après avoir passé sous la voûte d’acier, elles fu- 
rent conduites aux places qui leur étaient réservées sur les 
colonnes. 

Le piano était tenu par les loætonnes Letcllier , tilles du 
Ven.*.. 

Quatre lowlons furent baptisés, puis le F.\ Tissier parla 
du devoir des mères vis à vis de leurs enfants, tourna en 
ridicule l’histoire de Josué arrêtant le Soleil, celle du man- 
teau de Joseph et de la Puliphar, etc. Et conclut que quand 
on a appris Pllistoirc Sainte il n’en reste que le néant et le 
ridicule. Or en I exactement ce qui caractérise les légendes 
des rituels maçonniques , parce que les auteurs sacrés des loges 
ont dénaturé le texte biblique pour les échafauder un peu 
mieux à leur convenance ; le F.-. Tissier n’aurait pas dû 
l’oublier. 

D'après lui, les Sœurs Maçonnes doivent apprendre à leurs 
enfants à relever iièrement la tète car ils sont Français et 
Sujets d'un pays libre. « Dilcs-Jcur bien, ajouta-t-il, qu'il 
n'y a que ceux qui ne connaissent que Uome pour patrie 
qui puissent leur dire de courber la tête. Enscignez-leur à 
avoir foi dans l'avenir de leur pays, qui ne se relèvera que 
par la liberté. » 

Banquet de dOO couverts. 

Le F.\ Letcllier et plusieurs frères, armés de glaives, 
allèrent recevoir à la porte de la salle le gros badois Sp aller 
[\\m des plus chauds défenseurs de l’article 7 de la loi de 
187b) et plusieurs autres maçons de qualité. 

À la lin du banquet, Spullcr harangua les convives et ou- 
vrit le bal avec la Sœur Letcllier (Mère). Cette fête dura 
12 heures consécutives !! (I). 

Ceux qui ne connaissent que Rome pour patrie valent bien 
ceux qui se prosternent à plat ventre devant des Spullerî! 
Ce n'esl pas difficile. Presque au lendemain de nos désastres 
de 1870-1871, il fallait et il faut avoir perdu tout sens mo- 


(I) Ibid., octobre 1*70, p. un. 



1876 


413 


rai pour faire d'un Spullcr un député, un ministre et main- 
tenant un sénateur!!! Il a trouvé et trouve des imbéciles 
qui le nomment ou Font nomme à ces charges, malgré 
l'étrangeté de son état-civil, il en profite et il a mille fois 
raison ! (1) 

Vingt dames et soixante hommes répondirent à l'invitation 
qui leur avait été faite d’assister à la tenue funèbre de la Lu*. 
la Sincérité, O.*, de Saintes, le 10 novembre 1876. 

Le F.\ Jolinon père, Vén.*. dit : 

«Merci, Mesdames... vous qui n'avez pas craint ce soir de 
mettre les pieds dans une loge maçonnique , vous qui n'avez pas craint 
de venir nu milieu de ces Francmaçons qui sont tous les jours ca- 
lomniés par des gens de mauvaise foi. » 

Enfin, après le discours du F.*. Roche, Orateur de la Sin- 
cérité, le F.*. Jolinon crut devoir s adresser, en ces termes, 
aux dames et aux profanes : 

« Il me serait pénible de prendre la parole si je pensais qu’une 
futile curiosité vous a attirés dans cette enceinte. 

a Mais convaincu que vous n’êtes venus honorer de votre pré- 
sence cette assemblée qu’afîn d’encourager par cette démarche 

les efforts que nous faisons je n’hésite plus à prendre la 

parole ' 

« Il est temps, aujourd’hui, que la vérité brille de tout son éclat, 
que la Maçonnerie attaquée de toutes parts, soit connue dans sa 
véritable grandeur ; que ses ennemis, que ses détracteurs, soient 
enfin induits au silence... » 

« Le but de la Maçonnerie est d’arriver en proclamant les prin- 
cipes de tolérance, à l’reuvre de la régénération humaine » 

« La Maçonnerie a aussi pour but de combattre fignorance ; 
elle prêche et répand à profusion l'instruction. » 

« La Maçonnerie veut l’instruction laïque. Et pour arriver à 
cette grande œuvre de la Régénération , elle s’adresse aux 
femmes » (2) 

C'est au nom d(> la tolérance , que la Maçonnerie cherche à 
capter Fenfance dans ses écoles laïques, dans ses lycées de 
filles ou de garçons !! C’est an nom dr la tolérance, qu’elle fait 
mettre en demeure, la plupart des gens sur lesquels l’Etat a 
barre, d’envoyer leurs enfants dans ces établissements !! 

V initiation Maçonnique fui conférée à la Comtesse Hélène 

(1 > Le F.*. Eugène Spuîler est, de nouveau, ministre de l'instruction publique et 
des... cultes. 

(2j Ibid., jamicr 1^77, p. 20 et sui\. 



1876 - 4U — 

l1adirk-lUtr/t‘>rzj/ , par l'intermédiaire du F.*. Pulsky, Ci. - . 
M , dans la loge Ecossaise Egt/enlosrt/, 0.*. de Unghvar 
i Hongrie). Depuis plusieurs années la Sœur Hélène Hatlirk 
s’était heurtée h une barrière infranchissable, élevée par le 
G.*. 0.\ Hongrois et quelques loges, malgré les chaudes re- 
commandations du F.*, «le Pulsky. 

Une plainte fut adressée de ce chef au G. - . 0.\, qui après 
avoir examiné tous les faits et reconnu qu’il y avait eu viola- 
tion llagranle des Statuts, interdisant l'admission des femmes 
aux tj rades masculin*, prononça le jugement suivant, dans 
sa séance du '> mars 1876 : 

Le F.\ Geze-Mocsârv, Vén.\ Adj.\ fut privé pour tou- 
jours de scs droits maçonn.*. ; — les FF.*. Franz Fischer, 
Oral.'. ; — Héla Lasztôkay, 2 e surv.\, et Michel Finczierc- 
zkv, Secret.*. furent exclus de l'Ordre ; — le F. - . Maurice 
lieras fut suspendu de ses droits pour le terme d une an- 
née ; « — le F.*. Philippe Perl fut suspendu pour six mois. — 
Les FF.*. Mail.*. Désiré Durcsâk, Paul Kendo, William 
Schalfer et le F.*. Gompagnon Karl Wiedemann, furent sus- 
pendus pour trois mois. (Hwxu. T Aurore), org. olf. du G.*. 
O.*, de Hongrie). 

Quelques semaines plus tard tous ces FF.*. furent amnis- 
tiés par le G.*. 0.*. !!! 

Le journal illustré mensuel D eu Fhiumalkek {le Franrma- 
çon i, de Vienne, publia une déclaration de la Sœur-Frère Com- 
tesse /ladic/i-Iiar/coczf/, par laquelle celle ci cherchait à réfuter 
tous les griefs dont elle avait été l’objet, ainsi que ses par- 
rains et les officiers de la L.*. Eggcnlosey. Elle mettait en 
dehors de cause le G.*. M.*. de Pulsky, accusé de lui avoir 
révélé les signes et les mystères ; prétendait qu elle les con- 
naissait, les ayant appris dans des livres de son oncle défunt, 
le comte Jean Barkôezv, de sorte que la loge il' Unghvar ne 
lui avait rien appris de nouveau lors de sa réception. 

Le Grand-Orient ne voulant pas ratifier son initiation 
avait, «lisait-elle, commis une lourde injustice qu’il avait 
aggravée en refusant de l'écouter personnellement dans la 
«léfense. Si le F.*, «le Pulsky l’accompagnait en Hongrie, 
c'est qu'elle Feu avait prié pour sa sécurité personnelle, 
attendu que le 10 septembre 1871, son mari l’avait fait 
enfermer dans une maison d'aliénés à cause de scs sympathies 
pour la Francmaçoimerie. Quant à la prétention du tir.*. 



415 


1876 

0.*. qu’elle ne connaissait pas la distinction des deux rites 
qui existaient en Hongrie, elle déclarait que depuis longtemps 
elle avait désiré la fusion de ces deux rites qui se combat- 
taient aussi bien à l'étranger qu en Hongrie. Le Hajnal rap- 
porta ces memes déclarations. (1) 

Au Brésil, la Grande Loge Ecossaise autorisa le Ven.-, de 
la L.\ Cinq Mars, \ initier, aux trois degrés, un nombre suf- 
fisant de dames, pour pouvoir installer une loge d’adoption à 
l’0.\ de Tiété. (2) 

Près de deux cents personnes, parmi lesquelles une soixan- 
taines de dames de Valparaiso, alliées de près ou de loin à 
quelques Maçons, se donnèrent rendez-vous, le 21 juin, vers 
10 heures du soir, sous les voûtes du Grand Temple et 
prirent place autour de la double table qu’on y avait instal- 
lée, « dans les meilleures conditions de goût et d’élégance à 
l’occasion de la fête de la L.\ X Etoile du Pacifique . La 
« présence de nos Sœurs avait transformé l’antre de nos 
« secrets en un parterre, émaillé de Heurs et de gaieté.... 

« .... Dès que le souper fut commencé (sous des formes 
conventionnelles) le Vén.*. s'empressa d’adresser quelques 
mots de bienvenue à ces aimables visiteuses et de les remer- 
cier profondément du louable exemple qu’elles venaient de 
(humer en dépit du préjugé du lieu , en s'associant h une fête 
qui pour elles serait un titre dont les Maçons voulaient 
consacrer le souvenir. Chacune des Sœurs reçut, dans ce but, 
un bijou frappé pour la circonstance, consistant on une 
jolie médaille d’argent, due au bon goût et à l'intelligente 
direction de l'ancien expert le F.*. Henri Fouchcr. Ce bijou, 
retenu par un cordon bleu portait, sur l'exergue, cette simple 
légende : Y Etoile du Pacifique, 21 juin 187b. » Toasts et 
bal. (2) 

1877 

Le 6 janvier 1877, la L.*. Union et Bienfaisance , h l'Ü.\ 
de Paris-Gentilly, se réunit en tenue de banquet. Les travaux 
furent ouverts h 7 heures un quart au 1 er degré symbolique 
suivant les mystères ou les grades et furent ensuite suspendus, 
pour passer h ceux de la mastication. 

(1) Chaîne d* Union. a\ril 1 870, p. 170-177 : — juillet 1870, p. 293; — septem- 
bre 1870, p. 802 : — avril 1877, p. 209-210. — Le Monde Maçonnique, juillet 1870 
p. 107. 

(2) Chaîne d' Union, octobre 1870, p. 405. 



1877 - 410 - 

« Les Sœurs el les profanes furent introduits dans le 
local où le F.*. Sclimitz, souhaita à ces invités la bienvenue 
au nom de la Loge et les remercia de venir par leur présence 
embellir cette fête... » 

« Le signal des travaux de la mastication étant parti de 
l'Est, après que les Maîtres des Cérémonies eurent placé 
les invités, chacun se livra à ce travail au milieu de la plus 
franche cordialité..., 

A huit heures et demie le Vén.*. se leva et invita les 
Maçons à s'unir à lui, le premier toast devant s’adresser aux 
Sœurs. « Tous les Maçons sc joignirent au Vén.*. pour tirer 
une vive batterie d’allégresse en l'honneur de nos gracieuses 
Sœurs. » 

A dix heures le F.-. Morin eut la parole : « On a parlé, 
dit-il , de la femme, lui aussi va boire à une femme, celle-là 
nous devons l’aimer à la fois comme notre mère et comme 
notre épouse ; elle peut exiger de nous tous les sacrifices, 
meme celui de notre sang ; celle-là c’est la France républi- 
caine.... » 

Toasts... par le F.*. Emonet de la L.*. Lo Héros do Huma- 
nité à Y Enseigne me ut. laïque et obligatoire . 

Le 17 janvier, la L.\ La Clémente- Amitié Cosmopolite , 
célébrant sa fête solsticiale, eut une tenue d’Adoption, concert 
et bal. Le F.*. Tessier, Vén.*. dit aux dames : 

« Très Chères Sœurs, 

« En vous remerciant l’année dernière du bonheur que vous 
nous procuriez en venant vous asseoir à la table de la fraternité, 
et en vous félicitant de la fermeté avec laquelle vous avez dédaigné 
les foudres de nos adversaires, je vous priais de vouloir bien nous 
continuer cette faveur. 

« C’est donc avec une délicieuse émotion que je viens vous 
exprimer notre vive reconnaissance de l’empressement avec lequel 
vous avez répondu à notre appel. . . 

« Continuez-nous , je vous en prie , votre généreux et puissant con- 
cours ; consentez à devenir les auxiliaires de nos principes, et lors- 
que vous aurez pu mesurer toute l’importance et la sublimité de 
notre œuvre, vous serez étonnées et profondément attristées de 
voir qu'il y a encore des hommes disposés à repousser et à mau- 
dire les actes les plus louables parce qu’ils émanent de nous. » 

Le 1*/. Tessier cherche ensuite ce que les Maçons onl pu 
faire à ces hommes là. 



417 


1877 

« Ils ont découvert et démontré victorieusement que le men- 
songe, l’ambition trônent en permanence dans leurs cœurs. Qu’ils 
se disputent le monopole de la domination et du bien-être; con- 
tiennent ceux qui sont fatigués d'injustice et d oppression ; men- 
tent pour corrompre (lj ; sont les ennemis de la vérité et n’ont 
qu’un but, la détruire. Ils ont pour agents les ténèbres et l’igno- 
rance. le fanatisme et le mensonge (3;; les siècles apportent le 
souvenir de leurs débuts et de leurs œuvres. Ils s’érigent en 
éducateurs de l’enfance, s’intitulent les propagateurs des subli- 
mes piincipes de la morale; prétendent êtreseuls dignes de guider 
les premiers pas de l’enfance et de fermer les paupières de la 
vieillesse. Le poète avait donc raison de dire : 

« Les prêtres ne sont pas ce qu’un vain peuple pense, 

Notre crédulité fait toute leur science. (3) 

Dans la Maçonnerie, par contre, tout est parfait bien en- 
tendu. (i) 


Elargissant le champ de son action, la secte organisa 
V Œuvra des Livrets et en 1877. les Maçons du Havre distri- 
buèrent des récompenses aux élève* les plus méritants descen- 
tes laïques. Après avoir parlé aux enfants, le F.*. Peulevey, 
conseiller général, s’adressa aux dames et aux hommes. 

« La Francmaçonnerie vous le voyez, dit-il, veut faire des 
hommes par l'instruction, mais elle n'a point à dissimuler ses 
préférences : c'est l'instruction laïque qu'elle recherche. Le but 
qu’elle poursuit, c’est la transformation progressive des méthodes 
adoptées jusqu’à ce jour pour fixer les bases de la morale sociale . 
Ce que nous voulons, c'est affranchir l'esprit humain de tous ces 
commandements abstraits qui proclament la négation de la raison 
humaine, et qui, à force de nous prêcher la croyance aux choses 
surnaturelles , nous conduisent jusqu’à nier l'évidence ; ce que 
nous ambitionnons, c’est de mettre la morale humaine en parfait 
accord avec nos lois civiles et d’écarter à jamais de l’esprit de nos 
enfants tous ces ferments de discorde qui troublent si profondé- 

(1) Comme c’est bien là, au contraire le rôle de la Maçonnerie. rôle que le F.-. Tessier 
cherchait à intervertir ! 

(2) Deux fois nommé. 

(3) Il parait que ces vers ont quelque célébrité chez les FF.*, puisqu’ils sont aussi 
imprimés à la page 310 de la Bibliothèque Maçonnique, elc. dédiée aux Grands 
Orients Lusitanien et Brésilien, par un Chevalier Hose-CroLr , 1^74, tomes (Il et 
iV, p. 310. Comparaison de la Maçonnerie arec le monde profane. Le F.*. Tessier 
se serail-il aidé de ce chapitre ?*? 

(4) Chaîne d* Union, janvier 1377, p. 71, 72, 73. 


HAÇONN. 


2T 



418 


1877 

ment la société. Nos contradicteurs ont sans doute l'habitude de 
parler de nous avec le plus profond dédain : il est mémo de bon 
goût dans un certain monde, de ne pas nous épargner les expres- 
sions outrageantes, parce que nous voulons que nos enfants pui- 
sent leur confiance dans leurs propres forces , aux sources de leur 
intelligence et non point aux sources des eaux merveilleuses ; lais- 
sons faire et dire sans nous émouvoir; la lumière finit toujours 
par dissiper les ténèbres. » 

« Prenons confiance : la Ligne de V Enseignement s'est 

formée sur tous les points de la France : elle doit être désormais 
notre mot d’ordre et notre drapeau, la voie nous est ouverte... >* 

« Mesdames c'està vous surtout que la Maçonnerie s’adresse.. . 
Soyez avec nous dans la conquête de notre dignité et de nos libertés . 
Nos aspirations seraient impuissantes et nos luttes stériles si elle* 
n'étaient secondées par votre concours et vos propres efforts... 
de grâce, faites-nous le sacrifice de ces préjugés qui étouffent les 
conquêtes du monde moderne . . . » 

«... C'est Rome Souveraine avec le Syllabus pour constitu- 
tion ...» 

« Donc, Mesdames, Messieurs, aidez-nous dans la tache que 
nous nous proposons d'accomplir. Faites que par voire exemple 
vos enfants acquièrent le goût de la lecture et de l'instruction. 
Conduisez-les dans nos bibliothèques ; lisez avec eux. choisissez 
avec discernement, dans tous ces monuments de l'histoire et de 
la littérature, ceux qui sonl les plus propres h développer les ca- 
ractères et à faire des citoyens ; vous aurez ainsi non-seulement 
assuré leur avenir et conquis la joie dans la famille, mais vous 
aurez affirmé le programme de la Société Nouvelle. » (I). 

Egaré par ce langage odieusement trompeur le public in- 
terrompit plusieurs fois pour applaudir et la (in fut accueil- 
lie par une triple et chaleureuse salve de bravos !! 

Le b février, une Conférence sur la morale immorale , fut 
faite, à la L.*. la Française, par le F.*, docteur Dccaudin- 
Labesse. (Jet énergumène alla jusqu a prétendre que « n‘ad- 
mellanl pas que le mariage puisse cesser d'ètre impur par 
cela seul que la société l'approuve, l'Eglise ne fait du mariage 
qu’une simple tolérance, et le considère comme une souil- 
lure dont sa bénédiction peut seule purifier; ce faisant VE- 
(/lise ne tend à rien moins g a* à tuer le mariage . » 

11 termina en démontrant a sa manière les différences ab- 
solues qui lui paraissaient exister entre l’éducation religieuse 


(1) Chaîne d f Union , février L877, p, 121. 



1877 


419 


et 1 éducation laïque, celle-là seule est virile, seule est mo- 
rale. Il prit des exemples récents et démontra maçonnique- 
nient la différence de leurs résultats. (1). 

Nous ne lui ferons pas l'honneur d’une réflexion et rap- 
procherons simplement ces infamies de celles qui furent dé- 
bitées, quelques jours après, le 17 février, au baptême ma- 
çonnique, suivi d’un banquet, de la L.* . les Zélés Philanthropes „ 
0.\ de Paris-Yaugirard. Cette fois, il y avait des Sœurs et le 
F.\ Juignet, Orat.*. en profita pour donner libre cours à sa 
haine anti-religieuse. 

« TT.*. CC.\ SS.*. 


« Je croirais insulter à votre raison, dit-il, si je vous supposais 
imbues des grossiers préjugés du catholicisme moderne, qui ose 
vous donner en exemple, à vous, nos compagnes , nos mères , 
les tristes malades : Sainte Thérèse, Marie Àlacoque, pauvres 
folles, cherchant sur la foi des doctrines dites surnaturelles et 
qui sont simplement des contre-nature , le bonheur que l'accom- 
plissement des devoirs naturels leur eût donné. » 


« C'est avec votre appui que l'on espère surtout attaquer la société 
moderne ; c'est chez la femme que l'on compte trouver la force pour 
combattre l'époux , le fils , le pire émancipés malgré les hommes des 
ténèbres ; c’est grâce à la femme que tant de bienfaits de notre 
grande Révolution n’ont pu se répandre ; c’est chez la femme que 
nos adversaires ont trouvé un écho sensible à leurs regrets; et, 
mesSS.*., nous ne pouvons que gémir sur ce triste fait car les 
manœuvres de nos ennemis s’adressaient aux plus nobles senti- 
ments qui honorent votre sexe, à la pitié, aux souvenirs de l’en- 
lance ! . , . 

« Non , vous nêtes point tenues de garder la foi de vos mères , si 
votre raison , plus éclairée , ne l'admet pas . . 

« Vous voyez, mes SS.*, de quelle importance est pour nous, 
pour nos enfants, pour l’avenir de la Patrie, qu’à la grâce, à la 
délicatesse des sentiments, à l’éclat de l'imagination qui vous 
appartient, vous ajoutiez la plus grande rectitude de la raison . 

« Eh bien, il y a deux camps dans la société où vous vivez. 

« Dans l’un, on exalte le passé auquel on veut ramener la 
société. Dans l’autre, on veut le progrès en montrant l’avenir avec 
confiance. 

« Entre ces deux camps votre choix est fait : votre préseîsce dans 


(1) Ibid., mars 1^77, p. 124. 



1877 — 420 — 

ck Temple. . . au milieu des Fjiancmaçons excommuniés en est un sur 

CALANT. 

« Recevez donc, très chères Sœurs, au nom de la U.*. L.\ les 
Zélés Philanthropes , le témoignage de sa confiance. Oui, et nous 
pouvons le répéter lentement, nous comptons sur vous pour 
donner à la Patrie de dignes enfants ; à la science et à la vérité, 
des adeptes éclairés ; à notre grande famille des membres dévoués ; 
et enfin, à la République de véritables citoyens. » 

Jamais, non jamais encore nous n'avons mieux compris 
combien Léo T vxil avait été fondé et amené h pousser ce cri 
d'alarme : 

« Mères françaises) racliez vos filles * raid les F ra nés- Ma- 
çons qui passent ! » 

Nous ne craignons pas de renchérir encore sur lui et de 
nous écrier, de toutes nos forces : 

« Mères chrétiennes, cvciiez vos filles et vos fils ; voici 
lus Francs-Maçons lui pvssent ! » 

Après l’adoption des lowtons, le F.*. Baldi chanta « un 
morceau philosophique et plein d’espérance, dont la dernière 
strophe : « J’attends ta liéjmblique Universelle » est répé- 
tée (1). 

Au commencement dit banquet de J 00 couverts, désireux 
de parodier notre Henedirite , le F.’. Juignet dit encore : 

« Très chères Sœurs, 

« Nos ancêtres avaient coutume d’adresser avant chaque repas 
une invocation religieuse dans laquelle ils proclamaient leur 
croyance. Faisons comme eux, mes FF.*, et mes SS.*.. 

J J Jm République Unirerxelle faisait partie du programme élaboré par les loges 
<•! (’.aribaldi, leur (Irau«l-Maitrc. Aussi le chéquard Fr. Rourirr, lui présentant, à 
Tours, en octobre 1870, une députation cosmopolite, lui donna-t-il, avec empressemeul 
lecture d'une adresse disant: 

« Les Républicains de Tours, unis auv Républicains d'Espagne, représentés par 
quelques-uns de leurs députés, viennent saluer en vous l’homme qui a été le libérateur 
«le l'Italie, lr tjrand citoyen de la République Universelle) qui a le plus contribué 
a l'affranchissement de la pensée humaine en préparant la chute du pouvoir 
temporel des prêtres... Lorsque, républicains français, italiens, espagnols, nous 
aurons vaincu l'ennemi commun , nous aurons jeté les fondements de rcltc grande 
fédération humaine à laquelle Rendront s’associer les démocrates allemands et qui for- 
mera les Etats-Unis d'Europe. Vivo Oaribaldi, \i\e Ultalio, vive la République Uni- 
verselle. » Le 4 octobre 181)2, le chéquard Fr. Rourier , ministre de la République 
française, assistant à la honteuse inauguration de la stalue élevée, par la municipalité 
de Nice, au condottiere , et soûlant plaire à la Maçonnerie Universelle retraça le rôle 
«le Caribuldi." lTtatjk unifiée, R«ime capitale , en marquent les points culminants ! » 
El toute la bande «les FF.*, d’applaudir ù celte attaque contre le Saiut-Sicge ! 



1877 


421 


« Au nom de la Liberté et de l'Egalité, puissent régner entre 
tous les hommes, comme grâce à vous, mes SS.-., vont régner à 
cette table de famille les douceurs de la Fraternité ! » fl) 

Après le banquet, il y eut bal. 

Le 21 février, au G.*. O.*, de France, où avait été convo- 
quée la L/. les Admirateurs de l 'Univers , le F.*. Mesmer, 
Orat.*. tenait les propos suivants: 

« C'est avec une émotion, — douce émotion, — que vous com- 
prendrez, que je me vois appelé à l'honneur de prendre la parole, 
à l’occasion de l'ouverture de notre fête, qui réunit en ce jour 
initiés et profanes, et ce qui donne surtout un attrait tout parti- 
culier à notre réunion, nos femmes, nos filles, nos Sœurs ... 

Exposant faussement ce qu’est la Maçonnerie, il prétend 
aussi qu’elle a contribué, dans une large part, au perfec- 
tionnement de la vie sociale , de la morale publique et de 
l' éducation des peuples . 

« Quelques-unes parmi vous, Mesdames, se demanderont sans 
doute en m'entendant pourquoi nous avons été excommuniés ; 
pourquoi nous sommes ainsi vilipendés chaque jour... 

« Oui, nous ne l'ignorons pas, Mesdames, et nous vous en re- 
mercions, il a fallu à quelques-unes d'entre vous un cœur armé d'un 
triple airain pour oser, malgré les anathèmes , pénétrer ce soir dans 
ce qu'on s'est toujours efforcé de vous représenter comme le temple 
de Baall 

« La morale grandit, la charité se transforme, et ainsi 

éclairée, ainsi accomplie par la raison, elle devient la solidarité 
humaine. 

« Le Christ ne pouvait comprendre ce principe qu'il est permis à 
notre siècle d'entrevoir. L'Evangile ôtait à lu charité son caractère de 
vérité et de justice , en en faisant un précepte d'autorité révélée au 
Heu d'y voir le développement moral d'une intelligence féconde ; en la 
faisant descendre du tiel, comme toutes tes religions autocratiques , 
au lieu de la faire s’élever de lu cons> ience comme la philosophie des 
peuples libres . (2) 

« S'appuyant sur cette prétendue origine céleste, l'Eglise, avec 
une effronterie que rien n'excuse , car l’ignorance est impossible , pré- 
tend avoir inventé la charité et elle exploite le brevet depuis des siè- 
cles. L'Eglise laisserait volontiers croire que ni l’hospitalité , ni la 


(1) Ibid., avril 1877, p. 190-101. 

(2) (Jaro voulait en remontrer h son curé ; le F.*. Mcsuicr se déclare plus fort que 
N. S. Jcsus-Christ et FEvaugile 



1877 — 'r22 - 

justice, ni l'humanité, ni la vertu, n existaient avant la renne do 
Bon Dn:t et (/ne les hospices, les fondations, les donations charitables 
sont ('invention d'an clergé qui n'a fait qne tes exploiter à son profit. 

« Comment la race humaine aurait vécu des milliers d'années 
et on oserait prétendre que la vertu, la charité, la justice n’ont 
pu germer dans le cœur de l’hommede si nombreuses générations 
et ont du descendre du ciel en terre, en l'an de Rome 7*42 ou 751 ! 
Mais c'est blasphémer l’Innnaniié autant qn outrager la vérité de 
l'histoire ! Pour en arriver là, il ne saffit pas de bon sens, il faut 
manquer de bonne foi , il faut n'avoir ni conscience ni r<enr pour tout 
sacrifier ainsi à l'orgueil de son ordre , à la domination, à l'impos- 
ture; il faut avoir cessé d'être homme î ! î » 

Celle dernière phrase nous la retournons à son auleur et 
l'appliquons par conséquent au F.-. Mcsnicr. 

I e Yen.*. F.\ Barré parla des premières loges d’adoption 
avant 1780 et sous le premier Empire ; raconta les préten- 
dues initiations de Pylliagore et de Platon ; déclara que les 
réformes de l'instruction étaient parties des loges ; attaqua 
l'Ancien Testament et prétendit que Ferdinand de Lcsseps 
avait traversé, en voilure, le gué connu de Moïse seul et h 
l'aide duquel ce grand edief et législateur du peuple hébreu, 
avait lait, à marée basse, franchir la mer Houge aux Juifs. 

II supplia les dames présentes d'être des femmes sérieuses et 
non des femmes m;/stifjnes y exécuta line charge, a fonda di 
ruralln, contre ceux qui se disent les maîtres de la vérité, 
cVsl-à-dirc les prêtres , les pasteurs protestants et les rabbins 
et affirma rjn'il pourrait combattre le s prêtres rathof ignés 
P Er an (file à la main . 

« Puisqu’aucuno religion ne peut satisfaire les hommes, con- 
clua-t-il en parlant pour son compte et celui de ses KF.-., que 
chaque peuple a horreur de cellede son voisin, il estjnsh* de cher- 
cher un terrain commun sur lequel tous puissent s’accorder. La 
science peut seule nous satisfaire. 

« ... La morale nous apparaîtra dans toute Ht pureté , ht morale 
indépen dante et délarnessée de cette sanction religieuse qui montre 
notre ignorance. 

« Je vous demande pardon, Mesdames, de toutes ces longueurs, 
de ces tableaux si sérieux déroulés sous vos yeux, en un jour de 
fète ; mais tout n’est qu'anlilhèse dans la vie. Quelques minutes 
encore et nous serons tout à la joie de celte soirée; débarrasses du 
souci des travail v de fa Loge , nos cautrs, comme des écoliers en fête , 
n'en auront pour vous que plus d'amour. » (1 . 

(!) ibitl au'îl IN77, i>. 1S > cl suiv. 



1877 


423 


Banquet. Concert. Bal. 

Voici, d'après la Chaîne d 9 Union (l) le compte-rendu de la 
fêle d'Àdoplion célébrée, le 17 mars, parla L.*. Saint-Pierre 
de* Vrais- Amis : 

« Les Iravaux sont ouverts h deux heures de l'après-midi 
dans les formes habituelles, par le Fr.-. IJonncI, Yen.-., aidé 
des FF.*. Bernardet Badu, Survw ; Denangle, Orat.\, et le 
Fiv. Fidelle, Secrétaire. 

u Dès la correspondance lue, les dames et les FF.-, visi- 
teurs sont introduits sous les accords d'une excellente mu- 
sique. 

« Pour ajouter à l’éclat de la fête, la loge Saint-Pierre des 
Vrais-Amis avait choisi comme Sœur Grande-Maîtresse 
l'épouse du Fr.-. Secrétaire, la Sœur Fidelle. Une députa- 
tion accompagnée de la bannière va prendre la Sœur Grande- 
Maîtresse, et elle est conduite h l'Orient, avec réponse dn 
Fr. J/ 0 /vw/.r, membre actif de la L.*. et membre du Conseil 
de l’Ordre, maillets battants et sous la voûte d'acier. 

'( Le Vénérable, au nom de la Loge entière, souhaite la 
bienvenue aux deux honorables Sœurs et remet à la Grande 
Maîtresse le Cordon Maçonnique, insigne de sa haute di- 
gnité. 

« Xotro Sœur Dignitaire prend la parole et d'une voix des 
plus accentuées, quoique visiblement émue, prononça le 
discours suivant; 

« Permettez-moi, Messieurs, de vous remercier de l’honneur 
que vous avez daigné me faire en m'appelant à présider, au nom 
de chères Sœurs, la solennité qui nous réunit dans cette en- 
ceinte . . . 

« Comme épouse, comme mère, je ne puis qu’admirer la 

noblesse de votre Institution, prenant sous son haut et bienveillant 
patronage ces enfants qui demain seront des hommes, leur ten- 
dant la main à leur début dans la vie et remplaçant auprès d’eux, 
s’ils venaient à leur manquer, les parents qui leur sont chers. 

« De présider pareille réunion, je suis heureuse! 

« De mêler ma faible voix au concert d’éloges que ces jeunes 
cœurs vous adressent, je suis üère. » 

La Grande-Maîtresse continue en ces termes : 

« Tout à l'heure, mes enfants, une voix plus autorisée que la 

\1) Mai-juin 1S77, p. 257-200. 



1877 


mienne saura vous faire comprendre les devoirs que vous aurez h 
remplir, en meme temps que les bienfaits dont les membres de 
cette Loge veulent vous combler. 

« Que ces bienfaits, chers enfants, soient pour vous un encou- 
ragement vers le bien, comme ils sont pour vos parents la récom- 
pense de toute une vie honorable et bien remplie. 

« Quels que soient ies hasards que l'avenir vous réserve, tou- 
jours une voix amie vous soutiendra de ses conseils, toujours une 
main loyale vous sera tendue au moment du danger. 

« En suivant les principes de loyauté, dont vous aurez tant 
d’exemples sous les yeux, vous arriverez à former des citoyens 
qui honoreront leur pays, et dont la Maçonnerie s’honorera à 
juste titre. 

« Tels sont les souhaits que je forme pour vous, mes enfants, et 
je remercie encore une fois les membres de cette Loge qui m'ont 
permis de vous les exprimer. » 

« L'allocution si bien sentie de la Sœur Grande-Maîtresse 
fut fort applaudie. » 

Cérémonie (l'Adoption. 

Banquet. « Los convives, dames, Sœurs, Maçons, profanes, 
accourus à la foie, trouvèrent à grand peine à se placer... A 
Lorient avaient pris place des Vén.’. et autres FF.*, hono- 
rables: les FF.*, de llérédia, membre du Conseil Municipal; 
Moreaux, membre du Conseil Général de la Seine, les deux 
membres du Conseil de FOrdrc ; le F.*. Hubert, rédacteur de 
la Chaîne d'Union, etc. ; la Sœur Fidrllr, Grandc-Ma Bresse ; 
les Sfpt/rs Mo trait,/' ; Yiymnd , femme du chancelier de l'Am- 
bassade de Roumanie; Eliot , Laconmtr , etc.... » 

Santés maçonniques portées par le Fr.*. Bonne!, Yen.*, et 
allocution de llércdia. Quête parles « sympathiques et gra- 
cieuses sœurs, Madamr Vi (/natal et J frsdentoisellrs Lacomme 
ot Snahrr. Concert. Bal des plus brillants. 

La L'hahtp d'Union, du mois de mars LS77, (p. 121-120) 
cite encore une Sœur Morin , que, dans une autre réunion 
maçonnique, le F.*. Scbmitz fit diriger sur les colonnes pour 
quêter par le K.*. Weill, 1 er Maître des Cérémonies. 

A Nice, la L.\ La Philosophie Cosmopolite organisa une 
soirée dans le Temple de la rue Beaulieu. 

« Lie nombreux invités et invitées étaient confondus dans 
les rangs des frères Maçons que l'on distinguait par leurs 
larges rubans de soie bleue. Mais le groupe le plus intéres- 



425 


1877 

sant était un essaim de 150 dames environ... n’ayant pas 
craint de s'aventurer dans l’un de ces Temples auxquels les 
préjugés de l'éducation attachent un renom de mystères 
terribles. » 

Des récompenses furent décernées à des élèves des écoles 
laïques municipales. 

Pendant un intermède qui dura une demi-heure, les FF.*, 
offrirent tour à tour le bras aux dames et les accompagnèrent 
au buffet. 

Cueillons quelques extraits du discours du F.*. Graff, 
Orat.*.. 

«... Merci également à toutes les dames qui ont bien voulu 
nous honorer de leur présence a cette f<He. . . Leur mérile est d’au- 
tant plus grand qu elles ont affronté une Loge de Francmaçons. 
Or que n a-t-on pas dit de nous ?... 

« Les évocations des esprits infernaux sont les moindres de nos 
méfaits. . 

« Je voudrais, Mesdames, vous adresser un remerciement digne 
de vous ; mais il y a si longtemps quon fait aux dames tous les 
compliments qu’elles méritent et si j’y touchais, je ne pourrais que 
déflorer une couronne si justement tressée à l'influence char- 
mante de votre faiblesse sur le prétendu sexe fort. 

« Je me risque cependant ; les peintures égyptiennes qui 
décorent les murs de cette enceinte me fournissent une métaphore. 
En reportant nos yeux sur vous, Mesdames, je crois voir une 
oasis dans le désert. » 

Alhino, Fauteur du compte-rendu que nous avons écourté 
et qui fut publié dans la Chaîne d'Union (1), termina ainsi: 

« MM. le s Maçons gagnent à être connus. On ne dira pas qu’ils 
conspirent dans l’ombre, puisqu’ils consentent k ouvrir leurs 
portes aux profanes. Adieu, aussi leurs secrets, puisqu’ils laissent 
pénétrer des Femmes dans leur Temple 1 C’est de bon augure, et 
pour ma part je les félicite de se mettre décidément au niveau de 
leur époque. » ( Progrès des Alpes-Maritimes) 

Il faut croire que les lecteurs du Progrès des Alpes-Mari- 
times étaient de fiers — gogos pour qu 'Albino se soit permis 
de les mystifier a ce point. 

La Chaîne d'Union (2) inséra aussi la note suivante qui 


(1. Avril 1S77, p. 170 et suiv. 
(2 Juin 1S77, p. :UN. 



1877 — m - 

lui fui adressée de HJ**, de Bordeaux après la tenue d'Adop- 
lion, du !7 mai, de la L.\ Las Amis lié unis : 

« Beaucoup de dames avaient répondu à l'appel dos FF.*. 
... Dette réunion a produit le meilleur effet. Les Lames par- 
ticulièrement élaienl heureuses d'rtre rdifirrs sur lr but, 1rs 
trndanrrs tir la Francntaçonnrrir ; elles sont sorties enchan- 
tées et vous pouvez croire qu'elles n'attendent qu'une 
prochaine occasion de nous apporter le concours de leur 
présence. » 

Les Maçons abonnés au journal du F.*. Hubert savaient à 
quoi s'en tenir sur l'édification en question. Tout cela n'était 
que de la pure fumisterie. La Maçonnerie est trop soucieuse 
du secret de ses mystères pour les livrer ainsi. 

À la suite du rapport d'une conférence faite par le F/. 
Denis, à la L.*. Lrs Emu 1rs tir Mont t/on , on émit Ir vont q ne 
crf ulrlirr admit 1rs thunes à certains tir ses fraraur. Le F.*. 
li. Hubert, rédacteur de ht Chainr d f Union , trouva, pour sa 
part, que ces réunions de Maçonn.*. blanche gagnaient 
beaucoup à être tenues dans un local maçonnique. Les FF/, 
devaient rester chez eux pour pouvoir parler maçonnique- 
monl, enseigner maçonniquement. Ils exerceraient une plus 
grande intlucnce et l'auditoire lui-même se sentirait pénétré 
d'un certain on nr sait quoi qui Je maintiendrait sous Fini- 
pression d'un sentiment tout particulier de respect et de 
sympathie. ;l) 

Le \" v juin LS77, la Chainr d'Union (2 e partie, p. 30 1 ; 
constatait que « les travaux maçonniques avaient été des 
plus actifs dans le cours du mois de mai. » Les fêles de 
Maçonnerie blanche se sont multipliées avec un plein succès. 
D'un autre coté, les initiations dcvcnaicntplus nombreuses... 
La situation présente des choses, loin de porter préjudice à 
cette institution, semblait devoir contribuer à augmenter 
considérablement son importance et sa prospérité. » 


Deux Cours nouveau r furent encore créés au Grand-Orient : 
1“ De /an f/ne et littérature française, que fit d'abord Albert 
Le lloy, puis Àccard : — 2" d' Histoire dr Erunrr . dont fut 
chargé Ithcims ; un juif, croyons-nous. 


(1) }hhl. t j[üin 1877, p, CJ 1. 



1877 


427 


Les élèves des Cocus gratuits du G.'. U.*, de France re- 
çurent leurs prix, le samedi i août, en Fhùtel de la rue 
Cadet. 

Cette solennité fut présidée par le F.-. deSaint-Jean, pré- 
sident du Conseil de l'Ordre, assisté des FF.-. Canimas, C au- 
be I, André Rousselle, membres du Conseil de l'Ordre ; 
Thévenot, chef du Secrétariat ; des professeurs Koch, de 
Xovina, Mac-Enery, Scott, Gauthiot, Albert Le Roy; les FF.-. 
Rheims et Labonne avaient pour s'excuser ne pouvoir assis- 
ter à la réunion. 

Sur l'estrade on remarquait des Vénérables ou des Mem- 
bres des Loges de Paris ; des notabilités commerciales, des 
littérateurs et des artistes, enfin le F.*. Àug. Marais, secré- 
taire général de la Société pour l'instruction élémentaire. 

Mille élèves environ étaient présents et l'assistance comp- 
tait plus de 2,000 personnes, parmi lesquelles se trouvaient 
beaucoup de dames. 

Du discours du F.*. de Saint-Jean, nous ne retiendrons que 
ce passage, qui prouve bien que la Secte n'a établi ces cours 
que dans un but de propagande, passage réédité, du reste, 
île l'allocution de l'année précédente : 

« Plus lard, lorsque vous aurez conquis une position, vous 
souvenant alors de ceux qui auront facilité votre marche dans la 
vie, vous vous direz que la Franc-Maçonnerie, celte Institution si 
calomniée par ceux qui ne la connaissent pas, et surtout par ceux 
qui ont intérêt h lui nuire, peut-être parce que, à coté de sa devise : 
Liberté, Egalité, Fraternité, elle a inscrit sur sa bannière ces 
mots : Liberté de conscience, tolérance, vous vous direz que la 
Franc-Maçonnerie, qui est répandue sur tons les points du globe, 
qui compte dans son sein tant d’hommes distingués dans tous 
les genres, qui rend tous les jours h l’humanité d’incontestables 
services, vous vous muez que cette Franc-Maçonnerie mérite mieux 

ni’’ LNE STÉRILE RECONNAISSANCE. PEUT-ÊTRE ALORS VOUS VIENDRA-T-IL A 
LA PENSÉE D’AUGMENTER LE NOMBRE DE SES ADEPTES ET D APPORTER VOTRE 

part aux oeuvres pe l avenir . C'est la seule récompense que vous 
ambitionnons, et ce sera une large compensation aux sacrifices que 
nous nous imposons. » 

(Ce Discours, dit le Bulletin du G.-. 0.\, a été accueilli 
par d’unanimes applaudissements.) 

Le F.*. Kocli fit ensuite le résumé de l'œuvre des cours ; 
le F.*. Albert Le Roy parla aussi, et plusieurs élèves chanté- 



428 


1877 

rcnl on récitèrent des morceaux choisis d’anglais ci d'alle- 
mand, donl ils donnèrent d’abord une traduction française. 
Une scène du Misanthrope fut interprétée par M Mcs Mezin 
et F/are/iére, etc., etc. 

Voici les noms des élèves qui obtinrent les premières ré- 
compenses : 

Langue française : M llcs Moyeux et Me zut. 

Langue allemande. — T année : Mesdames GaudiUière , Studler 
et /iougicr. — l re année : M Uea Châtelain et Louise Dromerg. 

Histoire de France : M u#fk Mézin et Dizambourg . 

Géographie : M Ues Dizambourg , G i nier , Tafforeau et Messier. 

Sténographie. — Cours supérieur : M ,le F loch. — Cours élé- 
mentaire : M Ue Guillemin. 

Plusieurs prix avaient été offerts parles LL.*. Travail et 
Perse errante Amitié, Alsace-Lorraine et les Amis de la Patrie , 
de l'Or.*, de Paris ; par le F.\ Loth, représentant du G.*. 
U.*, de F.*, auprès de la Grande Loge d'Ecosse ; par M. Gau- 
thiot, professeur de géographie et par le F.-. Gally, artiste 
lyrique du Grand Opéra. ( Bulletin du Gr. Or. de Fr., oc- 
tobre-novembre 1877, p. 887 a 398). 

★ 

# * 

Le Couvent de Septembre 1877, au G.-. U.*, de France, 
supprima l'affirmation de la divinité et vota que le Rite 
Français porterait : « La Frane-Maçonncric a pour principes 
la liberté absolue de conscience et la solidarité humaine. » 
Jusqu’alors, le premier article de la Constitution de ce 
Rite disait : « La Franc-Maçonnerie a pour principes l'exis- 
tence de Dieu, V immort alité de /V une et la solidarité humaine. » 
Nous aurons plus tard occasion de signaler les plaintes du 
luciférien Pike à ce sujet. Le scélérat regrettait la formule 
A la (flaire du Grand Architecte de l’L'nirrrs ; parce qu elle 
pouvait induire les profanes en erreur et enfin parce que ce 
Grand Architecte était Satan ! (Voir ici 1878, p. 399, 1881 
et i i juillet 1889.) 

Lors de la fête d'Àdoption de la L.*. Paix et Travail. Or. 
de Thoiry (Scine-et-Oise), les femmes et les enfants passèrent 
sous la voûte d'acier, maillets battants, puis le F.*. Leblond, 
de la L.*. La Liberté par le travail , de FO.*, de Mantes, fit 
un discours et s’adressant aux dames leur dit: 

« C csl surtout sur vous que comptent les ennemis de nos 



1877 


429 


institutions pour arriver h dominer au foyer, et par cela môme, 
diriger la famille, la société, vers le but, caché, mais certain, de 
leurs convoitises coupables, contraire h tout esprit de liberté, 
suspectes a tout ce qui est juste, et cela par les moyens douce- 
reux du jésuitisme, par celle force d’inertie qui lasse les plus 
patients, mais dont sont capables des hommes secondés et pro- 
tégés, qui ont fait abnégation complète du libre arbitre et qui 
marchent, pour me servir de r expression consacrée, perinde ac 
caJaver, comme un cadavre! Ces hommes néfastes, dont le mot 
d’ordre part de l'extérieur, nous enlacent de la naissance à la 
mort, et c’est aussi pour nous retenir prisonniers, pendant cette 
vie, qu’ils essaient parles efforts les plus virils d’accaparer l'ins- 
truction sous toutes les formes, instruction des plus humbles, 
instruction des plus riches... (1) 

Banquet de BO FF.*, et Sœurs. 

Thoiry est Tune des plus petites communes du départe- 
ment de Seine-et-Oise !! 

★ 

* * 

Le i avril 1877, le Chapitre Lealtad ( Lo gaulé i. vallée de 
Barcelonne. donna le baptême h deux petites filles. 

Toutes les loges de la Vallée assistèrent à cette fête, ainsi 
que beaucoup de dames, auxquelles on remit un élégant 
bouquet de (leurs. La cérémonie fut terminée par un banquet. 

La Fratcrnidade Universal, 0.*. de Figueira, solemnisa le 
premier anniversaire de sa fondation par une tenue à laquelle 
furent admises des dames et plusieurs institutrices d'écoles 
primaires. 

Enfin, on constitua la Loge de femmes f Ilijas de Memphis, 
dans les Vallées de Mantua Carpetana, sous les auspices de 
l’Obédience du Sérénissime G.*. O.*. National d'Espagne. (2) 

Sous la date de 1880 nous publierons le tableau des Sœurs 
qui en faisaient alors partie. 

La Francmaçonnerie brésilienne recourut à ses moyens 
ordinaires de propagande et de persuasion. Le G.*. O.*, sui- 
vit son système de conférences publiques, en l’adaptant aux 
circonstances régnantes. Voici quelques titres des sujets 
traités devant de nombreux auditoires des deux sexes : 
(( U Eglise et F Etat; — De l'origine et des desseins du Jésui- 
tisme ; — l'Eglise romaine et V Evangile ; — le Brésil devant 

(1) Ibid., décembre 1877, p. 574-576. 

(2) Chaîne cl Union, août-septembre 18S0, p. 233-234. 



1877 


430 


Rouir ; — la Propagande ultramontaine ; — Deux époques 
du Jésuitisme ; — la Question reli fj iras/* ; — V Actualité reli- 
t/iettse att Brésil, » ( 1 ) 

The Craftsman (n° 2, février 1877, col. XI) journal maçon- 
nique, publié à Hamilton (Canada) insérait une élude sur la 
marche progressive de la Secte. L'auteur exprimait la 
crainte que ht Maçonnerie d 9 adoption et tout ce qui tendait 
à (jrrntper les deux sexes sons le roile de la Maçonnerie* ne 
fut plus nuisible qu’utile à l’Ordre et ne contribuai à rabais- 
ser dans l’estime publique. 

La quête qui eut lieu à l'inauguration du nouveau temple 
de la L.\ T Amitié des Frères Réunis , n" L à Port-au-Prince 
(Haïti), fut faite parla Sœur Noétnie Alerte, qui avait acccpié 
avec empressement cet office. 

« Entrée dans le Temple, accompagnée d’une députation 
et conduite par le jeune et élégant F.-. Alexis Bouchercau. 
Maître des Cérémonies, elle attira tous les regards. Elle fut 
placée à l'Orient devant le trône. Aussitôt qu'elle fut assise, 
l'atelier entonna un hymne maçonnique, tiré du cahier 
d'installation du F.*. Fénelon-Duplessis. Après ce chant, 
elle quêta, à la satisfaction de tous, déposa h l’autel sa bourse 
pleine de métaux, reçut du Ven.*. un compliment charmant 
et se retira liés gracieusement, escortée d'une députation 
de neuf FF.*.. » (2) 

1878 

La Chaîne tC Union témoignait, dans son numéro de jan- 
vier 1878, loule la satisfaction que la Maçonnerie blanche 
donnai! à la Secte et disait : « Les loges Y Ecole, les Amis 
Bienfaisants 9 la France Maçonnique, les Trinosophes de 
Berry , ont repris le cours des tenues de Maçonnerie blanche, 
inaugurées l'année dernière. » 

« La première fête a eu lieu le dimanche, en l'Hotel du 
G.*. ().*.. L'affluence des assistants était énorme. Les 
dames étaient en majorité . Le rut était rem eu msou: < e 

SONT K CR TOC Y ET AVANT TOUT LES DIMES U CE LOS DÉSIRE VOIR 
ARRIVER T) VAS CES RÉUNIONS. » (p. 9). 

La L.*. L 9 Homme libre eut la douleur de perdre la Sœur 
Aurélie Chai lion. (3) 

(1) IhitL, décembre 1877, R. 382. 

(2) Ibid. y février 1877, p. 101. 

(R) Chaîne d'Cnion , février 1878, p. 30. 



43 L 


1878 

Le 20 avril, la Loge Chapitrale l'Etoile Polaire, 0.*. de 
Paris, donna une fête d’ Adoption suivie d’un banquet. Au 
nom de celte Loge et delà Francmaçonneric tout entière, le 
F.*. Sévérano de Hérédia , remercia les dames d’être 
venues rehausser par leur présence l’éclat de cette solen- 
nité. Il fut d'autant plus heureux de leur adresser ces re- 
mcrciemonts que « les femmes, en vertu même de leur édu- 
cation première sont, en général, hostiles à toutes les œu- 
vres de progrès et d'émancipation, etc. » 

Neuf enfants furent adoptés, dont deux filles : 

Célina Censier, qui fut appelée Sagesse ; 

Céline- Adèle Bcrnoville , » Bonté. (1) 

Vingt enfants, parmi lesquels dix filles, furent reçus à 
l’adoption par la L.-. L'Union de Tlemcen, le 27 avril. Voici 
la partie la plus saillante du discours du F.-. Caffort, avo- 
cat-défenseur, Orateur de la L.-. : 

« Quant à vous, mes chères Soeurs, laissez-moi vous 

dire les pensées qui me sont venues à l'esprit en voyant ces 
charmantes petites filles que vous venez de faire adopter par 
la Loge de Tlemcen : vous êtes la vertu qui charme, la 
grâce qui séduit, la bonté qui console, le dévouement qui 
relève le courage abattu. Vous devez être plus encore, le 
sanctuaire des vertus Maçonniques, en un mot de véritables 
citoyennes, préparez donc ces enfants à être dignes de ce 
titre glorieux et vous aurez bien mérité de la Patrie et de 
la République. » (2) Bal. 

La L.\ V Arc-en-Ciel (Rite de Misraïm) organisa une fête 
d’Adoption, le 2G mai, avec le concours des LL.*. La Liberté 
Maçonnique . le Buisson Ardent , la Prévoyance , la Ruche Libre 
et les Cœurs Unis. Hommes et femmes sc réunirent au théâtre 
du Château d'Eau. Le F.*. Francolin déclara qu’il trouvait 
que les voltairiennes étaient cncoi'e trop peu nombreuses 
et l’attribua à l’inlluence cléricale à laquelle beaucoup d’en- 
tre elles sont assujetties. Il exprima le souhait que la nou- 
velle édition des œuvres de Voltaire, publiée pour son cente- 
naire, détruisit cet obstacle. 

Le F.*. Coutures, Yen.*. de la Liberté Maçonnique et prési- 
dent de la tenue, fit aussi ressortir les différences de la doc- 


(1) Ibid., juin 1873, p. 241-243. 

(2) Ibid.. M., p. 235-259. 



1878 — 4J2 — 

trinc de la Maçonnerie et du Catholicisme. Il va de soi que 
la première seule est favorable au progrès et à rémancipa- 
tion sociale. La Maçonnerie place la femme en pleine posses- 
sion Je ses facultés intellectuelles et morales ; le déricalisnu J , 
au contraire, prend ta femme pour conduire son intelli- 
gence et sa conscience dans celte voie, dont le dernier mot 
est : Credo y nia absurdum ! » (l) 

La L.\ U Etoile de T Avenir y de Neuilly-Plaisance, sous ta 
direction du F.*. Dumil. Yén.*. célébra l'anniversaire de sa 
fondation, à la propriété Foüiot. Audition musicale. Distri- 
bution de diplômes aux lowtons et adoption. Le Yén.*. de la 
L .‘.la Clémente Amitié Cosmopolite , le F.*. Tessier, retraça 
h sa manière les devoirs de la mère de famille. Le F.*. Lan- 
glois, député, fit aussi un discours aux enfants et aux 
Sœurs. (2) 

Au Havre, la L.\ l'Aménité eu t , le 2 juin, sa troisième tenue 
de baptême depuis 1870. 

Le Yén.*. F.*, de LoucclJcs Jit l’histonque de la Maçon- 
nerie féminine jusqu'en 1819 et rappela le souvenir de la 
Grande-Mailrcsse madame la marquise de Yillette. 

Deux garçons et quatre petites tilles, I te n ise-E l isa h e l h Tas- 
set, Zoé-Mary neri le Tasse/, Uerthe-Emélie Tasse t et Marie- 
Louise Dey ron,/\ reçurent le protectorat maçonnique. 

Triple batterie d’allégresse ; distribution de dragées et de 
brioches à tous les assistants cl assistantes. 

« Los jeunes tilles, dit le F.-. Rispol, nous offrent des fleurs ;\ 
peine écloses, qui, un jour, deviendront l’honneur de leur sexe, 
qui formeront d honnétes mères de famille et donneront à la patrie 
des tils dignes d’elles et des tilles capables d’élever à leur tour de 
bons citoyens, des hommes vertueux. 

« 11 y a presque dix-neuf siècles qu’un réformateur proclama la 
fraternité humaine, releva la femme, l’enfant et l'esclave de leur 
servage séculaire. 

« Kl pourtant, pendant dix-huit siècles après lui la société ne 
changea guère. Les ministres d’une religion toute de paix et d’amour 
offrirent le triste spectacle de la tyrannie , de la démoralisation et du 
plus abject égoïsme . » (3) 

Les Sœurs Podesia et Arriol quêtèrent. 

(1) G/i (line d'Uniuu, juillet-aoûl 1878, p. 311-312. 

(2) Ibid., juin 1878. p. 215-210. 

(3) Ibid., juillet 1878, p. 3 52. 



1878 


433 


C’est toujours avec étonnement que Ton entend les Ma- 
çons accuser, sans cesse, le clergé de tyrannie, de démorali- 
sation et d’égoïsme, alors que ces trois choses sont au con- 
traire leur apanage. Il ne faut jamais parler